Le Nouveau Coq et les Trois* Poules, 2/3
mercredi 14 mai 2008, par Ménille Avénale, dans la catégorie Vaste monde -# 267 - Fil RSS
* Quatre ? Cinq ? Dix ?...
Suite évidente et quelque peu cynique du précédent. J'avais prévenu que le rythme de publication serait moyennement soutenu, hein... Et je suis unplugged en ce moment, si vous saviez. Mais c'est pour la bonne cause ; j'ai du boulot par-dessus la tête. Enfin bref.
Episode 2 : Heurs et Malheurs de la Basse-Cour, Arrivée Providentielle du Nouveau Coq
Le départ du Coq laissa la basse-cour et tous ses animaux dans un état déplorable. La révolte avait été si brusque et violente que des conflits avaient éclaté entre eux, certains défendant l'honneur du Coq et d'autres l'accablant de reproches. Plusieurs animaux suivirent leur mentor tandis que d'autres s'employèrent à le traîner dans la boue en niant même qu'il eût jamais accompli la moindre bonne action pour la basse-cour, ce qui était naturellement très excessif. La Poulette continua de nier avoir eu une relation avec lui alors même que des preuves de leur liaison venaient d'être découvertes. Elle ne fut pas la seule à lutter contre l'évidence ; les Poules qui étaient restées si longtemps sous l'emprise du Coq persistèrent elles aussi à croire que tout cela n'était qu'une vaste machination et qu'il n'avait jamais menti à personne ni agi en cachette. Elles montrèrent de moins en moins d'enthousiasme à fréquenter la basse-cour et menacèrent de la quitter comme tant d'autres avant elles, mais elles n'en eurent jamais le courage et se contentèrent d'entretenir le culte du Coq à force d'éloges et de regrets.
Cependant, en l'absence de chef, les animaux risquaient de s'éloigner peu à peu les uns des autres ou d'aller chercher ailleurs l'élément dominant qui leur manquait, désertant ainsi cette basse-cour qui avait été si vivante et animée pendant tant de temps. Un soir, le conseil des animaux les plus âgés se réunit sur un tas de paille. Il y avait là un Cochon qui était le doyen de la basse-cour, sa Truie, connue par tous pour son caractère chaleureux et amical, deux Canards respectés pour leur sagesse et un vieil Ane un peu gâteux que les autres avaient convié par politesse. Le Cochon exposa le problème en ces termes :
"Chers amis, vous n'êtes pas sans savoir que le départ du Coq a laissé un goût amer à certains de nos compagnons. Nous sommes trop âgés et fatigués pour prendre la relève, mais il faut un chef à cette basse-cour, sans quoi elle se désagrégera lentement et finira par disparaître. Est-ce là ce que nous voulons ?
- Non ! répondirent les autres.
- Mais alors, que faire ? demanda la Truie. Que proposes-tu ? Y a-t-il une solution ?
- Je crois, reprit le Cochon, que nous devrions trouver un nouveau Coq. Un Coq tout neuf, jeune et plein d'entrain, qui remporterait les suffrages comme l'a fait notre ancien Coq à ses débuts.
- C'est évident, dit l'un des Canards. Il nous faut un nouveau Coq. Mais où le trouver ? L'un d'entre nous connaîtrait-il le candidat idéal dans une basse-cour des environs ?"
Les vieux animaux se turent. Chacun réfléchissait à la question posée, mais aucune idée ne leur venait. Ils passaient mentalement en revue tous les jeunes Coqs des alentours sans en trouver un qui fût assez à leur goût. Soudain, le vieil Ane, qui avait passé la première partie de la réunion à mâchouiller des brins de foin, intervint de sa voix chevrotante : "Je connais le Coq qu'il nous faut". Les autres animaux lui jetèrent des regards suspicieux mais il continua sans se démonter : "Je le connais même très bien. Comme vous le savez, dans ma jeunesse, j'ai fréquenté une autre basse-cour dans laquelle j'ai fait la connaissance d'un Très Grand Coq qui est resté mon ami le plus cher. Ce Très Grand Coq a un fils charmant et très doué qui pourrait devenir notre Nouveau Coq si vous le souhaitez".
Le conseil des vieux animaux n'avait guère le choix. Il fut donc décidé que l'on enverrait un message au Nouveau Coq en lui demandant de rejoindre la basse-cour au plus vite et d'en devenir le chef.
Le lendemain matin, les autres animaux furent mis au courant de la solution qui avait été choisie et ils commencèrent aussitôt à se disputer à son propos, comme ils le faisaient presque quotidiennement depuis des mois. Certains approuvaient le choix des animaux les plus âgés et vantaient les mérites du Nouveau Coq alors même qu'ils ne le connaissaient pas encore. D'autres le conspuaient déjà en prétendant que jamais il ne serait à la hauteur de l'ancien Coq ; les Poules faisaient bien entendu partie de ce deuxième groupe et s'apprêtaient à accueillir le Nouveau Coq avec un mépris proportionnel au chagrin qu'elles avaient éprouvé au départ de leur idole. D'autres enfin, se désintéressant complètement de l'avenir de la basse-cour, gardèrent leurs commentaires pour eux et quittèrent les lieux peu de temps après.
Le Nouveau Coq répondit favorablement à l'appel désespéré du conseil et, par retour du courrier, il annonça la date de sa prise de fonction.
Le jour venu, tous les yeux étaient tournés vers l'entrée de la basse-cour, auprès de laquelle étaient postés les membres du conseil des vieux animaux, attendant leur nouvelle recrue pour lui souhaiter la bienvenue parmi eux. Les autres animaux étaient un peu en retrait et la tension était palpable. Les groupies de l'ancien Coq virent d'un très mauvais oeil le fait que la Poulette, au nom des fonctions qu'elle avait exercées autrefois, soit à la place d'honneur de la petite procession d'accueil qui devait recevoir le Nouveau juste après le conseil des anciens. Leur jalousie était si forte qu'elles avaient décidé de quitter la basse-cour ensemble dès que la petite cérémonie d'intronisation serait terminée.
Enfin, le Nouveau Coq se montra, et son arrivée suscita une stupeur générale.
A suivre, une fois encore.
Suite évidente et quelque peu cynique du précédent. J'avais prévenu que le rythme de publication serait moyennement soutenu, hein... Et je suis unplugged en ce moment, si vous saviez. Mais c'est pour la bonne cause ; j'ai du boulot par-dessus la tête. Enfin bref.
Episode 2 : Heurs et Malheurs de la Basse-Cour, Arrivée Providentielle du Nouveau Coq
Le départ du Coq laissa la basse-cour et tous ses animaux dans un état déplorable. La révolte avait été si brusque et violente que des conflits avaient éclaté entre eux, certains défendant l'honneur du Coq et d'autres l'accablant de reproches. Plusieurs animaux suivirent leur mentor tandis que d'autres s'employèrent à le traîner dans la boue en niant même qu'il eût jamais accompli la moindre bonne action pour la basse-cour, ce qui était naturellement très excessif. La Poulette continua de nier avoir eu une relation avec lui alors même que des preuves de leur liaison venaient d'être découvertes. Elle ne fut pas la seule à lutter contre l'évidence ; les Poules qui étaient restées si longtemps sous l'emprise du Coq persistèrent elles aussi à croire que tout cela n'était qu'une vaste machination et qu'il n'avait jamais menti à personne ni agi en cachette. Elles montrèrent de moins en moins d'enthousiasme à fréquenter la basse-cour et menacèrent de la quitter comme tant d'autres avant elles, mais elles n'en eurent jamais le courage et se contentèrent d'entretenir le culte du Coq à force d'éloges et de regrets.
Cependant, en l'absence de chef, les animaux risquaient de s'éloigner peu à peu les uns des autres ou d'aller chercher ailleurs l'élément dominant qui leur manquait, désertant ainsi cette basse-cour qui avait été si vivante et animée pendant tant de temps. Un soir, le conseil des animaux les plus âgés se réunit sur un tas de paille. Il y avait là un Cochon qui était le doyen de la basse-cour, sa Truie, connue par tous pour son caractère chaleureux et amical, deux Canards respectés pour leur sagesse et un vieil Ane un peu gâteux que les autres avaient convié par politesse. Le Cochon exposa le problème en ces termes :
"Chers amis, vous n'êtes pas sans savoir que le départ du Coq a laissé un goût amer à certains de nos compagnons. Nous sommes trop âgés et fatigués pour prendre la relève, mais il faut un chef à cette basse-cour, sans quoi elle se désagrégera lentement et finira par disparaître. Est-ce là ce que nous voulons ?
- Non ! répondirent les autres.
- Mais alors, que faire ? demanda la Truie. Que proposes-tu ? Y a-t-il une solution ?
- Je crois, reprit le Cochon, que nous devrions trouver un nouveau Coq. Un Coq tout neuf, jeune et plein d'entrain, qui remporterait les suffrages comme l'a fait notre ancien Coq à ses débuts.
- C'est évident, dit l'un des Canards. Il nous faut un nouveau Coq. Mais où le trouver ? L'un d'entre nous connaîtrait-il le candidat idéal dans une basse-cour des environs ?"
Les vieux animaux se turent. Chacun réfléchissait à la question posée, mais aucune idée ne leur venait. Ils passaient mentalement en revue tous les jeunes Coqs des alentours sans en trouver un qui fût assez à leur goût. Soudain, le vieil Ane, qui avait passé la première partie de la réunion à mâchouiller des brins de foin, intervint de sa voix chevrotante : "Je connais le Coq qu'il nous faut". Les autres animaux lui jetèrent des regards suspicieux mais il continua sans se démonter : "Je le connais même très bien. Comme vous le savez, dans ma jeunesse, j'ai fréquenté une autre basse-cour dans laquelle j'ai fait la connaissance d'un Très Grand Coq qui est resté mon ami le plus cher. Ce Très Grand Coq a un fils charmant et très doué qui pourrait devenir notre Nouveau Coq si vous le souhaitez".
Le conseil des vieux animaux n'avait guère le choix. Il fut donc décidé que l'on enverrait un message au Nouveau Coq en lui demandant de rejoindre la basse-cour au plus vite et d'en devenir le chef.
Le lendemain matin, les autres animaux furent mis au courant de la solution qui avait été choisie et ils commencèrent aussitôt à se disputer à son propos, comme ils le faisaient presque quotidiennement depuis des mois. Certains approuvaient le choix des animaux les plus âgés et vantaient les mérites du Nouveau Coq alors même qu'ils ne le connaissaient pas encore. D'autres le conspuaient déjà en prétendant que jamais il ne serait à la hauteur de l'ancien Coq ; les Poules faisaient bien entendu partie de ce deuxième groupe et s'apprêtaient à accueillir le Nouveau Coq avec un mépris proportionnel au chagrin qu'elles avaient éprouvé au départ de leur idole. D'autres enfin, se désintéressant complètement de l'avenir de la basse-cour, gardèrent leurs commentaires pour eux et quittèrent les lieux peu de temps après.
Le Nouveau Coq répondit favorablement à l'appel désespéré du conseil et, par retour du courrier, il annonça la date de sa prise de fonction.
Le jour venu, tous les yeux étaient tournés vers l'entrée de la basse-cour, auprès de laquelle étaient postés les membres du conseil des vieux animaux, attendant leur nouvelle recrue pour lui souhaiter la bienvenue parmi eux. Les autres animaux étaient un peu en retrait et la tension était palpable. Les groupies de l'ancien Coq virent d'un très mauvais oeil le fait que la Poulette, au nom des fonctions qu'elle avait exercées autrefois, soit à la place d'honneur de la petite procession d'accueil qui devait recevoir le Nouveau juste après le conseil des anciens. Leur jalousie était si forte qu'elles avaient décidé de quitter la basse-cour ensemble dès que la petite cérémonie d'intronisation serait terminée.
Enfin, le Nouveau Coq se montra, et son arrivée suscita une stupeur générale.
A suivre, une fois encore.


Commentaires
#1 - Le mercredi 14 mai 2008 à 20:17, par Maud
#2 - Le jeudi 15 mai 2008 à 10:20, par Anna
#3 - Le vendredi 16 mai 2008 à 11:00, par Ménille Avénale
#4 - Le dimanche 18 mai 2008 à 18:53, par Ness
#5 - Le mardi 20 mai 2008 à 19:18, par David Santos
#6 - Le mercredi 21 mai 2008 à 17:58, par fabien
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