Ca y est, c'est officiel : je ne supporte plus la Poste. Et pour le dire encore plus clairement : JE NE SUPPORTE PLUS LA POOOOOSTE !...

En peu de mots, j'avais deux lettres importantes à poster aujourd'hui en recommandé avec accusés de réception. Ou plus exactement, à poster demain au plus tard, cachet de la Poste faisant foi. Vous allez voir que j'ai été plutôt bien inspirée de m'y prendre avec un jour d'avance. Tout cela ressemble tristement au sketch de Dany Boon.

J'avais d'abord programmé mon expédition à la Poste en début d'après-midi mais une pluie régulière et abondante s'étant mise à tomber, j'ai repoussé le moment de sortir jusqu'à ce que je comprenne que la pluie ne s'arrêterait pas et qu'il me fallait m'armer de courage et d'un parapluie et me lancer sans plus tarder à l'assaut des éléments hostiles. Je suis donc arrivée les pieds trempés et l'humeur à l'avenant. Et là, bien sûr, il a d'abord fallu faire la queue.
Je n'y vais pas très souvent depuis que j'habite dans ce quartier, mais je me suis livrée à un rapide calcul : la moyenne de mes temps d'attente au bureau de poste du coin est de 30 minutes. Pas mal, hein ?... Bien sûr, si ce bureau (du centre d'une grande ville de France) comportait plus de trois guichets, ça irait beaucoup plus vite. Mais je ne sais pas si ça n'irait pas trop vite, après. Pour que la Poste reste à la hauteur de sa réputation, elle a quand même des objectifs précis à atteindre, et la durée du temps d'attente en fait partie, indubitablement.

Donc, trois guichets, une queue formidable, un parapluie mouillé à la main. J'arrive devant l'employée à 16h45 (l'heure est importante, veuillez bien noter) et je lui demande, avec la politesse qui me caractérise, de bien vouloir m'expédier mes deux recommandés. Je remplis les bordereaux d'envoi et tandis qu'elle tamponne et pèse tout le bazar, je m'enquiers naïvement :
"Ils partiront encore aujourd'hui, n'est-ce pas ?
- Ah non. La dernière levée est à seize heures trente." (Attention, âmes sensibles s'abstenir : j'avais commencé à faire la queue à 16h15.)
"Seize heures trente ?" Je ne sais pas bien quoi dire pour être claire sans être déplaisante. "C'est quand même très tôt, pour une dernière levée."
Réponse du tac au tac de la part de l'aimable employée : "Mais c'est partout pareil, vous savez.
- Oh, je rétorque, eh bien dans ce cas, c'est vraiment très tôt partout." Je n'ai pas voulu discuter avec elle de ce point de détail, mais honnêtement, est-ce que tous les bureaux de poste de France font leur dernière levée à 16h30 ?... Dites donc, c'est pire que je pensais. Peu importe : j'enchaîne. "En plus, je manque vraiment de chance : je suis arrivée ici il y a plus d'une demi-heure, mais il y avait cette fichue queue...
- Ca aussi, c'est partout pareil."
Boooon, j'ai compris. Le cocasse (et là, je sais que vous allez bien vous marrer), c'est qu'en ce moment, pour cause de travaux, le bureau de poste en question est fermé tous les matins de la semaine. Je répète : TOUS les matins de la semaine. Il n'ouvre qu'à 13h30. Ce qui signifie, mon cher Watson, que l'usager dispose de trois heures par jour, je répète : TROIS heures par jour pour poster son courrier urgent s'il veut qu'il parte le soir même. L'occasion serait trop belle et je demande le plus innocemment du monde : "En ce moment, vous n'ouvrez que trois heures avant la dernière levée, en plein après-midi, ce qui n'est pas très pratique pour les gens qui travaillent. (Elle n'a pas besoin de savoir que ce n'était pas mon cas aujourd'hui.) Est-ce que ça aussi, c'est partout pareil ?"
Sens de la répartie oblige, la réplique de mon interlocutrice fuse : "Ca vous fait onze euros quatre-vingt deux."
Onze euros quatre-vingt deux. Pour des lettres qui, postées à 16h45, ne partiront quand même que demain matin. Pour poursuivre l'hommage à Dany Boon : je vais bien, tout va bien.

Comme je ne voudrais pas donner l'impression de ne pleurer que sur mon petit cas personnel, voici d'autres exemples, tout aussi poilants, de la beauté des diverses prestations de la Poste.
- Saviez-vous qu'à la Poste, si vous voulez que votre colis arrive plus vite (et ce, quelle que soit sa taille), vous pouvez le poster en Colissimo ? En payant le prix qui va avec, bien sûr. "Et c'est quoi, arriver plus vite ?" vous entends-je demander avec votre malice habituelle. Eh bien, plus vite, ça veut dire : en quarante-huit heures. Oui oui, vous avez bien lu : quarante-huit heures. Non mais rassurez-vous, hein, si vous comparez avec l'époque des voitures à chevaux et du train à vapeur, c'est effectivement plus vite (et encore).
- Saviez-vous que la Poste peut garantir, au choix : la rapidité d'envoi de votre lettre (c'est le service Chronopost) ou la sécurité de cet envoi (c'est le service Recommandé + Accusé de Réception), mais pas les deux en même temps ?... Haha, ça vous en vrille une, ça, hein ? Parce que ça signifie tout simplement que si vous avez une lettre urgente ET importante, vous devez faire un choix et un sacrifice. Soit vous privilégiez son importance et vous la postez en recommandé. Là, vous êtes à peu près sûr qu'elle va arriver, mais quand, ça... Dieu seul le sait. Vingt-quatre heures, quarante-huit heures, soixante-douze heures ?... Et si elle arrive trop tard, vous ne pourrez vous en prendre qu'à vous-même, pas à la Poste : il fallait choisir Chronopost, voilà tout !... Soit, justement, vous privilégiez son urgence et vous la postez donc en Chronopost. Chronopost, c'est garanti : elle arrive demain à midi (si vous postez avant 16h30, j'imagine). Si elle arrive. Parce qu'elle peut très bien se perdre, voyez-vous. Et si elle se perd, vous ne pourrez vous en prendre qu'à vous-même : vous n'aviez qu'à la poster en recommandé, eh !... Oui monsieur, oui madame, aujourd'hui, pour être sûr qu'une lettre arrive, il faut payer un recommandé, sans quoi vous vous en remettez impudemment aux mains du destin joueur.
La Poste vous aura prévenus. Ne venez pas nous dire plus tard que vous ne saviez pas. Non mais.

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