Ménille Avénale

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I am Bea, I drink tea

le mercredi 28 novembre 2007

Le post pas cher de la semaine, grâce à la demande de miss Muji.

Attrapez le livre le plus proche, allez à la page 18 et écrivez la 4e ligne :
"On ne confondra pas la réduplication et l'anadiplose, cette dernière figure || étant une répétition sur la phrase suivante, en guise de liaison." (D. Bergez, V. Géraud et J.-J. Robrieux, Vocabulaire de l'analyse littéraire, Paris, Dunod, 1994.)

Sans vérifier, quelle heure est-il?
20h10.

Après vérification?
20h06.

Avant de répondre à ce questionnaire, que regardiez-vous ?
Les posts de ce forum, sur lequel Ness vient d'annoncer qu'elle n'écrira plus. Dark.

Quel bruit entendez-vous à part celui de l’ordinateur ?
Aucun (j'ai failli allumer la radio, mais il aurait fallu que je me lève et j'ai eu la flemme).

Quand êtes vous sorti la dernière fois ? Qu’avez-vous fait ?
Ce matin, pour faire les courses.

Avez-vous rêvé cette nuit ?
Je crois que oui, parce que j'ai des espèces d'images imprécises dans la tête, mais je ne pense pas pouvoir reconstituer le rêve en question. Il y avait un de mes ex dans le tas - un gentil auquel je ne veux aucun mal, pour une fois.

Quand avez-vous ri la dernière fois ?
Aujourd'hui, avec Fiancé, plein de fois, à propos de tout et de rien.

Qu’y a-t-il sur les murs de la pièce où vous êtes ?
Essentiellement des meubles hauts (genre bibliothèque). Le reste est blanc. Ah oui, et une grande et belle mappemonde.

Si vous deveniez multimillionnaire dans la nuit, quelle est la première chose que vous achèteriez ?
Une baraque ! Ou un appartement, peu importe. Pas forcément un truc énorme, mais un endroit à nous. Et de quoi le meubler et le décorer joliment. Et quand ça, ce serait fait, à nous la belle vie : une nouvelle voiture, des vacances, des vacances, des vacances...

Quel est le dernier film que vous ayez vu ?
Alors, sauf erreur de ma part, The Straight Story de David Lynch, il y a une semaine. Je n'en avais jamais entendu parler. C'est très, très beau. C'est un vieil homme qui va voir son frère malade à 500 km de chez lui, mais comme il ne conduit pas et ne veut pas être conduit, il y va... en tondeuse à gazon. C'est une histoire vraie, en plus.

Avez-vous vu quelque chose d’étrange aujourd’hui ?
Oh que oui : une représentante de France Loisirs qui s'est incrustée chez moi et m'a raconté sa life. Dites-moi, tant qu'on y est : c'est bien, France Loisirs, ou je me suis fait arnaquer grave ? (Oui, parce qu'elle a réussi à m'agrafer, en plus.)

Que pensez-vous de ce questionnaire ?
Je le trouve un chouïa long, mais c'est peut-être parce que j'ai perdu l'habitude des questionnaires.

Aimez-vous danser ?
Ah bon sang, j'ADORE ça. Ce qui me fait penser que ça fait loooooooongtemps que je ne suis pas allée suer dans un club quelconque, moi.

Quelle est la dernière chose que vous ayez regardée à la télévision ?
Hier soir : Faites entrer l'accusé, sur France 2. On devrait vraiment arrêter de mater ça le mardi soir ; d'abord, ça se termine beaucoup trop tard, c'est très dur de se lever le lendemain matin, et ensuite c'est si atroce que je pense que notre vision du monde va s'en trouver complètement déformée.

Quel serait le prénom de votre fille si vous en aviez une ?
Je ne me suis pas mise d'accord avec Fiancé sur ce point et vous voudriez que je vous le dise ?

Quel serait le prénom de votre garçon si vous en aviez un ?
Je viens ENFIN de me mettre d'accord avec Fiancé sur ce point et vous voudriez que je vous le dise ? Ho, on parle de mon fils, là. Il ne faudrait pas qu'un jour, en le googlant, quelqu'un tombe sur le blog de sa mère-avant-qu'elle-ne-l'ait-eu.

Que portez-vous ?
Un jean pourrave, une chemise, un gros pull, des chaussettes et mes lunettes. Oui, mais maintenant imaginez que j'aie le physique d'Adriana Karembeu et vous comprendrez que la tenue vestimentaire n'a en fait aucune importance.

Quelles sont les 4 personnes qui doivent prendre le relais sur leur blog ?
Alors. Personne ne doit le prendre. Tous ceux qui liront cela peuvent le prendre s'ils le veulent.

Et voilou. Et maintenant, je vais écrire un post sérieux que je publierai plus tard dans la semaine.

Le petit carnet rouge (de Ménille Avénale)

le samedi 24 novembre 2007

Oui, je sais.

Il y avait un post juste avant celui-là, et il a disparu. Je ne l'ai pas supprimé, pas de panique : il est simplement hors ligne pour quelque temps, de même que seront mis hors ligne les éventuels commentaires qui feraient allusion à son contenu. Et puisque l'on parle de commentaires : Muji Bibi, tu m'en avais laissé un mais vu qu'il est hors ligne maintenant, si je te réponds tu ne pourras pas lire la réponse, ce qui serait dommage, avouons-le, alors je vais te répondre par mail. Et puis je prends bonne note de cette invitation, c'est enregistré. OUI, je me sers de mon blog pour faire passer des messages persos SI JE VEUX. Bon.

Or donc.

Dans un livre paru aux Etats-Unis en 1992 sous le titre The Red Notebook et en France en 1993 sous le titre Le Carnet rouge, Paul Auster raconte à sa manière - c'est-à-dire avec un talent de conteur absolument remarquable - une série d'anecdotes issues de sa propre vie ou de celle de telle ou telle personne de son entourage. Ces petites histoires sont présentées comme réelles ; le sous-titre anglophone de l'ouvrage est d'ailleurs : True Stories. Leur signe particulier est qu'elles reposent toutes sur des coïncidences incroyables, au point que l'auteur lui-même reconnaît que certaines peuvent être difficiles à admettre. Et pourtant, ajoute-t-il systématiquement, c'est bel et bien ainsi que ça s'est produit.

Lire cet ensemble de récits apparemment véridiques d'une traite, ce que leur réunion en un seul ouvrage invite voire contraint à faire alors que les différents événements relatés se sont produits sur un laps de temps évidemment très long, provoque presque inévitablement, après un moment de surprise, le scepticisme, sur le mode : "Eh, attends, une fois, deux fois, trois fois, je veux bien ; mais à la quatrième, il y va pas un peu fort, non ?... Il ne nous prendrait pas pour des boeufs, par hasard ? Il ne peut pas tout simplement dire qu'il a inventé ces coïncidences, et puis c'est marre ? Ce ne serait pas moins agréable à lire !"

Eh bien, je crois que si. Ce serait indéniablement moins agréable à lire.
D'abord parce qu'il est certainement beaucoup plus excitant de se dire que ces coïncidences invraisemblables se sont réellement produites que de les croire issues de l'imagination vagabonde d'un auteur, même si c'est pour lui reconnaître beaucoup de talent.
Et ensuite, parce que ne pas les présenter comme réelles ne relèverait tout simplement pas de la même intention littéraire. Les romans de Paul Auster sont peuplés d'histoires étranges, à peu près impossibles à considérer comme véridiques, et de hasards mystérieux du genre de ceux qu'il raconte dans The Red Notebook. Mais ce sont des romans. Pour lui, manifestement, l'un des rôles du roman est, comment dire, de prendre en charge ce genre de récits invraisemblables. Toute la particularité de The Red Notebook vient précisément de ce que, nous dit l'auteur, dans la vie aussi, des coïncidences incroyables se produisent sans cesse, parfois sans que nous leur prêtions tout à fait l'attention qu'elles méritent. En d'autres termes, les histoires à dormir debout* de certains romans d'Auster ne seraient que la version imaginaire concentrée, exacerbée par les codes du roman, d'événements tout à fait courants à défaut d'être banals et que nous relèverions comme lui si seulement nous en prenions la peine. (J'aime bien l'idée que la plus grise et routinière des existences puisse être en réalité, selon l'angle sous lequel on l'examine, aussi palpitante et abracabrantesque qu'un roman de Paul Auster. J'aime bien.)

J'ai un peu perdu mon propre fil. Une minute, il faut que je me relise, là.

Ok, j'y suis.

Paul Auster n'a donc pas eu besoin de recourir à son imagination naturellement fertile et admirable pour composer The Red Notebook. Il est simplement doté de ce regard plus perçant que le commun des mortels - et en parlant de regard, ses yeux : waow, mais pardon, je me laisse déborder - qui lui permet de reconnaître dans une mini-nini-coïncidence apparemment insignifiante l'un des signes de la présence du romanesque jusque dans notre vie quotidienne (et donc, inversement, rapport à ce que je disais dans le paragraphe précédent, de notre vie quotidienne jusque dans l'univers du roman). C'est d'ailleurs la troisième possibilité qu'envisage dans ce post la blogueuse de Bookworm, et également celle qu'elle finit par retenir. (Post que je suis d'ailleurs bien dégoûtée de lire aujourd'hui et non pas dans, par exemple, dix ans ou cinq siècles, parce que tout le monde va penser que j'ai copié sur la dame alors que non, pas du tout, j'ai même dans mon petit carnet de poche une page datée de début novembre qui évoque déjà de manière prévisionnelle le sujet de ce post et début novembre, croyez-moi, je ne connaissais pas l'existence de Bookworm puisque je viens de découvrir ce blog il n'y a pas une heure. Bref.)

La morale de cette histoire, Larirette Larirette, c'est qu'les hommes sont c'est qu'avec un minimum de concentration et d'intérêt pour le romanesque, tout le monde peut tenir un carnet rouge. Tout le monde peut commencer à collecter les coïncidences plus ou moins surprenantes qui croisent sa route de temps à autre. C'est une question d'entraînement, d'exercice. De regard posé sur le monde et sur soi-même. C'est amusant, pas angoissant, à condition que l'on ne commence pas à faire une lecture excessivement mystique de tout cela. Certes, les récits ainsi collectionnés n'auront pas forcément les mêmes significations que ceux de Paul Auster, qui en fait tout naturellement une interprétation à la Paul Auster, c'est-à-dire structurante et géniale. Je passe. Mais ce détail mis à part, le carnet rouge est une préoccupation éminemment démocratique et accessible à tous.

Vous me voyez venir, n'est-ce pas ?...

J'ouvre donc sur ce blog une nouvelle rubrique, intitulée Petit carnet rouge ("petit" parce que je ne me mesure quand même pas au Maître, je suis modeste et patiente comme la fourmi, moi, madame), dans laquelle je raconterai à l'occasion certaines coïncidences amusantes et, je précise parce que vous avez compris que c'est très important, absolument et cent pour cent réelles et vécues. Celles que j'ai en tête remontent jusqu'à l'an 2002 ; c'est à peu près à cette époque, ou peut-être quelques mois ou un an plus tôt, que j'ai lu The Red Notebook et donc commencé à prêter attention à ce genre de choses. La plus récente remonte à cet été et elle n'est pas piquée des hannetons, je vous assure. Bon, en tout et pour tout, je n'en compte pour l'instant que trois, mais c'est largement suffisant pour ouvrir une rubrique de blog et d'ailleurs, j'espère bien qu'il en viendra d'autres dans le temps incalculable (sauf peut-être ici, berk) qui me reste à vivre. A leur rythme, hein. Je n'impose rien.

* Ce n'est évidemment pas un jugement de valeur. Elles sont objectivement à dormir debout - je pense notamment à Moon Palace et La Musique du Hasard, par exemple - et là, vous comprenez que je ne désigne pas par leur titre anglais toutes les oeuvres d'Auster et que, si j'ai écrit The Red Notebook au lieu du Carnet rouge tout au long de ce post, c'est juste pour me la péter un peu -, mais la façon dont elles sont racontées, construites, détaillées, abandonnées puis reprises est saisissante de réalisme, ou de faux réalisme, si vous préférez. A la fin du livre, on n'en revient pas de s'être ainsi laissé mener par le bout du nez au long d'un récit qui témoigne d'une puissance d'imagination folle tout en buvant chacun des mots de l'auteur comme s'il s'agissait d'une chronique sociale ou au moins d'une histoire plausible. Mais je ne suis sans doute pas impartiale.

Un récit de vengeance, 2/2

le mercredi 14 novembre 2007

Suite du premier.

Un an et demi avait passé depuis notre tout premier contact et sans qu'il s'en doute, je continuais à mon corps défendant à avoir de ses nouvelles de temps à autre par le moyen par lequel nous nous étions connus. Un soir, j'appris par ce biais qu'il cherchait à vendre quelque chose. Il ignorait complètement que je recevais encore ce genre d'informations et me croyait sans doute sortie de sa vie pour toujours, mais ce jour-là, mon plan de vengeance m'est apparu, aussi clair et précis que si je l'avais élaboré des heures durant. Et voici ce que j'ai fait.

Je me souvenais encore de son adresse mail et espérais qu'elle était toujours en activité. J'ai créé une adresse bidon, avec un joli nom très féminin, et lui ai envoyé un message en me présentant sous cette fausse identité, en lui disant que j'étais intéressée par l'objet qu'il voulait vendre, que j'habitais dans la même ville que lui et que je voulais le rencontrer.
Il va de soi que le personnage que j'avais forgé pour lui écrire n'était absolument pas choisi au hasard. Comme je connaissais un peu ses goûts en matière de filles, je lui avais fabriqué une petite nana idéale, rassemblant absolument toutes les caractéristiques et les qualités qu'il était susceptible d'apprécier. Et pour l'appâter plus sûrement encore, j'ajoutai, à la fin du mail, que j'aurais grand plaisir à le rencontrer même si la vente n'était pas conclue parce que, sans même l'avoir vu, je me sentais inexplicablement attirée par lui.

Le lendemain, j'avais une réponse.

Mon plan avait fonctionné au-delà de mes espérances. Il me répondait avec chaleur et enthousiasme et proposait un rendez-vous le week-end suivant. Il me parlait de lui et voulait en savoir plus sur moi. Je répondis à mon tour en me décrivant - là encore, je fis en sorte de lui montrer la fille de ses rêves - et déclinai la proposition de rendez-vous en disant que je ne serais pas là mais que l'on pouvait remettre cela à plus tard, par exemple la semaine d'après.

Notre échange se poursuivit ainsi pendant dix ou douze jours environ. Il m'écrivait une ou deux fois par jour et je répondais toujours après un laps de temps convenable, de manière à le faire un peu languir avant chaque message. Quand il me demanda mon numéro de téléphone, je prétendis que celui-ci était en panne et que je ne le récupérerais qu'après notre rendez-vous. Il n'avait pas Internet chez lui et passait dans les cyber-cafés, selon ses dires, quatre à cinq fois par jour pour surveiller mes réponses. Le courant passait merveilleusement bien entre nous et il était persuadé que notre rendez-vous serait un moment magique - il prétendait le sentir rien qu'à ce que je lui avais dit de moi (et pour cause).

La date et le lieu du rendez-vous furent enfin fixés. Je lui décrivis les vêtements que je porterais ce jour-là et marquai encore un point : il était persuadé que je serais magnifique. Je ris sous cape quand il me dit à son tour ce qu'il mettrait : c'était exactement la tenue qu'il avait le jour où il était venu me voir en train. Son grand costume à filles, manifestement. Tout se présentait pour le mieux, il attendait l'événement avec impatience et le matin même, il m'envoyait encore un mail extatique me disant combien il était heureux de me voir.

A l'heure dite - un samedi après-midi -, j'étais évidemment à plusieurs centaines de kilomètres de lui et, comme de coutume, je passai à la bibliothèque municipale faire le plein de lectures fraîches pour le mois à venir et au centre commercial pour un peu de lèche-vitrines. De temps à autre, je regardais ma montre et calculais : là, il s'attend à la voir arriver ; là, il attend depuis cinq minutes, depuis un quart d'heure, depuis une demi-heure... Je me sentais sereine et soulagée, comme si l'incompréhension et la souffrance que je lui infligeais alors à distance étaient progressivement en train d'absorber et d'effacer ce que j'avais moi-même vécu un an et demi auparavant.

Il m'envoya un mail le soir même. Il m'avait attendue plus d'une heure et avait ensuite sillonné tout le quartier, y compris la rue dans laquelle je lui avais dit que j'habitais, y compris celle où se situait mon soi-disant bar préféré (je m'étais soigneusement renseignée sur le plan de la ville avant de fixer le rendez-vous). Le lundi, il se rendit à l'université où il me croyait étudiante et fit le pied de grue devant la porte en interrogeant plusieurs personnes à mon sujet, mais personne ne me connaissait (quelle surprise !). Tous les jours, un ou deux mails de supplications suivaient : "Je sens que ça pourrait devenir incroyable entre nous... Je ne comprends pas ce qui se passe mais je suis prêt à entendre n'importe quelle explication, je suis persuadé que tu as eu un grave empêchement, je ne peux pas croire que tu me poses un lapin après tout ce que nous nous sommes dit ces derniers jours... Je t'en prie, ne me laisse pas dans le silence..." Je prenais un plaisir immense à lire ces mails mais très vite, le lundi soir, j'ai voulu mettre un point final à cette affaire. Je ne voulais pas qu'il devienne aigri et pense que j'étais - ou plutôt : que la fille qu'il avait attendue en vain était - une idiote comme les autres qui n'était tout simplement pas venue au rendez-vous et ne répondait pas à ses mails. Je voulais qu'il y ait davantage, quelque chose de complètement incompréhensible qui le projette dans une autre dimension et l'oblige à se poser des questions auxquelles il n'aurait jamais de réponse.

Alors, j'ai fermé l'adresse. Définitivement. Je voulais qu'à chaque mail, il reçoive un avis de non-distribution et comprenne que j'avais bien fait exprès de le laisser tomber et qu'il ne pourrait plus jamais entrer en contact avec moi. J'ai d'abord hésité : il fallait résister à l'envie de lire ses derniers mails et ce n'était pas évident, mais cette solution était si belle, si parfaite, si magistrale que je m'y suis vite résignée. Sans jamais le regretter.

Un récit de vengeance, 1/2

le lundi 12 novembre 2007

Nouvelle saison, nouvelle bannière, nouvelles couleurs... Quand je vous disais que c'était reparti.

**********

L'histoire que voici n'est pas très facile à raconter. Ce n'est pas que je n'en sois pas fière : j'en suis fière, d'abord parce que, techniquement, cette vengeance était parfaitement réussie et maîtrisée, et ensuite parce qu'elle était dirigée contre une personne qui n'avait qu'une notion très floue de la dignité humaine, ses actes me l'avaient largement prouvé. Non, je crois que le plus difficile, c'est encore de revenir par la pensée à une époque de ma vie que je considère comme l'un des pires moments qu'il m'ait jamais été donné de traverser. Mais jugez plutôt.

Il y a bientôt six ans, quand j'étais étudiante, j'ai fait la connaissance d'un garçon par un moyen qu'il serait absolument sans intérêt de mentionner. Je ne l'avais jamais vu. J'avais seulement entendu sa voix et communiqué avec lui par lettre, par sms, par mail puis par téléphone. Le téléphone : voilà le gros problème de l'étrange relation qui naquit alors. Nous n'habitions pas dans la même ville, mais nous nous entendions si bien et éprouvions un tel besoin de nous parler que nous y étions pendus des heures durant. Il n'avait pas de téléphone fixe et pour lui éviter de descendre à la cabine téléphonique tous les soirs et d'y rester une partie de la nuit, je l'appelais. De mon fixe. Sur son portable.
Un jour, enfin, nous nous sommes rencontrés. Il a fait l'aller-retour en train et je lui ai remboursé la moitié du billet. A l'époque, cela me paraissait logique ; j'oubliais simplement que c'était lui qui avait proposé avec enthousiasme de me rendre visite alors que je ne lui avais rien demandé.
Ce remboursement et surtout la facture de téléphone que j'ai reçue quelque temps plus tard m'ont mise dans une situation financière catastrophique dont j'ai subi les conséquences plusieurs mois durant. La somme à régler était absolument démentielle et mes comptes sont aussitôt entrés dans le rouge. Cela m'a plongée dans une angoisse folle, mais au lieu de me servir de déclencheur, cette angoisse m'a poussée à me raccrocher encore plus à mon ami, qui, de son côté, ne descendait pas plus souvent qu'avant à la cabine téléphonique. Ce n'est qu'à la seconde facture exorbitante que j'ai pris conscience de ce qui se passait et que je lui ai annoncé que je ne l'appellerais plus. Etrangement, cette décision a en fait marqué la fin de nos échanges, car lui ne m'a plus appelée non plus.

Parallèlement à cela, il avait passé de longues semaines à jouer sans cesse avec mes sentiments, me disant un soir qu'il m'aimait avant de le nier le lendemain, me promettant un jour qu'il reviendrait me voir bientôt (la date était même fixée) avant de garder le silence - et son téléphone coupé - tout un week-end. J'étais dans un tel état de nervosité et de dépendance que, pendant quelque temps, j'ai négligé mes cours, mes amis, mes activités favorites et mon travail personnel. Un soir, il a même feint de rompre avec moi par sms avant de me demander de le rappeler et de passer plusieurs heures à tenter de m'expliquer ce qu'il éprouvait vraiment. La vérité, c'est qu'il n'en savait rien et que j'attendais comme une idiote, agrippée à mon combiné, qu'il me donne enfin la stabilité dont je rêvais et qu'il était profondément incapable de me garantir (je passe sur les nombreux et graves problèmes psychologiques dont il souffrait par ailleurs).

Lorsque cette relation malsaine a pris fin, j'étais sans le sou, le coeur brisé, le moral en faillite et mon estime de moi-même avait pris la clé des champs ; elle ne devait réapparaître que bien plus tard. Lui, de son côté, a simplement ri de mes mésaventures et est passé dans les bras d'une autre qui, vivant au même endroit que lui, n'avait sans doute pas besoin de l'appeler aussi souvent que moi.

Les mois passèrent et je tournai la page. Je pensais encore à lui avec un petit pincement au coeur, mais j'avais trouvé l'amour auprès de quelqu'un de plus stable et je me considérais comme heureuse. Un soir, j'eus même le plaisir de recevoir un coup de fil de lui et de lui raccrocher au nez. C'est d'ailleurs à cet instant que je commençai à ressentir les premiers frissons du désir de vengeance. Sur le coup, je n'y prêtai pas attention, mais une occasion en or se présenta, évidente, quelques mois plus tard.

A suivre...

Encore un signe (de bonne santé)

le samedi 10 novembre 2007

J'ai mis le nez dans mes liens, juste , pour la première fois depuis... pffffffiou ! (Maintenant que je suis une Netvibes-girl, je les suis essentiellement depuis mon agrégateur et n'avais donc pas retouché à cette page depuis longtemps.)

Il n'y en a pas de nouveaux, mais j'ai vérifié que les descriptions correspondaient toujours au moins à peu près à la réalité. Certains ont changé d'adresse et c'est avec plaisir que je suis leur trace. D'autres ont fermé, explicitement ou pas, volontairement ou pas, mais pour faire un peu de jour, j'ai ajouté une catégorie en bas de la page : celle des blogs qui, en gros, quelle que soit la raison, ne sont plus mis à jour (quand la fermeture n'est pas officiellement annoncée ou matérialisée, je classe dans cette catégorie les pages dont la dernière mise à jour remonte à six mois, soit mai dernier pour l'instant. Pourquoi les conserver quand même ? pour me souvenir qu'un jour, je les ai lues avec passion et/ou intérêt... et ne pas manquer d'éventuelles réouvertures. Oui, oui, ça arrive.)

J'ai également constaté à cette occasion que certaines descriptions manquaient encore alors que je lis les blogs concernés depuis un certain temps maintenant et suis donc en mesure de les rédiger. Je vais essayer de remédier à cela petit à petit... en même temps que j'écrirai ici, comme au bon vieux temps. C'est en marche, les enfants ! (Oh my god : j'ai failli clore ce post par un petit smiley type ;-). Il faut vraiment que je me sèvre des sms, des mails, de Twitter, de Facebook, du forum, etc.)


Photo : PostSecret.

En deux mots

le lundi 5 novembre 2007

Premier mot : ENFIN. Si vous m'avez laissé un ou des commentaires dans les, disons, trois dernières semaines, ça y est, j'ai répondu. Je me suis prise par la main et j'ai répondu à tout - je crois.

Second mot : BIENTOT. J'ai commencé à réécrire pour ici et brusquement, sans que je sache pourquoi, j'ai une tonne de textes sous le coude. Bon, cela ne signifie pas que je reposte dès demain, il faut que je rédige, c'est vrai - mais enfin, les idées sont à nouveau là.

Et une image pour reposer vos yeux après cette épuisante et quasiment interminable lecture :


Photo : PostSecret.