Ménille Avénale

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Je déteste la Nouvelle Star

le lundi 24 mars 2008

Mercredi dernier, j'ai regardé cette foutue émission alors que je n'ai de coup de coeur pour aucun candidat cette année* et pas du tout envie de me mettre à la colle avec ce programme jusqu'à fin juin comme l'an dernier. Mais laissons de côté ce mouvement masochiste et destructeur typique de ma personnalité et voyons plutôt les choses en face :

la Nouvelle Star est une émission hyper-stressante et très, très angoissante.

C'est horrible. Pendant les épreuves du Trianon, le téléspectateur subit de plein fouet les appréhensions des candidats, vit leur vie de chanteurs stressés presque deux heures durant, prend les tensions intra-jury droit dans la tronche (au fait, quelqu'un pourrait-il demander à Philippe Manoeuvre de cesser de s'énerver et de faire semblant de vouloir tout casser dès qu'une délibération dure un peu trop longtemps à son goût ? C'est pénible, à la fin, et on a envie de lui dire que s'il ne se sentait pas d'être juré, il n'avait qu'à décliner la proposition, le pépère), ressent les coups de blues, les coups de tête, les coups de gueule comme s'il y était, manque de craquer et de s'effondrer comme eux, et tout cela, sans même avoir la compensation du direct, du show, du grand (?) spectacle, du divertissement à l'ancienne comme ce sera le cas quand tout ce petit monde aura investi Baltard.

Ah non, je vous assure, ça vous fait des soirées à peine vivables.

La nuit qui a suivi, j'ai dormi cinq heures, incapable que j'étais de trouver le sommeil avec le coeur qui battait à tout rompre et les visages défaits de ces pauvres petits loups devant les yeux. Les termes "catastrophe", "hécatombe", "je me suis plantée", "j'ai craqué" me hantaient jusqu'à l'étourdissement. Et le teaser de la semaine prochaine m'a glacé le sang : après la fin de la dernière épreuve du Trianon, les jurés recevront les cinquante derniers candidats un par un, à Baltard, pour leur annoncer si oui ou non, ils vont monter sur la scène du direct. Le décor de ces petits entretiens privilégiés sera des plus dépouillés : au milieu des structures métalliques du pavillon, deux fauteuils blancs hyper carrés, pas du tout mous ni confortables, placés à peu près face à face, dans la lumière bleue qui, dans ce genre d'émission, signifie qu'attention, l'heure est grave et le verdict approche.

J'en frissonne d'avance. Hors de question que je regarde cela en semaine, je risque de m'évanouir. A la limite, je visionnerai la rediff du vendredi soir sur W9 après avoir consulté sur Internet la liste des candidats retenus, de manière à aborder le tout avec la sérénité de celle qui sait déjà et à ne pas avoir l'impression, cinquante fois de suite, d'être moi-même la candidate coincée sur le fauteuil et qui ne sent plus ses jambes. Oui, je vais faire ça. Ce sera bien.

* Ok, ok, ce n'est pas tout à fait vrai. J'aime bien le Julien aux yeux clairs qui a chanté Halleluiah au casting, et aussi Cédric le marin, avec ses polos classious et son air de venir tout droit de sa dernière partie de golf, et Ycare, même s'il est moins drôle qu'il ne semble lepenser. Du côté des filles, j'aime évidemment Amandine, la blonde à la voix rauque qui avait chanté Knocking on heaven's door, et Sian, qui a une voix et une allure magnifiques mais qui commence à me saouler à mettre des "ba ba dou wap wap dou wap" partout, et Martje, la belle Hollandaise qui déchire tout dès qu'elle ouvre la bouche, et bien sûr Violaine, qui porte des béquilles et paraît si fragile jusqu'à ce qu'elle commence à chanter. Et je ne PEUX PAS encadrer Jules, le mini-alien de dix-sept balais qui se prend pour un rockeur (mais quelle idée bizarre !... qui lui a mis cela dans la tête ?) et dont j'espère qu'il va dégager vite fait, bien fait. Mais à part cela, je n'ai de coup de coeur pour aucun candidat.

Au moins, ça mange pas de pain

le jeudi 21 février 2008

J'ai trouvé ce jeu chez Mnémo ici et chez Lise ici (et après, si on remonte un peu la piste, chez plein d'autres gens aussi) et avouez que quand c'est joliment bricolé, quand les noms et titres tombent bien, c'est tout de même très drôle, cette histoire-là. Alors, je me suis dit que j'allais faire pareil, et puis je me suis tellement amusée que j'en ai fait plusieurs, en me disant : de cette façon, différents styles de musique seront représentés, le challenge sera de trouver le style qui correspond le mieux à la fois à l'image et au nom du groupe (le titre ne veut en général pas dire grand-chose), et le tout, bien entendu, sans tricher. Au bout d'un moment, évidemment, je me suis lassée, alors j'ai arrêté et j'ai essayé de finir mon second post sur le fond de teint, mais en vain, si bien que je ne sais toujours pas quand vous le verrez débarquer, çui-là.

Les règles :

1. http://en.wikipedia.org/wiki/Special:Random
Le premier article de la page est le nom de votre groupe.

2. http://www.quotationspage.com/random.php3
Les 4 derniers mots de la dernière citation seront le titre de votre album.

3. http://www.flickr.com/explore/interesting/7days/
La 3ème photo, quelle qu'elle soit, sera votre pochette d'album !

Prenez la photo, ajoutez-y votre nom de groupe et le titre de l'album...
Vous avez maintenant votre pochette d'album.


Sauf que là, vous me direz, tout cela est bien beau mais c'est exclusivement anglophone. Si vous voulez faire idem en français, j'ai les liens qu'il vous faut : pour l'étape 1, http://fr.wikipedia.org/wiki/Accueil, puis cliquez sur le lien "Un article au hasard" dans la colonne de gauche, et pour l'étape 2, http://www.lescitations.net/citations/hasard.html.

Alors. (Chaque image fait lien vers la page Flickr de son auteur.) (Ah oui, autre chose : je n'ai pas Photoshop, je n'ai que Paint, alors j'ai décidé de ne pas culpabiliser de faire des trucs plus ou moins pourris avec tout plein de pixels brouillés autour des lettres, je n'ai pas visé l'esthétique pure non plus, j'avoue.)


Celle-là, je pense qu'elle irait bien avec de la pop japonaise ou quelque chose comme ça. Ou de la pop anglaise ou américaine légère, avec des voix féminines un tout petit peu agaçantes. Exemples : Lily Allen, Kate Nash, The Pipettes (et si vous avez des exemples précis pour la pop japonaise, n'hésitez pas à les indiquer en commentaires, moi je ne connais pas de noms, c'est dire).


Parfaite pour un groupe anglais sur le retour, un qui aurait roulé sa bosse et cassé du matériel dans les chambres d'hôtel pendant des années avant de disparaître de la surface de la terre et qui, ensuite, se serait assagi et reviendrait à l'essentiel : la musique, la vraie, un tout petit peu brute, un tout petit peu mal dégrossie et rude sur les bords, pour le grand album de la maturité. Exemples : Oasis (s'ils avaient arrêté de boire entre-temps et commencé à élever leurs mômes en pères tranquilles), Robbie Williams (s'il n'était pas déjà aussi mûr).


Idéale pour un peu de néo-folk mélodique et ouvragé, avec une très belle voix, beaucoup de piano et, éventuellement, plusieurs ambiances différentes par chanson. Le titre, un tout petit peu plus original que les deux autres, suppose également que les textes soient travaillés et racontent de vraies histoires, pas seulement "Je t'aime mais tu me fais souffrir" ou "On est tous des robots de toute façon". Exemples : Jude (mais alors avec un peu plus de gravité, davantage dans le style Sarah que King Of Yesterday), Antony and the Johnsons.


Bonne pour un héritier de Bob Dylan dans sa meilleure période (= les débuts), contestataire et révolté, dont on peut imaginer par exemple qu'il soit allé se promener sac au dos un peu partout sur le globe et ait précisément rapporté cette image de ses pérégrinations. Même le nom de l'artiste va bien avec ce genre de posture. La musique serait un folk assez dur et intransigeant aussi, avec une guitare sèche très sèche comme principal accompagnement, par exemple. Exemple : Jeff Buckley (s'il avait viré très engagé et, bien sûr, s'il n'était pas mort).


Le seul album de chanson française de ma collection !... Tout va très bien ensemble : le nom, le titre, la photo. Je ne songe pas forcément à un groupe parodique chantant pour déconner des chansons à boire, ni à un artiste absurde faisant de son absence totale de talent son fond de commerce (type Didier Super), mais plutôt à du rock un tout petit peu trash sur les bords qui, justement, se planquerait par dérision derrière le côté très franchouillard de la pochette. Exemple : les Béruriers Noirs.


Toutes autres suggestions naturellement bienvenues dans les commentaires.

The Ice Storm

le lundi 11 février 2008

Jeudi soir dernier, sur France 4, j'ai vu ce film étrange et incroyable de Ang Lee, The Ice Storm, qui, pour des raisons inconnues de moi, est diffusé en France sous le titre Ice Storm, ce qui est complètement idiot - soit on garde le titre original, or ce n'est pas son titre original, soit on traduit, or ce n'est pas traduit, mais peu importe. Pendant presque deux heures, à cause d'un climat étonnant, à la fois calme, triste et angoissant, et aussi sans doute parce que grâce au titre, il s'attend à chaque instant à la tempête annoncée, le spectateur sent qu'un ou plusieurs personnages vont mourir et se demande lesquels. Chacun d'entre eux se retrouve à un instant donné dans une situation dangereuse, ou annonce qu'il va faire quelque chose qui pourrait le mettre en danger, de sorte que la question se pose constamment. L'un d'eux meurt effectivement, mais je ne dirai pas lequel. Simplement, après l'arrêt de l'image et le début du générique de fin, on reste scotché, envahi d'une espèce de mélancolie inexplicable, et la musique qui l'accompagne accentue encore ce sentiment.

Sans cette mort, ce serait tout de même un très beau film. L'histoire, au début des années 70, de deux familles aisées du Connecticut, qui vivent l'une près de l'autre et se fréquentent constamment. Et puis, il y a ce casting étonnant, presque visionnaire - le film date de 1997 -, composé exclusivement d'acteurs renommés ou qui allaient le devenir :
- pour les adultes, Sigourney Weaver (incroyablement sexy), Kevin Kline et Joan Allen,
- et pour les enfants, Christina Ricci, ronde et brune, Adam Hann-Byrd (c'était, quelques années plus tôt, le Petit Homme de Jodie Foster), Elijah Wood, complètement méconnaissable en adolescent androgyne (il devait avoir quinze ou seize ans à l'époque), et le magnifique Tobey Maguire dont je découvre qu'il a eu une vraie vie et un vrai talent avant Spiderman.
Plus, dans des rôles secondaires, Katie Holmes (elle n'apparaît que dans deux petites scènes, mais elle est assez bonne et jamais vous n'auriez cru, en voyant cette riche adolescente avaler des bières par désoeuvrement, qu'elle deviendrait Mrs. Cruise dix ans plus tard) et David Krumholtz, dont l'actualité la plus brûlante est la série télé Numb3rs mais dont le visage m'avait marquée dans Urgences puisqu'il y tient le rôle du terrible Paul Sobriki, cet étudiant schizophrène qui tue Lucy et blesse John Carter d'un coup de couteau et j'aime autant vous dire qu'en ce qui me concerne, on ne touche PAS à John Carter.


Elijah Wood et Christina Ricci.

***********


Sans rapport : le même soir, dans le Grand Journal de Canal +, j'ai appris avec étonnement que Stéphane Bern éprouvait une véritable fascination pour Carla Bruni, qu'il appelle une "héroïne moderne". Je n'ai jamais partagé ni même compris ce genre de sentiment pour la nouvelle première dame de France. C'est peut-être parce que j'ai lu le Rien de grave de Justine Lévy, qui est loin d'être un monument de la littérature française contemporaine, mais qui a au moins deux mérites : 1. c'est un témoignage touchant bien que maladroit et dépourvu de tout talent d'écriture, 2. ça balance grave sur la personne de l'ex-top model, raison pour laquelle les ventes du livre, paraît-il, connaissent un bond en ce moment alors qu'il a déjà plusieurs années d'âge. Tout de même : aussi loin que je me souvienne, quand j'étais encore toute jeune et qu'elle n'était "qu'"une belle fille défilant sur les podiums, elle m'importait à peu près autant que la longueur des dents de devant des castors des Rocheuses, si vous voyez ce que je veux dire. Du moderne, peut-être, mais de l'héroïque, non, décidément, je ne vois pas.

Tous vendus

le samedi 6 octobre 2007

Ouf. On respire. Non, c'est vrai, ces derniers jours, je n'avais tout simplement pas une minute à moi. (Ni à personne d'autre d'ailleurs.) Alors en attendant que j'aie le temps de rédiger un post un peu plus conséquent, voici ce que j'ai à dire aujourd'hui.

Soient trois artistes de genres assez proches que j'aime plutôt bien, voire beaucoup, et dont, pour certains, je possède même des disques que j'écoute et réécoute souvent (par ordre alphabétique pour ne pas faire de jaloux) (euh, au fait, je suis désolée, les lecteurs de Radio.Blog.Club sont devenus fous et débordent de partout, je sais, c'est moche, mais comment faire ?) :






Oui oui, le clip est aussi quelque part sur ce blog


Je suis bien certaine qu'à ce stade, vous savez déjà où je veux en venir, mais histoire d'enfoncer le clou, visionnez donc ceci :



Je ne suis pas sûre que cela vaille bien le coup vu que tout le monde la connaît par coeur et que plus personne ne la supporte, mais bon :



Voilà, quoi. Je ne comprends plus les songwriters. C'est un métier qui ne nourrit pas son homme ou quoi ?

Cinémusic

le mercredi 5 septembre 2007

Sur une idée de Stellou (dont je découvre le blog à cette occasion) et une requête de Deanna, voici le top 5 des musiques ou chansons que j'ai découvertes grâce à des films et qui y restent donc définitivement associées pour moi.

1. Dans le Dernier des Mohicans : la superbe BO composée par Trevor Jones.
L'histoire est brutale et très, très triste puisque la moitié des personnages principaux meurent dans des conditions atroces (j'ignore si sur ce point, le film est fidèle au roman de Cooper dont il est inspiré). Mais que ne donnerait-on pour voir Daniel Day Lewis courir dans les forêts du Sud, vêtu de beige, carquois au dos et longs cheveux noirs flottant au vent ? Sur fond de conflit entre Indiens, Anglais et Français (Patrice Chéreau apparaît même dans le rôle du général La Fayette, je crois) à la fin du XVIIIe siècle dans le Sud-Est des Etats-Unis, notre Daniel tombe évidemment amoureux de la plus (re)belle des deux filles du général anglais qu'il protège. La scène du baiser est si troublante que l'on ne sait plus si c'est la musique qui charge les images de tant d'émotion ou l'inverse. Depuis, une demi-douzaine des titres de cette BO (variantes continues sur les deux thèmes principaux que l'on entend ici) tournent en boucle dans mon iPod.


2. Dans Coup de foudre à Notting Hill : "Ain't no sunshine", par Bill Withers.
Au milieu d'une bluette romantique forcément charmante, puisqu'elle se déroule à Londres et réunit Julia Roberts dans le rôle d'une actrice ultra-adulée avide de normalité et Hugh Grant dans celui de Monsieur Tout-le-monde (question : peut-on vraiment être Monsieur Tout-le-monde quand on a le physique charme de Hugh Grant ?), paf, le coup de foudre. Scotchée au fauteuil de la salle de cinéma dans la chaleur de l'été, je ne sais plus, 1999 ? 2000 ?, j'ai découvert cette mélodie magnifique, ces paroles éternelles et cette voix purement divine pendant la scène où Hugh Grant croit que tout est fini et qu'il a perdu sa belle à jamais sans espoir de la revoir (il y a toujours un passage vaguement dépressif de ce goût-là dans les comédies romantiques, ça permet de repartir de plus belle après et de ménager un happy end digne de ce nom). Il déambule donc, seul et passablement triste, dans les rues de Londres, par toutes les saisons (ça, c'est pour bien montrer au spectateur que le temps passe) et pendant que les autres filles se demandent "Bon sang, mais comment se fait-il que personne ne se soit encore proposé pour le consoler ?", moi, je laisse la chanson me fendre le coeur et me remplir les yeux.

3. et 4. Dans Roméo + Juliette : "I'm kissing you", par Desree, et "Talk Show Host", par Radiohead.
Dans ce film douloureux et extravagant, belle (et fidèle) adaptation moderne du drame de Shakespeare, la BO tient, une fois encore, une importance capitale. Pour l'avoir écoutée en disque plus tard, je sais, de manière générale, qu'elle est variée, originale et intéressante, mais sur le coup, au cinéma, seuls deux titres avaient retenu mon oreille et mon attention au point de m'obséder les semaines suivantes.
D'abord, la performance de Des'ree (qui apparaît dans le film, dans son propre rôle, et est censée interpréter "I'm kissing you" au fameux bal des Capulet) pendant LA scène de la rencontre, du coup de foudre et du premier baiser. Aaaaaah, le visage de Roméo/Leo derrière la vitre de l'aquarium !... Oh c'est bon, hein, c'était il y a dix ans, il avait vingt ans, j'en avais seize et tout était encore possible, y compris se laisser séduire par sa bouille de jeune premier-le-plus-doué-de-sa-génération (plus tard, j'ai essayé de me distinguer en disant que je lui préférais Matt Damon - c'était à l'époque de Will Hunting -, puis l'un comme l'autre m'ont laissée indifférente, puis je les ai réconciliés en voyant Les Infiltrés, de Scorsese, dans lequel ils sont, dix ans plus tard, aussi beaux et talentueux l'un que l'autre, yeeeeeeha !). NB. Dans les dernières (ou presque) images de ce petit clip, la nourrice de Juliette lui glisse à l'oreille quelque chose comme "C'est Roméo Montaigu, le fils de votre pire ennemi"... Amis de l'insouciance et de la facilité, bonjour.


Puis le chant déchiré et sublime, forcément sublime, de Thom Yorke lors de la scène où Roméo, contraint de s'exiler parce qu'il a tué le cousin de Juliette, rumine sa détresse dans une sorte de désert punk où ses amis viennent lui rendre visite en cabriolet. Là, il fume, seul, tient son journal intime et fronce les sourcils pour ne pas être ébloui par l'intensité de la lumière du soleil. Les quatre notes de guitare qui ouvrent le morceau suffisent à elles seules à rendre tout le désespoir de ce moment. D'habitude, j'ai comme une sorte de problème avec Radiohead : j'adore environ la moitié de leurs chansons et en déteste l'autre partie. Celle-là fait bien sûr partie de la première catégorie. J'ai eu la chance de l'entendre interprétée par eux lors d'un concert et croyez-moi, même sur scène, on en retient ses larmes (trop de sable dans les yeux, peut-être ?). NB. Je n'ai pas trouvé de vidéo où "Talk Show Host" accompagne strictement la scène qu'elle illustre dans le film, j'en suis réduite à vous montrer ce petit montage un rien pourri.


5. Dans Esprits rebelles : "Gangsta's Paradise", par Coolio.
Bon, alors là, il faut que je sois un peu honnête.
J'ai vraiment dû me creuser pour ce numéro 5 et je ne suis donc pas certaine à cent pour cent que c'est bien dans le film que j'ai découvert ce titre de Coolio. A l'époque, il est tellement passé en boucle sur toutes les radios que j'écoutais (c'est-à-dire : NRJ) des semaines avant la sortie que, selon toute probabilité, je le connaissais (par coeur) (je le connais encore par coeur, d'ailleurs) avant d'aller voir le film - film qui, en lui-même, ne casse d'ailleurs pas des briques. Michelle Pfeiffer en prof anticonformiste de littérature dans un lycée hyper-difficile (drogue, sexe, prison, gangs), c'était tout de même un rien longuet.
Mais la BO, mes amis, la BO !... Esprits rebelles (en anglais Dangerous minds, je crois) commence sur cette musique. Direct. Là encore, clouée au fauteuil par les sons avant même de recevoir les images. La puissance de la voix du rappeur, des arrangements, du rythme (simpliste mais efficace), tout cela a une certaine brutalité qui fonctionne très bien avec moi. Et les choeurs à la fin ! J'en ai encore des frissons.


Mais voici le plus intéressant, une sorte de 5 bis, si vous voulez ; c'est grâce à "Gangsta's paradise", et de cela je suis sûre, que j'ai découvert le morceau qui lui sert de support : "Pastime paradise", de Stevie Wonder. Tout ce qui est démonstratif dans le premier devient délicat et suggestif dans le second : l'introduction, la petite orchestration au violon doublé du violoncelle, la voix, les mélodies secondaires, tout. Et contrairement à ce qu'on pourrait penser, les paroles de l'original sont un peu plus militantes que celles de la reprise.


Allez, un 5 ter !... Cadeau pour la route. Une reprise entièrement vocale du titre de Stevie Wonder par une chorale gospel américaine, à l'américaine (regardez comme ils bougent). Le genre d'arrangement qui met cette chanson particulièrement en valeur.



Selon mon habitude, je ne refile pas le bébé à des noms précis ; chacun se sert, en fait ce qu'il veut et signale sa participation dans les commentaires.

Trop de dissection...

le mercredi 18 juillet 2007

Bon sang, pour une fois que je me fais une soirée Grey's Anatomy complète, ce qui m'est arrivé hier soir pour la deuxième et peut-être dernière fois de mon existence, il a fallu que j'en sorte énervée, déçue, pleine de fiel et de rancoeur. Merci Grey's d'essayer de nous réconcilier, nous autres jeunes femmes pleines d'avenir, avec la vie.

Ca commençait pourtant bien avec, dans la bande-annonce diffusée après le journal de 20 heures, ces quelques mots prometteurs : "Ce soir, à 20h50, les deux derniers épisodes de la saison 3 de Grey's Anatomy", accompagnant les images de Christina Yang en robe de mariée et du Docteur Shepherd arborant un sourire à fondre (mais, me direz-vous, quand le Dr Shepherd n'arbore-t-il pas un sourire à fondre ?... eh bien, c'est très simple : quand il ne sourit pas).
Chouette, me suis-je dit : une fin de saison, il va y avoir du lourd, du très lourd, de l'émotion (je pleure facilement devant les scènes de mariage et de naissance à la télé), de la révélation (et George et Izzie, hummmm ?... quand vont-ils enfin s'avouer qu'ils s'aiment, merde ?), du teasing en prévision du début de la saison 4, etc, etc. Pas que je sois une fan de Grey's, hein ; mais enfin, je suis cela de loin en loin, je trouve les personnages attachants et il faut bien avouer que le rythme n'étant pas délirant, une mini-piqûre de rappel de temps à autre suffit pour raccrocher les wagons vite fait bien fait.

Eh bien là, pour le coup, on a été servis en matière d'émotions. Ruptures, séparations, adieux, couples brisés, amitiés flottantes, la totale. Bienvenue dans un monde où tout fout le camp ! Vous voulez que je vous fasse un dessin ?

1. le mariage de Christina et Preston tombe à l'eau, purement et simplement. Preston attend Christina devant l'autel, celle-ci ne vient pas parce qu'elle fait une crise d'angoisse, il finit par sortir de la salle au moment précis où, enfin prête, elle allait y entrer et il lui balance (ainsi qu'à nous, par la même occasion) cette phrase incompréhensible pour le commun des mortels :

"Si je t'aimais vraiment, toi telle que tu es, et non pas celle que je voudrais te faire devenir, si je t'aimais vraiment, je te laisserais partir parce que je sais que ce n'est pas ce que tu voulais. Si je t'aimais."

Y a-t-il un dictionnaire Preston Burke/anglais - anglais/Preston Burke dans la salle ?

Bon, je m'énerve, je m'échauffe, mais je crois comprendre ce qu'il veut dire : je te laisse partir parce que je sens bien que ça ne va pas, c'est une preuve d'amour de ma part. Ok. Dans ces conditions, quelqu'un peut-il m'expliquer pourquoi il quitte aussi l'appartement commun, sans rien dire, sans prévenir Christina, la laissant chougner "Il est parti, il est parti" dans les bras de cette gourdasse de Meredith (oui, je suis remontée contre Meredith aussi, elle ne perd rien pour attendre) ?... Et le tout, après cette scène hallucinante où il récite ses voeux au-dessus de la table d'opération à un auditoire féminin complètement sous le charme. Je suis désolée, mais ça n'est tout simplement pas possible.

2. Meredith (je vous avais bien dit qu'elle y passerait) ne sait pas ce qu'elle veut.
Oh, certes, ce n'est pas comme si on n'y était pas habitués, mais franchement, suis-je la seule à la trouver de plus en plus insupportable ? Enfin merde ! Shepherd lui fait une déclaration d'amour magnifique, semble prêt à oublier le fait qu'elle soit complètement lunaire et indécise, lui dit qu'il est hors de question qu'il la quitte et lui demande de prendre une décision. Réponse :

"Je ne peux pas, Christina se marie dans une demi-heure."

Explique-nous le rapport, chérie.
Tout cela pour tenter, quelques heures plus tard, de lui faire passer un message à peine codé en pleine annulation de la cérémonie de mariage : "C'est fini", déclare-t-elle face à l'assemblée ; "tout est fini", ajoute-t-elle en se tournant un peu vers lui. Bon, très bien. Tu sais ce qui te pend au nez, grognasse ? Il va se taper la belle petite interne qui vient de débarquer, qui est manifestement présentée comme un personnage important de la saison 4 et qui a d'ailleurs pris un peu d'avance en le draguant avant même de savoir qu'il était docteur au Seattle Grace - exactement comme toi au début, tiens. Et paf, bien fait.

3. George et Izzie sont dans la merde. Enfin, surtout George, qui rate son examen de fin d'internat et a le choix entre recommencer l'internat à zéro et faire autre chose de sa vie. Je ne sais pas quelle sera sa décision, mais pour l'instant, il n'a pas du tout envie de recommencer l'internat. Pas de bol quand on sait que sa douce moitié, Calli, vient au contraire d'être promue chef des résidents en chirurgie : ho ho, un peu de conflit social au sein du couple ?... Je dis ça comme ça, mais moi, si j'étais scénariste, ça me titillerait drôlement les narines, cette histoire-là.

Mais voilà qui m'éloigne de mon propos de départ.
George et Izzie sont dans la merde parce que Izzie, que je ne peux plus voir en peinture (rien de physique là-dedans, pourtant, elle est vraiment très jolie), fait n'importe quoi. Difficile de dire à quel jeu elle joue ; tantôt coach, tantôt meilleure amie, tantôt amoureuse transie sacrifiée sur l'autel des convenances (qu'est-ce que c'est que cette obsession soudaine pour le caractère définitif et intransigeant des liens du mariage, hein ?... elle a vu ça où, au juste ?), elle a un côté girouette ultra-autoritaire qui me sort par les yeux.
D'abord, elle ordonne à George de rester au Seattle Grace alors que lui, pas con, avait obtenu un poste dans un autre hôpital pour ne plus être obligé de la voir tous les jours. Il veut que son mariage fonctionne, il décide de tirer un trait sur Izzie, il débarrasse le plancher : tout cela me semblait simple, facile, plein de bon sens. C'était compter sans Izzie Sir-Yes-Sir Stevens et son fameux :

"Tu restes dans le programme, ok ? Coucher ensemble n'avait aucun sens et je sais que tu crois que j'ai des sentiments pour toi, mais c'est faux, alors tu restes dans le programme."

Bien mon colonel, je reste dans le programme. (Pauvre George : de toute façon, sans exam, pas de poste, alors la question semble en quelque sorte réglée, finalement.)
Sauf que.
Sauf qu'enflammée par la séance de révision des voeux de Preston Burke en pleine opération, Izzie semble prendre conscience de ce qu'est réellement l'amour. Je croyais que sa première réaction serait d'aller trouver Christina et de lui dire de revoir ses voeux à elle, complètement ringards, conventionnels et vides de sens en comparaison de ceux de son futur ex-futur-mari ; mais non, pas du tout, cette égoïste se rend directement dans le vestiaire où George essaie désespérément de se cacher d'elle et lui sert un discours abscons, incohérent, parfaitement ridicule : "Parce que je suis ta meilleure amie, et parce que je t'aime, bla bla bla, bla bla bla, je dois te dire... que je suis amoureuse de toi", oh, merci, scoooooooop !... je pense que personne ne s'y attendait, vraiment. Qu'espère-t-elle maintenant ? Qu'il lâche Calli pour elle ? Mon avis importe sans doute très peu, mais je suis extrêmement favorable à ce que ça ne se produise jamais.

4. Allez, un petit dernier pour la route, non ?

Cette patiente amnésique baptisée "Havah" par Alex est secrètement tombée amoureuse de lui, comme de bien entendu, mais il semble être le dernier à comprendre (si tant est qu'il le comprenne finalement) que c'est pour rester près de lui qu'elle s'est tue quand elle a retrouvé la mémoire. Son mari accourt, veut les emmener, elle et sa fille, et elle avoue son amour à Alex au cours d'une scène extrêmement pénible ("Vous ne voyez pas que je vous demande quelque chose ? Donnez-moi une raison de rester, une raison qui vienne de vous") à laquelle il réagit comme suit :

"Jeff vous aime, vous pouvez compter sur lui. C'est celui sur lequel vous pouvez compter qu'il vous faut."

Quelle délicatesse, quel sens psychologique, vraiment ! J'en viendrais presque à me réjouir qu'elle ne soit plus là quand il revient la chercher à l'hôpital en catastrophe - trop tard, bien sûr. Il l'a jetée, qu'attendait-il ? Qu'elle reste encore un peu en attendant qu'il change d'avis ? Oh, tiens, aurait-elle dû penser, ce mec ne comprend rien aux femmes, donnons-lui deux heures pour que ça fasse tilt dans son cerveau embrumé et il sera de retour à genoux. Bah, je ne lui jette pas la pierre : en pareille situation, aucune de nous ne se serait doutée de la suite des événements, il faut bien l'avouer.

Je suis donc, ça va de soi, très, très fâchée. Grands dieux, mais qu'est-ce donc que cet univers sans joie, sans amour, sans désir de faire du bien à l'autre et de s'oublier deux minutes, soi-même, ses petites contradictions, ses petites chiffonneries ?... Qu'est-il arrivé aux scénaristes, ils ont tous été largués pour des personnes plus belles et plus jeunes qu'eux pendant la préparation de la saison 3 et ils nous le font payer en déversant leur aigreur sur les écrans ? Au secours, donnez-moi un haricot, je sens que je vais vomir.
En tout cas, ils ne m'auront pas pour le début de la saison 4. Je ne sais pas quand il sera diffusé mais je sais que je n'y serai pas. De toute façon, je regarde Urgences cet été ; une série hospitalière à la fois, c'est bien suffisant quand on voit ce que c'est.

PS. Ahem. Bon, j'ai peut-être été un peu sévère avec Meredith ; j'ai eu tendance à oublier que son père, la considérant - à tort, bien sûr - comme responsable de la mort de sa belle-mère, l'a en quelque sorte reniée au beau milieu du hall de l'hôpital, devant la moitié du personnel. J'admets que ce n'est pas le genre de situation confortable pour une jeune femme déjà peu sûre d'elle-même à la base. Mais notez bien que dès le lendemain, elle semblait prête à sauter au coup de Shepherd avec un regain d'enthousiasme, et que le coup de "tu décides, moi je ne veux pas te quitter de toute façon" l'a laissée incapable d'agir. Ce que de quoi que j'y reproche justement, à la petiote.

C'est lundi, c'est julienneries

le lundi 4 juin 2007

J'ai déjà dit que j'étais sensible au style de Julien Delanouvellestar, je ne reviens pas là-dessus.
Je veux juste rappeler qu'au début, c'est-à-dire lors du casting, Julien, c'était ça :

1. Une petite moustache. Pas de bouc mousquetaire, pas de barbe de trois jours à la Delerm, non : une moustache, une vraie.
2. Des cheveux châtain (châtain, pas blonds) courts et frisés (et non pas artistiquement effilés autour du visage comme aujourd'hui).
3. Un ukulélé. Dove Attia lui avait promis de se battre pour qu'il l'emmène jusqu'au prime, son ukulélé, mais pour l'instant, on ne l'a pas revu. Peut-être le garde-t-il pour la finale.
4. Une casquette posée très en arrière sur le sommet du crâne.
5. Un accent du Sud beaucoup plus prononcé qu'aujourd'hui, surtout qu'il parlait plus et plus fort parce que le personnage Julien-le-mystérieux, Julien-le-silencieux n'était pas encore né.
6. Un petit polo ringard à rayures horizontales sous un gilet tout aussi ringard, peut-être même à rayures verticales.

Bref, le total look du fermier du Midwest qui va se boire une mousse au bar le plus proche, à cinquante miles en pick-up. (Ce look a d'ailleurs presque disparu du Net puisqu'il est assez difficile de retrouver photos et vidéos de Julien au casting : pour ce faire, on est obligé de se rendre sur le site officiel de l'émission et de fouiller un peu en direction des numéros de mars.)

Je rappelle aussi que lors de ce fameux casting,

1. Julien a failli ne pas passer vu que le jury ne voulait pas écouter de candidat avec instrument de musique. Il a d'abord fait mine de se résigner puis, se souvenant qu'il connaissait aussi une chanson a capella, il est revenu à la charge et a été accueilli par un Dove gentiment bourru sur le mode "Allez mon gars, on va être sympas, fais vite qu'on n'en parle plus, dépêchons dépêchons".
2. Julien a quand même sorti son ukulélé qui est à l'instant même devenu sa marque de fabrique avant de filer aux oubliettes dans les semaines suivantes.
3. Marianne James a décrété que techniquement, il était "en vrac". (Aujourd'hui encore, Julien est de loin le candidat avec lequel le jury est le pus indulgent au niveau technique.)
4. Après avoir hésité longuement, Manu Katché lui a finalement collé un NON pour qu'il ne prenne pas trop la grosse tête après avoir reçu trois OUI de la part des autres jurés.

Est-ce que vous arrivez donc à vous rendre compte qu'on a tout simplement failli passer à côté de la nouvelle star de cette année ?...

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Dis à maman que je suis un phénomène

le lundi 21 mai 2007

Je fais partie des gens qui aiment beaucoup Julien Delanouvellestar.
Voilà, c'est dit.
Je comprends qu'on ne l'aime pas - et surtout, je comprends qu'on ne s'intéresse pas à la Nouvelle Star - mais avec moi, la barrette, les grimaces, le tatouage "Jean d'Ormesson", les jeux de voix, ça fonctionne. Or, je dois signaler à tous ceux qui ne le supportent plus (et aux autres) que l'émission de Thierry Ardisson Cannes Dernière, diffusée hier soir sur Paris Première vers 22h45 et qui suit de près les nuits cannoises les plus branchouilles - je rappelle que c'est une émission d'Ardisson, hein - avait, pour bande-son, ceci :


En soi, la reprise d'un tube ado vaguement coquin ultra-formaté par le candidat d'une émission de télé-réalité n'a rien d'extraordinaire. Tout de même, Julien Delanouvellestar (son vrai nom est Julien Doré) (ça ne s'invente pas) le transforme en quelque chose de vraiment très beau ; l'arrangement est élégant et le chant est chaud, sexuel, mesuré presque jusqu'à la fin. Si vous trouvez que Julien en fait trop - c'est là le reproche que j'entends le plus souvent -, écoutez la chanson sans regarder l'image ; c'est là qu'on atteint l'essentiel.

Le plus fantastique dans cette histoire, c'est quand même qu'Ardisson ait utilisé pour accompagner son émission un titre non enregistré dont la seule version existante est le live d'un programme rarement à la pointe de la musique contemporaine. Quel chanteur, avant Julien Delanouvellestar, a déjà réussi l'exploit de refourguer des chansons à d'autres producteurs avant même la fin de l'émission qui le révèle, hein ?

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What are you gonna do with all that ass, all that ass inside them jeans ?

le vendredi 6 avril 2007

C'est bien sûr chez Trent que j'ai déniché cette information.

Alanis Morrissette, la chanteuse folk-rock canadienne au talent insolemment précoce (en tout cas à ses débuts) et au beau visage allongé, a enregistré sa propre version du tube des Black Eyed Peas "My Humps". Personnellement, j'adore ce morceau qui surfe avec - selon moi - un second degré salutaire sur la vague hip-hop bling-bling et petites tassepés. "My Humps", c'est quand même l'histoire d'une jolie fille, vulgaire et matérialiste au possible, qui profite de la fascination que son postérieur exerce sur les hommes pour se faire entretenir, et dans le luxe, s'il vous plaît, sans les autoriser à la toucher. Madonna ne disait pas autre chose dans "Material Girl", en 1985, mais vingt ans ont passé et les codes du chic et du futile ont changé. La chorégraphie est très évocative et l'allure de Fergie, avec cette coiffure stupide consistant à tirer au maximum les cheveux en une queue de cheval raidissime en ne laissant sur le front qu'une frange trop longue et trop étroite est vraiment hilarante. Je pense que c'est une vraie preuve de talent et de recul. Je vous laisse juges (et matez bien le clip, c'est important pour la suite) :


La version d'Alanis, musicalement parlant, est évidemment à son image, c'est-à-dire très différente des rythmes sexys et vaguement kitsch de l'original. "My Humps" est devenu une vraie ballade, émouvante et soignée, avec arrangements minimalistes, voix parfaite et mélodie limpide. C'est fou ce qu'on peut faire d'une chanson populaire quand on est douée, quand même. Mais au-delà du plaisir auditif, le plus amusant est le décalage entre sa reprise, donc, et le clip qu'elle en a fait. Métamorphosée en Fergie brune, Alanis reprend les vêtements, les poses et les mouvements lascifs de la bombe américaine, sur un décor identique, avec un côté parodie respectueuse qui me fait vraiment grimper aux rideaux. Il y a des tas de détails rigolos dans le clip, par exemple le fait que, Alanis Morrissette chantant seule les passages qui, chez les Black Eyed Peas, sont interprétés alternativement par une voix féminine et des voix masculines, les phrases revenant aux garçons dans l'original sont, dans son clip, chantées en play-back sur sa voix à elle par les hommes qui l'accompagnent. Ok, je me rends compte que c'est incompréhensible et, de toute façon, je n'ai pas l'intention de déflorer plus longtemps le contenu de ce petit bijou. Voyez plutôt.



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Bully (Behind the scenes)

le mardi 6 février 2007

Je préviens : ce post est long. Très long. Je ne sais pas, j'avais commencé comme ça parce que ça m'avait inspiré une remarque même pas hyper-intelligente, et puis ça a coulé partout, j'ai tout raconté, des tas de détails, ça risque de vous ennuyer à mort, à vous de voir.

Enfin bon, il y a des photos de jolis mecs.

Et de belles nanas.

Moi, je dis ça... je dis rien, hein.

J'ai revu ce week-end le film Bully, de Larry Clark, que j'étais allée voir à sa sortie en 2002. Le souvenir que j'en avais gardé était assez fidèle, si ce n'est qe j'avais gommé une partie de sa violence, notamment dans la scène de meurtre, ce qui est tout de même un comble.
L'histoire, si vous l'ignorez, est celle de sept adolescents qui en tuent un huitième parce qu'il se comporte avec certains d'entre eux en petit caïd ("bully"), allant des pressions psychologiques aux sévices physiques - il frappe régulièrement son "meilleur ami" et viole une ou deux filles à l'occasion. L'intrigue du film est fondée, via un livre qui porte le même titre, sur un fait divers réel qui s'est produit en Floride en 1992. Les droits étaient entre les mains des producteurs dès 1998, mais le projet s'arrêta en 1999 à cause du massacre de Columbine High School, sorte d'écho tragique du premier, et ne reprit que plusieurs mois après.

Je ne vais pas parler ici du film lui-même - que je vous conseille, du reste - mais du documentaire d'une heure environ, intitulé Bully - Behind the scenes, qui l'accompagne sur DVD.
Ce documentaire aurait gagné, à mon goût, à développer davantage le thème de l'adaptation d'un fait divers et les problèmes posés par le point de vue hérité du livre - qui, sans minimiser l'horreur du meurtre ni l'inconscience de jeunes gens complètement déconnectés, choisit tout de même clairement de décrire comme insupportable la situation instaurée par le bully, et ce simple titre est lui-même tout à fait contestable et donc intéressant.
Tout cela est présent dans Bully - Behind the scenes, mais de trop longs moments sont consacrés, avec une certaine complaisance, à filmer les jeunes acteurs eux-mêmes faisant les malins sur le tournage, ce qui n'apporte pas grand chose, il faut bien l'avouer, à la compréhension du film.

S'il y a cependant une remarque à faire là-dessus, ce serait la suivante : les personnages sont des ados paumés, non parce que leurs parents sont pauvres ou absents - le fait divers a lieu dans une charmante banlieue résidentielle où vivent des gens de la classe moyenne qui travaillent, ont des projets et élèvent leurs enfants - mais parce qu'ils ne semblent pas avoir envie d'être autre chose que paumés. Leurs seuls centres d'intérêt sont le sexe, la drogue, la glande, les jeux vidéos, les clips musicaux et les cocas de Pizza Hut. Et étonnamment, ce que nous apprend ce documentaire, c'est qu'à certaines exceptions près, les acteurs sont tout aussi jetés que ceux qu'ils interprètent.

1. Brad Renfro joue le rôle de Marty Puccio, principal souffre-douleur de Bobby Kent, le bully. Pas le pire, et de loin. Marty a quitté le lycée sans diplôme et abandonné les compétitions de surf parce que Bobby l'a persuadé qu'il était nul et n'arriverait jamais à rien. A part ça, Marty fume un peu et écoute Eminem, mais c'est plutôt, dans l'ensemble, un brave garçon qui se laisse emporter par des années de colère et de souffrance, ce qui explique sa sauvagerie au moment du meurtre.
Or il se trouve que Renfro, âgé de dix-huit ans au moment du tournage, fut arrêté pour avoir tenté de voler un bateau dans un port de plaisance, ce qui contraignit les producteurs à sortir au plus vite dix mille dollars en liquide pour payer sa caution et récupérer leur acteur principal. Dans la mesure où le jeune homme était assez à l'aise financièrement pour participer à la production du film et donc, on imagine, pour se payer un bateau s'il en avait envie, on est en droit de se demander ce qui a bien pu lui passer par la tête ce jour-là. Le seul passage du documentaire à son sujet qui ne soit pas consacré à cette petite parenthèse judiciaire le montre vraiment sous son meilleur jour : complètement saoul, débitant des insultes à la caméra sur fond de musique poussée au maximum.
Ah, j'oubliais : Brad Renfro sait aussi cracher par terre en critiquant les méthodes de communication de la production. En comparaison, son personnage, c'est un peu Oui-Oui en Floride, quoi. (Sauf qu'il tue quelqu'un, je vous l'accorde.)


Brad Renfro, à gauche sur la photo (mais est-il vraiment nécessaire de le préciser ?)


2. Michael Pitt interprète Donny Semenec, un jeune drogué dont la particularité est qu'il n'avait aucun mobile puisqu'il ne connaissait même pas la victime avant le soir du meurtre. Il s'est simplement laissé entraîner dans l'histoire par sa petite amie, à peu près aussi naturellement que si elle lui avait proposé un ciné, et a donné à Bobby le premier coup de couteau. On doit pouvoir dire sans trop risquer de se tromper que sa lucidité était quelque peu altérée par les joints et l'acide qu'il s'envoyait à longueur de temps.
Rien de tel apparemment chez l'acteur qui tint aussi, dans Last Days de Gus Van Sant, le rôle de Kurt Cobain - ou du moins son équivalent - et joua dans Dreamers de Bertolucci. Mais Bully - Behind the scenes nous montre un Pitt encore poseur et terriblement cabotin - ce garçon vient entre autres de la série Dawson, je vous le rappelle -, jouant devant la caméra avec, au choix, sa mèche de cheveux gras qui pendouillent et/ou sa cigarette, manifestement beaucoup plus intéressé par la présence dans le secteur de Bijou Phillips que par les questions que lui posent les réalisateurs du documentaire.
Le spectateur, qui a largement l'occasion de voir les seins et les fesses de la belle Bijou dans le film, lui pardonnera aisément cette erreur de jeunesse, mais l'ensemble donne l'image d'un type creux, imbu de lui-même et hautement désagréable, avec lequel vous ne discuteriez pas cinq minutes dans un dîner. En comparaison, son personnage, c'est Groucho Marx sous amphés.


Ah oui, ça donne envie, hein ?...


3. Bijou Phillips est Ali Willis, la petite amie de Donny mais aussi la meilleure copine de Lisa Connelly, petite amie de Marty (j'espère que vous suivez) et instigatrice du meurtre. Outre qu'elle est au courant, grâce à Lisa, de tout ce que Bobby fait subir à Marty, Ali a des raisons personnelles de se plaindre du bully, qui l'a brutalisée et violée. A deux reprises, elle servira d'appât pour l'attirer dans le coin isolé où il finira par mourir. La vie personnelle d'Ali est du reste assez trouble : à dix-sept ans, elle est déjà divorcée et mère d'un bébé qu'elle voit assez peu puisqu'elle passe sa vie en virées avec ses copines, fumage de joints et expériences sexuelles diverses avec à peu près tout ce qui est à sa portée.
L'actrice est incontestablement une très jolie fille dotée d'un charisme évident et, ce n'est pas rien, d'un vrai talent - point commun de tous les acteurs du film. J'adorerais aimer Bijou Phillips s'il n'y avait pas, chez elle, quelque chose de très gênant : elle est d'un narcissisme exacerbé et s'en donne à coeur joie devant la caméra du documentaire, qui ne semble pas s'en plaindre outre mesure. Manifestement consciente de sa beauté (comment pourrait-elle l'ignorer, elle qui fut mannequin très jeune ?), elle entre dans le champ quand on interviewe quelqu'un d'autre, danse avec exubérance dans les vestiaires, chante à proximité du preneur de son si elle n'est pas à l'image, montre ses seins à la caméra, embrasse ses partenaires féminines et explique, en toute simplicité, qu'elle a été prénommée ainsi parce que, bébé, dans son petit couffin, elle ressemblait à un véritable petit bijou dans son écrin.
Pour le côté vraiment trash, Bijou est née dans une famille de hippies célèbres - son papa est l'un des chanteurs de The Mamas and The Papas - et très shootés qui lui ont appris assez tôt à être indépendante et à rouler ses propres joints. Ainsi, elle raconte que quand elle avait deux ans et demi, ses parents ont loué un bateau, passé la soirée à se droguer, sont allés nager vers une île et s'y sont endormis en la laissant seule à bord. Waow. Ah oui, elle précise aussi qu'elle était à l'hôpital quelques semaines à peine avant le tournage, qu'on a décelé chez elle des tendances psychotiques et qu'elle est désormais sous Vicadin, ce qu'elle préfère nettement au Lithium. Hin hin. En comparaison, son personnage, c'est un peu Marilyn-fume-de-l'herbe, quand même.


Je vous avais dit que maintenant, cette belle enfant traîne avec Paris Hilton ?... C'est pas humain, cette déchéance, je trouve.


4. Kelli Garner joue le rôle de Heather Swallers qui, comme Donny, n'a aucun mobile puisqu'elle ne connaît pas Bobby Kent, et qui d'ailleurs ne fait rien d'autre au moment du meurtre que donner un signal et se cacher ensuite dans l'une des voitures. C'est elle qui dénoncera tous les jeunes criminels en échange de la clémence du juge, ce qui lui vaudra une peine de onze ans de prison seulement. Son seul tort est d'avoir été complice - embarquée elle aussi par Ali comme si elles allaient à la plage - et de n'avoir pas tenté d'arrêter le processus. Au moment où elle monte dans la voiture d'Ali, elle vient de s'échapper de la clinique où elle suivait une cure de désintoxication. Heather est accro à l'héroïne et à à peu près tout ce qu'il y a de moins fort et, comme le dit Kelli Garner, son état normal, c'est d'être défoncée.
Je ne voudrais pas être trop sévère avec Garner qui est elle aussi vraiment très jeune (depuis, elle fut la partenaire de DiCaprio dans Aviator, de Scorsese) et qui n'a que deux particularités dans ce documentaire (je ne compte pas le fait d'avoir les cheveux bleus, je suppose que c'est voulu par le scénario) : 1. elle porte un t-shirt qui vante les mérites de l'herbe, mais c'est bénin au vu de l'ambiance dans laquelle ils baignent tous, 2. elle a les dents complètements déglinguées. Tordues, en avant, certaines manquent ou sont cassées - une bouche complètement irrégulière qui, paraît-il, fascinait Larry Clark au point qu'il lui demandait de bien la montrer à l'écran (et c'est vrai qu'elle n'hésite pas à l'ouvrir très grande). (J'ai vérifié, elle s'est fait arranger tout cela depuis.) Je crois seulement qu'en plus de n'avoir rien à dire, la jeune actrice a été contaminée par la crise narcissique de Bijou Phillips. Mais bon, après tout, on s'en fout.


Un poil de Terracotta en moins et elle serait vraiment bien.


Vous l'avez compris : Clark a bien fait de choisir ses acteurs sur leurs performances de comédiens et pas sur leurs capacités intellectuelles, antécédents psychiatriques ou casiers judiciaires, sans quoi, on serait pas sortis de l'auberge.
Restent, en vrac :

Leo Fitzpatrick, qui interprète Derek Kaufmann, dit the Hitman, c'est-à-dire, pour nos amis non polyglottes, "l'homme-qui-frappe". Ce garçon un peu plus âgé que les autres les impressionnait parce qu'il disait appartenir à un gang et donc avoir l'expérience des actions crapuleuses. Il accepte de les aider à s'organiser et portera à la victime les coups fatals à la tête, avec une batte de base-ball. Au moment de l'enquête, il s'avère que ce prétendu mafieux est en fait une sorte de poule mouillée qui n'a jamais réussi à entrer dans le gang qu'il convoitait, n'a commis que de petits délits et donne ses complices presque avant qu'on les lui demande.
Fitzpatrick est le seul, avec Rachel Miner, à tenir des propos un peu intéressants sur le métier d'acteur et le talent de Larry Clark. Son premier film est Kids, déjà de Larry Clark, à l'âge de seize ans. Rien d'autre à signaler (sinon qu'il parle un peu du nez, c'est pas super-agréable, mais bon, on ne peut pas trop lui en vouloir).

Rachel Miner, qui joue le rôle de Lisa Connelly, dont j'ai déjà parlé. Elle me paraît être la personnalité la plus intéressante du casting et la seule à parler de son personnage de manière vraiment éclairante, ainsi que de la façon dont elle l'a préparé, allant jusqu'à rencontrer l'un des officiers de police qui avaient travaillé sur l'affaire pour connaître son point de vue. D'ailleurs, elle ne fait pas le clown devant la caméra. (Elle est aussi beaucoup moins jolie que Bijou Phillips, mais elle ne joue pas moins bien.) (A droite sur la photo où apparaît Brad Renfro.)

Daniel Franzese, dans le rôle de Derek Dzvirko, le cousin de Lisa. Un brave garçon qui entre dans l'histoire à reculons et uniquement parce qu'il est un peu amoureux d'Ali, mais qui sent bien que tout cela ne présage rien de bon. Derek s'est contenté de porter le corps de la victime de l'endroit où il avait été tué jusqu'au canal où il était censé disparaître. Comme Heather, il a obtenu une peine légère en échange de la dénonciation de ses complices. Le fait qu'il ait été le seul à être déjà sorti de prison au moment du tournage explique peut-être que le documentaire ne consacre pas une seule minute à l'acteur Daniel Franzese.

Enfin, Nick Stahl, dans le rôle de Bobby Kent, le bully. Ce garçon, présenté dans le film comme un vrai salaud - au point que l'un des producteurs se lâche jusqu'à dire : A leur place, je l'aurais fait aussi, je l'aurais tué aussi - n'était peut-être pas, de l'avis du juge, aussi sadique que le rapportent les témoignages des accusés. L'idée du juge est que Marty Puccio était finalement assez jaloux de Bobby, qu'il attendait probablement une occasion d'assouvir cette vengeance et qu'il n'était pas un souffre-douleur aussi durement maltraité que Lisa et lui l'ont laissé entendre. C'est précisément ce genre de passage sur lequel j'aurais aimé que les réalisateurs du documentaire s'attardent, plutôt que de nous montrer Bijou Phillips répondant à la journaliste qui lui demande ce qu'elle pense de son personnage :

"Je pense qu'une fille de dix-sept ans ne devrait pas conduire une Mustang."

Merci Bijou.

Music ! makes the people ! (etc)

le dimanche 4 février 2007

Il n'est pas très fréquent que je parle de musique sur cette page mais il me semble que, pour une fois, cela s'impose. Et cela s'impose parce que j'ai deux petits liens extras à vous faire connaître.

Le premier, c'est cette radio en ligne qui diffuse toute la journée, ou presque, des airs bollywoodiens à vous faire tourner la tête. Ca s'appelle Radio Teentaal, en référence à un rythme de base de la musique indienne, et c'est charmant : sucré, mélodieux, romantique, joyeux, émouvant... En fond sonore, c'est épatant (tout dépend de ce que vous faites sur ordinateur mais personnellement, je n'ai jamais été déconcentrée par les airs de Radio Teentaal, je vous le jure). Je ne saurais pas dire exactement comment ça fonctionne ; pour ma part, elle s'est faufilée dans iTunes et je peux l'écouter rien qu'en ouvrant ce logiciel, pourvu que je sois connectée. La nouvelle technologie, c'est quand même magique, comme dirait ma belle-mère.

Le second lien, c'est le site de l'album Best of Bootie 2006, site sur lequel, tenez-vous bien, l'ensemble de l'album ainsi que quelques bonus sont téléchargeables GRATUITEMENT. Pas de raison de ne pas se faire un peu plaisir, n'est-ce pas ?... Les booties, ce sont ces morceaux élaborés par des DJ's à partir de deux - ou davantage - morceaux déjà existants. (Je crois que l'on appelle ça du bootleg, ou du mashup. Mais si ça se trouve, je me trompe complètement.) En général, c'est vraiment très très bien. Et je dois avouer que quand c'est habilement fait, c'est assez efficace pour vous permettre d'apprécier des chansons dont les composants, à la base, ne vous emballent pas. Un exemple ? un exemple. Je déteste Supertramp et le tube de Gnarls Barkley, "Crazy", m'ennuie au plus haut point. Mais l'alliage des deux au sein de "Crazy Logic", par Arty Fufkin, est une vraie bombe que je ne me lasse pas de réécouter. Alors, convaincus ?...

[EDIT] Les mp3 de l'album Best of Bootie 2006 ne sont plus hébergés sur leur site mais sur celui d'un certain Dave qui a eu l'amabilité de les stocker pour eux. En revanche, vous pouvez aussi pécho le Best of Bootie 2005, semble-t-il. Que du bon, je vous dis. [/EDIT]

[EDIT BIS] N'oubliez pas que la grande et magnifique opération FrenchTouch est encore et toujours d'actualité !... Vous pouvez en admirer les premières contributions ici. [/EDIT BIS]

Paaauuuuuul

le dimanche 28 janvier 2007


Contre toute attente, le garçon qui joue le rôle de Dwayne - l'ado nietzschéen - dans le film Little Miss Sunshine est incroyablement sexy. Il n'a pas une gueule d'ange, c'est le moins qu'on puisse dire, et j'ignore pourquoi les réalisateurs lui ont teint en noir corbeau des cheveux qui, à l'origine, sont châtain clair. A part cela, il joue à merveille et son grand corps dégingandé est de l'ordre de l'irrésistible. C'est simple, le moindre mouvement lui donne des airs de sex-symbol (vous l'avez vu se glisser dans la salle du concours, pendant la scène où son oncle et lui se résignent à aller voir la prestation de sa petite soeur ? alors, hmmm ?... vous aimeriez bien qu'il vous ouvre quelques portes aussi, hein, bande de petits coquins ?...).
Oh, ça va, chéri, on a le droit de trouver les acteurs torrides pour un rien, quand même, je suis sûre que ça t'arrive aussi, allons allons.

La merveille en question s'intitule donc Paul Dano, et comme je suis mignonne et sensible, je vous ai rassemblé quelques petits liens pour faire sa connaissance : voici un article le concernant sur Wikipédia, un site dédié créé par des fans (ha ha) (voyez que je ne suis pas la seule), sa fiche sur IMDB, une page où sont répertoriées quelques bandes-annonces (on ne le voit pas toujours, hein, il a parfois des rôles très très secondaires), et bien sûr, la plus jolie photo que j'aie pu trouver de lui (la seule vraiment jolie, en fait) :


Vous pouvez même entendre sa voix ici, parce que le bougre a aussi un petit groupe qui fait des chansons, ma foi, tout à fait honnêtes.

De rien, de rien, j'aime faire partager mes découvertes, surtout celles qui ont généré quelques fantasmes.

Un peu d'exégèse shakirique

le lundi 4 décembre 2006

Comme je suis très à la page, ça fait seulement un mois que je connais cette petite ritournelle et que je l'écoute, dois-je l'avouer, en boucle, sous la douche, dans la cuisine, dans la rue et autres. Je me suis tellement plongée dans l'univers sensuel et merveilleux de Shakira que je me permets de vous livrer ici l'interprétation définitive de "La Tortura", interprétation d'autant plus fiable qu'elle n'est fondée que sur une compréhension très approximative du texte puisque je ne parle pas l'espagnol.

Regardez la vidéo et on en reparle après.


Bon. (Ca va toujours, je n'ai perdu personne ?... Les garçons, les filles ? Arrêtez votre char, ok, ils sont mignons et torrides, mais franchement, on est tous cap' d'en faire autant, je me trompe ? Oui, bon, d'accord. Je me trompe.)

Donc, dans la vraie vie, Shakira est peintre en bâtiment. (Les puristes ont le droit d'écrire "peintresse".) On lui a récemment demandé de refaire la façade d'un immeuble en noir pétrole, mais elle a eu quelques soucis avec le bidon de peinture et ça a coulé partout. Heureusement, vu la chaleur qu'il fait en Colombie, elle n'était pas excessivement habillée et elle n'a pas gâché irrémédiablement des vêtements trop coûteux. Sa tenue de travail est d'ailleurs toujours assez restreinte puisqu'elle se compose d'une petite brassière spéciale seins musculeux et d'une jupette légère qui dégage bien les cuisses. (Musculeuses aussi, les cuisses.)

Pour se sécher un peu, parce que ce n'est pas le genre qui se casse du taf avant la fin de la journée sous prétexte de prendre une douche, la miss se secoue dans tous les sens jusqu'à ce qu'elle ne sente plus les ruissellements du liquide sur son corps. Elle en profite pour peaufiner ses mouvements de gym les plus spectaculaires, genre sautés de buste en série (c'est fascinant, j'espère que vous savez comment elle fait parce que je suis preneuse, et prête à bosser un max pour y arriver), écartages de cuisses en quatrième vitesse et balancés panoramiques de bassin. A la fin du clip, vous le verrez, elle juge que la pause a assez duré et elle retourne au travail. Moi, je dis Madame.

Parallèlement à cette scène, qui donne une bonne idée de la vie du BTP si on n'est pas du milieu, un autre moment de la journée de Shakira, hop hop, on s'accroche parce que c'est un peu plus complexe.
Quand elle rentre chez elle, Shakira, contrairement aux filles normales type moi, mes collègues ou encore Britney Spears, tous ses voisins la regardent. Je dis bien TOUS. Scotchés à leur fenêtre comme des moules à leur rocher (trop banal) ventouses à leur siphon parce que woooooh, Shaki, c'est de la bombe. Genre ils se sont tous fait licencier pour être sûrs d'être chez eux quand elle passe dans la rue à trois heures de l'après-midi - oui, parce que quand on travaille sur les chantiers, surtout en Colombie rapport à la chaleur dont je parlais plus haut, on commence très tôt et on finit très tôt. On est de retour chez soi dans l'après-midi pour hacher des oignons chuuuuut, n'anticipons pas sur la suite.

Donc tous ses voisins la matent comme des malades mais le réalisateur du clip, pas fou, a décidé de centrer le propos sur un seul d'entre eux : Alejandro Sanz. Plusieurs bonnes raisons de le choisir, 1. il habite juste en face, du coup il va pouvoir la voir AUSSI chez elle, 2. il est quand même brûlant, cet Alejandro Sanz, avec sa voix rauque et sa barbe de trois jours, 3. c'est lui qui chante la chanson en duo avec Shaki, donc au niveau de la cohérence scénaristique, ça se tient mieux que s'il avait pris Paulo Heinz. (Ne cherchez pas, j'ai inventé, ça me faisait rire.)

Alejandro est donc à la fenêtre pour bien voir la Shaki mais comme c'est un noceur, un fêtard comme on n'en fait plus, lui, à trois heures de l'après-midi, il se lève à peine. Et il ne se lève pas seul : je ne voudrais pas gâcher le plaisir de ceux qui n'ont pas vu la vidéo en entier, mais il y a une fille chez Alejandro, une brune toute mince et fadoche qui dort encore un peu et qui, franchement, nous fait nous demander pourquoi c'est elle et pas Shaki qui est actuellement dans son lit. Il profite donc du sommeil de sa conquête pour écarter délicatement les rideaux et admirer la démarche ondulante de sa belle voisine en s'exclamant en substance : "Ouh là, regardez-moi cette beauté, regardez-moi la joie de vivre !..." ou quelque chose comme ça, je n'en sais rien.

En effet, Shaki est là, sur le trottoir, et l'instant d'après elle est chez elle et elle se change, posant son beau débardeur blanc pour le remplacer par un noir presque identique (ils étaient en promo chez H&M, elle en a aussi un vert pomme mais on ne le voit pas dans le clip). Notons au passage qu'elle est bien la seule habitante de grande ville à se déshabiller devant une fenêtre ouverte, Shakira. Cela dit, je le ferais peut-être aussi si mon voisin d'en face s'appelait Alejandro Sanz. Et une fois changée, elle s'assoit face à la fenêtre et se met à pleurer en essuyant ostensiblement ses beaux yeux mélancoliques.
Ô tristesse !... A cet instant, mon coeur se fend. Je me dis que ce n'est pas possible qu'une fille aussi belle, aussi chaude, aussi souple, aussi délicate soit seule alors que l'autre mannequin sans cervelle se tape Sanz, quand même. Et lui, le latin lover, que croyez-vous qu'il fasse ?... Qu'il s'en va la consoler ?

Eh bien non, chers lecteurs, NON. Sachez-le, les hommes sont des salauds et Alejandro ne fait pas exception à la règle. En effet, il faut bien comprendre deux choses :

a) en fait, Alejandro est l'ex de Shakira, et elle l'a viré parce qu'il la rendait trop malheureuse. Elle le lui dit, d'ailleurs : "Tu fais tout le temps la fiesta", "Tu pleures avec les yeux secs", "J'ai si mal", "Je ne vis pas d'excuses", "Ca a été une torture de te perdre", "Tu passes ton temps à me parler d'elle", et lui qui avoue qu'il sait bien qu'il n'est pas un saint et qu'il souffre parce qu'elle ne croit plus à ses promesses. Pfffff. Les filles, j'espère bien qu'aucune de vous n'écoute plus ce genre de sornettes, hein.
b) Shakira ne pleure pas de tristesse. Elle pleure parce qu'elle est en train de couper de beaux oignons bien blancs pour le gaspacho de cinq heures.

Eh oui. C'est dur mais c'est comme ça ; même une déesse comme Shakira fait la cuisine. En débardeur et slip, accroupie sur la planche, peut-être, mais la cuisine quand même.

A partir de là, je pense que vous avez toutes les clés pour bien cerner le message. Les scènes über-sexe entre Alejandro et Shakira ne sont en fait qu'un rêve, nourri des souvenirs des temps heureux : Et dire qu'on coupait des tomates ensemble, qu'on se lutinait contre le plan de travail, qu'on bouffait chinois et que Shaki rampait sur la table et y faisait son yoga des heures durant, le ventre à l'air et les seins en mouvement !...
Oui, mais c'est loin tout ça. Que reste-t-il de ce bonheur, hummm ?... Un peu de jus de tomate sur la planche à découper et de buée sur les vitres dépolies de la douche, guère plus. Chacun des deux s'assomme comme il peut - elle dans le boulot, lui dans le sexe sans lendemain. C'est d'un triste.

Moi, cette saga latine et romantique ne me laisse pas de marbre, vous l'aurez compris. Je me prends pour Shakira au point de débiter mes légumes en bikini, maintenant. Hélas, Fiancé n'a pas encore pigé que dans ces moments-là, il faut se frotter contre moi en faisant mine de me prendre debout, là, tout de suite tellement je mets le feu, au lieu de juste demander banalement "Hummmm, mais on fait la cuisine, miam miam, et qu'est-ce qu'on fait de bon à son chéri, ce soir ?"

Ay amor !...

En bonus, une petite version live, aux Latin Grammy Awards de 2006. Bah oui, ça ne risquait pas d'être ceux de 1987, non plus. L'image n'est pas terrible mais je sais que vous vous en moquez, donc.


Je sens ton... euh...

le jeudi 23 novembre 2006

Dites-moi si je me trompe, mais il y a une chanson d'Antony and the Johnsons, sur l'album I am a bird now, qui s'intitule "Fistfull of love" et dans laquelle je crois entendre, à un moment :

I feel your fist
And I know it's out of love


Il faut que je sache si ce sont mes perverses oreilles qui me jouent des tours, ou si Antony est tout simplement bon à interner. (En cellule isolée, de préférence.)

(Première occurrence de cette phrase à la fin du premier tiers de la chanson environ)

Message personnel à Thandie Newton

le vendredi 31 mars 2006

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Thandie, Thandie, Thandie. A ton âge, normalement, on commence à devenir un peu raisonnable. On commence à savoir ce qu'on veut faire de sa vie, on commence à savoir cerner ses compétences et à avoir un petit plan professionnel en tête... Trente-quatre ans cette année, me dit le Net qui sait tout. Trente-quatre ans, tout de même. Et toutes ses dents, on ose croire...

Bon. Tu es devenue actrice. Tu as joué dans un certain nombre de films et dans une série à succès, "Urgences". Outre que j'ai vu tous les épisodes d'"Urgences" dans lesquels tu apparais, et je dis bien tous, j'ai découvert récemment que tu tenais un rôle dans "Collision" de Paul Haggis, Oscar du meilleur film cette année. Beau film, au fait. Vraiment.

Mais force est d'admettre, Thandie, que manifestement tu n'es pas faite pour ce métier. Je suis désolée, ça arrive, il y a des gens qui trouvent leur voie très vite, très jeunes, et d'autres qui se cherchent plus longtemps. Toi, tu es de ceux-là. Il va falloir chercher encore un peu. Parce que ça ne peut pas continuer comme ça, soyons francs !...

Ce n'est pas une question de physique, hein, je veux être très claire là-dessus. Je ne peux pas dire que tu sois belle, mais tu as quelque chose ; du chien, du sel, du charisme. Tu es un peu maigre, c'est vrai. Tu supporterais facilement dix kilos de plus, ça te ferait vraiment un joli corps. Ton visage est singulier, un peu étrange, attirant. Non, ce n'est vraiment pas une question de physique.

C'est une question de talent, Thandie. Du talent dont tu es si malheureusement dépourvue. Je veux dire, il ne suffit pas de savoir cligner des yeux, froncer les sourcils, courir en secouant les bras et faire des mines atroces en pleurant pour être actrice, tu l'admettras. Tu ne joues pas, Thandie, tu minaudes, tu fais un signe de tête quand il faudrait s'en tenir aux yeux, tu bouges les épaules quand il faudrait s'en tenir à la tête, et tu te crois obligée de marquer chaque expression quand il faudrait rester sobre et donner à sentir plutôt qu'à voir...

Il ne faut pas que tu t'en veuilles, tu ne pouvais pas le savoir à l'avance. Maintenant, il serait bon d'y penser un peu sérieusement et de se remettre en cause.

Allez, Thandie. Il y a des tas d'autres choses excitantes à faire quand on est jeune et mignonne comme toi.