Ménille Avénale

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Boule de nerfs

le jeudi 31 mai 2007

Ca y est, c'est officiel : je ne supporte plus la Poste. Et pour le dire encore plus clairement : JE NE SUPPORTE PLUS LA POOOOOSTE !...

En peu de mots, j'avais deux lettres importantes à poster aujourd'hui en recommandé avec accusés de réception. Ou plus exactement, à poster demain au plus tard, cachet de la Poste faisant foi. Vous allez voir que j'ai été plutôt bien inspirée de m'y prendre avec un jour d'avance. Tout cela ressemble tristement au sketch de Dany Boon.

J'avais d'abord programmé mon expédition à la Poste en début d'après-midi mais une pluie régulière et abondante s'étant mise à tomber, j'ai repoussé le moment de sortir jusqu'à ce que je comprenne que la pluie ne s'arrêterait pas et qu'il me fallait m'armer de courage et d'un parapluie et me lancer sans plus tarder à l'assaut des éléments hostiles. Je suis donc arrivée les pieds trempés et l'humeur à l'avenant. Et là, bien sûr, il a d'abord fallu faire la queue.
Je n'y vais pas très souvent depuis que j'habite dans ce quartier, mais je me suis livrée à un rapide calcul : la moyenne de mes temps d'attente au bureau de poste du coin est de 30 minutes. Pas mal, hein ?... Bien sûr, si ce bureau (du centre d'une grande ville de France) comportait plus de trois guichets, ça irait beaucoup plus vite. Mais je ne sais pas si ça n'irait pas trop vite, après. Pour que la Poste reste à la hauteur de sa réputation, elle a quand même des objectifs précis à atteindre, et la durée du temps d'attente en fait partie, indubitablement.

Donc, trois guichets, une queue formidable, un parapluie mouillé à la main. J'arrive devant l'employée à 16h45 (l'heure est importante, veuillez bien noter) et je lui demande, avec la politesse qui me caractérise, de bien vouloir m'expédier mes deux recommandés. Je remplis les bordereaux d'envoi et tandis qu'elle tamponne et pèse tout le bazar, je m'enquiers naïvement :
"Ils partiront encore aujourd'hui, n'est-ce pas ?
- Ah non. La dernière levée est à seize heures trente." (Attention, âmes sensibles s'abstenir : j'avais commencé à faire la queue à 16h15.)
"Seize heures trente ?" Je ne sais pas bien quoi dire pour être claire sans être déplaisante. "C'est quand même très tôt, pour une dernière levée."
Réponse du tac au tac de la part de l'aimable employée : "Mais c'est partout pareil, vous savez.
- Oh, je rétorque, eh bien dans ce cas, c'est vraiment très tôt partout." Je n'ai pas voulu discuter avec elle de ce point de détail, mais honnêtement, est-ce que tous les bureaux de poste de France font leur dernière levée à 16h30 ?... Dites donc, c'est pire que je pensais. Peu importe : j'enchaîne. "En plus, je manque vraiment de chance : je suis arrivée ici il y a plus d'une demi-heure, mais il y avait cette fichue queue...
- Ca aussi, c'est partout pareil."
Boooon, j'ai compris. Le cocasse (et là, je sais que vous allez bien vous marrer), c'est qu'en ce moment, pour cause de travaux, le bureau de poste en question est fermé tous les matins de la semaine. Je répète : TOUS les matins de la semaine. Il n'ouvre qu'à 13h30. Ce qui signifie, mon cher Watson, que l'usager dispose de trois heures par jour, je répète : TROIS heures par jour pour poster son courrier urgent s'il veut qu'il parte le soir même. L'occasion serait trop belle et je demande le plus innocemment du monde : "En ce moment, vous n'ouvrez que trois heures avant la dernière levée, en plein après-midi, ce qui n'est pas très pratique pour les gens qui travaillent. (Elle n'a pas besoin de savoir que ce n'était pas mon cas aujourd'hui.) Est-ce que ça aussi, c'est partout pareil ?"
Sens de la répartie oblige, la réplique de mon interlocutrice fuse : "Ca vous fait onze euros quatre-vingt deux."
Onze euros quatre-vingt deux. Pour des lettres qui, postées à 16h45, ne partiront quand même que demain matin. Pour poursuivre l'hommage à Dany Boon : je vais bien, tout va bien.

Comme je ne voudrais pas donner l'impression de ne pleurer que sur mon petit cas personnel, voici d'autres exemples, tout aussi poilants, de la beauté des diverses prestations de la Poste.
- Saviez-vous qu'à la Poste, si vous voulez que votre colis arrive plus vite (et ce, quelle que soit sa taille), vous pouvez le poster en Colissimo ? En payant le prix qui va avec, bien sûr. "Et c'est quoi, arriver plus vite ?" vous entends-je demander avec votre malice habituelle. Eh bien, plus vite, ça veut dire : en quarante-huit heures. Oui oui, vous avez bien lu : quarante-huit heures. Non mais rassurez-vous, hein, si comparez avec l'époque des voitures à chevaux et du train à vapeur, c'est effectivement plus vite (et encore).
- Saviez-vous que la Poste peut garantir, au choix : la rapidité d'envoi de votre lettre (c'est le service Chronopost) ou la sécurité de cet envoi (c'est le service Recommandé + Accusé de Réception), mais pas les deux en même temps ?... Haha, ça vous en vrille une, ça, hein ? Parce que ça signifie tout simplement que si vous avez une lettre urgente ET importante, vous devez faire un choix et un sacrifice. Soit vous privilégiez son importance et vous la postez en recommandé. Là, vous êtes à peu près sûr qu'elle va arriver, mais quand, ça... Dieu seul le sait. Vingt-quatre heures, quarante-huit heures, soixante-douze heures ?... Et si elle arrive trop tard, vous ne pourrez vous en prendre qu'à vous-même, pas à la Poste : il fallait choisir Chronopost, voilà tout !... Soit, justement, vous privilégiez son urgence et vous la postez donc en Chronopost. Chronopost, c'est garanti : elle arrive demain à midi (si vous postez avant 16h30, j'imagine). Si elle arrive. Parce qu'elle peut très bien se perdre, voyez-vous. Et si elle se perd, vous ne pourrez vous en prendre qu'à vous-même : vous n'aviez qu'à la poster en recommandé, eh !... Oui monsieur, oui madame, aujourd'hui, pour être sûr qu'une lettre arrive, il faut payer un recommandé, sans quoi vous vous en remettez impudemment aux mains du destin joueur.
La Poste vous aura prévenus. Ne venez pas nous dire plus tard que vous ne saviez pas. Non mais.

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Perle canine

le mardi 29 mai 2007

Entendu dans la bouche de l'une des participantes à l'émission de M6 7 ans de mariage, hier soir, vers 22h45 :

"Je serai une bonne mère parce que je m'occupe bien de mes chiens. Si si, c'est vrai. Mes chiens, c'est comme mes enfants, sauf que je ne les allaite pas, naurellement."


Et voilà. Jeune, belle, blonde, apparemment fort riche, et dès qu'elle ouvre la bouche, c'est un désastre. Même sa grand-mère semblait se demander ce qui avait bien pu passer par le petit pois qui lui sert de cerveau pour dire cela.


Photo : Avivi.

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Dis à maman que je suis un phénomène

le lundi 21 mai 2007

Je fais partie des gens qui aiment beaucoup Julien Delanouvellestar.
Voilà, c'est dit.
Je comprends qu'on ne l'aime pas - et surtout, je comprends qu'on ne s'intéresse pas à la Nouvelle Star - mais avec moi, la barrette, les grimaces, le tatouage "Jean d'Ormesson", les jeux de voix, ça fonctionne. Or, je dois signaler à tous ceux qui ne le supportent plus (et aux autres) que l'émission de Thierry Ardisson Cannes Dernière, diffusée hier soir sur Paris Première vers 22h45 et qui suit de près les nuits cannoises les plus branchouilles - je rappelle que c'est une émission d'Ardisson, hein - avait, pour bande-son, ceci :


En soi, la reprise d'un tube ado vaguement coquin ultra-formaté par le candidat d'une émission de télé-réalité n'a rien d'extraordinaire. Tout de même, Julien Delanouvellestar (son vrai nom est Julien Doré) (ça ne s'invente pas) le transforme en quelque chose de vraiment très beau ; l'arrangement est élégant et le chant est chaud, sexuel, mesuré presque jusqu'à la fin. Si vous trouvez que Julien en fait trop - c'est là le reproche que j'entends le plus souvent -, écoutez la chanson sans regarder l'image ; c'est là qu'on atteint l'essentiel.

Le plus fantastique dans cette histoire, c'est quand même qu'Ardisson ait utilisé pour accompagner son émission un titre non enregistré dont la seule version existante est le live d'un programme rarement à la pointe de la musique contemporaine. Quel chanteur, avant Julien Delanouvellestar, a déjà réussi l'exploit de refourguer des chansons à d'autres producteurs avant même la fin de l'émission qui le révèle, hein ?

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Des dangers du quotidien (et de la mode)

le lundi 14 mai 2007

Je pensais bien que la mode actuelle qui consiste à porter des pantalons démesurément longs (alors qu'il y a probablement des tas de retoucheuses sympas et compétentes prêtes à faire des ourlets pas chers), que ce soit avec de talons plats ou hauts, était quelque peu dangereuse en plus d'être assez inesthétique.

Maintenant, j'en ai la preuve.

Ce matin, sur le quai du métro en face du mien, une jeune fille en chaussures pointues à talons fins descend les escaliers un peu vite et, une fois arrivée en bas, elle se prend les pattes dans son pantalon (trop) long et manque de s'étaler comme une crêpe.

A dix centimètres du bord du quai.

Ca vous donne-t'y pas des frissons, ça, hmmm ?...


Photo : Winterland.

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Perle carcérale

le vendredi 11 mai 2007

(Comme de juste, c'est le jour où l'on annonce que le rythme va continuer à diminuer que l'on entend quelque chose d'intéressant.)

Entendu ce matin sur France Inter, vers 8h10, dans la bouche de l'un des reporters du journal de 8h :

"En apprenant sa probable sortie de prison, Nathalie Ménigon avait déjà commencé à faire ses cartons."


Ses cartons ?...

Vous pouvez me rappeler le nombre de mètres carrés que compte une cellule standard dans les prisons françaises ? Ah oui, et aussi son nombre de "pensionnaires" ? Quand on dit "prison", on parle bien de cet endroit où l'on arrive avec ce qu'on a sur le dos et où les occasions d'accumuler des affaires se font rares, n'est-ce pas ?

Je pense qu'il voulait dire : "son baluchon". Ou "son carton", à la limite.

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Play / pause

le mercredi 9 mai 2007

Ce n'est pas que je vais arrêter de tenir ce blog, et encore moins le fermer ; c'est juste qu'en ce moment, non contente de manquer de temps depuis plusieurs mois déjà, je consacre mes moments de loisir à écrire d'autres choses, pas pour le blog, et cela faisait si longtemps que ça ne m'était pas arrivé que j'en suis folle de joie. Je profite donc de cet enthousiasme et bien sûr, principe des vases communiquants oblige, mon blog va être au ralenti pendant quelque temps. Voilà. Je tenais juste à expliquer la raison de ma baisse actuelle de production et à prévenir que ça risque de durer un peu ou du moins, disons, d'être assez irrégulier.

Je ne vais pas commenter l'élection de Nicolas Sarkozy ; j'imagine que vous savez ce que j'en pense, mais c'est le jeu démocratique et je respecte cela plus que tout. J'ai juste peur qu'on ne le voie désormais encore plus partout et encore plus tout le temps qu'auparavant ; j'ai cette image pétrifiante d'une sorte de petite marionnette, d'un petit lutin grimaçant à l'effigie de Sarko Maltese (j'adore cette expression, je ne sais plus qui l'a employée ce matin) qui surgirait de toutes les pièces, de tous les bâtiments, de tous les endroits publics où nous nous rendrons et s'adresserait à nous avec cette intonation caractéristique : J'vais vous dire quequ'chose, moi, Madame Michu. Vous savez c'que ça s'appelle, ça, Madame Michu ?... Ca s'appelle le président d'la République, ça, Madame Michu... Voilà pour le côté burlesque de l'affaire. Pour le plus dramatique - à savoir, les actes -, nous allons être obligés d'attendre et de voir. Et de continuer à nous faire entendre.

Juste une chose. Je trouve normal qu'un président tout juste élu réunisse quelques amis pour le dîner de la victoire ; je trouve normal aussi qu'il prenne trois jours de vacances - trois jours, ce n'est pas quinze, dès demain il est de retour et cette fois, on en aura pour cinq ans - après une campagne sans doute éprouvante et avant un mandat qu'il exercera probablement, on peut lui laisser cela, avec beaucoup trop d'énergie.
Ce qui me gêne davantage, c'est que ce dîner se fasse au Fouquet's et que ces vacances se prennent sur un yacht à 190 000 euros la semaine - soit au moins 95 000 pour la période que la famille Sarkozy y aura passée - atteint grâce à un jet privé dont le seul trajet Paris-Malte en a coûté 40 000. L'espace d'un instant, on a pu craindre qu'en plus de jeter ce luxe à la face des Français privés d'emploi et/ou de pouvoir d'achat qui l'ont élu, Sarko piochait peinard dans les caisses de la République. Jean-François Copé nous a rassurés sur ce point ce matin : non, évidemment non, cet argent n'est pas celui de l'Etat. Ouf, on respire. Il faut dire que les propriétaires respectifs du jet et du yacht les ont tout simplement prêtés au nouveau président de la République. Prêtés. Voilà au moins un homme aux mains libres, dégagé des conflits d'intérêts et des pressions financières des grands propriétaires. Joie.

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