Ménille Avénale

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Dites donc

le samedi 29 décembre 2007

C'est moi ou ma bannière chie des bulles ?

Parce que moi, je la vois déborder assez largement sur le bas, en direction des posts. Vous la voyez comment, vous ?...

J'espère que c'est juste dû à l'ordi de mes parents, mais en même temps, je ne vois pas bien pourquoi ça ferait ça uniquement sur cet ordi-là. Je n'ai pas touché au FTP depuis des semaines (juste pour le copier en prévision d'un nouveau layout mais chuuuuut, seurpraïse, et puis de toute façon je n'ai pas touché au thème actuel, c'est un fait) et ma bannière n'a pas changé non plus, alors quoi, elle n'a quand même pas grandi toute seule pendant la nuit ! Le mystère reste entier. Et j'avoue que ça tombe mal, en ce moment, vous voyez bien comment ça se passe, je ne consacre guère de temps au Net (presque toute la blogosphère fonctionne au ralenti, d'ailleurs) et je n'aurai pas le temps de m'en occuper d'ici mercredi prochain. Zut, zut, zut.

Bien, si jamais ça s'arrange, tenez-moi au courant, au cas où je ne le verrais pas de mes yeux, sur cet écran de m***.

D'ici là, je vous souhaite une bonne soirée, un bon dimanche, un chouette réveillon et un bon début 2008. Il y a un an, je proclamais que de toute façon, 2007 serait une année nullarde, bla bla bla, et finalement ça ne l'a pas été du tout, alors je n'ose plus me prononcer pour la suite, comprenez-vous ?

Krazy Kitty est folle !

le dimanche 23 décembre 2007

(Et j'ADORE cette fille.)

Comme les vacances françaises de Krazy Kitty devaient passer par ma ville la semaine dernière, il avait d'abord été question qu'on se voie, puis je m'étais rendu compte que je ne serais pas disponible et le lui avais annoncé. Elle m'avait alors écrit qu'elle avait un "petit cadeau" pour moi et m'avait demandé mon adresse postale. Pleine de curiosité et touchée par cette attention, je la lui donne, pensant recevoir, je ne sais pas, moi, un article sur lequel elle serait tombée et dont elle aurait pensé qu'il pouvait m'intéresser, ou bien un petit objet qui lui aurait fait penser à moi...

J'étais bien en-dessous de la vérité.

L'autre jour, je reçois ceci :


1. un petit mot super mignon, sur une petite carte idem, dans une petite enveloppe (je me demande si ce n'est pas la première fois de toute ma vie que je reçois un petit mot manuscrit marqué "Ménille") ; je conserve le tout soigneusement, bien sûr.


2. la Krazy Kitty Touch : de l'humour à revendre. Le cadeau proprement dit était emballé dans une page de journal qui n'a pas survécu à mon impatience, et dans cette publicité de magazine qu'heureusement, j'ai eu la présence d'esprit de garder un tant soit peu présentable. Oui, chers amis, vous l'avez compris, il s'agit d'une pub pour une gamme de produits capillaires volumateurs (si le résultat, incarné par cette belle blonde en plein milieu, est vraiment garanti, je suis prête à faire venir ces produits magiques des Amériques en import pour profiter à mon tour de leurs bienfaits). C'est génial, j'adore l'idée, voilà quelqu'un qui ne se trompe pas sur mes vraies priorités !

3. et bien sûr, LUI :

UN DISQUE ! Un disque de Blur, le disque de Blur que je voulais acquérir depuis des années et dont Kitty, pas folle, avait chopé l'idée sur ma wishlist. Ce qui signifie qu'elle n'est pas tombée par hasard sur quelque chose de sympa dont elle se serait dit "tiens, ça ça plaira à Ménille", mais qu'elle est délibérément allée voir la liste en question, qu'elle a choisi un objet, qu'elle est allée l'acheter, qu'elle l'a emballé avec amour dans une pub capillaire des Amériques, qu'elle l'a rapporté en France pour moi et qu'enfin, elle me l'a envoyé par la Poste (ma meilleure amie) parce que nous ne pouvions pas nous voir.

Evidemment, j'en suis encore sur le cul (quand je ne saute pas toute seule dans tout l'appart sur "Girls & Boys" et "Trouble In The Message Center"). Je déborde d'une reconnaissance que je lui ai certes exprimée par mail, mais je me dis que ce n'est pas encore suffisant. Je comptais lancer un appel à tous mes lecteurs pour qu'ils aillent pourrir son blog de mots d'amour, mais même s'ils le font, ça ne lui fera en tout que 6,78 mots d'amour et c'est un peu mince à mon goût. Alors, tandis que je complote pour tâcher de trouver comment la remercier à hauteur du plaisir qu'elle m'a fait, je n'hésite plus à déclarer en ces lieux, à visage découvert :

Kitty, tu es folle d'avoir fait ça pour moi, mais je t'aime !

Le petit ménage d'hiver

le jeudi 20 décembre 2007

Je me pose une question.

Quand on a ajouté un blog à ses liens il y a environ un an ; qu'à l'époque où on l'a découvert, on a lu avec bonheur l'intégralité de ses archives sans être cap' de décrocher, parce qu'on trouvait cela drôle, nouveau, frais, bourré d'informations intéressantes et qu'on était impatiente de lire ce qui allait suivre ; qu'on en a été, pendant toute cette année, une lectrice fidèle, pas une commentatrice prolixe, reste, mais au moins toujours attentive ; qu'on a constaté que sa notoriété, déjà bien assise au moment où on a commencé à le lire, a augmenté exponentiellement jusqu'à en faire une sorte d'icône dans sa catégorie ; que cette même notoriété a progressivement nui à la qualité du blog qui, alimenté toujours aussi régulièrement (il faut bien maintenir l'audience), ne l'est plus de manière aussi substantielle parce que son auteur se doit désormais à d'autres activités et ne peut pas non plus avoir des illuminations géniales chaque jour ; que peu à peu, l'ambiance, le ton, le style même ont commencé à s'affadir ; que pour finir, on se sent de moins en moins attachée à ce blog qu'on ne suit plus que de loin, au point de considérer que la description qu'on en a proposée dans ses liens n'est plus du tout adéquate ; qu'enfin, récemment, on a haussé les sourcils, ouvert grand la bouche voire poussé un cri de profonde indignation en lisant tel ou tel post parce qu'on n'est pas, mais alors pas du tout d'accord avec les propos qui y sont tenus (et je ne veux pas seulement dire "pas du tout d'accord avec", mais plutôt "carrément choquée par") ; que malgré tout, on a toujours hésité à retirer ce blog de ses liens sous prétexte qu'il est très suivi par des tas d'autres blogs qu'on lit également et qu'on a peur d'être un peu à la ramasse de ce côté-là désormais ; eh bien, est-ce une grosse erreur que de procéder enfin à ce petit ménage d'hiver un jour où l'on pense que maintenant, ça suffit ?

Non, hein ?

Je me disais aussi.

Glam ou raté ?

le samedi 15 décembre 2007

(Oui, le jeu de mots est un peu moins facile avec Glamour qu'avec Isa, mais enfin vous voyez, quand on veut vraiment en trouver un, on finit par y arriver.)

Bien. Or donc, Glamour est le magazine féminin de petite taille que j'achète le plus fréquemment depuis qu'Isa m'a déçue au point de ne plus le lire qu'avec un oeil critique et en me demandant : voyons, sur quel article vais-je bien pouvoir bloguer méchamment cette fois-ci ?... Et très honnêtement, en général, je ne perds pas au change. La qualité est bonne, les articles sont bien écrits et pas idiots, les pages mode sont des pages mode, certes (lire : alignées sur des canons dans lesquels 75% d'entre nous ne se reconnaissent pas), mais enfin l'ensemble est agréable, varié, et il y a chaque mois un vaste dossier plutôt bien fait sur l'actualité culturelle, que je recommande chaleureusement à celles qui aiment lire, aller au cinéma et écouter de la musique (je ne doute pas que vous ayez d'autres sources d'information que Glamour sur ces derniers points, mais ça fait plaisir de voir un féminin très féminin y accorder une bonne place). Même leur site Internet regorge d'informations de toutes sortes, d'interactivité et de vidéos édifiantes.

Seulement voilà : hier, j'achète le numéro de janvier 2008, l'ouvre et commence à le feuilleter avec espoir et confiance jusqu'à ce qu'à la page 16, au beau milieu du courrier des lectrices, je tombe sur ceci :


Ca vous la coupe, hein ?

Je résume en quelques mots le message, par ailleurs fort clair et condensé, d'Angélique du Loiret, notre nouvelle amie à tous :

1. habiter Orléans et non plus Paris, c'est l'exil. (Je rappelle que la distance entre ces deux villes est d'environ 135 km et je suis persuadée que la liaison entre elles est très bien assurée. Personnellement, vu les conditions actuelles de l'emploi en France et la mobilité nécessaire à une carrière de nos jours, j'hésite à parler d'exil à moins de 200 km mal desservis, mais cela n'engage sans doute que moi.)

2. Orléans, c'est le fin fond du Loiret. Orléans, chers amis. Orléans, code postal 45000, 113 126 habitants en 1999, préfecture du Loiret, centre d'une agglomération de communes de 250 000 habitants environ (merci Wiki). Orléans, capitale du duché du même nom, cité existant depuis l'Antiquité (pendant laquelle elle fut prise par César, ce qui fait toujours bien sur un CV), lieu essentiel de la monarchie française pour ses enjeux stratégiques, ville de prestige et d'élégance, enfin je ne vais pas vous rédiger une plaquette pour l'office de tourisme du Loiret, non plus. (Je n'ai aucun lien personnel avec Orléans, c'est seulement que l'appeler fin fond du Loiret, ça me hérisse un peu les poils, que j'ai pourtant fins, clairs et peu nombreux, si vous voyez ce que je veux dire).

3. trouver à Orléans un magazine qui est vendu dans tous les kiosques de France et de Navarre, du pays basque à la Moselle et de la Provence aux côtes normandes, c'est pour Angélique une bouée de sauvetage.
Pardon ?...
Mais elle s'imagine quoi, au juste, Angélique du Loiret ? Qu'au-delà de la petite couronne, le reste du pays reçoit les journaux par diligence et ne sait pas ce que c'est qu'un magazine féminin ? Est-elle au courant que de nos jours, la presse circule vite et bien et que les quotidiens, hebdomadaires et mensuels nationaux sont, comme leur nom l'indique, distribués en quelques heures dans tout le royaume, pas seulement au pied du château ?... Je crois rêver. (Il faudrait lui apprendre également que certains d'entre eux sont même écrits et publiés en province, mais je crains que tant d'informations si fraîches d'un seul coup ne la bouleversent et qu'une entrée si brutale dans le XXIe siècle ne soit guère recommandable pour un petit coeur déjà bien chahuté par un exil inique loin de la Ville.)

4. et enfin, le plus joli à mon goût - le clou du spectacle, si vous me passez l'expression : trouver Glamour à Orléans, c'est retrouver un peu de vie.
Mais bien sûr, où avais-je la tête ! En France, c'est connu, on ne vit bien qu'à Paris, ou plus précisément encore : on ne vit qu'à Paris, point. C'est-à-dire que la mode, la culture, les distractions, les sorties, les tendances, le Net, les blogs, les grands courants modernes, l'écologie avant-gardiste, les produits cosmétiques, le shopping, tout cela, tout ce qui fait la vie, notre vie, ne se trouve qu'à Paris. Et quand on est, comme Angélique, exilée au fin fond du Loiret, le seul moyen de s'y raccrocher, eh bien c'est d'ouvrir Glamour qui Dieu merci, renferme entre ses pages glacées les effluves subtils et racés de la grande ville, de la Capitale, centre des plaisirs et des délices, de la vie intellectuelle et du progrès. Pauvre Angélique, réduite à battre le pavé de Paris par procuration en lisant dans l'ours, page 12, ces mots magiques : rue de la Ville-l'Evêque, 75008 Paris... Aaaaah, Paaaaris... Paaaaris sera toujours...

Bref.

Ce genre de posture parisianiste, ou, si vous préférez, parisiano-centrée a déjà tendance à bien me foutre en rogne quand elle est individuelle. Mais quand un magazine publie un tel billet sans y réagir - ce qui à mon sens, si je maîtrise bien les codes des courriers des lectrices (mais peut-être ne les maîtrisé-je pas : je ne suis après tout qu'une pauvre petite provinciale...), revient à y adhérer -, je me sens encore plus bafouée dans ma condition de non-Parisienne. Nous autres provinciales lisons, écrivons, comprenons, nous habillons, allons au cinéma et suivons l'actualité autant et aussi bien que les membres du cénacle, que diable ! Et nous achetons les mêmes magazines qu'elles, participant ainsi de leur succès et de leur retentissement sur le plan na-tio-nal. Je crains, quand je tombe sur ces propos apparemment anodins, que la centralisation extrême qui est à l'oeuvre dans la presse française, féminine ou pas, d'ailleurs, n'ait encore de beaux jours devant elle.

Là-dessus, je dois vous laisser ; j'ai une épître à remettre à la malle-poste du mois de décembre pour mes cousins du Perche si je veux qu'ils la reçoivent avant février prochain, car cette malle-poste-là, hélas, ne passe pas par Paris.

La tuerie gustative

le jeudi 13 décembre 2007

S'il y a une chose que vous ne savez pas encore sur moi, c'est peut-être que je suis incapable de résister aux bonnes choses.

Mais alors, quand je dis incapable... C'est bien pour ça que je suis fiancée à Fiancé, par exemple. Un garçon aussi miam que lui, je vois mal comment je suis censée m'y prendre pour résister. C'est pour ça aussi que j'aime le chocolat et que je suis accro au fromage blanc. Au fromage tout court également, d'ailleurs. Je n'en achète que toutes les deux semaines parce que comme il me faut maximum 48 heures pour avaler un fromage de taille normale, je n'ai pas intérêt à le faire trop souvent si je ne veux pas mourir étouffée par le cholestérol. Cette incapacité à résister aux bonnes choses explique aussi que j'aie tant de mal à arrêter de fumer, parce que contrairement à ce que j'ai dit à ma copine infirmière l'autre jour, oui, pour moi, fumer, c'est bon. Je veux dire, gustativement bon. (Les bons conseils de docteur Avénale pour ne plus fumer : ne pas acheter de cigarettes et ne pas fréquenter de gens qui fument. En d'autres termes, il faut rester bouclé chez soi et ne voir personne pendant un an. Un an sans cigarette, c'est la période considérée comme nécessaire pour pouvoir parler d'un sevrage réussi, alors vous voyez.) C'est également pour cela que j'ai une liste de liens aussi formidable que la mienne, parce qu'il y a quand même de vrais petits chefs-d'oeuvre, là-dedans (et pas forcément ceux auxquels on s'attendrait, d'ailleurs). Tiens, hier soir, j'ai rattrapé un mois et demi de lecture en retard chez Sonia et c'était tellement bon que j'ai presque regretté de ne pas en avoir plus à rattraper. (Comme je manque de temps pour lire toutes les mises à jour de tous les blogs que j'aime au fur et à mesure, je me suis organisée : je regroupe. Chaque soir, je rattrape mon retard sur un blog en particulier. Je n'ai pas encore choisi la victime de ce soir.) Et puis, toujours pour la même raison, je suis cap' de regarder de vieux épisodes de Friends que je connais par coeur parce que je les ai tous vus quinze fois dans toutes les langues et d'y prendre quand même un plaisir aussi frais et entier que si je les découvrais.

Or, il se trouve qu'hier, après avoir lu Sonia, j'ai mis la main sur une très, très, très bonne chose à laquelle je me vois mal résister désormais.

Un velouté en boîte Champion aux carottes et à la coriandre.

(Je ne fais pas de publicité, je vous rappelle que cinq personnes et demie lisent ce blog et que cela ne risque pas de rapporter d'argent à qui que ce soit.)

Bon sang, mes enfants, mais comment se fait-il que je n'aie pas goûté à ça plus tôt ? C'est une tuerie gustative absolue. C'est orange (et une nourriture orange, quand ce n'est pas du cheddar pourri d'un burger de chez MacDo, ça veut dire la même chose qu'une nourriture verte : c'est bon pour la santé), doux, onctueux, avec en même temps cette saveur de coriandre qui relève le tout. J'aurais léché le fond du bol si sa configuration le permettait (ce soir, je la mets dans une assiette creuse, plus facile à lécher parce qu'on atteint le fond sans problème).

Mais peut-être que, contrairement à moi, vous n'achetez pas de soupe en boîte et vous vous faites vous-mêmes vos petits potages, seuls, comme des grands. Dans ce cas, permettez-moi de vous donner la recette du velouté de carottes à la coriandre, telle du moins que je pense pouvoir la déduire de la merveille papillaire que j'ai avalée hier.
1. prenez des carottes, épluchez, lavez, coupez en tout petits morceaux (ça cuit plus vite) et mettez-moi tout ça dans une casserole d'eau bouillante.
2. laissez bien cuire jusqu'à ce que les carottes soient toutes molles, faciles à réduire en purée d'un seul coup de fourchette. (Si vous avez un robot, ça va sans doute plus vite, mais moi je n'en ai point et je suis donc contrainte de faire avec les moyens du bord.)
3. écrasez bien les carottes très molles dans l'eau chaude de cuisson et remuez un bon coup, j'imagine que ça devrait donner une sorte de soupe.
4. coupez des feuilles de coriandre fraîche au-dessus de la mixture et laissez encore cuire à feu doux pour bien l'imprégner du goût délicat de cette plante magique.

Voilà. Je pense que le plat ainsi préparé devrait être très correct. Si ce n'est pas le cas, merci de me prévenir afin que je puisse mettre cette recette à jour.


Image : Anne-So. Le détail des auteurs des petites photos est disponible ici.

Jour de brouillard

le lundi 10 décembre 2007

Ce soir, j'allais écrire un nouveau post pour mon petit carnet rouge ; une deuxième coïncidence absolument magnifique, incroyable, renversante, du genre que vous pourriez raconter à table lors du repas de Noël (ça approche) pour mettre un peu d'ambiance entre le moment d'ouvrir les cadeaux et celui de se saouler au champagne. Oui, vous savez, ce genre de moment où l'on sait que la soirée n'est pas terminée mais où l'on se demande comment continuer. Alors voilà, ça devait être mon cadeau, et puis finalement je ne suis pas du tout in the mood. Ce n'est pas gravissime, c'est juste que ce matin, au boulot, j'ai eu à faire face à un conflit, un vrai, que je pense avoir géré correctement mais qui m'a un peu plombé la tête pendant le reste de la journée. Je suis donc, non pas déprimée, ce serait trop fort, mais juste dans le brouillard, vaguement cafardeuse, bleue. Par conséquent, je vais remplacer le post prévu par quelque chose de décousu, comme on fait quand on a envie de parler, mais de rien de précis, juste parler.

- Ce week-end, j'ai pris conscience que Fiancé et moi, nous vivons encore dans un appartement d'étudiant. Je veux dire par là que nous sommes meublés comme des étudiants. Il règne un semblant de désordre sympathique (même quand c'est rangé, ce n'est jamais complètement rangé), le ménage est fait quand on a le temps (moi, en ce moment, c'est genre jamais, alors heureusement qu'il est là pour passer l'aspirateur, sinon je vous dis pas), et puis, donc, le mobilier, c'est : un tiers originaire de nos chambres d'adolescents respectives, un tiers originaire d'autres récupérages variés, un tiers originaire de chez Ikéa. Classious, nan ?... Quand je lui en ai parlé en lui disant "Tu vois, chez Untel ou Destels, c'est comme ci, comme ça, ça fait très élégant", il m'a répondu : "C'est vrai, mon amour, et un jour, on aura une maison comme ça aussi. Mais pour le moment, on n'a pas d'argent ! La voilà, l'explication". Et il a raison. Mon Dieu, que tout est simple quand quelqu'un a du bon sens, comme ça. Ca m'a toute ravigotée, cette réponse. Ah oui, et puis pour Noël, on va s'offrir des encadrements, comme ça on aura plus de jolis cadres à mettre aux murs et ça va être chouettos.

- Vous le savez peut-être déjà si vous êtes mes amis sur Facebook, mais je vais chez le coiffeur bientôt (en fait, précisément, demain). Bon, alors d'accord, il y a moins d'un an et encore il y a seulement quelques mois, je voulais tout laisser pousser, avoir de longs cheveux égalisés, laisser tomber les dégradés sophistiqués et incoiffables, etc. Mais c'était il y a quelques mois et souvenez-vous que vous parlez à la fille la moins capillairement stable de la blogosphère française lyonnaise juste à une blogueuse pas connue du tout mais capillairement très instable. Evidemment, il est hors de question de faire une couleur ou des mèches : si vous avez bien tout suivi depuis le début, je suis fauchée en ce moment et ça coûte un rein, donc c'est niet. Je vais chez ma coiffeuse habituelle parce qu'elle est adorable et gentille et belle et qu'elle me connaît bien et me coiffe très bien (et que le salon a des couleurs géniales et les derniers magazines), mais pour le changement, cette fois, on va miser u-ni-que-ment sur la coupe. J'ai de nouveau envie de mèches folles, dans tous les sens, des longues, des courtes, du dégradé très dégradé, du mouvement et du relief, que diable !... Je n'en peux plus de ces cheveux qui tombent - joliment, c'est vrai, mais enfin qui tombent quand même - de chaque côté de mon visage, sans surprise. Je veux une coupe avec à la fois de la longueur ET du volume ET qui aille bien avec ma bouille ET qui se mette en place toute seule parce que bon, moi, le brushing tous les matins, c'est hors de question, et comme mes cheveux sont très souples et qu'ils ont tendance à faire ce qu'ils veulent dès qu'on leur lâche un peu la bride sur le cou, il ne faudrait pas que ça parte en couille au premier shampooing, tout ça. Enfin bref, il va de soi que je vous tiendrai au courant. En général, j'ai envie de cheveux dégradés quand ils sont droits et droits quand ils sont dégradés, donc je pense que dans 24 heures, je voudrai à nouveau les cheveux droits que d'ici là je n'aurai plus. Je dis ça, c'est juste pour vous prévenir.

- Ce week-end, pour la première fois, je suis allée acheter un truc chez Starbucks dans ma ville. Bon, alors je sais que, comme le dit Fiancé, Starbucks c'est un peu le MacDo du café, et c'est très vrai, mais j'adore le MacDo. (Je veux dire : je sais que ce n'est pas bon pour la santé mais j'aime ça, alors. D'ailleurs j'arrête de fumer, ça va, on supprime un plaisir dégueulasse à la fois, pas plus, sinon que me reste-t-il ?) Pour fêter ça, j'ai pris un Chocolat Viennois Signature Noisette, taille Grande. Prix : 5 euros. (Et m'est avis que le gobelet n'est pas rempli à ras-bord parce qu'il n'a pas duré très longtemps, vu sa taille.) C'est cher, mais par contre, c'est vraiment bon, même Fiancé a adoré. (Tiens, ou alors, c'est de sa faute si ça n'a pas duré plus longtemps : il n'a pas voulu acheter quoi que ce soit mais a bien voulu goûter dans mon gobelet.) Oui, il était plus de sept heures du soir, je ne bois pas de café à cette heure-là. Juste, je regrette que ce soit si loin de chez moi, c'est tout.

- Vous aviez déjà pensé à ceci ?


Photo : PostSecret.

Bon sang, quelle vie. C'est atroce. Evidemment, tant de secret, ça a l'air romanesque, mais en vérité, dans la grise, froide et poisseuse vérité, quels parents peuvent supporter de ne pas avoir le droit de savoir de quoi est mort leur fils ? Eck eck eck. Je crois que je n'aurai pas d'enfants, c'est vraiment trop dur.

Prénoms féminins

le dimanche 2 décembre 2007

Cet été, alors qu'un couple d'amis - ou plus exactement : de connaissances - attendait la naissance de leur premier enfant, j'étais en vacances à quelque distance de chez moi et ne pouvais garder contact avec mon entourage que grâce à des réseaux téléphoniques pour le moins capricieux et au génie d'Internet. Un jour, Fiancé et moi sommes invités, par un ami d'enfance à lui et sa compagne, à passer l'après-midi et la soirée chez eux, c'est-à-dire chez les parents de l'ami en question, qui étaient absents pour le week-end. Il faisait si froid et gris que les promenades initialement prévues sont finalement devenues discussions au salon, parties de cartes et jeux sur l'ordinateur. Pendant que nos hommes vont faire les courses pour le dîner, je reste avec la jeune femme et nous parlons de tout et de rien. Je lui dis alors que j'attends des nouvelles d'un bébé qui doit naître d'un jour à l'autre maintenant et est peut-être même déjà né, qui sait ? Elle me propose de regarder mes mails sur son portable, ce que je fais avec empressement. J'apprends qu'en effet, une petite fille est née, qu'elle et sa maman vont bien, que son papa est heureux et qu'elle se prénomme Judith.

Avant que j'aie le temps de le lui dire, les garçons entrent dans le salon, sacs plastiques à la main. Quelques instants plus tard, alors que nous sommes tous les quatre dans la cuisine pour préparer notre repas, je remarque, au mur, à côté du plan de travail, la reproduction agrandie d'une carte à jouer - la dame de coeur - dont le prénom, de chaque côté, a été remplacé par "Michèle". Il s'avère que Michèle est la mère de notre ami et, donc, la propriétaire des lieux. Il nous est même expliqué que ce sont ses fils qui un jour, ont trouvé cette affiche dans une carterie et l'ont offerte à leur mère parce que cela les amusait. Et c'est vrai que c'est assez amusant ; cette figure si familière de la dame de coeur, que nous reconnaissons tous sans même y penser, flanquée de ce nom un peu banal, il y a là un côté dérisoire qui me plaît bien. Alors, c'est Fiancé, je crois, qui pose la question : "C'est quoi, le vrai prénom de la dame de coeur, dans le jeu ?"

Si vous connaissez la réponse, vous savez où je veux en venir. Sinon, je vous laisse prendre un jeu de cartes et comprendre par vous-mêmes.

Cette coïncidence est restée mon petit secret. C'est moi qui suis allée chercher le jeu de cartes, moi qui ai lu le prénom de la dame de coeur en premier, et je n'avais encore parlé à personne du mail que je venais de recevoir. C'était comme si elle avait pris le temps de me dire bonjour, rien qu'à moi, avant que je ne parle d'elle aux autres.


Photo : Winterland.