le mercredi 19 mars 2008
Attention, tout le monde s'en fout.
Parce que 1. c'est tout de même très moyennement intéressant (ce sont uniquement des renseignements sur ma petite personne), et 2. comme ça fait environ trois cents ans que ce questionnaire tourne, personne n'en goûte plus la fraîcheur et quand on tombe sur un blog qui y a répondu, la réaction est plutôt "oh non, encore" que "waow ! qu'est-ce que c'est que ce truc génial".
Mais bon.
Lisbeï m'a taguée et j'aime trop Lisbeï (et les bonnes manières) pour dire non. Et puis j'ai envie d'y répondre, à ce questionnaire, moi aussi. Merde.
(Et la raison pour laquelle j'ai mis autant de temps à rédiger ce post après avoir été taguée, la voici : j'ai eu du mal à trouver six réponses. A chaque fois que l'une d'elles me venait en tête, je me dépêchais de la noter, mais tout n'est pas venu en une fois.)
(On est d'une indulgence avec soi-même... Bref.)
Alors donc, il y a des règles :
1-Mettre le(s) lien(s) de la/les personnes qui vous taguent check !
2-Mettre le règlement sur votre blog check !
3-Mentionner six choses/habitudes/tics (non) importants sur vous même ok, on va faire ce qu'il faut
4-Taguer six personnes à la fin de votre billet en mettant leurs liens non, désolée, je ne ferai pas ça, je ne le fais jamais, les gens se servent directement sur l'étal
5-Avertir directement sur leurs blogs les personnes taguées mais t'es bouché ou quoi ? t'as pas compris que je ne le ferais pas ?
Et maintenant, LES REPONSES.
1. (Attention, c'est très très passionnant) Quand je vais sur le Net, je consulte toujours les pages dans le même ordre. Ce n'est pas un ordre préétabli ni réfléchi ; c'est juste une habitude qui m'est venue comme ça. Ma page d'accueil, c'est
Netvibes. J'arrive, je me connecte, et là, ça commence : d'abord, ma messagerie perso, puis mon Facebook perso, mon blog (uniquement les pages d'administration pour lire les nouveaux commentaires), ma messagerie de blogueuse, le forum du CCS, LadiesRoom, mon Facebook de blogueuse, Twitter, les fils des commentaires que j'ai laissés sur les posts d'autres blogs, mes blogs favoris. Je ne consulte pas tout cela tous les jours, mais quand je vais tout voir, c'est dans cet ordre. Et une fois que j'ai fait le tour, je reviens éventuellement en arrière, je m'attarde à un endroit ou à un autre, etc. Je ne consulte pas très souvent les pages d'actualité, j'écoute la radio matin et soir et éprouve rarement le besoin de compléter l'information - sauf, bien sûr, si je cherche quelque chose de particulier.
2. J'ai besoin de boire du thé plusieurs fois dans la journée - au moins deux : une fois le matin et une fois après le repas de midi. Si je manque une de ces deux tasses, ça ne va pas. (Dans ma tête, du moins. Parce que si ça se trouve, ça va très bien en fait.) Parfois, je rajoute une tasse dans la matinée et/ou une dans l'après-midi. Au-delà de quatre tasses par jour, j'évite. Il paraît que c'est comme le café, il ne faut pas en abuser. Autre chose : après certains repas de midi riches en fer, il faut attendre une heure pour boire du thé, parce qu'il inhibe l'absorption du fer par l'organisme. Comme j'ai une légère tendance à l'anémie, je fais attention à cela. Après un steak, des épinards ou que sais-je encore, j'attends donc une heure. Et je peux vous assurer qu'elle me paraît longue. Surtout vers la fin.
(Ah oui : cette habitude n'est valable que pour les jours de boulot. Le samedi, en vacances ou autres, je ne fais pas forcément cela. Je n'y songe même pas et si je rate une de mes tasses traditionnelles, je m'en rends à peine compte. C'est vraiment très associé au travail.)
3. Pour moi, un brossage de dents doit durer trois minutes minimum, sinon, ce n'est pas un brossage de dents. Je sais, ce n'est pas moi qui ai inventé cette durée, c'est réglementaire et conseillé par les spécialistes de la santé (en tout cas en France). Du coup, je ne sais pas pourquoi, c'est devenu une mini-névrose et si je me brosse les dents moins de trois minutes, j'ai l'impression de ne l'avoir pas fait du tout. Alors j'emporte mon téléphone portable ou mon iPod à la salle de bain, histoire d'avoir un moyen de me chronométrer. L'iPod est un piège de ce point de vue : si je choisis une chanson d'environ trois minutes que j'aime particulièrement, j'ai tendance à interrompre le brossage pour chanter ou danser, et tout est à refaire.
4. Quand j'ai pris des photos avec mon appareil numérique et que je les transfère sur mon ordinateur, j'en profite toujours pour les stocker également en ligne sur un serveur gratuit (et surtout pas sur Facebook, malheureux !). Cette habitude vient du jour où, voulant restaurer le système de mon ordinateur, je me suis trompée dans mes sauvegardes et ai perdu plusieurs très beaux albums auxquels je tenais beaucoup. Je m'en suis tellement voulu et j'en ai été si triste que depuis, je ne me sens en sécurité, niveau photos, que si elles sont
aussi en ligne, bien à l'abri. Et de temps en temps, trois ou quatre fois par an peut-être, je vérifie que mes albums en ligne sont à jour en recomptant le nombre de photos de chacun.
5. Je respecte scrupuleusement un roulement dans ma vaisselle et mes couverts pour ne pas toujours utiliser les mêmes. Par exemple, quand je range des assiettes propres, je les mets systématiquement en-dessous de la pile. Même chose avec les verres, les couteaux, les fourchettes, etc. Fiancé ne comprend pas l'intérêt du truc ; quand je le lui explique, il a l'air de dire que oui, bon, d'accord, c'est le bon sens, mais enfin, ce n'est pas la fin du monde si l'on utilise toujours les deux mêmes assiettes. Lui, il ne respecte pas le roulement et je m'en rends compte à chaque fois : je retrouve sur le dessus de la pile les assiettes utilisées au repas d'avant, ce genre de choses...
6. Quand j'entends, à la télé ou à la radio, quelque chose qui provoque une vive émotion - de la surprise, de la colère, de la joie, de l'agacement... - je ne peux m'empêcher d'intervenir à voix haute, soit en faisant un simple commentaire, soit en m'adressant directement à la personne qui parle. Et ce, que je sois seule ou pas. Je sais qu'essayer d'entrer en contact avec des personnes qui ne peuvent pas t'entendre est très courant, mais je ne peux m'empêcher de me sentir un peu idiote à chaque fois.
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le dimanche 16 mars 2008
Depuis que j'ai arrêté de fumer :
1. mes cheveux se salissent de plus en plus vite ;
2. j'ai de petits boutons sur le front alors que, depuis que j'ai
changé de crème de jour il y a presque un an et demi, cela ne s'était pas reproduit ;
3. et bien entendu, j'ai pris un kilo et demi, que je me bats pour ne pas voir augmenter, mais que tous mes efforts physiques et nutritifs ne parviennent pas à éradiquer.
Heureusement qu'en compensation, je sais que je suis en train de réduire de 20% mes risques de mourir d'un cancer avant l'âge de soixante ans. Parce que sans cela, j'avoue, j'aurais tendance à me demander si cette privation vaut réellement le coup.
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le dimanche 9 mars 2008
Suite et fin du 1/3 et du 2/3. Vous l'aimez ma bluette, hein ?
Alors que nous étions en première, un après-midi, une fois de plus, nous nous sommes arrangés pour rester ensemble après la séance hebdomadaire et pour aller nous balader un peu, puis il m'a raccompagnée chez moi. A ce moment-là, bien des semaines et bien des mois avaient passé depuis mes premiers émois et j'étais entrée dans une phase étrange ; je devais considérer, je crois, que je ne l'aimais plus. D'une certaine manière, cela me faisait du bien. Je n'étais plus à fleur de peau au moindre de ses gestes, j'étais, pour le coup, nettement plus sûre de moi qu'un ou deux ans plus tôt, et cela devait se sentir parce que ce jour-là, pour la première fois depuis longtemps - il devait commencer à se lasser, le pauvre - il se montra à nouveau très empressé envers moi. Il vint donc jusqu'à ma porte et resta là un certain temps pour discuter. Et comme c'était le printemps et que j'étais (à nouveau) en jupe courte (mais avec des talons, cette fois), je me sentis libre, attirante et audacieuse (ce devait être la première fois de ma vie que j'éprouvais cette impression) et je lui dis : "Il y a quelque chose que tu devrais savoir, quand même. Au début, quand on a commencé à être amis, j'étais vraiment folle de toi".
(Avouer cela me coûta beaucoup et me fit battre le coeur très fort, mais je voulais savoir ce qu'il en était et je me croyais protégée par ce que je pensais être de l'indifférence à son égard et qui n'était en fait qu'un apaisement momentané et trompeur de mes sentiments.)
Il me regarda avec de grands yeux ronds et je me sentis si gênée que je me réfugiai - comme d'habitude - dans la froideur. Il me dit : "Eh bien, tu veux que je te dise quelque chose ?" et je répondis : "Non", durement. Je le regrettai aussitôt et comme il faisait mine de s'en aller, je me radoucis et lui demandai de me le dire.
Et il dit : "Moi aussi, tu sais".
J'aurais pu mourir de cela. J'aurais vraiment pu mourir de cela.
Mais je survécus assez longtemps pour demander : "Pourquoi n'en as-tu pas parlé plus tôt ?
- Mais parce que je croyais que je n'avais aucune chance. Comment aurais-je pu penser que tu voudrais bien sortir avec moi ?"
C'est-à-dire que pendant plus de deux ans, nous avions passé notre temps à nous aimer et à penser que c'était voué à l'échec. Chacun dans son coin. Comme des cons.
Alors, je l'ai regardé dans les yeux. Bien droit. Bien fermement. Et je me sentais fondre, mais je l'ai regardé. Et il avait le regard le plus beau et le plus puissant qu'il m'ait été donné de soutenir jusqu'à ma rencontre avec Fiancé. Et il ne plaisantait plus du tout, je ne pouvais pas en douter, je ne pouvais plus me mentir. Il était très sérieux, il me regardait et fondait pareillement, à vingt centimètres de moi à peine. Et il avait parlé de ses sentiments au passé comme moi, mais je savais à cet instant que j'avais menti en employant le passé et son regard me disait qu'il avait fait de même et que je devais comprendre son aveu au présent. Le garçon que j'aimais le plus au monde. Le seul que j'eusse jamais aimé autant, bien plus encore que je ne pouvais le mesurer à l'époque, car depuis, avec le recul, je sais combien cet amour-là était absolument pur et profond. Vraiment.
J'aurais dû lui dire : "Et maintenant ?"
J'aurais dû lui dire : "Et si c'était encore possible ?"
J'aurais dû ne rien dire, juste m'approcher de lui, imperceptiblement, donner l'impulsion et lui laisser croire que c'était lui qui se lançait et m'embrassait alors que c'était moi qui l'aurais décidé.
Je n'ai rien fait. Tout était encore possible, et je n'ai rien fait.
J'ai dit quelque chose comme "Ah bon, ok", je crois. Et puis encore deux ou trois banalités. Et je l'ai laissé partir. (Vraiment, aux deux sens du mot.)
Après cela, étrangement, nous nous sommes un peu comportés comme un vieux couple. Il y a eu un voyage à l'étranger, genre voyage scolaire - sauf que ce n'était pas scolaire mais peu importe - pendant lequel nous avons vécu une sorte de rupture. J'étais si atteinte par les complexes de la fille moche que tous les signaux désespérés qu'il a recommencé à m'envoyer avant de laisser tomber, je ne les ai pas plus vus que les précédents. (Pourtant, je n'avais plus aucune excuse. Je devais juste être profondément déformée.) Pendant les longues heures de car, nous nous sommes successivement retrouvés : assis moi devant lui (et sa main à lui passant par-dessus le dossier du siège à la faveur d'une sorte de contorsion de son bras pour tenir et caresser la mienne pendant toute la durée du film que le chauffeur diffusait), assis moi sur ses genoux à lui (et lui, posant sa tête sur mon épaule, les yeux fermés, me caressant le dos, me laissant passer mes bras autour de son cou et m'appuyer contre lui aussi, et tout le car croyant, une fois de plus, que nous sortions ensemble), etc. Mais aussi moi debout dans une file d'attente devant lui, et lui me touchant les fesses pour faire son malin devant ses copains, et moi me fâchant, soutenue par mes copines, et faisant la tête le reste de la soirée. Et enfin moi à côté de lui à une table, pour une belote, m'adressant à lui méchamment parce que la veille au soir, bourré, il était venu rouler un gros patin à une fille juste devant moi, bien ostensiblement, et que cela m'avait rendue dingue. Et lui me répondant : "Mais arrête, t'es là, tu t'énerves, tu sais même pas pourquoi tu t'énerves", et moi, sur le même ton toujours : "Mais si, je sais", et quittant la table, et lui me suivant vers ma chambre, de plus en plus suppliant : "Mais vas-y, me tourne pas le dos comme ça, oh, je suis là, regarde-moi, je suis là, parle-moi maintenant qu'on est que tous les deux, parle-moi", et moi, au bord des larmes : "Non, s'il te plaît, attention, je ferme la porte", et fermant la porte à laquelle il a frappé une ou deux fois en m'appelant doucement puis en murmurant mon prénom avant de renoncer et de s'en aller (informations prises, il a bu à nouveau ce soir-là, c'était donc la deuxième cuite de sa vie, et il s'est mis à pleurer quand ses copains l'ont ramené dans son lit).
Et malgré tout cela, lui me téléphonant, le lendemain du retour - et souvenez-vous bien qu'à l'époque, il fallait appeler sur le téléphone fixe familial et affronter les parents en se présentant et en demandant poliment Untel ou Unetelle -, et me parlant joyeusement de ce voyage qu'il jugeait le meilleur de sa vie et m'apprenant que j'étais la première participante qu'il appelait et qu'il n'allait téléphoner à tous ses précieux copains que plus tard dans la journée.
Après cela, à ses yeux, j'ai définitivement basculé dans la
friend zone.
Nous avons continué à nous voir un peu et il subsistait quelque chose de tout cela, une complicité ou une gêne, je ne sais pas. Deux fois, j'ai essayé de l'entraîner à sortir avec des amis à moi : une fois à une soirée, une autre au cinéma, et les deux fois, il a accepté avec un certain enthousiasme puis s'est rétracté. Je ne sais pas s'il était timide ou s'il s'en foutait juste. La dernière fois que nous nous sommes parlé, nous nous étions rencontrés dans la rue, j'avais commencé mes études, il refaisait sa terminale et comme j'étais en voiture, je l'ai déposé en ville où il avait rendez-vous avec sa copine du moment. Quand nous nous sommes croisés sur ce trottoir, nous avons d'abord discuté et plaisanté pendant près d'une demi-heure, debout, comme ça, en pleine rue. Il se rendait à un endroit où il devait apporter des papiers importants en vue de je ne sais quoi. Au bout d'une demi-heure, donc, je lui ai dit : "Je vais te laisser, ça va fermer et tu ne pourras plus y aller". Il a regardé sa montre et répondu : "Non, j'aurais le temps mais laisse tomber, j'irai demain ou une autre fois". Et ensuite, nous avons parlé encore un quart d'heure, et c'est alors seulement que je lui ai dit que je devais rentrer et que je lui ai proposé de l'amener quelque part. Nous discutions avec une aisance incroyable, comme si cette intimité bizarre et ambiguë que nous avions construite en deux ou trois ans était encore fraîche et récente. Puis il est sorti de la voiture en souriant et en me disant "salut", et ce fut tout.
(Et plus tard, à la fac, il y avait ce professeur qui s'appelait comme lui, et à chaque fois qu'un de mes camarades le désignait par son nom de famille, j'entendais, moi, un mot magique qui avait si longtemps désigné celui que j'aimais, et je ne pouvais m'empêcher de ressentir ce petit pincement et cette légère accélération du rythme cardiaque pour laquelle je me trouvais aussitôt ridicule.)
Pendant des années, j'ai pensé que s'il revenait, s'il se montrait, s'il faisait signe, même au beau milieu d'une relation, n'importe laquelle, je laisserais tomber n'importe qui pour lui. N'importe qui. Jusqu'à il y a trois ans, je l'aurais fait, je pense.
Aujourd'hui, de son côté, il est marié. Je l'ai appris par hasard, je vous le jure. Je n'ai jamais songé à le pister ni sur Facebook, ni sur Google, ni Dieu sait où, parce que lui, c'est autre chose. Autre chose, au-dessus de tout cela. C'est à la fois mon premier amour, mon premier chagrin d'amour et mon ex-plus belle vraie histoire d'amour, malgré les non-dits et les non-faits. "Ex", bien sûr, parce que j'en ai une bien plus belle encore aujourd'hui.
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le mercredi 5 mars 2008
Suite du précédent, avec toujours l'émotion intacte.
A partir de ce jour-là, jusqu'à la fin de l'année de seconde puis pendant toute notre année de première et même une partie de la terminale, nous avons passé notre temps à être copains en apparence, et en apparence seulement. Parce qu'au fond, en réalité, je bouillais. J'étais amoureuse et je ne supportais pas de le voir avec d'autres. (Pendant cette période, il y en eut d'autres, pourtant. Pour lui comme pour moi. Pour moi, j'étais toujours aussi persuadée que c'étaient des nuls, et je revenais toujours à lui avec des sentiments inchangés et la preuve constamment renouvelée que personne n'arriverait jamais à sa hauteur.) Et pendant presque deux ans, il ne cessa de m'envoyer des signaux que je refusais de voir parce que je pensais qu'il n'était pas sérieux, que cela ne voulait rien dire, qu'il plaisantait avec moi parce que j'étais une bonne copine et que je devais cesser de rêver parce qu'un garçon comme lui ne pouvait pas être attiré par une fille comme moi. Et ces signaux, pourtant, étaient clairs.
- Un jour d'été, je le croisai en ville vêtue d'une robe assez courte et moulante (dans laquelle je me sentais d'ailleurs très mal à l'aise : j'ai dû la porter une ou deux fois après l'avoir achetée et ensuite, très vite, ma poitrine et mes fesses ne sont de toute façon plus rentrées dedans) et j'attribuai le regard qu'il posait sur moi à la joie du beau temps, des vacances scolaires et à la douce perspective d'assister aux festivals musicaux de la saison. Plusieurs semaines plus tard, je discutais avec une amie et lui, et fus amenée à décrire cette robe. Alors, me tournant vers lui, je lui dis : "Tu sais bien, tu la connais, cette robe, c'est celle que je portais cet été quand on s'est croisés en ville". Aussitôt, j'eus honte de montrer que je me souvenais avec tant de précision de chacune de nos rencontres (je continuais à les noter avec application). Mais il arbora un grand sourire et dit avec délectation : "Ah ouiiiiiii, je m'en souviens, de cette rooooobe... Ouh lààààà, moi je l'aimais bien, cette rooooobe... Tu devrais la mettre plus souveeeeent"...
(Et je vis un peu rouge et le traitai d'obsédé et lui tournai le dos. Et je me dis qu'il s'était bien payé ma tête, sans me rendre compte que, de fait, il se souvenait comme moi de cette rencontre et qu'il m'avait trouvée belle habillée comme ça. Et je rentrai chez moi pleine d'amertume.)
- Un après-midi, il proposa de m'emmener chez lui comme je l'avais emmené chez moi quelques semaines plus tôt, puis il se ravisa. Et comme je ne comprenais pas pourquoi, il me dit que ses parents étaient là. Je lui dis que je ne voyais pas le problème puisqu'il avait bien rencontré les miens, lui. Et il me répondit, agacé : "Mais tu ne comprends donc rien, toi". Alors je lui dis de se calmer, que ce n'était pas grave, que peut-être ses parents étaient plus sévères que les miens et que j'étais désolée d'avoir insisté... Mais il ne s'arrêtait plus, et secouant gravement la tête : "Non, je veux dire en général. Tu ne comprends rien, tu ne comprends rien, tu ne vois rien, tu ne comprends pas, je ne sais pas quoi te dire ou quoi faire pour que tu comprennes"...
(Et je me suis vexée. Oui, vexée. J'ai refusé de voir de quoi il parlait, j'ai cru ou fait semblant de croire qu'il me traitait d'idiote, j'ai tourné les talons et je suis partie en lui disant : "Ah ben d'accord, si c'est comme ça". Et derrière moi, je l'ai entendu shooter dans une poubelle [et se faire mal au pied].)
- Jour après jour, semaine après semaine, de plus en plus de gens de son lycée croyaient que l'on sortait ensemble. Puis des gens de
mon lycée ont commencé à le croire également. Et je jure que jamais je n'ai dit ni laissé entendre une chose pareille à quiconque. D'ailleurs, un jour où je l'ai croisé dans la rue avec un de ses copains et où je leur ai fait la bise à tous les deux, son copain lui a dit après mon départ : "J'ai eu l'impression qu'elle allait te faire un stop, j'ai vraiment pensé que tu sortais avec elle", et il me le rapporta plus tard. Visiblement tout fier que son ami ait cru que je sortais avec lui.
(Et quand il m'a raconté cela, je lui ai dit : "Mais il est vraiment trop débile ton pote". Et je l'ai remballé assez sèchement.)
(Par ailleurs, ami jeune, si tu ne sais pas ce qu'est un stop parce que tu n'utilises plus cette délicieuse expression aujourd'hui, sache que quand j'avais ton âge, ce terme désignait un simple baiser sur les lèvres, sans la langue. La dernière étape avant la pelle, en fait.)
- Un jour, après notre séance hebdomadaire de peu-importe-quoi, je partis seule en ville acheter quelque chose. (Oui, je profitais souvent de ce moment de la semaine pour aller acquérir des disques et des livres avec mon argent de poche. Le début de l'indépendance culturelle, en fait.) Je l'avais perdu de vue en sortant de la séance et je pensais faire mon tour dans les magasins puis rentrer chez moi sans heurts. Et là, au détour d'un rayon de la Fnac, je le vois. Qui vient droit vers moi. Sans hésiter, sans faire semblant de chercher un objet quelconque ni de tomber sur moi par hasard. Il venait parce qu'il m'avait entendue dire où j'allais et qu'il avait décidé de me rejoindre. Et il me raccompagna à nouveau chez moi, mais cette fois, il n'entra pas parce que...
... parce que je ne le lui proposai pas.
(Et je ne le lui proposai pas parce que je pensais qu'il dirait non et qu'il me trouverait ridicule de le lui proposer à nouveau.)
- Un soir, dans la file d'un fast-food, avec d'autres amis, il s'accouda sur mon épaule - il avait continué à grandir et me dominait de plus d'une tête - et pencha son visage en direction du mien pour mieux discuter. Je voyais de très près ses grands yeux, ses lèvres, sa peau (ses boutons aussi, mais c'était l'âge et je jure que ça ne gâchait pas sa beauté délicate), j'entendais sa voix et je sentais même le parfum de son eau de toilette comme si je m'en étais aspergée moi-même. Il me souriait et me faisait rire, accoudé ainsi et faisant un peu le pitre, et se penchait un peu plus à chaque fois que nous avancions d'un pas dans la file. Quand ce fut à nous, il enleva son coude et mit son bras autour de mes épaules en riant, si bien que je pensai qu'il plaisantait.
(Et moi, je lui fis enlever ce bras de là où il était et le repoussai un peu brutalement. Et une fois à table avec mon plateau, je m'entendis dire par une copine : "Mais il veut sortir avec toi, ma parole !" et je répondis : "Sois pas idiote, il rigole, il fait pareil avec toutes les filles". Mais je ne l'avais jamais vu faire pareil avec une autre fille. Et je fis en sorte de ne pas m'asseoir à côté de lui alors qu'il s'était débrouillé pour se rapprocher de moi, et je le laissai s'asseoir à côté d'une autre, dépité, et me briser le coeur le reste de la soirée en lui parlant et en me regardant de loin comme pour me provoquer.)
- Un autre après-midi, toujours après la séance, nous allâmes nous poser quelque part, dans un parc, près d'un muret sur lequel je me suis assise alors qu'il restait debout devant moi. Et nous sommes restés là des heures, jusqu'à ce qu'il fasse nuit. J'étais en jupe. A mi-cuisse, la jupe. Et bottines. Et il a passé son temps alternativement à se rapprocher de moi, de plus en plus près, et à s'éloigner, de moins en moins loin. Nous discutions de choses et d'autres. Nous flirtions, mais je ne m'en rendais pas compte parce que quelque part, au fond de ma tête, loin, loin, une voix me disait :
ne sois pas idiote, comment veux-tu qu'il ait envie de sortir avec toi, regarde-le, regarde-toi, tu es son amie et rien de plus... Et à un moment, il a posé sa main sur ma cuisse couverte de nylon noir et l'a fait monter le plus haut possible, comme pour jouer, sur le mode du : "Et là, tu me laisses faire ? Et là ? Et là ?... Et plus haut, tu me laisses encore faire ?"... Et moi, le visage brûlant, je me suis contentée de repousser cette main chérie en haussant les épaules. Et à un moment, toujours en feignant de plaisanter, il a pris mon visage entre mes mains, s'est penché vers moi, très près, très vite, et m'a dit : "Tu m'embrasses ?" Et je me suis dégagée vers l'arrière, violemment, en répondant : "Mais arrête tes bêtises !", alors que je rêvais de ce moment depuis des mois et que j'avais passé de longues, longues heures à imaginer comment ça pourrait être. Et quelques minutes plus tard, juste avant que je ne rentre chez moi, il parlait des enfants que nous pourrions avoir ensemble un jour. Et je lui ai dit : "Ok, là tu délires, il est temps que j'y aille". Et je suis partie dans la nuit en le laissant planté là, criant mon nom une ou deux fois en me demandant de revenir.
(Et j'étais si tremblante et bouleversée que ce soir-là, je me suis violemment cogné la tête à la fenêtre de ma chambre en baissant mes volets. Mais je persistais à penser qu'il s'était moqué de moi.)
Et tant d'autres, tant et tant d'autres que j'oublie... Des signaux, des signaux et des signaux que je me suis interdit de recevoir, et auquel je m'interdisais de répondre.
Et non, ce n'est toujours pas terminé...
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le dimanche 2 mars 2008
J'ai du mal à croire que je m'apprête à écrire ce que je vais écrire. C'est une histoire ancienne, vieille de dix ans - vieille de treize ans, à vrai dire, mais finie depuis dix ans seulement, et cicatrisée depuis moins longtemps que cela. Je ne sais pas d'où me vient ce besoin, ces derniers temps, de replonger ainsi dans mon passé amoureux, et surtout dans ses heures les plus noires. C'est peut-être le bonheur, le fait de pouvoir comparer tout cela avec ce que je vis maintenant - ou alors, au contraire, une sorte de résurgence d'inaptitude au bonheur, le besoin de remuer ce qui est sombre et douloureux quand on n'a plus rien de sombre ni de douloureux à vivre en direct.
Quoi qu'il en soit, mon ex-plus belle histoire d'amour n'est en réalité pas faite uniquement de chagrin et de malheur. Comme son nom l'indique, ce fut vraiment une belle histoire. En fait, ce fut davantage une belle chose qu'une histoire à proprement parler, si l'on considère que tout ce que je vais raconter repose essentiellement sur du vent et sur les seuls battements de mon petit coeur d'adolescente complexée. Mais c'était si beau - et, vu la manière dont ça se termine, ce sera toujours et éternellement si beau - que je ne peux pas y repenser sans émotion. (For the record : J'aime Fiancé. Je veux dire, vraiment, profondément. Je n'ai pas de regrets, pas de "et si ça s'était passé autrement"... Mais c'est une étape de ma vie sentimentale si importante, si fondatrice, qu'il serait hypocrite de ma part d'en parler avec détachement.)
J'étais en troisième. Lui aussi, d'ailleurs, mais pour la seconde année. Je le connaissais de vue, d'un peu loin, et au début de l'année, j'avais appris son nom par hasard. Bien sûr, je le trouvais beau - qui n'en aurait pas fait autant ? Il était assez grand, il avait un visage d'ange, sa voix avait mué harmonieusement (à l'époque, ça comptait) et il était ouvert, chaleureux, sociable. Un rien mal dégrossi, peut-être. Sensible aux blagues lourdes, ce genre de chose. (Comme 95% des garçons qui m'entouraient alors. Rien de rédhibitoire.)
C'est au collège que j'avais commencé à le croiser, mais c'est hors du collège, à l'occasion d'une activité extra-scolaire où nous nous sommes trouvés réunis par hasard, que j'ai vraiment fait sa connaissance. Pendant plusieurs mois, nous ne nous sommes pas parlé du tout. Je pensais qu'il ne me voyait même pas. Je me considérais comme atrocement laide, comme mal fagotée, mal mise en valeur, et j'étais si timide, si complexée que d'une certaine manière, j'en ai conscience, mon attitude même ne devait pas m'embellir. Cette année-là, pourtant, un changement s'opérait ; mon corps commençait à se développer, j'ai davantage pris soin de mon apparence, j'ai gagné en confiance en moi. Un petit peu. Trop peu, cependant, pour croire que malgré ce début de transformation, qui devait pourtant être visible (les photos de l'époque en témoignent), il puisse poser les yeux sur moi sans les détourner aussitôt.
Et pourtant, c'est ce qui se produisit. La première fois que nous nous sommes parlé (grâce à l'entremise d'une amie commune), je me suis rendu compte qu'il savait exactement qui j'étais et qu'il avait lui aussi attendu l'occasion de faire ma connaissance. J'étais flattée et heureuse - je suis rentrée chez moi sur un petit nuage - mais je ne pensais évidemment pas qu'il y avait là-derrière quoi que ce soit de plus que sa gentillesse naturelle. Je me disais que nous allions peut-être devenir copains, rien de plus. Et petit à petit, nous sommes devenus copains. Et rien de plus.
Mais vraiment copains.
Il semblait toujours heureux de me voir, de me croiser, où que ce soit, de me faire la bise même en plein collège, en plein couloir, devant toutes ces filles de sa classe qui étaient forcément folles de lui - puisque moi je l'étais, comment pouvaient-elles ne pas l'être ?... -, devant tous ces gens qui voyaient encore en moi la chrysalide, pas le papillon, et qui comprenaient mal comment l'un des plus beaux garçons de l'établissement pouvait accepter de se pencher vers moi, souriant, et d'entrer en contact physique avec ma modeste personne. (A cette époque, j'avais un carnet secret dans lequel je notais toutes mes rencontres avec lui. Je comptais le nombre de fois où l'on s'était fait la bise et je consignais aussi la date, le lieu, les circonstances et si un dialogue s'ensuivait ou si on s'était juste croisés. Je sais. J'étais mordue.)
L'année scolaire se termina et nous entrâmes dans des lycées différents, mais nous partagions toujours la même activité extra-scolaire hebdomadaire et comme nous y étions tous deux très assidus (pour ma part, c'était essentiellement dû au fait que je pensais ne plus le rencontrer que là désormais), nous nous voyions encore beaucoup. Dans les premières semaines de la seconde, je me rendis compte que nos emplois du temps respectifs nous permettaient finalement de nous croiser assez souvent à divers endroits de la ville. Ces brèves rencontres rythmaient littéralement ma vie ; je les attendais, les appréhendais et souffrais le martyre quand nous en rations une. Mais nous avions autant de contacts amicaux que possible dans de telles circonstances - et à l'époque, pas de téléphones portables pour s'envoyer des sms rigolos ou se téléphoner sans que cela paraisse aussitôt une affaire de la plus haute importance, hein.
Un jour, après la séance de peu-importe-quoi à laquelle nous avions assisté tous les deux comme chaque semaine depuis plus d'un an, il me suivit en ville, où j'avais des courses à faire. D'abord, il était accompagné d'un copain à lui. Ce n'était pas la première fois que ça arrivait. Puis - et c'est là que commence l'inédit, l'inouï - il laissa partir son copain et resta avec moi. Seul. Avec moi seule. (Et je n'avais que quinze ans alors et ne connaissais pas grand-chose à la psychologie masculine, mais je sais aujourd'hui combien j'ai été aveugle et stupide, car je persistais à croire qu'il était le beau garçon inaccessible mais gentil et moi, la petite mocheté qui avait déjà beaucoup de chance de lui être ne serait-ce que sympathique, et que jamais, jamais il ne pourrait rien se passer entre nous.) Et les heures s'écoulèrent, et nous n'arrivions pas à nous dire au revoir. Alors nous entrions dans un magasin, puis dans un autre, puis dans un autre, puis il fit plus sombre et je lui dis que je devais rentrer chez moi. Et il me dit : "Je te raccompagne".
Et il me raccompagna.
J'aurais voulu que tout le lycée voie cela.
Vous ne vous rendez pas compte de ce que ça représente, croyez-moi. Vous lisez ce post et vous vous dites mon Dieu, c'est d'un banal à crever, cette histoire... toutes les adolescentes connaissent cela au moins une fois dans leur vie... Mais je pensais qu'AUCUN garçon ne s'intéresserait jamais VRAIMENT à moi. Aucun. Je pensais qu'AUCUN ne s'afficherait jamais avec moi comme ils s'affichaient tous avec leurs greluches de petites copines (connasses), et que ceux avec lesquels j'étais(brièvement) sortie étaient en fait encore plus nuls que moi, seule solution envisageable pour expliquer qu'ils aient bien voulu de moi. J'y croyais dur comme fer. Et il était exactement tout ce que, dans mon esprit, je n'aurais jamais : la beauté, la bonté et la classe. Et j'étais folle de lui. Folle de lui.
Et devant chez moi, je lui ai proposé d'entrer cinq minutes. Et il a dit oui. Et je l'ai présenté à mon père, et nous sommes restés une heure et demie dans ma chambre à écouter des disques. Et quand il est reparti, il a croisé ma mère qui venait de rentrer et l'a saluée avec une politesse si exquise... Et ensuite, toute la soirée, mes parents m'ont regardée d'un air attendri, du genre "Notre petite fille est devenue grande et voilà qu'un charmant jeune garçon lui fait la cour maintenant"... (Et mon frère m'a regardée d'un air suspicieux, du genre " 'Tain s'il te touche, même seulement dans ses rêves, j'te préviens t'aouar sa gueule à la récré, lui"...)
Et rien que d'écrire tout cela, je me souviens des sentiments et du frisson sincère et douloureux que j'éprouvais alors. D'une pureté ! Pas de désir sexuel, je n'en étais pas là, je m'en foutais, je n'y songeais même pas. Et je me rends compte de tout ce que je n'ai pas voulu voir, ce garçon qui est venu chez moi, sans orgueil mal placé, sans méfiance excessive, sans lâcheté, qui est venu et qui a passé une heure et demie avec moi et a dit bonsoir à mes parents pour mes beaux yeux, uniquement. Et là, tout de suite, je me fous d'être ridicule à force d'émotion, ou de l'avoir été, ou de devoir l'être encore chaque fois que j'y repenserai. C'était juste beau.
Et alors bien sûr, ce n'est pas fini.
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le dimanche 17 février 2008
Je savais que jeudi dernier, c'était la Saint-Valentin, mais j'ignorais que c'était aussi la Grande Journée Annuelle de Sortie des Fous en Tous Genres.
1. en rentrant du travail, dans le métro, je me trouve assise en face d'un homme d'âge mûr, bien habillé mais répandant une odeur épouvantable, qui répète inlassablement sur un petit ton chantant : "Tabac, tabac, tabac, tabac !..." et commente tous ses propres gestes : "Ah tiens, c'est mon arrêt, je vais me lever, ah, attention, je passe, je prends mon ticket, je vais le jeter en sortant..."
2. après le départ de ce monsieur, toujours dans la même rame de métro, un homme beaucoup plus jeune, qui s'est tenu bien tranquille jusqu'alors, commence à faire des bruits d'oiseau avec sa bouche. C'était joli, je ne conteste pas, mais enfin c'était étrange.
3. dans la rue qui conduit chez moi, juste après être sortie de ce métro, une jeune femme aux longs cheveux noirs très frisés, plutôt belle, marche toute seule, rapidement, en prononçant assez fort une série de syllabes incompréhensibles : "Ba... ba... no... lu... gru... gru..." à la faveur d'un effort manifeste.
(Et j'allais oublier cet homme, à la fenêtre d'un immeuble proche du mien, qui, le matin même, d'une voix de fausset, hurlait des insanités à une jeune femme dont la voiture était garée dans le parking de sa résidence : "Fous le camp, salope ! Va garer ta caisse ailleurs ! - [Elle] Mais calmez-vous, je suis aide-soignante, je viens voir une... - M'en fous ! Bouge ton cul sale ! Disparais ou je te démonte !")
J'espère juste que ce n'est pas contagieux.
PS. Et sinon, jeudi soir, grosse programmation spéciale Saint-Valentin à la télévision : Quand Harry rencontre Sally
sur Téva et Autant en emporte le vent
sur Paris Première, oui oui.

Image : PostSecret.
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le mercredi 6 février 2008
Euh, non, ce post n'est
toujours pas la suite de
Le fond de teint (liquide) et moi : second divorce, 1/2. La raison en est simple : je n'ai pas eu le temps de finir le 2/2. Bon, ce n'est pas non plus comme si c'était absolument indispensable à l'avancée intellectuelle du monde, je ne suis pas sur le point de publier mes dernières découvertes sur le vaccin anti-SIDA, mais c'est vrai que j'ai des renseignements intéressants à partager et que, donc, je le ferai, c'est dit, mais n'attendez pas à ce que ce soit pour tout de suite.
(Entretemps, j'ai rétabli tous les liens vers les photos sur ce blog et répondu à mes commentaires en retard. Vous voyez, je ne glande pas.)
Je voulais simplement signaler que
Anne Archet a mis au point un petit quizz amusant (je ne retrouve pas le lien, j'en suis désolée, je suppose qu'il faut fouiller un peu sur son blog) que je me suis empressée de faire parce que j'adore les quizz. Voici mon résultat :

C'est amusant si l'on songe à mes
angoisses récentes sur mon ignorance de la bonne façon de prendre un homme dans mes filets. Il semblerait qu'en fait, je sache faire, mais sans savoir que je le sais.
Je vous laisse digérer ça, et je reviens quand je peux.
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le mercredi 30 janvier 2008
Oh non.
Voilà, alors je voulais répondre aux commentaires du
post précédent, rédiger et poster la suite de
ceci, et puis je suis tombée malade. A ne pas pouvoir quitter le lit pendant une journée entière, et à ne pas avoir la force d'allumer l'ordinateur pendant les jours suivants. Alors vous imaginez bien, j'ai du retard en tout, c'est la panique et je ne sais pas DU TOUT quand j'aurai le temps de mettre tout ça à jour.
Je fais de mon mieux, je promets !...
Allez, compensation :

J'adore cette image de Chromosome, dont le blog, semble-t-il, n'existe plus.
EDIT. Il semblerait que mon hébergeur d'images ait tout changé son système d'URL, ce qui explique que les photos de ce blog aient brusquement disparu. Géniaaaaaal. Encore un chantier en cours, et allez, vlan.
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le lundi 14 janvier 2008
Alors oui, d'accord,
Nicolas Sarkozy et Carla Bruni se seraient mariés la semaine dernière, mais ce n'est pas de cela que je vais vous entretenir ce soir. Non : j'ai quelque chose de bien plus passionnant à raconter.
Il est 18h10 à l'horloge de mon ordinateur et il se trouve que d'ici vingt minutes, quelqu'un que je ne souhaite pas voir du tout, mais alors
du tout, devrait débarquer chez moi. Et le truc dingue, les enfants, c'est que je ne compte pas lui ouvrir.
Je m'explique.
Jeudi dernier (tiens, c'est drôle : c'est le jour où l'union des deux zigotos aurait été célébrée, apparemment) (bon, j'ai dit que je n'en parlais pas), j'ai été harcelée, je répète :
harcelée par une société d'information sur les risques et la protection contre les incendies, qui voulait à tout prix organiser un rendez-vous entre moi et l'un de leurs conseillers. Chez moi. Un entretien "d'une demi-heure maximum, qui ne vous engage à rien", m'a dit le bonhomme au nom incompréhensible que j'ai eu au téléphone. "Notre conseiller sera dans votre quartier demain après-midi entre midi et seize heures, et lundi prochain entre quatorze et vingt heures. Quand souhaitez-vous le rencontrer ?"
Evidemment, la question la plus judicieuse aurait été :
Souhaitez-vous le rencontrer ?, mais il semble que mon interlocuteur n'y ait pas songé.
J'ai d'abord dit que vendredi, fallait pas rêver, je ne serais pas là. En revanche, pour aujourd'hui, j'ai été plus évasive ; jusqu'à vingt heures, il est vrai que ça laisse du temps... Ma vivacité d'esprit habituelle m'a empêchée de déclarer : "Pas de chance, je travaille jusqu'à vingt-deux heures trente, allez, au revoir" et de raccrocher. Ou même de déclarer : rien, et de raccrocher. A la place, j'ai dit : "Euh, ben c'est-à-dire que, en fait je, ben je sais pas, euh..." tout en pensant
Mais au secours mon Dieu qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça il me fait chier et c'est la dernière fois de ma vie que je décroche le téléphone entre midi et deux, c'est toujours pour des trucs dans le genre que les gens appellent à ces heures-là. (Et c'est vrai. Méfiez-vous.)
Là-dessus, mon interlocuteur propose de me rappeler plus tard pour me laisser le temps de me décider.
Et moi, bonne conne, je dis ok.
Le soir même, vers dix-neuf heures, le téléphone sonne et bien entendu, je ne décroche pas. Cinq minutes plus tard, seconde série de sonneries : je ne décroche pas. Le lendemain, midi vingt, le téléphone sonne, je décroche et paf, je tombe dans le panneau : c'était lui, évidemment. Non seulement il n'avait pas lâché le morceau, mais en plus, il m'a surprise chez moi le vendredi à midi alors que je lui avais dit que je n'y serais pas.
Pour vous dire la ténacité du mec, en creusant un peu, je me suis aperçue qu'il souhaitait que son "conseiller" nous rencontre tous les deux, Fiancé et moi, pour que nous soyons "au même niveau d'information" puisque nous vivons en couple. Là, en principe, ça devrait être simple : Fifi n'est
jamais à la maison avant vingt heures pendant la semaine. Jamais, jamais, jamais. Quand je lui ai dit cela, j'ai pensé qu'il abandonnerait, mais pas du tout : il a juste lâché un "Haha", du genre : "ben voyons, moi je suis les Beatles et mon copain c'est la Callas".
(Le premier qui me dit de qui est cette phrase gagne un mini-cadeau virtuel.) (J'aurais bien dit "un cadeau", mais je me suis ravisée juste à temps.)
Bref. Toujours est-il qu'il a réussi à me coller un rendez-vous pour aujourd'hui, 18h30. Je me méfie comme la peste des gens qui viennent chez vous comme ça alors que vous ne leur avez rien demandé, surtout quand ils affirment que cela ne vous engage à rien - c'est comme ça que j'ai réussi à me faire refiler un abonnement à France Loisirs, je rappelle. Je ne sais pas contre qui je dois être le plus en colère : eux, parce que ce ne sont pas des manières de faire (ils ne peuvent pas spammer les boîtes mails comme tout le monde, non ?) ou moi, parce que je ne suis rien qu'une cruche trop gentille et incapable de dire
NON (halte-là, Nicolas) ?
Mais finalement, tout cela n'est pas très grave, parce que j'ai un plan.
Je vais me planquer.
Chez moi, oui oui. Toutes lumières allumées. Je vais juste rester là et l'écouter sonner à la porte, sans répondre.
Et j'ai encore mieux : je vais vous raconter ça en direct. Pas maaaaaaaaal, hein ?... Je vous avais bien dit que je vous réservais quelque chose de passionnant. Vous allez pouvoir vivre toutes ces émotions avec moi, une par une. Mieux que
24, pas pire que
Grey's Anatomy : je vous préviens, vous risquez d'être accro dès la deuxième ligne.
(J'avais d'abord écrit "à la deuxième ligne", et puis "accro à la deuxième ligne", j'ai trouvé que ça faisait cocaïnomane et là encore, je me suis ravisée juste à temps.)
Prêts ?
...Parce que ça commence tout de suite.
18h34 : toujours personne. Il ne viendra peut-être pas, finalement ?... Ca me soulagerait. (Si tel est le cas, je mettrai quand même ce post en ligne parce qu'il ne faut jamais rater une bonne occasion d'alimenter son blog.)
18h36 : comme mon ordinateur ronfle très fort, je viens de me lever pour rabattre la porte du salon - ainsi, je minimise le risque qu'il l'entende de l'extérieur de l'appartement - tout en la laissant tout de même légèrement entrouverte - je ne voudrais pas rater ses efforts désespérés pour s'introduire chez moi.
18h39 : ça y est ! J'entends des bruits dans le couloir, j'ai peur.
18h40 : il semblerait que les bruits soient dans ma tête et pas dans le couloir, parce qu'il est complètement vide.
18h45 : il aurait dû venir à 18h30 pour un rendez-vous d'une demi-heure maximum : on est donc à la moitié du temps que j'étais censée lui consacrer. A partir de maintenant, je me sens dans mon bon droit, mais je me considère toujours comme planquée.
18h47 : d'ailleurs, ma mère doit m'appeler d'ici 19h15 et comme vous le savez, il est hors de question que j'interrompe ma mère quand je l'ai au téléphone. S'il se pointe après 19h, la question est donc réglée.
18h50 : merde, un coup de fil de Fiancé. Vu que je ne lui ai pas du tout parlé de cette histoire, mieux vaut que je ne réponde pas : si le type arrive entretemps, comment lui expliquer que je dois soudain me taire (ou chuchoter très très doucement pour ne pas me faire repérer) ?...
18h51 : en même temps, ça ne devait pas être important du tout : il n'a laissé sonner que trois fois.
18h52 : il abuse. Trois sonneries.
Trois sonneries !... Qu'est-ce qu'il peut bien avoir de plus palpitant à faire, le lundi à 18h50, que de m'appeler, hein ?
18h54 : et l'autre qui n'est toujours pas là. J'avais pourtant un sacré besoin d'adrénaline, ce soir.
18h55 : je viens d'avoir l'impression que mon portable recommençait à vibrer, comme à 18h50. Peut-être que je devrais consulter, pour mes oreilles. Ou pour mon cerveau.
18h57 : une idée géniale m'est venue : si l'autre crétin me rappelle pour me proposer un autre rendez-vous, je prendrai un air offusqué et je lui dirai : "Ah, non, c'est hors de question ! J'ai attendu votre collègue en vain lundi soir et il n'est jamais venu ! Je ne suis pas
celle que vous croyez à votre disposition, moi, monsieur !"
18h58 : dans deux minutes, heure prévue pour la fin de l'"entretien", je considérerai la planque comme terminée.
18h59 : jamais je n'avais remarqué que c'était aussi long, deux minutes.
19h00 : planque terminée. Je répète : planque terminée.
Quel malpoli.
Ca ne se fait pas d'obliger les jeunes femmes à se cloîtrer chez elles pour rien, tout de même.
(Il va falloir que je règle cette histoire avec Fiancé, aussi : ce n'est pas clair du tout. Trois sonneries. De qui se moque-t-il ?)
Bon. Finalement, elle ne s'est pas trop mal passée, cette planque. Je n'ai presque pas eu peur.
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le mercredi 9 janvier 2008
Ou : Comment bien rater l'unique occasion jamais rencontrée de prendre une vraie leçon de séduction de la part d'une source très sûre.
J'ai consulté un psychiatre à deux reprises dans ma vie. Deux fois six mois, à six mois d'intervalle. Régulière comme une horloge, au point que, six mois après la fin de la seconde série de rendez-vous, je me suis sérieusement demandé si je ne devrais pas y retourner pour un troisième cycle. Finalement, je ne l'ai pas fait et je ne m'en porte pas plus mal, mais il m'arrive souvent, dans certaines situations, de me demander comment je lui en parlerais, comment je formulerais mes angoisses et mes questions si je continuais à fréquenter son cabinet, et ce qu'il me répondrait. Je persiste à penser qu'un jour, je retournerai le voir uniquement pour faire le point sur deux ou trois petites choses non urgentes mais restées en suspens, comme on va chez son dentiste surveiller un risque de carie ou chez son généraliste pour se faire prescrire un bilan sanguin de routine.
Mais je m'égare.
Lors de la seconde série de consultations, j'ai vécu une période de grande instabilité sentimentale. Je sortais d'une relation malsaine dont la fin avait été un énorme soulagement mais n'avait pas suffi, à elle seule, à rattraper des années de mésestime de moi-même et de reniement de ma personnalité pour quelqu'un qui, tout compte fait, n'en valait pas la peine. Je n'avais pas trouvé de meilleur moyen pour m'en remettre que de me jeter dans les bras (et le lit) d'un type odieux qui m'avait abandonnée plus bas encore que là où il m'avait ramassée, puis dans ceux d'un autre garçon, nettement plus propre sur lui en apparence, qui s'était comporté envers moi plutôt comme un grand frère libidineux et indécis que comme un amant normal et fiable, ce qui était pourtant ce dont j'aurais eu le plus besoin alors. J'avais même fini par me persuader vaguement que j'étais amoureuse de ce dernier, que j'appellerai X
- créativité ! - dans la suite de ce post. Au milieu de ce vaste chaos apparut Fiancé, qui commença à me faire la cour de manière complètement inattendue et pour qui mon attirance ne faisait d'ailleurs aucun doute.
Les semaines passant, la situation a commencé à se décanter. Avec l'aide de mon cher psychiatre, j'ai analysé, horrifiée, mon comportement avec les hommes et me suis aperçue que je ne pouvais pas continuer comme ça. Ses consignes étaient claires :
vous avez de la valeur, ne vous bradez pas, ne rabattez pas vos exigences et montrez d'emblée aux garçons qui veulent vous séduire qu'il leur faudra batailler pour y parvenir (soit l'exact opposé de ce que j'avais fait jusqu'alors). Cette nouvelle façon de penser et d'agir m'ayant rendue plus sûre de moi et plus rayonnante, parce que je savais que je reprenais ainsi les rênes de ma vie amoureuse et c'était quand même un grand pas en avant, j'ai rarement été draguée aussi souvent qu'à cette période, mais passons. (Pour vous, Mademoiselle, qui vous complaisez un peu trop facilement dans un célibat de victime, je vous livre la recette, n'hésitez pas à la mettre en application et vous verrez : tout va changer.) J'ai même réussi à être plus clairvoyante sur mes pseudo-sentiments pour X et à retourner la situation en ma faveur, en devenant la dominante qui décidait de lui céder ou non tandis que lui, après se l'être joué grand seigneur languide pendant des semaines, n'hésitait plus à me montrer qu'il me désirait et que ce serait où je voulais, quand je voulais, pourvu seulement que je veuille.
Victoire, certes. Sur lui, et avant tout sur moi-même.
Mais il me fallait plus. Je cherchais quelque chose de sérieux et les approches respectueuses et progressives de Fiancé me laissaient penser que, s'il était vraiment aussi délicat et motivé qu'il le laissait paraître, il pourrait peut-être bien me donner ce que je voulais.
Un matin, assise dans le cabinet de mon psychiatre, je décris les progrès de ma nouvelle attitude auprès de ces deux hommes. Fiancé s'avance lentement mais sûrement depuis plusieurs semaines et je sais que l'aboutissement (entendre : le jour où je ferai semblant de consentir à lui fixer un rendez-vous, alors même que j'en meurs d'envie depuis le premier jour) est proche. X, de son côté, a abandonné son comportement condescendant envers moi et ne s'est même jamais montré aussi prévenant.
Le docteur me dit : "Vous voici arrivée à un point où l'un comme l'autre, dans les jours à venir, sont susceptibles de vous faire des propositions sérieuses. Lequel allez-vous choisir si cela se produit ?"
Je ne réfléchis qu'une seconde. "Je crois que X ne sera jamais capable de me donner davantage que cette indécision dont il a fait preuve depuis des mois. Un jour oui, le lendemain non, puis oui à nouveau quand il me voit m'éloigner de lui... Je ne pense pas pouvoir construire quelque chose sur le long terme dans ces conditions." (C'est sans doute l'une des phrases les plus sensées que j'aie jamais prononcées.)
Mon psy me répond alors : "C'est parler sagement. Cela dit, bien sûr, en ce qui concerne X, il reste toujours la possibilité...
de le serrer définitivement dans vos filets."
Et moi, dans un sourire : "Je ne crois même pas que j'en aie réellement envie."
Alors, bien entendu, je n'en avais
vraiment plus envie, X m'avait lassée sans jamais pouvoir se rattraper. (Quelques jours plus tard, nous devions d'ailleurs nous disputer pour une broutille et nous rendre compte que nous n'avions en fait aucun atome crochu.) Bien entendu, la suite des événements m'a donné raison et je me suis concentrée sur Fiancé pour ne jamais le regretter. Bien entendu, j'avais déjà beaucoup appris de ce psychiatre et sans son aide, je n'aurais peut-être pas su amorcer aussi sainement la relation épanouissante que je vis aujourd'hui. Mais tout de même, tout de même, au nom de mes années de galère et d'incompréhension totale de la gent masculine, au nom de toutes les souffrances de mes semblables livrées aux agissements pervers des salauds de toutes sortes, au nom de toutes les esseulées qui, désespérées, voient partir dans les bras d'une autre - en général, celle qui pourrait avoir n'importe quel homme - le seul qu'elles aient jamais aimé et qu'elles aient toujours été incapables de séduire, j'aurais dû, je le sais, j'aurais dû réagir et sauter sur l'occasion, j'aurais dû lui demander :
Mais docteur, au nom du ciel, comment fait-on pour serrer un homme dans ses filets ? quelle est la recette ? puisque vous semblez la connaître, livrez-la moi, par pitié !
Et soyez bien certaines, chères consoeurs mortifiées, que si j'avais eu la présence d'esprit de dire cela au lieu de répondre bêtement
Je ne crois même pas que j'en aie réellement envie allez je vous signe votre chèque et à la semaine prochaine et surtout bonjour chez vous hein, je vous l'aurais donnée à vous aussi, la recette.

Ne jetez pas la pierre à la femme trop belle : elle, nous savons toutes de quoi sont faits ses filets. Photo : Avivi, once more.
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le mercredi 2 janvier 2008
C'est assez amusant : je viens de parcourir quelques blogs, comme ça, presque au hasard (je dis "presque" parce qu'ils sont tout de même piochés parmi mes favoris, c'est donc un hasard tout à fait relatif) et, naturellement, les posts de voeux pour la nouvelle année fleurissent. Je ne vais pas faire ma chochotte, j'aime bien les voeux de bonne année et je ne répugne pas à en lire sur les blogs (d'autant que je la souhaite en général aux blogueurs avant même de la souhaiter à certains membres de ma famille ou de mon entourage proche, mais c'est une autre histoire).
Mais cette année, pour la première fois, un intrus s'est glissé parmi les voeux traditionnels de bonheur, de santé, d'amour et de réussite : l'argent.
Je ne mens pas. Je suis tombée sur au moins quatre posts, dans les, allez, dix dernières minutes, qui souhaitaient à leurs lecteurs d'avoir des sous en 2008.
Je m'interroge : est-ce un signe de la précarité extrême dans laquelle nous sommes en train de plonger tous ensemble ? Genre, d'ici quelques années, avoir de l'argent sur son compte en banque n'apparaîtra plus comme une chose normale, mais comme un signe de chance censé nous conduire tout droit au bonheur ?... C'est possible, je ne dis pas. (Notez même que c'est sans doute déjà vrai, au moins en partie, puisque quand on gagne 1500 euros par mois, on est d'ores et déjà plus riche que, je ne sais pas, 80% des habitants de cette planète.) Ou bien est-ce simplement une distorsion des mentalités de la blogosphère, pour qui, désormais, avoir de l'argent est une valeur primordiale aussi importante que la bonne santé, par exemple ?
Remarquez d'ailleurs que la formule même est habilement ambiguë : "avoir de l'argent", je suis désolée, c'est vague. Est-ce que c'est "avoir beaucoup d'argent", comme quand on dit pudiquement, par euphémisme, "Sa famille a de l'argent", ou est-ce seulement n'être pas sans le sou, sans être pour autant quelqu'un de riche ? Bon, on est d'accord, je ne souhaite à personne d'être sans le sou. Mais je ne souhaite à personne non plus de devenir riche, pas plus que je ne le souhaite pour moi-même. Il y a une quantité de choses que j'espère obtenir plutôt que d'être friquée. Je ne dis pas que je cracherais sur l'aisance financière, pas du tout, mais que c'est loin d'être un souhait de nouvelle année que je formulerais pour moi ou ceux que j'aime... Ce n'est tout simplement pas une priorité, voilà tout.
Finalement, le plus simple est peut-être, en ce début d'année, de vous souhaiter ce que vous voulez. D'accompagner de mes voeux et de mes pensées ceux que vous auriez prononcés pour vous-mêmes, peut-être même les plus secrets et les moins avouables, et si argent il doit y avoir parmi eux, eh bien, argent il y aura... Mais avant tout : la santé. Non, sérieusement, à mes yeux, c'est cela, le plus important. (Et de loin.)

Photo : Avivi.
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le dimanche 23 décembre 2007
(Et j'ADORE cette fille.)
Comme les vacances françaises de
Krazy Kitty devaient passer par ma ville la semaine dernière, il avait d'abord été question qu'on se voie, puis je m'étais rendu compte que je ne serais pas disponible et le lui avais annoncé. Elle m'avait alors écrit qu'elle avait un "petit cadeau" pour moi et m'avait demandé mon adresse postale. Pleine de curiosité et touchée par cette attention, je la lui donne, pensant recevoir, je ne sais pas, moi, un article sur lequel elle serait tombée et dont elle aurait pensé qu'il pouvait m'intéresser, ou bien un petit objet qui lui aurait fait penser à moi...
J'étais bien en-dessous de la vérité.
L'autre jour, je reçois ceci :

1. un petit mot super mignon, sur une petite carte idem, dans une petite enveloppe (je me demande si ce n'est pas la première fois de toute ma vie que je reçois un petit mot manuscrit marqué "Ménille") ; je conserve le tout soigneusement, bien sûr.

2. la Krazy Kitty Touch : de l'humour à revendre. Le cadeau proprement dit était emballé dans une page de journal qui n'a pas survécu à mon impatience, et dans cette publicité de magazine qu'heureusement, j'ai eu la présence d'esprit de garder un tant soit peu présentable. Oui, chers amis, vous l'avez compris, il s'agit d'une pub pour une gamme de produits capillaires volumateurs (si le résultat, incarné par cette belle blonde en plein milieu, est vraiment garanti, je suis prête à faire venir ces produits magiques des Amériques en import pour profiter à mon tour de leurs bienfaits). C'est génial, j'adore l'idée, voilà quelqu'un qui ne se trompe pas sur mes vraies priorités !
3. et bien sûr, LUI :

UN DISQUE ! Un disque de Blur, le disque de Blur que je voulais acquérir depuis des années et dont Kitty, pas folle, avait chopé l'idée sur ma wishlist. Ce qui signifie qu'elle n'est pas tombée par hasard sur quelque chose de sympa dont elle se serait dit "tiens, ça ça plaira à Ménille", mais qu'elle est délibérément allée voir la liste en question, qu'elle a choisi un objet, qu'elle est allée l'acheter, qu'elle l'a emballé avec amour dans une pub capillaire des Amériques, qu'elle l'a rapporté en France pour moi et qu'enfin, elle me l'a envoyé par la Poste (ma meilleure amie) parce que nous ne pouvions pas nous voir.
Evidemment, j'en suis encore sur le cul (quand je ne saute pas toute seule dans tout l'appart sur "Girls & Boys" et "Trouble In The Message Center"). Je déborde d'une reconnaissance que je lui ai certes exprimée par mail, mais je me dis que ce n'est pas encore suffisant. Je comptais lancer un appel à tous mes lecteurs pour qu'ils aillent pourrir son blog de mots d'amour, mais même s'ils le font, ça ne lui fera en tout que 6,78 mots d'amour et c'est un peu mince à mon goût. Alors, tandis que je complote pour tâcher de trouver comment la remercier à hauteur du plaisir qu'elle m'a fait, je n'hésite plus à déclarer en ces lieux, à visage découvert :
Kitty, tu es folle d'avoir fait ça pour moi, mais je t'aime !
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le jeudi 13 décembre 2007
S'il y a une chose que vous ne savez pas encore sur moi, c'est peut-être que je suis incapable de résister aux bonnes choses.
Mais alors, quand je dis incapable... C'est bien pour ça que je suis fiancée à Fiancé, par exemple. Un garçon aussi miam que lui, je vois mal comment je suis censée m'y prendre pour résister. C'est pour ça aussi que j'aime le chocolat et que je suis accro au fromage blanc. Au fromage tout court également, d'ailleurs. Je n'en achète que toutes les deux semaines parce que comme il me faut maximum 48 heures pour avaler un fromage de taille normale, je n'ai pas intérêt à le faire trop souvent si je ne veux pas mourir étouffée par le cholestérol. Cette incapacité à résister aux bonnes choses explique aussi que j'aie tant de mal à arrêter de fumer, parce que contrairement à ce que j'ai dit à ma copine infirmière l'autre jour, oui, pour moi, fumer, c'est bon. Je veux dire, gustativement bon. (Les bons conseils de docteur Avénale pour ne plus fumer : ne pas acheter de cigarettes et ne pas fréquenter de gens qui fument. En d'autres termes, il faut rester bouclé chez soi et ne voir personne pendant un an. Un an sans cigarette, c'est la période considérée comme nécessaire pour pouvoir parler d'un sevrage réussi, alors vous voyez.) C'est également pour cela que j'ai une liste de liens aussi formidable que la mienne, parce qu'il y a quand même de vrais petits chefs-d'oeuvre, là-dedans (et pas forcément ceux auxquels on s'attendrait, d'ailleurs). Tiens, hier soir, j'ai rattrapé un mois et demi de lecture en retard chez
Sonia et c'était tellement bon que j'ai presque regretté de ne pas en avoir plus à rattraper. (Comme je manque de temps pour lire toutes les mises à jour de tous les blogs que j'aime au fur et à mesure, je me suis organisée : je regroupe. Chaque soir, je rattrape mon retard sur un blog en particulier. Je n'ai pas encore choisi la victime de ce soir.) Et puis, toujours pour la même raison, je suis cap' de regarder de vieux épisodes de
Friends que je connais par coeur parce que je les ai tous vus quinze fois dans toutes les langues et d'y prendre quand même un plaisir aussi frais et entier que si je les découvrais.
Or, il se trouve qu'hier, après avoir lu Sonia, j'ai mis la main sur une très, très, très bonne chose à laquelle je me vois mal résister désormais.
Un velouté en boîte Champion aux carottes et à la coriandre.
(Je ne fais pas de publicité, je vous rappelle que cinq personnes et demie lisent ce blog et que cela ne risque pas de rapporter d'argent à qui que ce soit.)
Bon sang, mes enfants, mais comment se fait-il que je n'aie pas goûté à ça plus tôt ? C'est une tuerie gustative absolue. C'est orange (et une nourriture orange, quand ce n'est pas du cheddar pourri d'un burger de chez MacDo, ça veut dire la même chose qu'une nourriture verte : c'est bon pour la santé), doux, onctueux, avec en même temps cette saveur de coriandre qui relève le tout. J'aurais léché le fond du bol si sa configuration le permettait (ce soir, je la mets dans une assiette creuse, plus facile à lécher parce qu'on atteint le fond sans problème).
Mais peut-être que, contrairement à moi, vous n'achetez pas de soupe en boîte et vous vous faites vous-mêmes vos petits potages, seuls, comme des grands. Dans ce cas, permettez-moi de vous donner la recette du velouté de carottes à la coriandre, telle du moins que je pense pouvoir la déduire de la merveille papillaire que j'ai avalée hier.
1. prenez des carottes, épluchez, lavez, coupez en tout petits morceaux (ça cuit plus vite) et mettez-moi tout ça dans une casserole d'eau bouillante.
2. laissez bien cuire jusqu'à ce que les carottes soient toutes molles, faciles à réduire en purée d'un seul coup de fourchette. (Si vous avez un robot, ça va sans doute plus vite, mais moi je n'en ai point et je suis donc contrainte de faire avec les moyens du bord.)
3. écrasez bien les carottes très molles dans l'eau chaude de cuisson et remuez un bon coup, j'imagine que ça devrait donner une sorte de soupe.
4. coupez des feuilles de coriandre fraîche au-dessus de la mixture et laissez encore cuire à feu doux pour bien l'imprégner du goût délicat de cette plante magique.
Voilà. Je pense que le plat ainsi préparé devrait être très correct. Si ce n'est pas le cas, merci de me prévenir afin que je puisse mettre cette recette à jour.

Image : Anne-So. Le détail des auteurs des petites photos est disponible ici.
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le lundi 10 décembre 2007
Ce soir, j'allais écrire un nouveau post pour mon
petit carnet rouge ; une deuxième coïncidence absolument magnifique, incroyable, renversante, du genre que vous pourriez raconter à table lors du repas de Noël (ça approche) pour mettre un peu d'ambiance entre le moment d'ouvrir les cadeaux et celui de se saouler au champagne. Oui, vous savez, ce genre de moment où l'on sait que la soirée n'est pas terminée mais où l'on se demande comment continuer. Alors voilà, ça devait être mon cadeau, et puis finalement je ne suis pas du tout in the mood. Ce n'est pas gravissime, c'est juste que ce matin, au boulot, j'ai eu à faire face à un conflit, un vrai, que je pense avoir géré correctement mais qui m'a un peu plombé la tête pendant le reste de la journée. Je suis donc, non pas déprimée, ce serait trop fort, mais juste dans le brouillard, vaguement cafardeuse, bleue. Par conséquent, je vais remplacer le post prévu par quelque chose de décousu, comme on fait quand on a envie de parler, mais de rien de précis, juste parler.
- Ce week-end, j'ai pris conscience que Fiancé et moi, nous vivons encore dans un appartement d'étudiant. Je veux dire par là que nous sommes meublés comme des étudiants. Il règne un semblant de désordre sympathique (même quand c'est rangé, ce n'est jamais complètement rangé), le ménage est fait quand on a le temps (moi, en ce moment, c'est genre jamais, alors heureusement qu'il est là pour passer l'aspirateur, sinon je vous dis pas), et puis, donc, le mobilier, c'est : un tiers originaire de nos chambres d'adolescents respectives, un tiers originaire d'autres récupérages variés, un tiers originaire de chez Ikéa. Classious, nan ?... Quand je lui en ai parlé en lui disant "Tu vois, chez Untel ou Destels, c'est comme ci, comme ça, ça fait très élégant", il m'a répondu : "C'est vrai, mon amour, et un jour, on aura une maison comme ça aussi. Mais pour le moment, on n'a pas d'argent ! La voilà, l'explication". Et il a raison. Mon Dieu, que tout est simple quand quelqu'un a du bon sens, comme ça. Ca m'a toute ravigotée, cette réponse. Ah oui, et puis pour Noël, on va s'offrir des encadrements, comme ça on aura plus de jolis cadres à mettre aux murs et ça va être chouettos.
- Vous le savez peut-être déjà si vous êtes mes amis sur Facebook, mais je vais chez le coiffeur bientôt (en fait, précisément, demain). Bon, alors d'accord, il y a moins d'un an et encore il y a seulement quelques mois, je voulais tout laisser pousser, avoir de longs cheveux égalisés, laisser tomber les dégradés sophistiqués et incoiffables, etc. Mais c'était il y a quelques mois et souvenez-vous que vous parlez à la fille la moins capillairement stable de la blogosphère
française lyonnaise juste à une blogueuse pas connue du tout mais capillairement très instable. Evidemment, il est hors de question de faire une couleur ou des mèches : si vous avez bien tout suivi depuis le début, je suis fauchée en ce moment et ça coûte un rein, donc c'est niet. Je vais chez ma coiffeuse habituelle parce qu'elle est adorable et gentille et belle et qu'elle me connaît bien et me coiffe très bien (et que le salon a des couleurs géniales et les derniers magazines), mais pour le changement, cette fois, on va miser u-ni-que-ment sur la coupe. J'ai de nouveau envie de mèches folles, dans tous les sens, des longues, des courtes, du dégradé très dégradé, du mouvement et du relief, que diable !... Je n'en peux plus de ces cheveux qui tombent - joliment, c'est vrai, mais enfin qui tombent quand même - de chaque côté de mon visage, sans surprise. Je veux une coupe avec à la fois de la longueur ET du volume ET qui aille bien avec ma bouille ET qui se mette en place toute seule parce que bon, moi, le brushing tous les matins, c'est hors de question, et comme mes cheveux sont très souples et qu'ils ont tendance à faire ce qu'ils veulent dès qu'on leur lâche un peu la bride sur le cou, il ne faudrait pas que ça parte en couille au premier shampooing, tout ça. Enfin bref, il va de soi que je vous tiendrai au courant. En général, j'ai envie de cheveux dégradés quand ils sont droits et droits quand ils sont dégradés, donc je pense que dans 24 heures, je voudrai à nouveau les cheveux droits que d'ici là je n'aurai plus. Je dis ça, c'est juste pour vous prévenir.
- Ce week-end, pour la première fois, je suis allée acheter un truc chez Starbucks dans
ma ville. Bon, alors je sais que, comme le dit Fiancé, Starbucks c'est un peu le MacDo du café, et c'est très vrai, mais j'adore le MacDo. (Je veux dire : je sais que ce n'est pas bon pour la santé mais j'aime ça, alors. D'ailleurs j'arrête de fumer, ça va, on supprime un plaisir dégueulasse à la fois, pas plus, sinon que me reste-t-il ?) Pour fêter ça, j'ai pris un Chocolat Viennois Signature Noisette, taille Grande. Prix : 5 euros. (Et m'est avis que le gobelet n'est pas rempli à ras-bord parce qu'il n'a pas duré très longtemps, vu sa taille.) C'est cher, mais par contre, c'est vraiment bon, même Fiancé a adoré. (Tiens, ou alors, c'est de sa faute si ça n'a pas duré plus longtemps : il n'a pas voulu acheter quoi que ce soit mais a bien voulu goûter dans mon gobelet.) Oui, il était plus de sept heures du soir, je ne bois pas de café à cette heure-là. Juste, je regrette que ce soit si loin de chez moi, c'est tout.
- Vous aviez déjà pensé à ceci ?

Photo : PostSecret.
Bon sang, quelle vie. C'est atroce. Evidemment, tant de secret, ça a l'air romanesque, mais en vérité, dans la grise, froide et poisseuse vérité, quels parents peuvent supporter de ne pas avoir le droit de savoir de quoi est mort leur fils ? Eck eck eck. Je crois que je n'aurai pas d'enfants, c'est vraiment trop dur.
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le mercredi 28 novembre 2007
Le post pas cher de la semaine, grâce à la demande de miss
Muji.
Attrapez le livre le plus proche, allez à la page 18 et écrivez la 4e ligne :
"On ne confondra pas la réduplication et l'anadiplose, cette dernière figure || étant une répétition sur la phrase suivante, en guise de liaison." (D. Bergez, V. Géraud et J.-J. Robrieux,
Vocabulaire de l'analyse littéraire, Paris, Dunod, 1994.)
Sans vérifier, quelle heure est-il?
20h10.
Après vérification?
20h06.
Avant de répondre à ce questionnaire, que regardiez-vous ?
Les posts de
ce forum, sur lequel Ness vient d'annoncer qu'elle n'écrira plus. Dark.
Quel bruit entendez-vous à part celui de l’ordinateur ?
Aucun (j'ai failli allumer la radio, mais il aurait fallu que je me lève et j'ai eu la flemme).
Quand êtes vous sorti la dernière fois ? Qu’avez-vous fait ?
Ce matin, pour faire les courses.
Avez-vous rêvé cette nuit ?
Je crois que oui, parce que j'ai des espèces d'images imprécises dans la tête, mais je ne pense pas pouvoir reconstituer le rêve en question. Il y avait un de mes ex dans le tas - un gentil auquel je ne veux aucun mal, pour une fois.
Quand avez-vous ri la dernière fois ?
Aujourd'hui, avec Fiancé, plein de fois, à propos de tout et de rien.
Qu’y a-t-il sur les murs de la pièce où vous êtes ?
Essentiellement des meubles hauts (genre bibliothèque). Le reste est blanc. Ah oui, et une grande et belle mappemonde.
Si vous deveniez multimillionnaire dans la nuit, quelle est la première chose que vous achèteriez ?
Une baraque ! Ou un appartement, peu importe. Pas forcément un truc énorme, mais un endroit à nous. Et de quoi le meubler et le décorer joliment. Et quand ça, ce serait fait, à nous la belle vie : une nouvelle voiture, des vacances, des vacances, des vacances...
Quel est le dernier film que vous ayez vu ?
Alors, sauf erreur de ma part,
The Straight Story de David Lynch, il y a une semaine. Je n'en avais jamais entendu parler. C'est très, très beau. C'est un vieil homme qui va voir son frère malade à 500 km de chez lui, mais comme il ne conduit pas et ne veut pas être conduit, il y va... en tondeuse à gazon. C'est une histoire vraie, en plus.
Avez-vous vu quelque chose d’étrange aujourd’hui ?
Oh que oui : une représentante de France Loisirs qui s'est incrustée chez moi et m'a raconté sa life. Dites-moi, tant qu'on y est : c'est bien, France Loisirs, ou je me suis fait arnaquer grave ? (Oui, parce qu'elle a réussi à m'agrafer, en plus.)
Que pensez-vous de ce questionnaire ?
Je le trouve un chouïa long, mais c'est peut-être parce que j'ai perdu l'habitude des questionnaires.
Aimez-vous danser ?
Ah bon sang, j'ADORE ça. Ce qui me fait penser que ça fait loooooooongtemps que je ne suis pas allée suer dans un club quelconque, moi.
Quelle est la dernière chose que vous ayez regardée à la télévision ?
Hier soir :
Faites entrer l'accusé, sur France 2. On devrait vraiment arrêter de mater ça le mardi soir ; d'abord, ça se termine beaucoup trop tard, c'est très dur de se lever le lendemain matin, et ensuite c'est si atroce que je pense que notre vision du monde va s'en trouver complètement déformée.
Quel serait le prénom de votre fille si vous en aviez une ?
Je ne me suis pas mise d'accord avec Fiancé sur ce point et vous voudriez que je vous le dise ?
Quel serait le prénom de votre garçon si vous en aviez un ?
Je viens ENFIN de me mettre d'accord avec Fiancé sur ce point et vous voudriez que je vous le dise ? Ho, on parle de mon fils, là. Il ne faudrait pas qu'un jour, en le googlant, quelqu'un tombe sur le blog de sa mère-avant-qu'elle-ne-l'ait-eu.
Que portez-vous ?
Un jean pourrave, une chemise, un gros pull, des chaussettes et mes lunettes. Oui, mais maintenant imaginez que j'aie le physique d'Adriana Karembeu et vous comprendrez que la tenue vestimentaire n'a en fait aucune importance.
Quelles sont les 4 personnes qui doivent prendre le relais sur leur blog ?
Alors. Personne ne
doit le prendre. Tous ceux qui liront cela
peuvent le prendre s'ils le
veulent.
Et voilou. Et maintenant, je vais écrire un post sérieux que je publierai plus tard dans la semaine.
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le mercredi 14 novembre 2007
Suite du premier.
Un an et demi avait passé depuis notre tout premier contact et sans qu'il s'en doute, je continuais à mon corps défendant à avoir de ses nouvelles de temps à autre par le moyen par lequel nous nous étions connus. Un soir, j'appris par ce biais qu'il cherchait à vendre quelque chose. Il ignorait complètement que je recevais encore ce genre d'informations et me croyait sans doute sortie de sa vie pour toujours, mais ce jour-là, mon plan de vengeance m'est apparu, aussi clair et précis que si je l'avais élaboré des heures durant. Et voici ce que j'ai fait.
Je me souvenais encore de son adresse mail et espérais qu'elle était toujours en activité. J'ai créé une adresse bidon, avec un joli nom très féminin, et lui ai envoyé un message en me présentant sous cette fausse identité, en lui disant que j'étais intéressée par l'objet qu'il voulait vendre, que j'habitais dans la même ville que lui et que je voulais le rencontrer.
Il va de soi que le personnage que j'avais forgé pour lui écrire n'était absolument pas choisi au hasard. Comme je connaissais un peu ses goûts en matière de filles, je lui avais fabriqué une petite nana idéale, rassemblant absolument toutes les caractéristiques et les qualités qu'il était susceptible d'apprécier. Et pour l'appâter plus sûrement encore, j'ajoutai, à la fin du mail, que j'aurais grand plaisir à le rencontrer même si la vente n'était pas conclue parce que, sans même l'avoir vu, je me sentais inexplicablement attirée par lui.
Le lendemain, j'avais une réponse.
Mon plan avait fonctionné au-delà de mes espérances. Il me répondait avec chaleur et enthousiasme et proposait un rendez-vous le week-end suivant. Il me parlait de lui et voulait en savoir plus sur moi. Je répondis à mon tour en me décrivant - là encore, je fis en sorte de lui montrer la fille de ses rêves - et déclinai la proposition de rendez-vous en disant que je ne serais pas là mais que l'on pouvait remettre cela à plus tard, par exemple la semaine d'après.
Notre échange se poursuivit ainsi pendant dix ou douze jours environ. Il m'écrivait une ou deux fois par jour et je répondais toujours après un laps de temps convenable, de manière à le faire un peu languir avant chaque message. Quand il me demanda mon numéro de téléphone, je prétendis que celui-ci était en panne et que je ne le récupérerais qu'après notre rendez-vous. Il n'avait pas Internet chez lui et passait dans les cyber-cafés, selon ses dires, quatre à cinq fois par jour pour surveiller mes réponses. Le courant passait merveilleusement bien entre nous et il était persuadé que notre rendez-vous serait un moment magique - il prétendait le sentir rien qu'à ce que je lui avais dit de moi (et pour cause).
La date et le lieu du rendez-vous furent enfin fixés. Je lui décrivis les vêtements que je porterais ce jour-là et marquai encore un point : il était persuadé que je serais magnifique. Je ris sous cape quand il me dit à son tour ce qu'il mettrait : c'était exactement la tenue qu'il avait le jour où il était venu me voir en train. Son grand costume à filles, manifestement. Tout se présentait pour le mieux, il attendait l'événement avec impatience et le matin même, il m'envoyait encore un mail extatique me disant combien il était heureux de me voir.
A l'heure dite - un samedi après-midi -, j'étais évidemment à plusieurs centaines de kilomètres de lui et, comme de coutume, je passai à la bibliothèque municipale faire le plein de lectures fraîches pour le mois à venir et au centre commercial pour un peu de lèche-vitrines. De temps à autre, je regardais ma montre et calculais : là, il s'attend à la voir arriver ; là, il attend depuis cinq minutes, depuis un quart d'heure, depuis une demi-heure... Je me sentais sereine et soulagée, comme si l'incompréhension et la souffrance que je lui infligeais alors à distance étaient progressivement en train d'absorber et d'effacer ce que j'avais moi-même vécu un an et demi auparavant.
Il m'envoya un mail le soir même. Il m'avait attendue plus d'une heure et avait ensuite sillonné tout le quartier, y compris la rue dans laquelle je lui avais dit que j'habitais, y compris celle où se situait mon soi-disant bar préféré (je m'étais soigneusement renseignée sur le plan de la ville avant de fixer le rendez-vous). Le lundi, il se rendit à l'université où il me croyait étudiante et fit le pied de grue devant la porte en interrogeant plusieurs personnes à mon sujet, mais personne ne me connaissait (quelle surprise !). Tous les jours, un ou deux mails de supplications suivaient : "Je sens que ça pourrait devenir incroyable entre nous... Je ne comprends pas ce qui se passe mais je suis prêt à entendre n'importe quelle explication, je suis persuadé que tu as eu un grave empêchement, je ne peux pas croire que tu me poses un lapin après tout ce que nous nous sommes dit ces derniers jours... Je t'en prie, ne me laisse pas dans le silence..." Je prenais un plaisir immense à lire ces mails mais très vite, le lundi soir, j'ai voulu mettre un point final à cette affaire. Je ne voulais pas qu'il devienne aigri et pense que j'étais - ou plutôt : que la fille qu'il avait attendue en vain était - une idiote comme les autres qui n'était tout simplement pas venue au rendez-vous et ne répondait pas à ses mails. Je voulais qu'il y ait davantage, quelque chose de complètement incompréhensible qui le projette dans une autre dimension et l'oblige à se poser des questions auxquelles il n'aurait jamais de réponse.
Alors, j'ai fermé l'adresse. Définitivement. Je voulais qu'à chaque mail, il reçoive un avis de non-distribution et comprenne que j'avais bien fait exprès de le laisser tomber et qu'il ne pourrait plus jamais entrer en contact avec moi. J'ai d'abord hésité : il fallait résister à l'envie de lire ses derniers mails et ce n'était pas évident, mais cette solution était si belle, si parfaite, si magistrale que je m'y suis vite résignée. Sans jamais le regretter.
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le lundi 12 novembre 2007
Nouvelle saison, nouvelle bannière, nouvelles couleurs... Quand je vous disais que c'était reparti.
**********
L'histoire que voici n'est pas très facile à raconter. Ce n'est pas que je n'en sois pas fière : j'en
suis fière, d'abord parce que, techniquement, cette vengeance était parfaitement réussie et maîtrisée, et ensuite parce qu'elle était dirigée contre une personne qui n'avait qu'une notion très floue de la dignité humaine, ses actes me l'avaient largement prouvé. Non, je crois que le plus difficile, c'est encore de revenir par la pensée à une époque de ma vie que je considère comme l'un des pires moments qu'il m'ait jamais été donné de traverser. Mais jugez plutôt.
Il y a bientôt six ans, quand j'étais étudiante, j'ai fait la connaissance d'un garçon par un moyen qu'il serait absolument sans intérêt de mentionner. Je ne l'avais jamais vu. J'avais seulement entendu sa voix et communiqué avec lui par lettre, par sms, par mail puis par téléphone. Le téléphone : voilà le gros problème de l'étrange relation qui naquit alors. Nous n'habitions pas dans la même ville, mais nous nous entendions si bien et éprouvions un tel besoin de nous parler que nous y étions pendus des heures durant. Il n'avait pas de téléphone fixe et pour lui éviter de descendre à la cabine téléphonique tous les soirs et d'y rester une partie de la nuit, je l'appelais. De
mon fixe. Sur son portable.
Un jour, enfin, nous nous sommes rencontrés. Il a fait l'aller-retour en train et je lui ai remboursé la moitié du billet. A l'époque, cela me paraissait logique ; j'oubliais simplement que c'était lui qui avait proposé avec enthousiasme de me rendre visite alors que je ne lui avais rien demandé.
Ce remboursement et surtout la facture de téléphone que j'ai reçue quelque temps plus tard m'ont mise dans une situation financière catastrophique dont j'ai subi les conséquences plusieurs mois durant. La somme à régler était absolument démentielle et mes comptes sont aussitôt entrés dans le rouge. Cela m'a plongée dans une angoisse folle, mais au lieu de me servir de déclencheur, cette angoisse m'a poussée à me raccrocher encore plus à mon ami, qui, de son côté, ne descendait pas plus souvent qu'avant à la cabine téléphonique. Ce n'est qu'à la seconde facture exorbitante que j'ai pris conscience de ce qui se passait et que je lui ai annoncé que je ne l'appellerais plus. Etrangement, cette décision a en fait marqué la fin de nos échanges, car lui ne m'a plus appelée non plus.
Parallèlement à cela, il avait passé de longues semaines à jouer sans cesse avec mes sentiments, me disant un soir qu'il m'aimait avant de le nier le lendemain, me promettant un jour qu'il reviendrait me voir bientôt (la date était même fixée) avant de garder le silence - et son téléphone coupé - tout un week-end. J'étais dans un tel état de nervosité et de dépendance que, pendant quelque temps, j'ai négligé mes cours, mes amis, mes activités favorites et mon travail personnel. Un soir, il a même feint de rompre avec moi par sms avant de me demander de le rappeler et de passer plusieurs heures à tenter de m'expliquer ce qu'il éprouvait vraiment. La vérité, c'est qu'il n'en savait rien et que j'attendais comme une idiote, agrippée à mon combiné, qu'il me donne enfin la stabilité dont je rêvais et qu'il était profondément incapable de me garantir (je passe sur les nombreux et graves problèmes psychologiques dont il souffrait par ailleurs).
Lorsque cette relation malsaine a pris fin, j'étais sans le sou, le coeur brisé, le moral en faillite et mon estime de moi-même avait pris la clé des champs ; elle ne devait réapparaître que bien plus tard. Lui, de son côté, a simplement ri de mes mésaventures et est passé dans les bras d'une autre qui, vivant au même endroit que lui, n'avait sans doute pas besoin de l'appeler aussi souvent que moi.
Les mois passèrent et je tournai la page. Je pensais encore à lui avec un petit pincement au coeur, mais j'avais trouvé l'amour auprès de quelqu'un de plus stable et je me considérais comme heureuse. Un soir, j'eus même le plaisir de recevoir un coup de fil de lui et de lui raccrocher au nez. C'est d'ailleurs à cet instant que je commençai à ressentir les premiers frissons du désir de vengeance. Sur le coup, je n'y prêtai pas attention, mais une occasion en or se présenta, évidente, quelques mois plus tard.
A suivre...
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le mardi 23 octobre 2007
Grâce à
ce lien retrouvé chez
Junko, j'ai lu hier soir tout ce qui restait de mes anciens blogs. Je suis à la fois gênée que ces pages subsistent quelque part - il y a des posts dont j'aurais préféré ne pas me souvenir, et d'autres qui portent même des photos de moi - et triste qu'il n'y en ait pas davantage ; je crois que si tout avait été conservé, j'aurais tout relu. J'y ai trouvé deux des plus beaux textes que j'aie jamais écrits sur un blog. J'ai même songé un instant à les remettre en ligne ici mais je crois que je ne le ferai pas ; ce serait plus par besoin de les avoir sous la main que par envie de les soumettre à la lecture une fois de plus. Ajoutons à cela que certains pourraient les reconnaître et que je ne le souhaite pas. Il me suffit de savoir que quelque part, dans un endroit que je suis probablement l'une des seules à pouvoir retrouver désormais, ils existent toujours.
Le blog attire inévitablement le blog. A cette époque, j'écrivais très régulièrement, au moins une fois tous les deux jours - et certains jours, je devais me retenir pour ne pas poster trois ou quatre fois de suite sur des sujets différents - et je n'étais jamais à cours d'inspiration ni d'envie. Le blog a longtemps été ma principale obsession en dehors de ma vie professionnelle et aussi, du coup, mon principal mange-temps. Sur certaines pages, j'ai une moyenne de 12 ou 15 commentaires par post. Waow. Rien de semblable ne s'est jamais produit ici. Il faut dire aussi que je parlais de choses très personnelles que je m'interdis maintenant. Je racontais ma vie et donnais même des détails précis, presque des prénoms. Je ne le fais plus, et pas seulement parce que je ne veux pas être reconnue, comme je l'ai expliqué souvent sur cette page : je n'en ai tout simplement plus envie, ce n'est pas exactement ce que j'attends d'un blog. Ca peut encore changer.
Il faudrait aussi que je cesse de me coucher à une heure où je suis censée dormir depuis longtemps et de fumer d'innombrables cigarettes dans le salon. Même quand on aère toute la nuit, une odeur de tabac froid flotte encore le matin et j'ai vraiment horreur de ça.

Photo : Delwyn.
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le lundi 24 septembre 2007
Ce matin, tôt (je suis une grande matinale du lundi, j'ai toute une semaine de boulot qui m'attend après, moi, merde), à la caisse du petit supermarché où j'étais allée chercher deux fruits, trois légumes et un paquet de serviettes hygiéniques, bref, des bricoles, il y avait dans la file, devant moi, une jeune femme soignée qui avait consciencieusement rempli son chariot et présenté sa carte de fidélité à la caissière avec un sourire poli ; en somme, une jeune femme bien sous tous rapports.
La caissière passe les articles les uns après les autres sans hâte. Un sac de prunes, un de poires. Soudain, elle fronce les sourcils, se ravise, reprend le sac de poires, examine l'étiquette, attrape par la même occasion le sac de prunes - tous deux donc déjà comptés par la machine -, se lève et disparaît en direction du rayon des fruits et légumes.
Là-dessus, les clients qui attendent dans la file commencent à grommeler. Le supermarché est aussi plein qu'un samedi après-midi, mais la différence, c'est que comme on est lundi et qu'il n'est pas encore neuf heures et demie du matin, une caisse sur deux seulement est ouverte, alors on attend depuis vingt, vingt-cinq minutes de pouvoir payer et se barrer. Personnellement, ce matin, j'ai passé plus de temps à attendre à la caisse qu'à venir de chez moi, faire mon choix dans le magasin et retourner chez moi, tout compris.
La caissière revient avec les deux sacs de fruits et deux étiquettes autocollantes sur la main. La jeune femme, qui n'en mène pas large - normal, la file d'attente est sur le point de la lyncher -, commence à pâlir sérieusement. La caissière annonce alors bien fort :
"Je ne sais pas comment vous avez pesé vos fruits, madame, mais c'est tout faux. Il y en a plus que ce que vous alliez payer. Nettement plus, même. Alors je vous rajoute la différence, hein : 1,62 euro pour les prunes, 1,85 pour les poires. Voilà madame."
Oh mon Dieu. Quinze personnes ralenties dans leur marathon du lundi matin par une voleuse. La caissière ne se dépêche pas davantage pour compter le reste des articles, mais elle ne risque plus rien, elle : toute la colère s'est reportée sur la voleuse, qui range ses achats en essayant de rester digne. La caissière se fendra même, avant qu'elle ne s'en aille, d'une petite leçon de morale, mi-institutrice intransigeante, mi-tata protectrice, d'une voix toujours aussi sonore :
"Et puis la prochaine fois, faites attention à la façon dont vous pesez, hein, parce que là, c'était tout faux." (Ah bon ? on ne savait pas, dis donc.) "Et vous voyez, ça gêne les clients qui attendent à cause de vous." (Vous m'en direz tant !)
Après son départ, ça a commencé à jaser dur dans les rangs. Extraits d'une conversation animée entre ladite caissière et la cliente qui attendait juste derrière moi, pendant que mes achats passaient au compteur :
"Vous comprenez, moi, je fais mon boulot, hein.
- Ben vous avez raison, madame, vous avez bien raison !
- Dites donc, je lui passe les prunes, ça me semblait lourd, mais enfin je n'ai pas trop fait attention. Je lui passe les poires, l'étiquette affichait 500 grammes. Alors là, quand même, j'avais pas 500 grammes de poires entre les mains, je vous garantis ! Je pensais bien qu'il y en avait le double !
- Nooooon ?...
- Et comment ! Du coup j'ai douté pour les prunes aussi, j'ai tout embarqué, vous devinerez jamais combien y en avait.
- Oh, dites-moi !
- Un kilo deux. Et les prunes, pareil, ou pas loin.
- Ca alors ! Mais comment ils font ?
- Ben ils pèsent une petite quantité, et après ils en rajoutent dans le sachet.
- C'est vrai ? Mais moi ça ne me viendrait même pas à l'idée !
- Et pourtant si. Alors moi, vous comprenez, j'ai fait mon boulot, c'est tout.
- Ben bien sûr.
- Et encore, j'ai été gentille, j'aurais pu appeler le vigile. C'est du vol, ni plus ni moins." Le mot est lâché. Se tournant vers moi avec un grand sourire : "Ca vous fait dix quatre-vingt, s'il vous plaît."
Il est évident qu'elle a fait son travail. Elle constate que le prix ne correspond pas au poids réel, elle corrige et elle fait payer la différence, point. Et si son travail, c'est aussi d'appeler le vigile, moi je dis : qu'elle appelle le vigile. Ce serait dégueulasse parce que tout cela peut se régler à l'amiable - la preuve : la cliente n'a pas fait de vagues, elle a payé et elle a filé sans demander son reste -, mais au moins, cela fait partie de son travail. Je ne suis pas sûre, en revanche, que faire soigneusement connaître l'affaire à la moitié des clients du magasin, en parler abondamment après le départ de la jeune femme, qui habite probablement le quartier et que les clients sont susceptibles de recroiser dans la rue à tout moment, la livrer ainsi au jugement populaire, fasse tellement partie de son travail.
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le lundi 10 septembre 2007
Dix ans ces jours-ci, ou ce mois-ci, que :
- je ne suis plus vierge
- je porte des verres de contact
- je me maquille tous les jours
- j'ai deux trous supplémentaires dans le lobe de l'oreille gauche.
Cela peut paraître à la fois décousu et infime, mais tout cela a contribué d'une manière non négligeable à forger la personne que je suis aujourd'hui. D'une certaine manière, et sur beaucoup de plans, je ressemble davantage à la fille que je suis devenue il y a dix ans que cette fille ne ressemblait elle-même à celle qu'elle était six ou dix mois plus tôt.
EDIT Rien A Voir. Mes enfants, l'antispam pourri qui bloquait les commentaires est décédé ce matin à 12h37. Vous pouvez donc recommencer à poster en toute quiétude, personne ne vous demandera plus d'activer un Javascript déjà en place ou d'accepter des cookies auxquels votre porte est déjà grande ouverte. Tout le plaisir est pour moi.
EDIT Rien A Voir n° 2. Et maintenant que le fatal error a été corrigé, vous pouvez vraiment poster des commentaires.
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le jeudi 30 août 2007
Bien sûr, il n'y a pas qu'une sorte de coup de fil maternel. Selon que l'on est ado, étu ou adulte (l'étudiant est adulte légalement, je vous l'accorde, mais souvent, c'est un adulte... pas tout à fait fini, une sorte de créature de transition, un pré-adulte, plutôt), selon que l'on vient de faire une grosse bêtise ou que l'on a besoin de réconfort, recevoir un coup de fil de sa mère n'a pas la même signification ni les mêmes conséquences.
Le CFM (Coup de Fil Maternel) dont je vais vous entretenir aujourd'hui est plutôt le CFM neutre et routinier que l'on reçoit quand on est un peu installé dans la vie, un peu loin de sa mère aussi (trop pour, par exemple, la voir tous les jours même si on en avait envie - car de toute façon, vivrait-on assez près que l'on n'en aurait pas forcément envie pour autant) et qui n'a pas pour but d'annoncer des nouvelles fracassantes et totalement inouïes, mais juste de parler un peu de ce que l'on fait ces jours-ci, c'est-à-dire la même chose que la semaine dernière et probablement aussi que la semaine prochaine à quelques menus détails près.
Or, il se trouve que ce type de CFM obéit de manière étonnamment fixe à des règles quasiment immuables.
1. Au moment où vous vous installez dans la vie loin d'elle, comme je le disais plus haut, votre mère fixe elle-même le rythme du coup de fil à la fréquence à laquelle elle a l'habitude de recevoir ses propres CFM, et ce, même si cette fréquence ne lui convient pas et qu'elle s'en est toujours plainte. Cela va de pair avec cette loi générationnelle plus solide encore qui veut que toute femme reproduise avec sa fille ce que sa mère a fait avec elle, alors même qu'elle ne le supportait pas et avait résolu d'être une mère tout à fait différente.
Bien sûr, cette première loi n'est valable que si vous êtes une fille. Si vous êtes un garçon, deux possibilités : soit elle vous appelle tout le temps, pour un rien (ce qui est certes un rythme régulier, mais pas celui des appels de sa propre mère), soit elle n'ose pas vous déranger avec ses bavardages et attend donc religieusement que son grand fils daigne l'appeler lui-même. Si vous ne le faites pas pendant plusieurs jours voire semaines, ne vous inquiétez pas : elle ne vous appellera quand même pas la première, mais déchargera son trop-plein de paroles sur votre soeur.
2. Par définition, le CFM tombe mal. (Pour qu'il tombe bien, il faudrait que ce soit vous qui le passiez, ce qui en ferait un CFF, un coup de fil filial, et ce n'est pas notre sujet du jour.) Même si vous l'attendiez, même si vous vous y étiez préparée, même si vous aviez dégagé une plage horaire de votre précieux temps pour vous soumettre à cette corvée rituelle garante de votre tranquillité (combien de disputes et de reproches votre mère vous a-t-elle épargnés en échange de votre heure de conversation hebdomadaire ? Dieu seul le sait, mais c'est finalement un sacrifice bien minime), il se passe toujours quelque chose qui fait que finalement, à la toute dernière minute, le CFM tombe mal.
Exemple vécu : quelques minutes avant le CFM, votre amoureux/meilleure amie/patron appelle. Impossible de ne pas décrocher. Vous vous dites : pas grave, si ma mère appelle pendant ce temps, je la mets en attente ou je la rappelle. Et quand elle appelle effectivement et que vous lui annoncez "Tu sais, je suis au téléphone avec Hubert/Simone/Monsieur Brachard", elle s'exclame "Ah, vraiment, alors comment va-t-il/elle ?" et commence à parler. Il faudra l'interrompre trois fois avant de pouvoir lui expliquer qu'elle va devoir attendre quelques minutes, ou rappeler plus tard. Bon courage.
Variantes possibles : quelques minutes avant le CFM, le chat renverse sa gamelle d'eau et inonde la cuisine, votre voisin envoie un ballon de foot dans un de vos carreaux, Desperate Housewives vient de commencer, vous êtes prise d'une envie subite d'aller vider votre vessie et c'est de la salle de bain, incapable de bouger sous la pression du liquide trop longtemps retenu, que vous entendez, impuissante, votre téléphone sonner rageusement...
Prévoyez de longues minutes pour, au choix, décrocher mais expliquer que vous êtes obligée de rappeler plus tard, ou bien laisser sonner et expliquer plus tard pourquoi vous n'avez pas répondu.
3. Votre mère appelle certes pour prendre de vos nouvelles, mais pas de toutes vos nouvelles.
Oh, je sais ce que vous allez me dire : "De toute façon on fait le tri, hein, on ne raconte pas tout à sa mère..." Naïve que vous êtes ! Dans ce tri, vous avez laissé traîner au moins un ou deux sujets que votre mère n'a pas envie d'aborder. Si vous les maintenez, attendez-vous à subir, au choix, inattention complète ou énervement maternel.
Les amours, par exemple - sauf dans les très, très grandes lignes. Votre mère a juste envie d'entendre des phrases-clés comme "Il faudra que je te présente quelqu'un la prochaine fois qu'on se voit", "Hubert et moi, on va s'installer ensemble", "Hubert et moi, on va se marier", "Hubert et moi, on attend un bébé", "Hubert et moi on se sépare". Cinq phrases faciles à mémoriser et parmi lesquelles vous n'aurez pas à piocher plus d'une fois par an à peu près (beaucoup moins pour certaines d'entre nous). C'est tout. Le CFM ne doit comporter aucune autre évocation de votre vie amoureuse, sauf question explicite à laquelle il faut répondre le plus brièvement possible : "Et comment ça va avec Hubert ?" "Très bien, très bien" ou "Pas bien du tout, mais je n'ai pas envie d'en parler pour l'instant" (seul développement possible dans le cas où vous auriez besoin de cette seconde réponse parce qu'il est hors de question que vous cassiez du sucre sur le dos de votre amoureux en présence de votre mère - en revanche, l'inverse est naturellement possible même si pas toujours conseillé).
4. Votre mère n'appelle pas seulement pour prendre de vos nouvelles, mais aussi - et peut-être surtout - pour donner des siennes, et avec les siennes, celles de tout le quartier (que vous avez quitté il y a dix ans mais dont elle suppose que ça vous intéresse toujours), de tous ses amis à elle (qui ne sont donc pas les vôtres mais autant que vous soyez prévenue, si un jour vous vous mariez, ils devront être invités - mon conseil : allez vous marier à la mairie avec juste deux témoins et basta) et, bien sûr, de vos grands-parents, comme si vous ne les appeliez jamais.
Bon, d'accord, vous ne les appelez jamais, mais c'est bien qu'il y a une raison, non ? En tout cas, ce n'est pas pour entendre quand même parler d'eux lors d'un CFM (déjà assez pénible comme ça, merci).
Et pendant que vous branchez le kit mains-libres ou le haut-parleur (on ne sait jamais, à un moment donné, elle pourrait s'interrompre dans son monologue et vous poser une vraie question) pour vous soulager un peu le bras et l'oreille, vous vous demandez pourquoi, mais pourquoi tout cela a le don de vous ennuyer autant alors qu'avec vos ami(e)s, vous adorez les ragots, même à propos de gens que vous ne connaissez pas, et vous pourriez en écouter pendant des heures même s'ils sont moyennement croustillants ; alors, c'est à peu près pareil, non ? Eh bien non, pour une raison simple : votre mère, c'est votre mère. Pas votre copine. Et les meilleurs psychologues vous diront que c'est sans doute grâce à cela qu'aujourd'hui, vous êtes une personne équilibrée et mûre avec de bons repères et aucun problème d'autorité. Merci qui ?
Certes, tout cela ne fait pas du CFM le moment le plus agréable de votre journée. Pourtant, il existe quelques façons très efficaces d'en faire un moment, disons, pas trop désagréable.
1. Rentabilisez ces précieux instants au cours desquels vous êtes coincée chez vous, réduite à une relative immobilité et à des activités peu bruyantes (impossible de passer l'aspirateur ou de percer des trous dans le mur, elle ne vous croirait pas si vous disiez que si si, je t'écoute, maman).
Ceci est vraiment une règle d'or absolue à laquelle il ne faut jamais, jamais déroger : lors d'un CFM, il faut être (ou se rendre rapidement) à proximité de son ordinateur, l'allumer en douce et lire ses mails, ses blogs préférés et ses pages d'actualité habituelles sans le moindre scrupule. C'est autant de temps que vous ne perdrez pas sur le Web depuis votre bureau ou à des heures auxquelles vous êtes censée bosser, feignante ! On peut aussi, en coupant le son, lancer MSN et chatter peinarde pendant que le CFM continue à vous abreuver en nouvelles fraîches de la boulangère du coin et de gens que vous n'avez pas revus depuis l'âge de cinq ans.
Attention toutefois : votre mère vous connaît par coeur et elle est capable de déceler, rien qu'à votre voix, le taux d'attention que vous lui accordez réellement. Si vous êtes trop à fond sur l'ordi, elle va finir par vous dire : "Tu m'écoutes, là ? Tu n'es pas plutôt sur ton truc, comment vous appelez ça, Mécène, votre truc de tchatche, là ?" Bon, vous voyez bien qu'elle vous connaît par coeur. Alors de grâce, jouez-la fine et rajoutez-en sur les signes extérieurs d'intérêt ("Ah ? Oh ? Oui, vraiment ? Noooooon ! Si ?", le tout prononcé avec conviction, servez-vous des cours de théâtre du lycée, que voulez-vous que je vous dise).
Variantes possibles à l'ordinateur : manucure, pédicure, épluchage de pommes de terre et autres pliages de linge. Malheureusement, tout cela ne dure pas toujours assez longtemps pour couvrir le CFM, alors que l'ordi, si.
2. Il n'y a aucune autre règle d'or aussi incontournable que celle-ci. Le reste n'est que petits aménagements personnels avec le CFM, à adapter aux goûts de chacune. S'offrir une soirée DVD après chaque CFM en compensation (limite : et s'il y a plusieurs CFM par jour ?), déverser sur sa mère tout son énervement de la journée pour ne pas avoir à le déverser sur son amoureux (limite : ça va l'énerver en retour et je ne garantis pas la fin heureuse du CFM), n'accepter les CFM que quand on est très malade, clouée au lit et qu'ils en deviennent presque une distraction (limite : ça risque de ne pas se produire très souvent et vous serez vite brouillée avec votre mère, sauf si elle accepte de commencer un CFM par "Alors, quoi de neuf ces deux dernières années ?").
Je pense que j'ai fait mon boulot et que ce post vous aidera à mieux appréhender et gérer les CFM qui vous attendent. Dans le cas contraire, je décline évidemment toute responsabilité. J'ai bien trop à faire avec ma mère pour m'occuper de la vôtre, cela va de soi. (Mais dites-vous que c'est grâce à cela que les psys sont des gens riches.)
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le dimanche 22 juillet 2007
Il y a cet épisode, le septième ou le huitième peut-être de la saison 3 de
Friends, dans lequel les personnages rédigent une liste de cinq célébrités avec lesquelles ils pourraient coucher sans que leur moitié ne leur en veuille. Un après-midi où j'avais besoin de diversion, j'ai songé que je devais renoncer à tout jamais à posséder une telle liste car je vois mal comment Fiancé pourrait ne pas m'en vouloir de coucher avec quelqu'un d'autre que lui, et puis j'ai décidé de passer outre ce léger obstacle et j'ai quand même cherché des noms, histoire de.
Le bon côté de la chose, c'est que les deux premiers noms qui me sont venus à l'esprit sont déjà apparus sur ce blog et qu'ils ne surprendront sans doute personne :
1. Paul Dano,
2. Julien Doré. (Encore que lui, je ne sais pas si passé les préliminaires, il ne m'agacerait pas déjà un peu. Mieux vaudrait, à terme, lui substituer quelqu'un qui ne m'agace pas du tout.)
Là-dessus, j'ai constaté que si je continuais comme ça, je me retrouverais avec une liste de gens ayant impérativement un nom (ou un prénom, on n'est pas non plus chipoteurs) de quatre lettres commençant par D, et j'ai moins rigolé en en déduisant que les trois suivants devraient donc logiquement être : Dave, Dove Attia et Dany Brillant. Alors j'ai tout laissé tomber et je me suis immédiatement remise au travail.
PS. En rédigeant ce post, je me dis presque sans réfléchir qu'il y aurait dans cette liste une place pour Edward Norton et une autre pour Jude. Mais bon, puisque finalement je ne fais pas de liste, tout cela reste lettre morte.
Oh et tiens, le cinquième serait Hugh Grant, et puis comme ça, liste ou pas liste, c'est réglé.

Photo : PostSecret.
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le dimanche 10 juin 2007
Je récapitule, tonton Sigmund.
En une semaine, cinq rêves plus ou moins érotiques, un garçon différent dans chaque, Fiancé dans aucun. Dans l'ordre :
1. (jeudi soir 31 mai) je peux pas le dire, j'ai trop honte.
2. (lundi soir 4 juin) je peux pas non plus, c'est trop nul.
3. (mercredi soir 6 juin) celui de duquel que je te causais dans notre précédente conversation.
4. (jeudi soir 7 juin) un collègue.
5. (vendredi soir 8 juin) un camarade de collège, pas revu depuis. (Le collège.)
Ca a cessé la nuit dernière, semble-t-il. On respire.
J'ai une théorie à te soumettre mais je ne sais pas, c'est peut-être un peu léger. J'ai trouvé un point commun entre les trois derniers (ceux qui se suivent) (c'est peut-être pour ça qu'ils se suivent, d'ailleurs) (hé hé !...) et Fiancé.
C'est le même genre de silhouette. Grands, minces, longs membres.
Ca compte dans le transfert onirique, ça, je pense, tonton Sigm