Ménille Avénale

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Vacances égyptiennes

le samedi 5 janvier 2008

Cela faisait un certain temps que je n'avais pas parlé ici de Nicolas Sarkozy - à peu près depuis son élection à la tête de l'Etat, je pense, à moins que ma mémoire ne me joue des tours. Je ne vais pas commenter son attitude, ses idées ni les "réformes" entreprises à grands coups de communication depuis six mois ; je suppose que vous savez ce que j'en pense et très franchement, je n'ai pas envie, en cette belle journée, de m'auto-plomber le moral. Non, le sujet que je veux traiter aujourd'hui est beaucoup plus circonscrit que tout cela : il s'agit de la peopolisation de la vie politique à laquelle, grâce à notre désormais cher président, nous assistons depuis quelque temps.

Relèvent de cette entreprise de peopolisation, en vrac : le rassemblement de personnalités du monde du spectacle et de la télévision lors de la campagne présidentielle et de l'élection elle-même (voyez la scène de la Concorde le soir de sa victoire), les différentes manifestations extérieures d'amour du fric et du bling-bling (songez par exemple à l'étape au Fouquet's le soir du 6 mai et aux trois jours à Malte sur le yacht de Bolloré dès le lendemain), la mise en scène permanente de la vie privée, un peu dans la lignée des grands monarques pour qui vie privée et vie publique, personne privée et personne publique étaient mêlées et indissociables. Pour illustrer ce dernier élément, souvenez-vous du masque d'homme blessé que Sarkozy afficha lors de l'escapade new-yorkaise de Cécilia, il y a quelques années, en proclamant que les médias lui avaient fait beaucoup de mal et qu'il souhaitait qu'on laisse sa famille tranquille, alors qu'il avait joué sans aucun scrupule de l'image glamour de sa femme et du côté moderne de la fratrie recomposée, et qu'il recommença à les utiliser dès qu'elle revint au bercail (qui était dans sa voiture avec lui le soir de son élection ? les filles de Cécilia et de Jacques Martin, et pourquoi ? parce qu'elles sont belles, blondes et jeunes et qu'en termes d'image, c'est de la bombe).

Bien entendu, le dernier épisode des aventures sentimentales de notre président, digne des ragots qui courent sur le moindre petit acteur de série B - ce qui, en soi, est honteux parce que le président de la République n'est tout de même pas n'importe quelle célébrité, quoi qu'il en pense - est le digne héritier de ce vaste processus dont je crois fermement qu'il doit faire partie des rêves de gosse de Sarkozy (l'autre étant probablement : frayer dans des milieux pleins aux as). Carla Bruni, "coureuse notoire" comme la nomme à juste titre Caroline, est sans doute à ses yeux l'incarnation de ce glamour, de ce clinquant et de cette célébrité bon marché dont il rêve d'acquérir une petite partie. La mise en scène de Disneyland puis celle des vacances en Egypte, à la fin du mois de décembre dernier, sont calculées dans ce sens. Les pronostics vont bon train : lequel des deux se lassera de l'autre en premier ? Elle, parce qu'elle se revendique comme instable et qu'un jour, elle verra passer à sa portée une étoile plus brillante encore que le président de la République (Carla Bruni ne fonctionne apparemment qu'à cela, elle aussi), ou bien lui, parce que son entreprise de peopolisation choc de la fonction présidentielle aura abouti et qu'il estimera n'avoir plus besoin d'elle ? Peu importe, mais je suis prête à parier que dans un cas comme dans l'autre, après la rupture, il demandera à nouveau qu'on ne se mêle plus de sa vie privée. Jusqu'à la prochaine fois.

Bref.

Avec Nicolas Sarkozy, nous entrons donc dans une ère où le président de la République est un people comme les autres et, si possible, ses ministres aussi - voir Rachida Dati posant en petites robes de créateur dans Paris Match le sourire aux lèvres, il y a quelques semaines, alors que pendant ce temps, la moitié des avocats de France était dans la rue pour protester contre ses réformes judiciaires. Cela, en soi, c'est déjà très grave. Le chef de l'Etat a des responsabilités politiques et morales qui devraient lui interdire à tout jamais de jouer le jeu des vacances je-t'en-mets-plein-la-vue et des unes de magazines, des anciens mannequins et des révélations sentimentales fracassantes. Mais il entraîne sur cette pente glissante d'autres professions auxquelles on n'avait pas songé tout d'abord. J'en veux pour preuve cet article du Monde daté sur Internet du 29 décembre 2007 et intitulé : "Des vacances privées très publiques", que vous retrouverez en principe sur cette page mais dont je reproduis l'intégralité ci-dessous au cas où il serait rendu inaccessible (j'ai pris la liberté de corriger les fautes d'orthographe, mais les incorrections de l'expression sont d'origine) :
Des vacances privées très publiques
LE MONDE | 29.12.07 | 14h05
LOUXOR, CHARM EL-CHEIKH (Egypte) ENVOYÉE SPÉCIALE


De mémoire de paparazzi, on avait rarement vu ça. Dans les dédales des temples pharaoniques, les "rats", comme on les surnomme dans le milieu, ne sont plus les seuls à courir entre les sphinx et les hiéroglyphes, aux trousses de Nicolas Sarkozy et de sa nouvelle compagne, la chanteuse et ex-mannequin Carla Bruni. Plus les seuls à "planquer", des heures durant, sous le soleil d'Egypte, devant le Old Winter Palace, un hôtel de luxe de Louxor où le couple séjourne pour la première partie de ses vacances privées, du 25 au 27 décembre. D'autres faux touristes se faufilent avec eux entre les colonnes ocre des tombeaux, suivent comme eux le couple et sa délégation, l'oreille rivée à leur téléphone portable, répétant en murmurant pour ne pas se faire repérer par les services de sécurité : "Il est où ?, il est où ?"

Ces nouveaux collègues, ce sont des reporters de médias d'ordinaire peu coutumiers de l'actualité people : l'Agence France-Presse (AFP), l'Associated Press (AP), Reuters, France 2, France 24, TF1 et Le Monde. Des journalistes pour la plupart jeunes trentenaires, sans enfants, envoyés sur place parce qu'ils comptent parmi les rares personnes disponibles de leur rédaction en cette période de fêtes. Pour la majorité d'entre eux, suivre Nicolas Sarkozy en vacances est une expérience nouvelle, pas forcément choisie, et déstabilisante au regard de la déontologie qu'ils s'imposaient jusque-là. "J'ai l'impression de désacraliser la profession et de la mettre en péril", explique l'un d'entre eux, sous couvert d'anonymat.

Pour beaucoup, la consigne initiale de leurs supérieurs était d'abord celle d'être là "au cas où". Ils devaient suivre le président en Egypte "au cas où" il s'exprimerait. "Au cas où" il serait victime d'un attentat dans cette région exposée. Mais les congés présidentiels ayant très vite pris des allures de campagne électorale (Le Monde du 27 décembre), les journalistes se sont retrouvés à devoir chroniquer un événement dont ils ont souvent eu du mal à distinguer le caractère privé du public.

Les moues posées de Carla Bruni au bras du président deux mois après l'annonce de son divorce étaient-elles de l'ordre privé ou du domaine public ? Les déplacements en convoi de trente véhicules aux vitres teintées et toutes sirènes hurlantes : privés ou publics ? Le programme intensif de visites du président entouré d'une vingtaine de gardes du corps et d'officiers de sécurité aux pleines heures d'affluence des tour-opérateurs sur les sites touristiques : public ou privé ?...

A Paris, les rédactions en chef des envoyés spéciaux expliquent leur ligne éditoriale. "Pour ce reportage, nous sommes dans la logique de la couverture habituelle. Quand le président se déplace quelque part, on se déplace toujours, par précaution, indique Robert Namias, directeur de l'information de TF1. Pour le traitement, il se trouve que nous avions fait le choix auparavant de ne pas parler du week-end à Disneyland du nouveau couple. Pour rester en accord avec nous-mêmes, et à partir du moment où le président a fait savoir qu'il se rendait en Egypte, le compromis a été de tourner des images mais de les diffuser seulement avec un commentaire off." A France 2, en l'absence d'Arlette Chabot, directrice de l'information, personne n'a voulu répondre aux questions du Monde.

Le rédacteur en chef du service France à l'AFP, Hervé Guilbaud, s'explique : "Nous sommes une agence, nous sommes obligés d'être présents. C'est le président de la République, il était de surcroît accompagné d'une femme connue dans le monde entier, il ne se cachait pas, nos clients n'auraient pas compris qu'on ne soit pas là." Et d'ajouter : "L'écriture que nous avons choisie est factuelle, sobre. A partir du moment où le président se montre en public, on n'est pas dans la 'peopolisation'. Ce n'est pas comme si on allait chercher des confidences."

Sur le terrain, pour être là "au cas où", les envoyés spéciaux n'ont cependant d'autre choix que d'adopter les méthodes des paparazzis : planques, "taupe" à l'intérieur de l'hôtel où réside le président afin d'être informé à l'avance de ses allées et venues, courses-poursuites avec le convoi présidentiel... Les démarrages avec crissement de pneus et les files de voitures remontées à toute vitesse comme dans les films font aussi partie du travail. Pour être sûres de ne rien manquer, TF1 et France 2 ont même mutualisé leurs moyens en s'associant avec une agence de presse égyptienne.

Au moment de la rédaction, chacun improvise alors sa méthode pour retrouver la "distance" adéquate avec le sujet. Ygal Saadoun est le correspondant au Caire de la chaîne française d'information internationale France 24 : "Pour ne pas trop tomber dans la chronique, j'ai essayé de sortir du franco-français et de remettre un peu d'international dans tout ça, précise-t-il. J'ai interviewé des gens dans la rue pour qu'ils critiquent éventuellement, j'ai raconté l'éventualité d'une rencontre entre Nicolas Sarkozy et le ministre de la culture égyptien pressenti à la tête de l'Unesco."

Pour la dizaine de paparazzis présents à Louxor, ces cocasses retrouvailles sur un même sujet avec les journalistes traditionnels ont une explication. "Ces vacances étaient forcément semi-officielles, raconte Laurent Sola, de l'agence Eliot Press. Sarkozy n'a pas organisé un voyage pour la presse. Mais il sait parfaitement nous gérer. En se montrant, il nous laisse travailler, on ne crée pas d'émeute, et en même temps ça lui permet d'avoir des photos "propres", pas volées, qui font entrer directement la politique chez 10 millions de personnes qui ne s'intéressent pas forcément à la politique et qui achètent la presse people." Et d'ajouter : "S'il avait voulu nous interdire totalement de faire des photos, il en avait les moyens."

La deuxième partie du voyage, à Charm El-Cheikh, du 27 au 29 décembre, a donné un aperçu de cette possibilité. Alors que M. Sarkozy rencontrait de façon informelle le président égyptien Hosni Moubarak avant sa visite officielle au Caire, les consignes vis-à-vis des journalistes se sont nettement durcies, à la demande de M. Moubarak. Les photographes qui tentaient alors d'arracher quelques clichés de la luxueuse villa du groupe Accor où il séjournait ont eu maille à partir avec les autorités égyptiennes. Un journaliste de France 24 a passé deux heures au poste de police et a vu toutes ses photos de la villa effacées de sa carte mémoire. Trois photographes de l'agence KCF se sont vu préventivement confisquer tout leur matériel par la police égyptienne, qui a enfermé les appareils photo dans un coffre. Plusieurs paparazzis ont essuyé des tirs de sommation.

Face à ces agissements, la plupart des photographes et cameramen ont décidé de poser leurs appareils et de ne plus faire d'images.

Pour les rédacteurs, ce n'est guère mieux. Lors d'une visite à la vallée des Rois, près de Louxor, un journaliste avait tenté d'arracher une réaction à Nicolas Sarkozy sur le procès de L'Arche de Zoé, au Tchad. "La visite officielle, c'est dimanche", lui avait répondu le président de la République.

Elise Vincent
Article paru dans l'édition du 30.12.07.

C'est finalement assez logique. Dans un pays dont le président se comporte comme le premier petit people venu, les journalistes des médias considérés comme sérieux - les agences de presse, les chaînes d'information, les grands quotidiens nationaux - sont, par la force des choses, amenés à se comporter à leur tour comme de vulgaires paparazzis. Bien entendu, cela suppose une autre déontologie, une autre manière de travailler, d'autres priorités dans la quête et le traitement de l'information : je ne vais pas paraphraser l'article, je le trouve extrêmement clair sur ce point. Depuis quelques mois, ce n'est plus seulement le "style" de la fonction présidentielle qui change, mais aussi celui de notre presse dans son ensemble. Suis-je la seule à trouver cela effrayant ?

Juste une remarque avant de terminer. J'ai du mal à croire qu'Hervé Guilbaud puisse sérieusement affirmer que

A partir du moment où le président se montre en public, on n'est pas dans la 'peopolisation'.

Il me semble que ce qui fait la peopolisation de ces vacances égyptiennes et, plus largement, de la vie de Nicolas Sarkozy depuis qu'il a accédé à des fonctions officielles, c'est précisément que le président se montre en public... dans des circonstances et conditions qui devraient relever du privé ! Les agences de presse, par la voix de Guilbaud, seraient-elles en train de bâtir elles-mêmes leur propre défense, en essayant tant bien que mal de se distinguer des paparazzis malencontreusement croisés sur le parcours du président en Egypte, au prétexte que ces derniers ne respectent pas la vie privée alors qu'elles se concentrent sur un président qui "se montre en public" ? Ma parole, mais c'est soit de l'aveuglement complet, soit un savonnage vigoureux de la pente sur laquelle Sarkozy les entraîne.

Glam ou raté ?

le samedi 15 décembre 2007

(Oui, le jeu de mots est un peu moins facile avec Glamour qu'avec Isa, mais enfin vous voyez, quand on veut vraiment en trouver un, on finit par y arriver.)

Bien. Or donc, Glamour est le magazine féminin de petite taille que j'achète le plus fréquemment depuis qu'Isa m'a déçue au point de ne plus le lire qu'avec un oeil critique et en me demandant : voyons, sur quel article vais-je bien pouvoir bloguer méchamment cette fois-ci ?... Et très honnêtement, en général, je ne perds pas au change. La qualité est bonne, les articles sont bien écrits et pas idiots, les pages mode sont des pages mode, certes (lire : alignées sur des canons dans lesquels 75% d'entre nous ne se reconnaissent pas), mais enfin l'ensemble est agréable, varié, et il y a chaque mois un vaste dossier plutôt bien fait sur l'actualité culturelle, que je recommande chaleureusement à celles qui aiment lire, aller au cinéma et écouter de la musique (je ne doute pas que vous ayez d'autres sources d'information que Glamour sur ces derniers points, mais ça fait plaisir de voir un féminin très féminin y accorder une bonne place). Même leur site Internet regorge d'informations de toutes sortes, d'interactivité et de vidéos édifiantes.

Seulement voilà : hier, j'achète le numéro de janvier 2008, l'ouvre et commence à le feuilleter avec espoir et confiance jusqu'à ce qu'à la page 16, au beau milieu du courrier des lectrices, je tombe sur ceci :


Ca vous la coupe, hein ?

Je résume en quelques mots le message, par ailleurs fort clair et condensé, d'Angélique du Loiret, notre nouvelle amie à tous :

1. habiter Orléans et non plus Paris, c'est l'exil. (Je rappelle que la distance entre ces deux villes est d'environ 135 km et je suis persuadée que la liaison entre elles est très bien assurée. Personnellement, vu les conditions actuelles de l'emploi en France et la mobilité nécessaire à une carrière de nos jours, j'hésite à parler d'exil à moins de 200 km mal desservis, mais cela n'engage sans doute que moi.)

2. Orléans, c'est le fin fond du Loiret. Orléans, chers amis. Orléans, code postal 45000, 113 126 habitants en 1999, préfecture du Loiret, centre d'une agglomération de communes de 250 000 habitants environ (merci Wiki). Orléans, capitale du duché du même nom, cité existant depuis l'Antiquité (pendant laquelle elle fut prise par César, ce qui fait toujours bien sur un CV), lieu essentiel de la monarchie française pour ses enjeux stratégiques, ville de prestige et d'élégance, enfin je ne vais pas vous rédiger une plaquette pour l'office de tourisme du Loiret, non plus. (Je n'ai aucun lien personnel avec Orléans, c'est seulement que l'appeler fin fond du Loiret, ça me hérisse un peu les poils, que j'ai pourtant fins, clairs et peu nombreux, si vous voyez ce que je veux dire).

3. trouver à Orléans un magazine qui est vendu dans tous les kiosques de France et de Navarre, du pays basque à la Moselle et de la Provence aux côtes normandes, c'est pour Angélique une bouée de sauvetage.
Pardon ?...
Mais elle s'imagine quoi, au juste, Angélique du Loiret ? Qu'au-delà de la petite couronne, le reste du pays reçoit les journaux par diligence et ne sait pas ce que c'est qu'un magazine féminin ? Est-elle au courant que de nos jours, la presse circule vite et bien et que les quotidiens, hebdomadaires et mensuels nationaux sont, comme leur nom l'indique, distribués en quelques heures dans tout le royaume, pas seulement au pied du château ?... Je crois rêver. (Il faudrait lui apprendre également que certains d'entre eux sont même écrits et publiés en province, mais je crains que tant d'informations si fraîches d'un seul coup ne la bouleversent et qu'une entrée si brutale dans le XXIe siècle ne soit guère recommandable pour un petit coeur déjà bien chahuté par un exil inique loin de la Ville.)

4. et enfin, le plus joli à mon goût - le clou du spectacle, si vous me passez l'expression : trouver Glamour à Orléans, c'est retrouver un peu de vie.
Mais bien sûr, où avais-je la tête ! En France, c'est connu, on ne vit bien qu'à Paris, ou plus précisément encore : on ne vit qu'à Paris, point. C'est-à-dire que la mode, la culture, les distractions, les sorties, les tendances, le Net, les blogs, les grands courants modernes, l'écologie avant-gardiste, les produits cosmétiques, le shopping, tout cela, tout ce qui fait la vie, notre vie, ne se trouve qu'à Paris. Et quand on est, comme Angélique, exilée au fin fond du Loiret, le seul moyen de s'y raccrocher, eh bien c'est d'ouvrir Glamour qui Dieu merci, renferme entre ses pages glacées les effluves subtils et racés de la grande ville, de la Capitale, centre des plaisirs et des délices, de la vie intellectuelle et du progrès. Pauvre Angélique, réduite à battre le pavé de Paris par procuration en lisant dans l'ours, page 12, ces mots magiques : rue de la Ville-l'Evêque, 75008 Paris... Aaaaah, Paaaaris... Paaaaris sera toujours...

Bref.

Ce genre de posture parisianiste, ou, si vous préférez, parisiano-centrée a déjà tendance à bien me foutre en rogne quand elle est individuelle. Mais quand un magazine publie un tel billet sans y réagir - ce qui à mon sens, si je maîtrise bien les codes des courriers des lectrices (mais peut-être ne les maîtrisé-je pas : je ne suis après tout qu'une pauvre petite provinciale...), revient à y adhérer -, je me sens encore plus bafouée dans ma condition de non-Parisienne. Nous autres provinciales lisons, écrivons, comprenons, nous habillons, allons au cinéma et suivons l'actualité autant et aussi bien que les membres du cénacle, que diable ! Et nous achetons les mêmes magazines qu'elles, participant ainsi de leur succès et de leur retentissement sur le plan na-tio-nal. Je crains, quand je tombe sur ces propos apparemment anodins, que la centralisation extrême qui est à l'oeuvre dans la presse française, féminine ou pas, d'ailleurs, n'ait encore de beaux jours devant elle.

Là-dessus, je dois vous laisser ; j'ai une épître à remettre à la malle-poste du mois de décembre pour mes cousins du Perche si je veux qu'ils la reçoivent avant février prochain, car cette malle-poste-là, hélas, ne passe pas par Paris.

Isa'vaient qu'à faire mieux, saison 2 ! - 2/2

le jeudi 20 septembre 2007

Oui, je sais. Le temps file comme le sable ; à l'heure qu'il est, le numéro d'Isa d'octobre 2007 est déjà en bonne place sur les rayons des kiosques à journaux, et moi, je n'ai toujours pas livré la deuxième moitié de ma saison 2, censée se cantonner à l'exemplaire de juillet dernier.
Mais vous savez quoi ? ce n'est pas si grave. Non, ce n'est pas si grave, parce que les articles d'
Isa sont éternels. Ils explosent leurs dates et transcendent les époques. Dans un an, dans deux ans, dans dix ans, nous les savourerons encore à longues gorgées gourmandes. Alors trois mois, pfff... que sont trois mois à l'échelle d'une vie de lectrice d'Isa ?

Pour cette seconde exploration de l'univers mystérieux de la presse féminine misogyne, je vous invite aujourd'hui à parcourir avec moi un article absolument passionnant - moins scandaleux peut-être que celui qui me fournit la matière du 1/2, mais ô combien plus subtil - que vous trouverez aux pages 108 et suivantes de notre nouvelle bible. Ce mignon petit chef-d'oeuvre s'intitule : "Belle à 150 pulsations minute".

De quoi s'agit-il exactement ? vous demandez-vous, méfiant(e) et commençant à me soupçonner d'un peu de mauvaise foi à l'égard de ce magazine somme toute bien inoffensif (que tu crois). 150 pulsations minute, moi, spontanément, je pense à un rythme techno. (Je ne connais pas le nombre de pulsations minutes standard en techno ; c'est l'expression qui m'y fait penser). Mouais. Vous aurez compris que je ne suis pas une grande spécialiste des sports cardio, parce que 150 pulsations minute, madame, mademoiselle, monsieur, ce sont évidemment les battements de notre coeur soumis à cette activité intense et durable que, personnellement, je juge barbare, dangereuse et extrêmement néfaste pour l'homme : le sport.

Il s'agit donc, je puis vous répondre à présent, de savoir comment rester belle pendant l'effort sportif.

Ha. Je vois qu'on ne s'attendait pas à ce programme, hein ?

Parce que, d'accord, je suis au courant qu'il faut faire du sport pour rester belle. Oui, ça va, je le sais, je sais aussi que les gens qui disent le contraire sont, au choix, 1. de fieffés menteurs, 2. de sacrés salauds de veinards que de toute façon je ne fréquente pas, ce ne serait pas bon pour ma ligne. Ce que je savais moins, en revanche, c'est que maintenant, il faut aussi rester belle pour faire du sport. Et ça, excusez-moi mais ça me la coupe tout net (elle, et tout ce qui vient avec).

Alors bon, je ne vais pas vous faire une explication de texte détaillée de la chose ; je vous l'ai dit, l'article est subtil et son vice se dissimule (ce qui est souvent le propre du vice, notez-le) sous un certain nombre de conseils de bon sens, voire de très bon sens, voire complètement nunuches. Exemple ? pour "rester bien coiffée (en déchaînant son corps)", on vous suggère de vous attacher les cheveux "en queue-de-cheval ou en chignon, pour une petite tête bien nette". Ah tiens. Moi, je les aurais plutôt laissés libres de manière à ce que la sueur coule bien dessus et que ça me colle partout sur le visage lui-même ruisselant, dans le style Chabal. Ca, ça fait propre, je trouve.
Bref. Je préfère passer sur le fait que les journalistes d'Isa prennent leurs lectrices pour des débiles incapables parce que si ça se trouve, attention, elles le sont réellement.

Le pus intéressant dans tout cela, c'est quand même :

1. le fondement même de l'article. On se plaint des journaux qui nous rabâchent qu'il faut faire des abdos pour ne pas avoir de graisse sur le ventre, mais au moins, on sait qu'ils ont raison : c'est vrai, si on ne veut pas avoir de graisse sur le ventre, il faut faire des abdos, c'est quasiment incontestable. Après, on peut discuter de la nécessité de se débarrasser de la graisse que l'on a sur le ventre ; celles qui l'assument, ou qui aimeraient qu'on leur laisse le loisir et la place de l'assumer, vous parleront mieux que moi de cette dictature de la minceur et de la super-bien-foututitude qui vont ronger encore quelques générations d'adolescentes. C'est un autre débat, mais les tenantes de cette position-là ne nient pas pour autant que les abdos soient bel et bien une manière efficace de se lisser le ventre si c'est vraiment ce qu'on veut.
Alors qu'avoir l'air belle pendant l'effort, j'avoue, cela me laisse toute pantoise. Je cherche l'utilité profonde de cette ambition depuis que j'ai lu l'article - et, vous l'aurez compris, ça fait déjà un petit bail - mais je ne trouve rien.
Est-ce qu'on drague en salle de sport ? Sans doute, mais dans ce cas, les dragueurs sont-ils intéressés uniquement par les nanas qui restent impeccables sur le tapis roulant, ne rougissent pas des joues, ne perdent pas une goutte de sueur (ou alors, de manière très érotique, type perle inodore sur la peau - ça tombe bien, il paraît que c'est précisément ce genre de sueur qui se développe quand on est entraînée) ?... Grand bien leur fasse, mais ils ne doivent pas en trouver des milliers, si ?... De toute façon, j'ai tendance à croire que les dragueurs de salles de sport sont surtout intéressés par la bombe en lycra qui n'a pas besoin de se muscler davantage les pectoraux, pas par la minette motivée qui a cinq kilos de trop, alors bon.
Est-ce qu'on fait ça juste pour soi, juste pour se sentir belle, comme on prendrait un bain aux huiles alors qu'on ne bouge pas ce soir, comme on se mettrait du mascara pour aller à la boulangerie alors qu'elle est en bas de l'escalier ?... Je sais qu'il y a des filles qui font cela. Ce n'est pas mon cas, mais je le respecte tout à fait. Je me suis trop battue moi-même pour avoir le droit de me maquiller quand et comme je voulais pour le bafouer chez les autres. Mais pendant le sport, nom d'un chien !... On le sait, qu'on va transpirer, baver, rougir, sentir mauvais et se salir de partout ! C'est pour être belle et en bonne santé qu'on le fait (on me souffle dans l'oreillette que certaines le font par plaisir. Je veux bien le croire, mais je suis désolée, je ne traite pas avec les extra-terrestres), alors on est au courant, tout de même, non ?...
Non ?
Je ne sais pas, je ne sais plus, j'ignorais, moi, que les filles voulaient ressembler à des top models jusque sur les parcours Vita de nos campagnes.
Je crois tout de même qu'il y a comme un petit problème. Consacrer tout un article à la manière de rester belle en faisant du sport, c'est contribuer à faire de cet objectif - rester belle - l'objectif numéro un des filles de 2007, toutes catégories confondues. Je vous cite la toute première phrase du chapeau : "Rester sexy quand on a le cheveu qui poisse et la peau qui luit, ce n'est pas gagné". Ben tu peux le dire, Elvire. Et pour cause. A quand "Rester sexy quand on est aux chiottes", "Rester sexy quand on a une grosse grippe" et "Rester sexy quand on dort profondément" ? Et si on avait le droit de ne pas être sexy quand on fait du sport, d'être juste suante et poisseuse, comme c'est naturel dans de telles circonstances, parce que pour une fois, ce n'est pas à l'allure de notre tronche et de notre sac à main que l'on pense quand on appuie sur les pédales ou que l'on tire sur les mollets, hum ?...

2. pour être belle, vous le savez, il faut souffrir. Il faut payer, aussi. Payer beaucoup, et y consacrer pas mal de temps. Vous voulez une liste ?
Il vous est obligeamment conseillé d'investir dans "des vêtements qui absorbent la transpiration et la transfèrent à l'extérieur (type label Coolmax)". Ben oui, ce serait quand même trop con de faire des auréoles de sueur sur ses vêtements de sport, merde. Il paraît que Décathlon vend ces fringues "à des prix hyper doux". Pour vous donner une idée, Isa est le genre de magazine qui considère qu'un vêtement qui coûte moins de 80 euros est un vêtement "petit budget". Voilà. Juste pour vous donner une idée.
Vous pouvez encore, en sortant de la salle de gym, vous faire "un shampooing anti-résidus (Détoxifiant Capillaire d'Aveda)" (pourquoi ? le Garnier cheveux normaux à 2,80 euros ne lave pas assez bien ?) et vous asperger le visage "d'Eau Thermale Apaisante (Avène)". Ben voyons.
Sont également cités deux ou trois modèles de soutifs spéciaux un peu rigolos, ça, c'est pour celles qui aiment les gadgets, ça ne mange pas de pain, mais surtout, il est bien précisé qu'ils sont "looké[s] ultra-fashion" : voilà le détail que j'attendais, pour moi, c'est vraiment très important.
Dans les deux pages shopping qui accompagnent l'article, vous trouverez enfin des produits indispensables à assortir au type de sport que vous pratiquez, tel le Vernis Remise en Forme avec le Fortifiant Lissant de Bourjois pour les accros du body-sculpting (ce n'est pas tant que je me contrefiche de savoir ce que c'est que le body-sculpting, c'est surtout que l'idée d'un vernis à ongles spécial sport me rend toute chose) ou encore, pour les mêmes, le Voile Satin Corps du Body Shop (ben ouais, il ne vous viendrait quand même pas à l'idée de dévoiler votre corps sans l'envelopper d'un voile de satin, hein les fiiiiiiiilles ?). Et pour les nageuses, un grand must, LE grand must : le mascara Pump uP The Volume Wateproof bien sûûûûr !... (J'imagine la tête de la nana qui met d'abord le mascara spécial volume, et ensuite les petites lunettes de natation hyper étroites et inconfortables, vous savez. Bonheur.)

Tout cela m'a laissé fort songeuse. Là tout de suite, je dois aller me maquiller et m'enduire le corps de satin pour regarder la télé, mais croyez-bien que je continue à y réfléchir de très près.


Une idée simple : pour rester belle tout en faisant du sport, faites du sport en robe bustier. Photo : Avivi.

Isa'vaient qu'à faire mieux, saison 2 ! - 1/2

le dimanche 26 août 2007

Comme annoncé récemment, c'est avec une vive émotion que je m'apprête à vous faire part de l'information suivante : le cru Isa juillet 2007 était largement aussi mûr et savoureux que le cru Isa juillet 2006. Ainsi, à un an d'intervalle, ô merveilles de la complexe et pourtant constante âme humaine !, un magazine féminin a priori sans histoires s'acoquine par deux fois avec les relents putrides de la misogynie, du culte de l'apparence et de l'insulte à l'intelligence de ses lectrices.

Mais je sais que vous bavez d'impatience d'en savoir plus. Et je vous comprends.

Vous vous souvenez des posts que j'avais écrits, sur Canalblog, d'après les articles du numéro d'Isa du mois de juillet 2006 ? Pour vous rafraîchir la mémoire (et après tout, qui sait, peut-être ne me lisiez-vous pas à l'époque) (après tout), les voici tous les trois : 1, 2 et 3/3.
Il faut aussi que vous sachiez - et là, vous êtes bien obligés de me croire sur parole - que je n'ai pas racheté ce magazine depuis lors, échaudée sans doute par ce que j'y ai lu l'été dernier alors que ses numéros précédents m'avaient plutôt bien plu. C'est donc le hasard le plus pernicieux, en la personne d'une amie qui prépare un déménagement et m'a refilé, pour s'en débarrasser, un sac plein de magazines féminins - que j'ai évidemment accepté avec enthousiasme - qui m'a mis dans les mains, quasiment au sens propre, le numéro dont je vais tâcher de vous régaler aujourd'hui et qui confirme, voire dépasse, tous les espoirs éveillés par son grand frère. En voici la preuve, en deux parties.

L'article sur lequel je vous suggère de nous pencher aujourd'hui s'intitule "Casée en 1 semaine !" et vous pourrez le trouver, si vous voulez lui faire subir un peu de sorcellerie vaudou, à la page 183 du magazine. (Et puisqu'on parle de vaudou, je vous signale que l'adresse mail de son auteur figure en toutes lettres dans l'en-tête. Alors, mesdemoiselles et messieurs, on fait quoi ? Je lui écris avec le lien de ce post, ou je mets l'adresse sur ce blog, oui oui, j'ai pas peur, moi, et on lui envoie des messages anonymes de mécontentement sanguinaire ? Dites-moi, hein.)

Attention : c'est long, mais c'est bon.

Pour commencer, le titre lui-même est fort prometteur, ayez l'élégance de le reconnaître. Se "caser" (j'adore le mot) en une semaine ?... C'est bien là le rêve de toute jeune fille du XXIe siècle, voyons ! Vite vite, trouver un exemplaire masculin au bras duquel se pendre pour ne pas, surtout pas rester seule. Quoi ? Que dites-vous ? "Amour" ? "tendresse" ? "érotisme" ? "profondeur insondable de la rencontre imprévisible mais fondamentale avec autrui, unique et multiple à la fois" ? Non, je ne vois pas, ça ne me parle pas du tout. Moi, je veux me caser, compris ? Et en une semaine, pas un jour de plus, parce que bon, être seule, c'est quand même la loose totale vu que seule, je ne vaux rien (pas d'intelligence à moi, pas capable de me distraire ni de m'épanouir seule, etc, etc, je ne suis qu'une fille, hein, pardon).

Encore pourrait-on pardonner à l'auteur ce langage, comment dire, abrupt si le reste de l'article était placé sous le signe du second degré, de la causticité et du symbolique - exemple : le "en 1 semaine" du titre ne signifierait pas à proprement parler "en une semaine, top chrono", mais plutôt : "en un temps court qu'il revient à chacune d'évaluer et d'adapter à sa propre situation". Hélas, niveau second degré et poil à gratter métaphorique, je crains de n'avoir pas frappé à la bonne porte. Morceaux choisis.

1. De deux choses l'une : soit l'auteur de l'article a une vision déplorable des femmes, soit il cache bien son estime pour elles. Ou alors les deux, mon capitaine, car notre journaliste ne semble pas en être à un paradoxe près. "Les femmes qui se casent", écrit-il en citant "Pierre Lamy, psychologue du couple", "sont profondément dépendantes, elles ont viscéralement besoin d'un partenaire". Donc, non content de rédiger un papier destiné à une catégorie de lectrices peu mûres émotionnellement et voué à aggraver encore cet état de fait, il le leur dit en face, ce goujat.
Toutefois, reconnaissons qu'il accorde aux femmes une responsabilité non négligeable dans le (bref) processus de "casage" qu'il croit indispensable à leur équilibre personnel : c'est à elles de choisir l'heureux élu et pas l'inverse. Le choisir, oui, mais sur quels critères ? Eh bien, tout est fonction de la personnalité de départ et de la méthode employée pour mener ce choix. Les choses sont simples : soit vous êtes une fille "romantique", ce qui signifie que vous vous fixez "des objectifs fantaisistes", et dans ce cas, vous êtes "incasable" ; soit vous êtes "réaliste", ce qui équivaut, je suppose, à ne pas se fixer d'"objectifs fantaisistes", et là, bingo, vous êtes "casable".
Parfait, mais quels sont donc ces "objectifs fantaisistes", vous demandez-vous, mademoiselle, avec une pointe de panique dans la voix, et comment faire pour ne pas tomber dans leur piège ? Rassurez-vous, c'est fort court et je ne résiste pas au plaisir de vous livrer ici leur définition complète selon l'auteur de l'article :

pas question de me brader, il faut qu'il soit ambitieux mais gentil, cultivé mais viril et, et... et pourquoi pas aristo en plus ?
Est-ce bien compris ? Toute tentative de faire preuve d'un peu d'exigence, d'un peu d'estime de soi et de la moindre attente un tant soit peu incongrue ("cultivé" ? mais quelle idée, enfin !... à quoi bon, Simone !) sera taxée de fantaisisme lèse-casage (pause ludique : essayez de prononcer l'expression "fantaisisme lèse-casage" trois fois de suite le plus rapidement possible. Rigolo, hein ?) et donc vouée à l'échec. Mieux vaut prendre exemple sur la "casable réaliste" qui, elle, saisit "son carnet d'adresses et scanne son entourage". Elle ne risque pas d'y trouver un prince charmant mais puisque ce n'est pas cela qu'une femme est censée attendre à moins d'être déjà à moitié folle, ça fera bien l'affaire. Finalement, l'amour, c'est simple comme un coup de fil.
Une fois l'heureux candidat choisi, les efforts à fournir du côté féminin sont heureusement minimes et se résument en une seule injonction : "Soignez le packaging", parce que "l'emballage joue un rôle déteminant" pour ferrer définitivement votre élu dans vos filets. Oui, vous avez bien lu : "l'emballage". Nous sommes des paquets, mesdames, des objets commercialisables dont l'apparence doit répondre à des règles marketing bien définies. Une fois, passe encore, on pourrait à la rigueur prendre cela pour de l'humour ; mais quand le même terme, ou presque, apparaît deux fois en quelques lignes seulement, je crains que nous ne soyons bien au-delà de l'humour et qu'il ne révèle une conviction profonde du journaliste.
Enfin, croit-il vraiment flatter nos aspirations les plus profondes quand il nous propose d'être "douce mais ferme, directive, jamais soumise" (oh, et la marge entre "directive" et "soumise" ne réside-t-elle pas précisément dans une complicité bien sentie avec l'autre mais que, d'évidence, nous n'aurons jamais le temps d'acquérir en une semaine) ? Il faut savoir dire oui et non à bon escient, mesdames. Voyez plutôt :

Le resto oui, les chemises à repasser, non. Le week-end à Deauville oui, la visite chez sa mère non (sauf anniv ou décès). La déco oui, le ménage, non, etc.
En clair (acceptez que je décrypte pour vous, ça me fait plaisir) : tout ce qui me fait plaisir, oui, tout ce qui suppose un effort de ma part, non. Tout ce qui flatte mes sens et mon goût du luxe (qu'importent mon esprit ou ma soif d'émotions), oui, tout ce qui exige que je mette la main à la pâte pour construire une vraie relation, non. Etc, etc. Pardonnez cette intrusion mais une question me taraude depuis tout à l'heure : quel genre de femmes ce journaliste a-t-il bien pu fréquenter dans sa vie, que diable, pour nous prendre à ce point pour de pures jouisseuses molles du flanc et impatientes de trouver le crétin qui saura s'en contenter ?

2. Par la même occasion, il n'a pas une vision beaucoup plus positive des hommes - ni donc, logiquement, des femmes qui les méritent. Appréciez plutôt ce sage conseil en vue du choix du bon partenaire de casage : "Le bon mâle (reproducteur ou pas) se recrute dans un créneau étroit". Messieurs, vous ne viendrez pas vous plaindre de ce que le machisme de certains de vos congénères vous fait passer pour des abrutis aux yeux de toute la gent féminine ; ici, vous êtes traités comme des femmes (quel effet ça fait ?), vous êtes des mâles, point, peut-être pas même reproducteurs, et sachez bien que la prochaine qui vous fera les yeux doux n'aura pas vibré pour vous de toute sa chair, contrairement à ce que vous pensiez (peut-être êtes-vous aussi un incurable romantique, après tout) mais qu'elle vous aura purement et simplement recruté.
Le recrutement du mâle, que voilà un sujet sensible méritant d'être traité avec toute la délicatesse qui lui sied. Il faut taper dans "le fraîchement divorcé qui vit dans un studio sinistre" (et porte sans doute ses problèmes et sa perte d'espoir amoureux en bandoulière, mais ça, on s'en fiche), "le jeune veuf" (Dieu nous en préserve, le pauvre ! jeune ET veuf, il ne demande rien à personne et paf, voilà qu'on le recrute pour un casage express - la vie est mal faite, quand même), "le beau sportif maladroit" (j'espère que "maladroit" n'est pas un euphémisme pour "con", je m'en voudrais de lire des clichés sur les hommes sportifs dans un papier rédigé par... un homme), "le financier inculte" (NOUS Y VOILA ! nous y voilà ! Qu'importe qu'il soit inculte puisqu'il est "financier", c'est-à-dire, je suppose, barbant, prévisible et routinier MAIS potentiellement riche) ou encore "le collègue de bureau qui fait ses deux heures de muscu quotidienne et gonfle ses sicav à la moindre prime" (si j'ai bien saisi le principe, ce dernier exemplaire rassemble tous les avantages puisqu'il est 1. repérable dans un entourage immédiat, ce qui correspond au "créneau étroit" de recrutement, 2. sportif, même si son degré d'adresse n'est pas précisé, 3. pas forcément financier, mais en tout cas porté sur l'épargne et donc, c'est le plus important, potentiellement riche lui aussi).
De manière générale, le choix doit se porter sur un mâle qui "a tout ce qu'il faut où il faut (abdos, appart et aucune rivale sous le lit)". Tout y est, en effet. C'est ça, un mec bien. C'est un type qui présente joliment (là encore, on dirait que le "packaging" compte), ne crie pas famine et n'intéresse personne d'autre. Au diable les capacités intellectuelles, les valeurs, les ressources émotionnelles et la riche personnalité : non non, à la fin, puisqu'on vous dit que ce n'est pas avec cela que vous allez vous caser. Alors, heureux, messieurs ?...

3. Il est favorable à ce que les pauvres lectrices d'Isa reprennent vite fait les détestables habitudes que leurs mères (et peut-être même grands-mères) ont mis des décennies à perdre. C'est ainsi qu'un paragraphe commençant avec un conseil plutôt sain et judicieux que l'on pourrait résumer ainsi : pour fonder un nouveau couple, il faut y être préparée et avoir bien fait le ménage dans son passé se termine sur une sorte d'injonction à peine cachée à renoncer à tout acquis personnel au nom du casage express. En d'autres termes, la défense de l'indépendance féminine est, selon notre journaliste, une erreur grave qui peut nuire considérablement au casage tant espéré puisque pour se caser, il faut d'abord être "prête à tout lâcher, à tout renier" (comprenez : de la vie qu'on s'était forgée toute seule et dans laquelle, ma foi, on ne s'en sortait pas si mal même s'il lui manquait un grand amour). Hors de question donc de se comporter "en fille autonome (ça fait vieille fille)" (ah bon ? mais depuis quand ? je n'étais pas prévenue, moi) ni, pire encore, "en fille 'qui réfléchit' (ça fait instable)" (serez-vous étonnés d'apprendre que vu la teneur du reste de l'article, je m'en doutais un peu ?).
Et quant à l'avancée des choses une fois que la relation commence vraiment, l'avis de notre auteur est qu'il ne faut pas traîner, ah ça non. Le quatrième jour (le QUATRIEME jour), "contrairement à ce que l'on prétend, l'idéal est de concrétiser sur-le-champ". Laissez-moi espérer que vous n'êtes pas tombée sur un goujat qui ne cherche qu'un plan cul parce que sinon, je pressens que vous vous en mordrez les doigts (sans parler du reste). Débarrassez-vous donc de cette "conception vieillotte et fourbe du jeu amoureux (le faire mariner pour tester ses intentions...)". Mettez-leur un grand coup, à ses intentions ! Livrez-vous toute entière à ses intentions, laissez-les vous prendre au plus vite, gagnez du temps, merde ! Combien de filles fâchées de s'être allongées trop tôt seront heureuses d'apprendre que ce n'est pas à cause de cela qu'elles se sont plantées, hein ? Et qui, d'ailleurs, ose encore prétendre qu'il faut savoir se faire désirer ? Les tenants de la confiance en soi et de la fausse estime personnelle féminine, je présume. Ceux-là même qui pensent qu'une femme ne doit pas se "brader". Rétrogrades, castrateurs, briseurs de couples et de belles histoires de fesses que vous êtes tous !
Dans le même ordre d'idées, il faut, dès le cinquième jour, prendre "racine chez lui" (je rappelle qu'il doit avoir un chez-lui, sans quoi, vous avez mal mené les entretiens d'embauche et vous vous êtes trompée de candidat). N'hésitez pas à faire "des photos de vous deux" directement destinées à "sa table de nuit" (le propriétaire de ladite table de nuit, qui sera probablement aussi la vôtre sous peu si vous suivez ces sages consignes, ne semble pas devoir être consulté sur ce point). Argument ultime pour justifier une appropriation aussi rapide du territoire : "ça fait réfléchir les rivales" (moi qui croyais qu'il ne devait pas y en avoir) "et impressionne la famille", et lui-même s'en sentira "rassuré". Je crains que ça ne fasse surtout rire ses potes et fuir l'heureux élu, mais si d'aventure une telle catastrophe se produisait, il faudrait naturellement ne vous en prendre qu'à vous-même et à votre probable erreur de casting.
Bref, pour que les choses soient bien (et surtout vite) pliées, faites des projets dignes de ce nom dès, tenez-vous bien, le septième jour :

Scellez le package en le mettant sur un projet à long terme. Acheter une bagnole, un appart, un chien, tomber enceinte... Entamez un de ces grands projets sur lesquels se fédèrent les couples les plus solides.
"Les couples les plus solides", oui, au bout de sept jours !... Il y a vraiment de quoi parler de solidité. Mais croyez bien que "c'est en croyant qu'on a le temps qu'on devient velléitaire... et solitaire". Brrrrrr, la solitude ! Votre plus grande crainte, coquine ! Alors quoi, qu'attendez-vous ? Hop hop hop, cassez le PEL, jetez votre pilule dans les toilettes et à vous la vie de couple ! Casée, enfin casée (et qu'importe avec qui ou dans quelles conditions) !

4. Il a vraiment le sens de la formule. Cette catégorie de citations se passe bien entendu de commentaires, je vous laisse les apprécier telles quelles :
- "Amour ou business, quand les choses doivent se faire, elles se font !", pertinemment développé par : "Pas besoin de traîner six mois pour conclure une affaire..." Notez au passage la belle équivalence proposée entre amour et commerce (hélas compris au sens contemporain du mot), je suis persuadée qu'elle modifiera votre conception des relations sentimentales à l'avenir.
- "Comme on dit : 'La qualité reste, le prix s'évapore !' " J'ose à peine me demander de quoi il est question.
- Et bien sûr, le fameux : "Toutes les études prouvent que..." et sa suite, le grand : "Là encore, les plus sérieuses études montrent que..." Mais lesquelles, au nom du ciel, lesquelles ! Nous voulons plus, plus de références, plus de revues scientifiques, une bibliographie complète, classée et commentée - des gens nous étudient sérieusement et nous, nous n'avons même pas accès à leurs conclusions, quel scandale, à la fin !

Puisque je vous suppose, comme moi, épuisés par tant d'idioties et la perspective de toute une éducation - masculine mais aussi probablement, après ce genre de chef-d'oeuvre, féminine - à refaire, je vous laisse digérer cela et vous promets pour bientôt un 2/2 également pas piqué des hannetons.


M'est avis qu'elle n'a jamais cherché à se caser à tout prix, celle-là. Photo : Flossie Mahoney.

Euh... plus assez de dissection ?

le samedi 28 juillet 2007

Voici une petite info peopolo-culturo-sérisienne croustillante que vous connaissez peut-être déjà, mais que je viens seulement d'apprendre (il y a quoi... une dizaine de jours) et sur laquelle, suite à mon énervement légitime contre l'épisode final de la saison 3 de Grey's Anatomy, je me suis dit que je devais poster.

La raison pour laquelle le Dr Preston Burke, fiancé de Christina Yang et l'ayant plantée à la minute même de leur mariage, s'en va si brusquement est la suivante :

En effet, Isaiah Washington, alias Dr Preston Burke dans la série, vient de se faire stipuler par la chaîne ABC que son retour dans la quatrième saison n'est pas souhaité. Aucune raison officielle à cela, mais en coulisses la principale évoquée serait les propos homophobes proférés par l'acteur envers son collègue T.R. Knight, qui interprète l'interne George O'Malley dans la série.

(Source : dvdrama.)

Ha ha ! ça vous en bouche un coin, ça, hein ?...

Quant au dérivé que devrait tourner Kate Walsh, une amie à moi dit que c'est pour la même raison. A prendre au conditionnel parce que si le pot aux roses a été découvert pour l'un, je ne vois pas pourquoi il ne le serait pas également pour l'autre.

OOOH - MYYY - GOOOOOD

le dimanche 29 avril 2007

Rho non, ce n'est pas de l'acharnement, c'est juste qu'on a aussi le droit de rire un peu, merde ! Regardez bien parce que ça va très, très, très vite. J'aime particulièrement le mouvement nerveux incontrôlé de l'épaule gauche à la cinquième seconde.


Allez, pour prouver que je ne suis pas bégueule, voici la même chose sur quelqu'un que j'aime bien, Bernard-Henri Lévy. Son premier entartage à la fin des années 80, mais il y en eut en tout, je ne sais plus, cinq ou sept. Commenté par Pierre Desproges, que j'aime bien aussi mais qui lui n'aime pas trop BHL qu'il qualifie de "cuistre" et de "philosophe de mes deux", comme quoi, il faut de tout pour faire un monde. Au fait, comment Desproges qualifierait-il Nicolas Sarkozy s'il était encore des nôtres ?...



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Nouf nouf

le dimanche 8 avril 2007

Rien à voir avec les fraises, mais je suis tombée sur cette espèce de, euh... d'information ? l'autre jour et je voulais vous en faire part avant de vous encourager à remercier le Ciel de ne vous avoir jamais mis en présence de quelqu'un comme Keith Richards, quand on voit ce qu'il fait aux gens qu'il aime.

Keith Richards raconte avoir sniffé les cendres de son père
[03/04/2007 - 21:30]


Keith Richards, le guitariste des Rolling Stones, connu pour son usage de substances prohibées, a révélé mardi qu'il avait été jusqu'à sniffer les cendres de son propre père.

"La chose la plus étrange que j'aie jamais essayé de sniffer ? Mon père, j'ai sniffé mon père", a-t-il déclaré au magazine britannique New Musical Express (NME).

"Il avait été incinéré et je n'ai pas pu résister à le mélanger avec un petit peu de coke", a-t-il raconté. "Mon père s'en serait foutu, il en avait rien à faire."

"C'est descendu assez bien et je suis encore en vie", a-t-il ajouté.


Le texte vient de (oui, il y a des photos, c'est assez édifiant aussi) et j'ai maintenant de quoi méditer sur les errances de l'âme humaine pendant huit jours. Merci Keith.

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Vivent les mariés

le mardi 21 novembre 2006

Ok. Je suppose que je ne vous apprends rien si je vous montre ceci :


Image : Alice ADSL. Texte : Teemix. Oui ben pardon, hein.

Tom Cruise et Katie Holmes ont célébré leur mariage ce samedi 18 novembre, à 18 heures, dans le château italien de la famille Odescalchi à Bracciano, près de Rome. Tous leurs amis people se sont déplacés pour l’occasion : Jim Carrey et sa petite amie Jenny Mc Carthy, Jennifer Lopez et son mari Marc Anthony, Will Smith et Jada Pinkett Smith, Victoria et David Beckham. Même les anciennes conquêtes du beau Tom se sont jointes au bonheur des amoureux, Pénélope Cruz a fait porter un bouquet de cent roses blanches aux mariés et Nicole Kidman leur a envoyé un cadeau en leur souhaitant « toute une vie de bonheur ensemble ». Pendant les festivités, Andrea Bocceli a chanté l’Ave Maria en l’honneur des jeunes époux. La fête, étalée sur trois jours a réuni 200 invités, et aurait coûté 5 millions d’euros. Le couple est aujourd’hui aux Maldives pour profiter d’un superbe voyage de noces !
Bien.

Maintenant, sachez que Cruise et Holmes ont vendu l'exclusivité des images de leur mariage à une chaîne américaine pour une somme dont, apparemment, on ne connaît pas le montant exact, mais dont on sait qu'il est situé entre 5 et 10 millions de dollars.

Vous voyez où je veux en venir, là ?...

Les 35 heures au collège

le mardi 14 novembre 2006

On entend beaucoup parler de cette vidéo, diffusée par l'un des partisans de Dominique Strauss-Kahn, dans laquelle Ségolène Royal, lors d'une rencontre avec des militants du PS, en janvier dernier, lance l'idée - tout en précisant qu'elle ne veut pas "le crier sur les toits" pour ne pas se coltiner trop vite avec les organisations syndicales enseignantes - des "trente-cinq heures au collège".

Voici cette vidéo, que j'ai trouvée via le blog de Lise (je ne peux pas vous donner son mot de passe, mais je vous conseille vivement de le lui demander pour lire ses posts émouvants, drôles, parfois grinçants sur sa vie de jeune enseignante à l'étranger, bref).


Profs: Ségolène en off
envoyé par Jules-ferry



Et maintenant, en exclusivité, chers lecteurs, la liste de mes petits moments préférés, instants de poésie, bulles de savon coloré dans un monde ô combien gris et malodorant par ailleurs. Par ordre chronologique.
  1. 1. le moment où les personnes (j'ignore leur petit nom) assises à la gauche de Ségolène rient dans leur barbe, puis de plus en plus fort, en apprenant qu'elle veut proposer les trente-cinq heures au collège.
    Signification de ce rire ?... Non pas "Elle est folle la Ségo, quelle marrante celle-là, elle nous les fera toutes, au fait qu'est-ce qu'on bouffe ce soir ?", mais bien : "Ha ha, les Zorganisations Synnndiquales Ansaignantes, cette bande de pourris nourris de privilèges, cette bande de feîîîgnants qui ne travaillent jamais, jamais, les vacances scolaires et quinze ou dix-sept heures par semaine, ha ha, t'appelles ça un boulot, toi ?... Non mais laisse-moi rire (dont acte), ça va les changer, les cocos, de se retrousser les manches".
    En tout cas, c'est mon interprétation et je la partage.
  2. 2. l'idée majeure, centrale, du grand projet : les trente-cinq heures au collège, ça veut dire que quand les professeurs ont fini les cours, ils ne quittent pas le collège. Pas tout de suite.
    Parce que j'explique : il faut rendre à Ségolène ce qui est à Ségolène, elle ne dit pas (et heureusement, c'est techniquement impossible) que les professeurs doivent assurer trente-cinq heures de cours par semaine, mais seulement qu'ils devraient être présents au collège trente-cinq heures par semaine. Pour quoi faire, nous l'allons voir tout à l'heure.
    Je pose une question toutefois : si les professeurs passent trente-cinq heures au bahut par semaine, QUAND préparent-ils leurs cours ?... Parce que vous avez une idée, même approximative, du temps que ça prend, de préparer un cours ? Hummmm ?... (Pas le même temps pour toutes les disciplines, ok, je sais, merci de ne pas trop compliquer les choses pour l'instant.)
  3. 3. (ma petite préférée, lisez bien) "Comment se fait-il que des enseignants du secteur public aient le temps d'aller faire du soutien individualisé payant et ils n'ont pas le temps de faire du soutien individualisé gratuit dans les établissements scolaires ?"
    COMMENT ?... Eh bien je vais te le dire, chère amie : parce qu'ils sont payés des clopinettes. Eeeeh oui, madame Ségolène Royal, le salaire des enseignants et, en règle générale, des membres de la fonction publique, est scandaleusement inférieur à celui de leurs camarades du privé, à qualifications égales. En gros, un agrégé gagne beaucoup moins qu'un ingénieur et il met beaucoup plus de temps que lui à voir augmenter son traitement. Evidemment, il a d'autres avantages en contrepartie, et notamment - ce qui n'est pas négligeable - la sécurité de l'emploi ; mais enfin, si l'on faisait fortune dans le public, je pense que ça se saurait, n'est-ce pas.
    Par conséquent, je comprends fort bien - et ne désapprouve pas - les professeurs qui donnent des cours particuliers payants qui, s'ils leur prennent du temps, pemettent au moins en contrepartie d'arrondir les fins de mois.
  4. 4. le rire de l'assemblée juste après cette même phrase... Aaaah, que ça fait du bien de sentir des militants en fusion, tous sur la même longueur d'onde, contre ces paresseux-de-profs-qui-font-rien-qu'à-se-faire-des-couilles-en-or-tout-en-en-foutant-pas-une-par-ailleurs... Pardon, je m'emballe.
  5. 5. "Ben non, droits acquis, on fait nos dix-sept heures de cours et puis on s'en va."
    Effectivement, la vidéo méritait bien cette jolie chute.
    Ségolène, sache-le ; en plus de leurs dix-sept heures de cours, les professeurs participent, selon l'époque de l'année : aux conseils de classe, aux conseils de discipline, aux réunions parents-professeurs, à diverses réunions supplémentaires s'ils sont professeurs principaux de telle ou telle classe, enseignants en classes post-bac (BTS, par exemple), tuteurs de stagiaires IUFM, etc, etc... Le principe du "je fais mes cours et je me casse" n'est paaaas teeeellement troooop possible dans l'enseignement secondaire.
    En tout état de cause, un prof qui rentre chez lui, contrairement à beaucoup d'autres corps de métier, n'a pas fini sa journée : il y a encore la préparation des cours et la correction des copies, c'est fou ce que ça ajoute des heures aux heures, ça (et de préférence le soir tard, pile quand on meurt d'envie de faire autre chose. Comme dormir).
    D'ailleurs, j'en parlais l'autre jour avec ma mère, qui a oublié d'être bête et paresseuse et qui me confiait son sentiment en ces termes : "Moi je veux bien les faire, les trente-cinq heures de présence au lycée. Aucun problème de ce côté-là si dans ces trente-cinq heures sont comprises la préparation des cours, la correction des copies et la participation à la vie de l'établissement. Dans ces conditions je peux même monter jusqu'à trente-sept. C'est drôlement avantageux ; actuellement, tout compris, j'en fais plus".
Ma petite théorie personnelle, c'est que Ségolène Royal n'a pas la moindre idée de ce que c'est que le boulot de professeur dans le secondaire. Pas la moindre. Et qu'elle en profite tranquillement pour diffuser (à son corps défendant, certes) certains clichés odieux sur les enseignants. Le pourfendage (cherchez pas, je l'ai inventé) des clichés étant, comme vous le savez, ma spécialité, je me devais de m'y livrer aussitôt.

Dommage, d'ailleurs. Parce qu'à part ça, vouloir développer les cours de soutien gratuit au sein des collèges me paraît tout à fait louable...
Et là, j'ai bien une idée, une idée à moi, mais vous allez trouver cela un rien audacieux : des emplois-jeunes !... Des emplois en plus pour des gens qui n'en ont pas, quoi !

Moui mais je suis bête, ça coûterait de l'argent, bien sûr. Un paquet d'argent. Pour mieux enseigner aux générations futures : ri-di-cule, autant dire de l'argent jeté par les fenêtres, non ?...

Désolée pour le style relâché et pour les facilités d'écriture qui parcourent sans doute ce post. Je suis énervée et quand je suis énervée, j'écris vite et mal - et je manque de courage pour peaufiner.

Au fait : je n'entre pas dans la polémique sur la diffusion même de la vidéo. Je ne trouve pas particulièrement digne ni estimable de la rendre publique maintenant, surtout de la part d'un strauss-kahnien si tel est bien le cas. Vous conviendrez avec moi que dans ces circonstances, il n'est guère question de liberté d'expression ou de révélation de vérités cachées, mais seulement de stratégie de campagne. Cela dit, on ne saura probablement jamais à quel moment cette idée fracassante de Ségolène serait apparue au grand jour si la vidéo ne s'était chargée de nous la faire connaître aujourd'hui.

Bubble-gum

le mardi 7 novembre 2006

J'avais un petit post tout prêt sous le coude (ce n'est pas grave, vous n'y couperez pas, je vous le sortirai d'ici un jour ou deux), mais priorité à l'actualité chaude,voire brûlante.

Dites-moi, les enfants, est-ce que vous êtes au courant de cette rumeur ?...

Ne vous précipitez pas tout de suite sur le lien : je peux comprendre que vous n'ayez pas envie de vous coltiner les insanités de ces temples de la beaufitude, du racisme et de l'extrémisme que sont les forums Actualité du site AuFéminin.com, je vous recopie donc le message d'origine de la discussion pour que vous sachiez de quoi il s'agit.

Une rumeur a fait le tour des rédactions de Paris :

Nadyia serait enceinte de Zidane. Ce dernier lui aurait proposé 5 millions d'euros pour avorter, ce qu'elle a refusé.

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Je confirme la rumeur. Mais le montant offert à la chanteuse contre l'IVG est faux. Zidane a tenté d'intimider Nadya dans un premier temps suivant les conseils de ses proches. Puis, voyant que la petite n'allait pas céder, et craignant qu'elle aille poser une main courante à la police pour intimidation, le montant de 5 millions de dollars a été évoqué. Mais dans la réalité, Nadya aurait refusé un montant d'environ la moitié. Selon des sources proches de l'une et de l'autre des deux parties.

À suivre ...

Sam


Je ne sais pas qui est cette Sam (son peudo complet est "Sameeha") mais elle a l'air parfaitement renseignée, excepté, vous l'aurez noté, qu'elle ne sait pas bien comment écrire le nom de la chanteuse en question ; ce n'est pourtant pas bien compliqué, c'est "Nâdiya". (Oui, c'est plus original que "Nadia", il suffisait d'y penser.)

Une rapide recherche sur Google nous montre que, bien entendu, toutes les versions de la rumeur sont en circulation : "non, il n'y a rien eu entre eux, elle l'a assuré chez Fogiel" ; "Voici publie des photos montrant Zidane et Nâdiya entrant dans le même immeuble, le même jour, pas ensemble, mais l'air inquiet, comme s'ils ne voulaient pas être vus" ; "ils sont ensemble depuis deux ans, c'est Jamel Debbouze qui les a présentés l'un à l'autre et il servait d'alibi à leurs rendez-vous" (je savais que Debbouze était un ami de Zinedine Zidane, j'ignorais qu'il connaissait AUSSI Nâdiya) ; "ils ne se sont rencontrés qu'une fois et se sont à peine parlé" ; "tout le monde les a vus ensemble dans un club sur la Côte" (la "Côte" ???... euh... de veau ?) "et ils sont partis main dans la main dans le même taxi" ; "cette rumeur est la plus stupide que j'aie jamais lue sur un forum", etc, etc.

Il va de soi que personnellement, je m'en fous un peu. La seule chose qui paraît assez énorme, c'est que si c'est vrai, et je dis bien SI c'est vrai, c'est une fissure de plus dans l'image d'un Zidane parfait, bon sportif, honnête, bon père de famille et époux fidèle. Mais en disant cela, j'ai vraiment l'impression d'enfoncer des portes plus qu'ouvertes.
Quant à Nâdiya, elle m'intéresse à peu près autant que les miettes de pain qui traînent en ce moment sur la table de la cuisine et que je vais devoir virer avant de déjeuner. Et encore, les miettes m'intéressent davantage parce qu'elles vont exiger de moi une action, vous voyez, un geste volontaire : elles ont une fonction, même gênante, dans mon monde, elles existent pour moi. Nâdiya, elle existe peut-être en soi et pour d'autres, mais c'est tout.

Non, ce qui est vraiment drôle dans cette rumeur sur laquelle vous avez peut-être plus d'informations que moi (sinon, on peut toujours s'échanger des recettes de cuisine ou parler de tricot, je suis forte en tricot et je confectionne un cheesecake légendaire), c'est que j'ai quelque difficulté à imaginer un couple aussi mal assorti que Zinedine Zidane et Nâdiya. Franchement, répondez tout de go, vous arrivez à les visualiser en pleine action torride, vous ?...




Source des photos : Zidane ; Nâdiya.



[EDIT] Entendu aux infos de 13 heures, sur France Inter : Zidane a participé à un match amical, au Bangladesh, à l'appel du nouveau prix Nobel de la paix, Muhammad Yunus (plus d'infos ici).
Le Bangladesh ! Ha ha !... Ca ne ressemble pas à une fuite de ses responsabilités, ça, hummmm ?... [/EDIT]

Un score qu'on n'avait pas vu depuis vingt ans

le dimanche 15 octobre 2006

Je ne sais pas si vous connaissez Michel Daerden qui, d'après ce que je crois comprendre, est membre du PS belge et assez satisfait de son score aux élections de dimanche dernier. Merci à Jessy sans qui je n'aurais jamais vu cette vidéo inénarrable.

Et comme, en ce moment, j'aime bien vous faire découvrir des trucs et partager des machins, il FAUT que vous alliez lire, écouter et regarder cette note de Chronolog. (Avec un paquet de Kleenex à portée de main.)

PS. Au fait, dites-moi, et surtout ne me cachez rien, ayez l'audace d'être francs : on ne peut pas se faire un joli blog sous DotClear si l'on ne possède pas un logiciel tel que Photoshop. J'ai juste, hein ?

Merci, Laurent Ruquier. Et merci Vinvin

le jeudi 5 octobre 2006

Grâce à Ruquier, j'apprends que le film Frère des Ours II est en tête des ventes de DVD en ce moment. Frère des Ours II, la suite de Frère des Ours, a été lancé par les studios Walt Disney uniquement pour le marché DVD. Et donc, il cartonne.

C'est important de se tenir au courant des grands phénomènes culturels, comme ça. Moi c'est fait. Grâce à Laurent.

Et - rien à voir - cette vidéo, même si je sais que tout le monde l'a vue environ 653987 fois au cours du dernier mois (mais je ne m'en lasse pas), c'est mon petit cadeau pour la route :


Le fractionné avec Loic Siffredi !
envoyé par Vinvin

Marly-Gomont

le mercredi 4 octobre 2006

Trouvé chez Sskizo : le petit clip d'un môme de téci Picardie, Kamini. On en parle même sur France Inter, dis donc, le sponsor officiel de Vincent Delerm !...

Ne me dites pas que ça ne déchire pas, ça, quand même. (Faut bien tout regarder et après, vous pourrez me dire qui est votre figurant préféré, moi c'est le petit en combi verte à la fin. Il danse bien.)

[EDIT] Ok, donc je viens de m'apercevoir, après avoir lu entre autres ce post qui commence à dater un peu, que je suis complètement à la traîne. Ceux d'entre vous qui découvrent Kamini grâce à moi le sont donc aussi, et toc !... M'en fous, je vais prochainement ouvrir un magasin de terreau bio avec Krazy Kitty et je vous emm***. [/EDIT]

Zouli

le dimanche 3 septembre 2006

Ne me dites pas que vous ne trouvez pas ça au moins mignon.

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PS. Lyonnais, ne tenez pas compte de l'information, le journal a déjà plusieurs jours.

Isa'vaient qu'à faire mieux - 3/3

le lundi 28 août 2006

Pour finir l'été en beauté, voici le troisième et dernier volet de la série Les stupidités d'Isa au mois d'août.

Aujourd'hui, chères lectrices, chers lecteurs, je vous invite à découvrir avec moi l'article phare de notre mensuel préféré, celui qui bénéficie des plus gros caractères en couverture et du nombre de pages le plus important : "L'été le plus sexy de ma vie !" Non, vous ne rêvez pas, tel est bien le but qu'Isa vous propose de poursuivre à la page 88 de cette livraison exceptionnelle.

En six pages et trente conseils directs et efficaces, la journaliste (peut-être ne mérite-t-elle pas ce titre, mais je n'en trouve point d'autre) en charge du sujet nous livre une version assez personnelle de ce qu'est le sexy - et son revers cauchemardesque, hantise de toutes les filles et femmes de moins de 35 ans qui se respectent, le pas sexy - sur les lieux de vacances. Ne vous y trompez pas, la plupart des préceptes de ce nouveau maître de sagesse sont également applicables en ville pendant l'année, et même, j'en suis sûre, au boulot ou à la fac. Prenez note.

"1. Sexy : le look rapido presto. Pas sexy : le tout nickel."

Mouais, pourquoi pas. Rappelons tout de même que pour être sexy "rapido presto", il faut déjà avoir une bonne base de départ et que la plupart des filles ont tout de même besoin d'un minimum de préparation pour correspondre à l'acception la plus courante du sexy. Mais surtout, ce qui me choque au plus haut point, c'est que, prétend l'auteur, les "cheveux un peu poissés de sel" sont sexy. Je ne sais pas vous, mais moi, si mes cheveux sont poissés de sel, c'est que je ne les ai pas lavés depuis plusieurs jours. Et ça, sachez-le, c'est fortement déconseillé si on ne veut pas avoir à tout couper à la rentrée. Enfin bref.

"4. Sexy : se trémousser sur "Crazy" des Gnarls Barkley. Pas sexy : sautiller sur "Les Magnolias"."

Etant donné que Crazy est le tube de l'été le moins excitant de ces trente dernières années et qu'à mon avis, ce n'est pas la chanson qui rend une fille sexy mais bien la manière dont elle bouge, j'ai tendance à penser que l'auteure de l'article avait purement et simplement bu avant de rédiger ce paragraphe. Donc je ne lui en tiens pas rigueur, et je passe.

"6. Sexy : les Havaïanas authentiques."

Bien sûr, bien sûr, que n'y avais-je pensé plus tôt !... Les Havaïanas, deux bouts de plastique à quinze euros la paire, sont forcément les SEULES tongs sexy, et donc le must have de l'été. Si tu as repéré des tongs oranges à pois jaunes trop mignonnes à cinq euros au marché, laisse béton, tu es ringarde. Ben oui, être sexy, ça se paye...

"8. Sexy : la paillote "in". Pas sexy : la terrasse bondée de mioches et de Mister Freeze, avec des chaises en plastiques."

Le début du paragraphe est tout aussi éclairant : "Premier devoir en terrain inconnu (oui, on vous parle bien de DEVOIR, on n'est pas là pour rigoler, vous voulez être sexy ou pas, merde ?) : trouver le lieu qui aimante les beaux, les marrants, les déments". Je m'interroge sur l'absolue nécessité de passer ses vacances en compagnie de gens "beaux, marrants, déments" (et sur la méthode la moins faillible pour les identifier). Il semblerait, mais attention, j'utilise bien le conditionnel, il semblerait dis-je que l'on ne peut être sexy que si d'autres personnes jugées telles vous adoubent et vous font entrer dans le très fermé Club des Jeunes Sexy de la Plage. En d'autres termes, on n'est sexy que pour les autres. Nombreux, de préférence, les autres.

"17" (je ne peux pas tous vous les faire, il y en aurait pour des heures et je ne crois pas que je tiendrais le coup) "Sexy : les copines légères, bien foutues, fashion... Pas sexy : l'amie timide, les copines lourdaudes en chasse." (j'avais d'abord cru lire "en classe" et du coup, j'avoue, je ne voyais pas le rapport)

Ben voyons. Si ma meilleure amie, que j'aime comme ma soeur et qui a toujours été là pour moi, est timide (depuis quand être timide est forcément anti-sexy, d'ailleurs ?...), je dois lui dire "Désolée ma chérie, cet été, je pars sans toi, je vais au Cap avec Sandra et Cynthia. Quoi quoi, comment ça, je les ai traitées de pétasses il y a un mois à la soirée de Steph ?... T'avais encore trop bu, ça ne devait pas être moi". Si elle est moche, encore pire, là je dois arrêter de l'appeler, changer de numéro, de ville, de région, de pays, et l'oublier. Attendez, ne me dites pas que vous croyez encore qu'on choisit ses amis pour leurs qualités intrinsèques et pas pour leur physique, quand même !...

"21. Sexy : le vernis chocolat ou papaye. Pas sexy : le rouge pétasse, le prune dadame."

Là, je m'insurge. D'abord, décréter que seules deux, pas cinq, pas trois, DEUX couleurs de vernis à ongles sont sexy, ça relève un peu de la dictature. Si si, excusez-moi. Ensuite, ajouter que le rouge pétasse n'est pas sexy alors que le rouge vif est quand même la teinte la plus indémodable qui soit (et je sais de quoi je parle), ça, c'est plutôt de l'incompétence que ça tient. Mais attendez, on n'a pas encore touché le fond.

"28. Sexy : le short taille basse. Pas sexy : le short en jean qui rentre dans les fesses."

Ca ne me paraît pas incompatible. Et je dirais même plus : l'un me fait tout autant gerber que l'autre. Alors franchement...

"30. Sexy : les petites photos volées au portable. Pas sexy : faire poser ses potes devant son jetable (gamine prépubère) ou son numérique (mère de famille)."

Ouais, ben moi, mon portable ne prend pas de photos ; pas la peine puisque j'ai un numérique (eh oui, je rentre définitivement dans la catégorie "mère de famille". Mon cas semble désespéré). Et devant ce numérique, je fais poser tout le monde et n'importe qui, sans complexes, parce que je veux de VRAIS souvenirs de vacances et pas seulement un bout de nez flou à contre-jour et un oeil surexposé sous prétexte que j'ai "volé" la photo en soirée en oubliant connement que la lumière n'y était pas idéale (et que je n'avais pas prévenu mon modèle). Merde, maintenant.

Bien. Calmons-nous et réfléchissons deux minutes.

Après cette séance éprouvante, vous aurez constaté que

1. être sexy, ça exige un minimum d'obéissance et pas trop de créativité ni d'esprit d'initiative. Car oui, vous l'avez compris, tous ces conseils sont en fait des ordres. Si vous refusez de rentrer dans le rang, tant pis pour vous, vous ne pourrez pas dire que vous n'avez pas été prévenue.

2. être sexy n'est pas à la portée de tout le monde.

3. être sexy, finalement, on a un peu de mal à déterminer ce que ça veut dire.

4. être sexy est somme toute très relatif. J'en veux pour preuve les photos illustrant l'article et représentant une adolescente prépubère au sourire carnassier vêtue de tops moulants (pourtant fortement déconseillés par l'article, paragraphe n°19) et posant en treillis rose et blanc (prenez le temps de visualiser mentalement, ça vaut le coup), dans une attitude légèrement agressive, coiffée d'un Stetson et affublée d'un débardeur vantant le Spring Break de 2004, soit un moment de l'année où des hordes de jeunes Américains pètent les plombs et vont se saouler et baiser jusqu'à plus soif au Mexique. Classieux, non ?...

Je crois que c'est officiel : je ne suis pas une fille sexy. J'en suis plutôt soulagée.

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Photo : une vraie fille sexy : Christina Ricci dans Anything else, de Woody Allen - AlloCiné.

Isa'vaient qu'à faire mieux - 2/3

le samedi 12 août 2006

Comme promis, voici le deuxième épisode de notre saga estivale à succès :

Comment la presse féminine française essaie de rendre ses lectrices encore plus bêtes et soumises qu'elles ne l'étaient déjà.

Vous vous souvenez que j'avais - brillamment, d'ailleurs - dégommé un article du numéro d'août du magazine Isa, intitulé Tous ces garçons ont un point commun... ils ont peur des femmes et accompagné page 183 de sa perverse petite colonne 10 conseils pour ne pas effrayer un garçon.

Je vous propose aujourd'hui tout simplement de tourner la page en douceur (nous sommes en plein mois d'août, pas de mouvements brusques) pour découvrir avec moi, page 184, l'article intitulé Les hommes ont-ils un sixième sens sexuel ? qui se présente comme une étude quasiment scientifique des talents masculins en la matière, dans la mesure où l'auteur, je vous le donne en mille... est un homme. Forcément, on se dit qu'il sait de quoi il parle et donc on prend ses affirmations très au sérieux, bichette.

Je vous passe les expressions limite qui cachent probablement un second degré auquel, en tant que pauvre fille dépourvue de tout sens de l'humour, je n'ai pas accès, du genre : "Deux femelles excitées, parées de leurs plus beaux atours, lancent des signaux de disponibilité sexuelle..." en légende d'une photo où, personnellement, je ne vois rien d'autre que deux filles en soirée, en train de rire et de parcourir la salle du regard. Je vous passe aussi les assertions définitives et un poil gerbantes style "l'homme possède d'excellentes antennes pour repérer les femelles open". (Dans cette dernière phrase apparaît un mot qui figurait déjà dans la citation précédente. Sauras-tu le retrouver ?) Si l'objectif est de nous prouver que non, les hommes ne sont pas tous des obsédés sexuels et que non, les filles ne sont pas toutes de la chair à pieu, je crains qu'avec cette prose-là, ce ne soit voué à l'échec.

Pour votre gouverne, chères comparses du sexe faible (que l'auteur a manifestement la ferme intention de maintenir comme tel), les hommes savent donc sans une hésitation, rien qu'à vous regarder :

2. "... si vous aimez le sexe"

Certains vêtements ("pull en cachemire, talons hauts") et certaines attitudes ("corps souple mais pas ondulant, voix chaleureuse") nous désignent apparemment aux antennes masculines comme de bons coups. Conclusion de l'auteur : "rien n'est plus excitant pour un grand prédateur que ce gendre de défi !". Mouais. Et dites-moi, il ne lui vient pas à l'idée, au grand prédateur, qu'on n'a peut-être pas du tout envie de lui faire profiter de nos talents cachés au simple motif qu'on a mis un pull en cachemire et qu'on lui parle gentiment ?...

7. "... si vous êtes une proie"

Je crois que le mot est lâché. Le propos est clair : une fille qui vient d'avoir un gros malheur (déception amoureuse et perte totale de confiance en soi) est fragile et influençable ; nous sommes probablement toutes d'accord là-dessus. Là où les choses se corsent, c'est que pour le prédateur déjà mentionné, cette situation offre un seul - mais énorme - avantage : la pauvre petite est dès lors "prête à ouvrir [son] lit au premier venu pour un peu de chaleur humaine". Vous l'avez compris ; nos détresses intimes ne nous vaudront ni compassion, ni réconfort de la part des chasseurs, juste une nuit de loose supplémentaire et une grosse solitude au matin, agrémentée d'une dose de culpabilité et d'auto-dévalorisation sur le mode Mais décidément, je suis une vraie conne, je suis trop nulle, je ne mérite pas mieux, etc, etc. Le cercle vicieux peut durer un bon moment.

4. "... si vous êtes une princesse" (entendez par là que "vous avez l'habitude de plier le monde à vos caprices", pas que vous êtes une fille géniale, il ne faut pas exagérer non plus), 9. "... si vous êtes une tordue", 10. "... si vous êtes une allumeuse"

C'est drôle, je cherche désespérément les rubriques "... si vous êtes une vraie tête", "... si vous avez le coeur sur la main", "... si vous êtes la fille qu'on cherche depuis toujours", "... si vous êtes l'amie idéale", "... si vous êtes exigeante en matière de sentiments et donnez beaucoup en retour", mais je ne les trouve pas.

Alors, heureuses ?...

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Photo : Flossie Mahoney

**********

PS. Oh oui, au fait : j'ai craqué, bien sûr... Je suis allée chez le coiffeur hier (notez que j'ai réussi à tenir encore dix jours, ce qui est plutôt pas mal) et je suis très contente du résultat. Vraiment, oui.

Isa'vaient qu'à faire mieux - 1/3

le vendredi 28 juillet 2006

(Oh, mais dites-moi, on dirait que je me prends à mon tour pour Alain Rémond !... C'est quand même fou, cette contagion du jeu de mots.)

Après vous avoir proposé, le week-end dernier, de nous suivre dans d'incroyables mais dignes aventures sur les pistes de danse des grandes écoles françaises, nous vous suggérons aujourd'hui de vous livrer à une autre activité typique de fin de semaine : la lecture d'un magazine féminin.

D'ordinaire, je conseille volontiers le petit Isa, opus punchy et coloré, ni trop neuneu ni trop sérieux, au format agréable et au contenu plutôt riche. Mais je dois avouer que la livraison du mois d'août me déçoit quelque peu, et ce pour deux raisons.

La première, c'est que le joli maillot de bain fourni en cadeau avec le magazine - trois coloris au choix : noir, rayé bleu et blanc ou rose à pois noirs, ma chance indescriptible m'ayant permis de tomber sur ce dernier* - ne prévoit absolument pas que les lectrices puissent posséder une poitrine dépassant le bonnet B. Hélas pour moi, c'est mon cas ; et les petits cordons ont beau permettre d'ajuster assez précisément le maillot, si les triangles sont trop petits, ils sont trop petits et ça déborde, point. Ne me reste donc plus que le bas, dont je me demande comment je pourrais bien l'utiliser.

La seconde est plus grave, et elle est liée à certains articles du magazine que je trouve un rien douteux.

Allez d'abord directement à la page 183, où l'on vous explique pourquoi certains hommes ont peur des femmes... et comment éviter de faire peur aux hommes à votre tour (partant du principe que, puisque vous lisez ce truc, vous êtes une femme, bien sûr). Si certains conseils plutôt avisés relèvent tout simplement du bon sens (ne pas toujours être sur son dos, préserver ses relations avec les enfants en cas de séparation, ne pas étaler sans cesse notre salaire s'il est supérieur au sien, ou encore ne pas lui casser les oreilles avec notre passé sexuel), d'autres me laissent vraiment perplexe :

"2. Vous trouvez ses amis bêtes, mous et mal assortis à vos sets de table ? Ne les dénigrez pas. Les amours passent, les copains restent..."

Mais que faire s'il y a de vrais cons parmi eux ? Se taire et le laisser s'abêtir en leur compagnie ?... Sans parler du fait que croire qu'une fille juge les gens en fonction de leur assortiment avec ses sets de table... mouais.

"6. Ne parlez pas trop fort. (...) Baissez d'un ton à la maison."

Hum, il s'agit de ne pas trop déranger l'homme, je suppose... Désormais, il n'aura même plus besoin de faire semblant de pas entendre...

"7. Ne le critiquez pas. OK, il fait tout mal. Il ne range pas ses chaussettes au bon endroit... Pas la peine de le houspiller. Ce n'est pas une femme de ménage, juste un type qui fait des efforts parce qu'il vous aime."

Mais nous ne sommes pas non plus des femmes de ménage !...
Le problème des chaussettes est simple : de même que dans une bibliothèque, un livre mal rangé est un livre perdu, dans une maison, une chaussette mal rangée est une chaussette non lavée et donc non réutilisable. Il y a de la logique derrière tout ça.

Et surtout, mon petit favori :

"9. Regardez-vous. Ce n'est pas le prince charmant en cabriolet dont vous avez toujours rêvé ? Mais comme vous n'êtes pas non plus Eva Longoria, il y a peut-être moyen de profiter de ses bonnes dispositions à votre égard..."

Je signale tout d'abord aux rédacteurs d'Isa que non, toutes les femmes ne rêvent pas d'être Eva Longoria (ni d'avoir un prince charmant en cabriolet - pour ma part, le mien circule en métro et il n'en est pas moins merveilleux et parfaitement princier). Je trouve que ce genre de précepte - se contenter de ce qu'on a parce qu'avec la tronche qu'on se tape, on ne peut guère espérer mieux - sent un peu mauvais sur les bords... Combien d'années d'analyse pour les nanas complexées et/ou malheureuses en amour qui auront cru reconnaître leur situation dans ces quelques lignes assassines ?

Vous ne m'en voudrez pas de remettre à plus tard le reste de ma revue de presse - je risque l'indigestion, tout simplement.

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Pour se consoler : une belle Latina... Eva Longoria ? Non, Jennifer Lopez qui sur cet inoubliable cliché, présente l'avantage de réunir les deux sujets de ma note. Pas mal, hein ? Elle vient de .

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* Non, c'est pas vrai, je l'ai choisi délibérément.

Cute overboard

le lundi 26 juin 2006

Le site en question est mignon et tout, certes, mais n'essayez pas de me faire croire que l'intérêt principal de ce genre de photos, ce sont les chats. (Je vous les ai classées par ordre d'intérêt croissant.)

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