Ménille Avénale

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La jolie fille

le mercredi 28 février 2007

Ce n'est pas quelque chose de fondamentalement explicable. Jusqu'au jour où on peut le vérifier par soi-même, de visu, on ne croit pas volontiers qu'il existe un vrai charme ou même, soyons fous, une vraie beauté au-delà des fameux critères objectifs et universels, ou du moins généraux, qui devraient fonder notre goût esthétique et nous permettre de partager, entre autres, le plaisir d'apprécier les oeuvres d'art. C'est peut-être dans la nature que ce type de beauté est le plus répandu. Elle crée des êtres que l'on ne peut réduire en de petites grilles, qui font éclater nos attentes, débordent notre regard et réduisent à néant notre propre assurance en la matière.

Tout cela pour dire que là où je travaille, il y a ue fille qui est terriblement belle alors même qu'objectivement, elle n'a rien pour. Et qu'à chaque fois que je la vois, je suis en pure contemplation, en pleine émotion, sans pouvoir expliquer pourquoi.

Sa haute taille y est sans doute pour quelque chose. Elle a une silhouette équilibrée, sans rien de remarquable. Ses membres sont plutôt fins, de longueurs harmonieuses, et décrivent des mouvements souples et discrets. Ses vêtements sont très passe-partout, toujours très bien coupés et tout à fait judicieusement choisis, mais presque unisexes : des jeans - je ne l'ai jamais vue porter quoi que ce soit d'autre -, des chaussures de ville à talons plats, des pulls et des t-shirts fins, seyants mais pas du tout affriolants. Ses mains sont très jolies, fines, mignonnes, ornées de quelques bagues - le seul élément en elle qui fasse vraiment fille. Elle a de longs cheveux bouclés, très noirs - et j'ai un faible pour les cheveux bouclés et très noirs, chez les filles comme chez les garçons -, jamais attachés mais toujours propres et naturellement bien placés, sans effort apparent. Son visage est sans doute le plus surprenant de l'ensemble. Plutôt rond, la peau assez pâle, les yeux sombres soulignés d'un trait de khôl très discret - rien de charbonneux là-dedans -, les cernes assez marqués ce qui, sur toute autre, serait hideux mais qui sur elle devient presque sulfureux. Et puis cette bouche étrange, ombrée, un peu pincée, sur laquelle mon regard s'arrête immanquablement et qui ne sourit pour ainsi dire jamais.

Je suis fascinée. Il y a le charisme incroyable, le magnétisme de chacun de ses gestes, de chacun de ses mouvements et même de son immobilité. J'échangerais bien mes formes très féminines, mon maquillage soigné et mes bijoux fantaisie contre un peu de cette présence-là.

Merci à Junko grâce à qui j'ai, non pas découvert Peter Von Poehl que je connaissais déjà, mais récupéré le mp3 de cette chanson qui est mon tube personnel en ce moment.

I am an average greluche

le samedi 24 février 2007

Donc bon. Finalement, j'avais accès à Internet mais j'ai manqué de temps, pendant cette semaine de vacances, pour me consacrer à mon blog. Même écrire des posts en réserve - oh ça va, eh, qui ne le fait pas, hmmm ?... -, c'était trop. Et puis, il faut avouer que l'ordinateur de mes parents est un peu une antiquité qu accepte l'ADSL par miracle (de mon point de vue, l'ADSL tient du miracle à la base, de toute façon, un peu comme l'avion, le chocolat et la maternité) et qui n'aurait jamais accepté de poster un texte un peu correct de plus de deux lignes trois quarts. Enfin, ces jours-ci, je passe quand même pas mal de temps ici - et on dira ce qu'on voudra, au bout d'un moment, on a forumé, forumé et forumé à mort et pof, le blog n'est pas à jour mais bon, comme on a une vie à côté, hein, on éteint quand même le bordel. D'où.

Avant de reprendre la publication sur cette page de posts aussi indispensables qu'émouvants (au moins, quand j'étais célib', j'avais des trucs de dingue à raconter, toutes mes aventures sexuelles de folaïe) (mouais) (mais bon, je ne vais pas quitter Fiancé sous prétexte d'alimenter mon blog, tout de même), je voudrais vous faire part d'un petit test réservé aux filles, trouvé chez Mnémo et fort judicieusement intitulé : Le Greluche Test 2007. J'ai obtenu le brillant score de 81 points, ce qui fait de moi une greluche moyenne. Et à y bien réféchir, ça me convient tout à fait. Avec moins, je serais amère à la pensée que tant d'argent part dans des produits cosmétiques et des magazines féminins sans même la reconnaissance de mes pairs ; avec plus, c'est mon investissement intellectuel (oui, j'écoute France Inter sans y être forcée) et mon goût de l'authentique (oui, je mange du pot-au-feu) qui étaient sous-estimés.

Bon, ben c'est pas tout ça, je vous laisse entre greluches de tout poil, j'ai une queue de boeuf sur le feu, moi. Allez hop.


Photo : PrettyH0rridneSS.

Je proteste !...

le mardi 20 février 2007

Sephora a réussi, hier, à me soutirer encore 40 euros alors que, comme vous vous en souvenez certainement, je me fournis au Body Shop, maintenant.

Mais comment font-ils, mon Dieu ! Les envahisseurs sont parmi nous !...

Desséchée ? persécutée

le vendredi 16 février 2007

Avant-propos : Je ne sais pas exactement dans combien de temps je pourrai reposter. Je risque de ne pas avoir accès à Internet dans les jours à venir. Je peux me tromper, hein ; c'est juste que c'est un risque. En attendant, manifestez votre présence, faisez du bruiiiiiiiit !... et n'oubliez pas ça. A bientôt.

Et maintenant, venons-en à ce que pour quoi qu'on est là aujourd'hui.


**********


Ceci est un coup de gueule. Futile, girlie, capillaire, tout ce que vous voulez, mais un coup de gueule.

Le genre de coup de gueule certainement assez fédérateur pour m'attirer une petite tonne de commentaires compatissants, ce qui fait toujours chaud au coeur, mais vraiment. (Et aussi, peut-être, quelques conseils, ce que je discute parfois mais ne refuse jamais.)

Donc, mesdames, mesdemoiselles, messieurs, j'en ai ASSEZ. Assez de ces regards lourds de reproches, assez de ces discours culpabilisants, assez de tous ces coiffeurs qui ne semblent rien avoir de mieux à faire de leurs vies professionnelles que de me faire savoir, sans ménagement ni délicatesse, que j'ai les cheveux horriblement secs.

C'est vrai, quoi, c'est toujours la même chanson :
- Rhôôôô, mais vous avez les cheveux secs !...
- Oui, euh... oui, hélas. Je sais.
- Vous devriez leur faire des soins, ils sont tellement secs...
- C'est-à-dire que... j'en fais !
- Vous leur faites des soins pour cheveux secs, alors ?...
- (A ton avis ???) Mmmmoui oui.
- Vous leur faites quoi ?
- (Et ta soeur ?) J'ai un masque du Body Shop, par exemple.
- Du ?... (Oui : le sèche-cheveux fonctionne en même temps.)
- Du Body Shop, vous connaissez ?...
- Mouais. Mais je sais pas ce que ça vaut en soins capillaires spécifiques cheveux secs. (Silence. On n'entend plus que le bruit délassant du sèche-cheveux et le piaillement rassurant des autres clientes. Puis elle reprend : ) En tout cas, surtout, chouchoutez-les biens, sans quoi jamais ils ne seront beaux, vos cheveux secs. (Ah ben merci, voilà qui va illuminer ma journée.)

Pour crier halte à la persécution que subissent les malheureuses aux cheveux secs, je voudrais donc signaler ici, haut et fort, une fois pour toutes, que :

1. je ne sais pas me passer de tous ces procédés criminels - colorations, balayages et autres lissages - qui les rendent si scandaleusement secs. Quand, comme moi, on n'aime pas sa couleur naturelle et que l'on apprécie l'idée - terriblement liberticide, pourtant - de faire faire ce que l'on veut à ses cheveux au lieu de les laisser faire ce qu'ils veulent (à savoir : n'importe quoi), y a pas à tortiller, on met le paquet. Même si ce paquet doit en faire une boule de crins secs.

2. culpabilisée par cette entreprise générale de destruction de mon ego capillaire, au moins aussi important pourtant que le reste, j'ai récapitulé pour moi-même - pas question de me justifier devant qui que ce soit, oh - les soins dont bénéficient régulièrement ces affreux cheveux secs.
- un masque spécial cheveux secs (du Body Shop, bravo, y en a trois qui suivent) un shampooing sur deux, soit une fois par semaine.
- un shampooing spécial cheveux secs de Wella un shampooing sur quatre, soit une fois toutes les deux semaines. (Costaud, le shampooing. Du genre que tu ne peux pas utiliser à chaque fois, sans quoi ça te colle des pellicules et des démangeaisons pas possibles. Et là, tous en coeur : BERK !... Heureusement, si vous alternez avec quelque chose de moins radical, tout rentre dans l'ordre. Et il faut avouer qu'il rend les cheveux vraiment moins secs. Sur le coup.)
- le reste du temps, soit trois shampooings sur quatre, divers petits shampooings achetés en supermarché et tous calculés pour soigner les cheveux secs : et que je te nourris les pointes, et que je t'assouplis les longueurs, et que je te fais briller les mèches blondes en ravivant leurs pigments et en les protégeant des UV... Rien que du bon.
- entre deux shampooings, soit tous les quatre jours, une petite crème nourrissante sans rinçage de Jacques Dessange (après avoir rayé ses salons de la liste des enseignes qui existaient pour moi, j'ai décidé de donner une chance à ses produits ; je suis comme ça, moi : pleine de miséricorde). Elle est douce, elle sent bon, elle se fond dans la chevelure sans qu'on s'en rende compte. Même si ça ne lui fait pas de bien, ça ne peut pas lui faire de mal.
- et bien sûr, jamais, après un shampooing, je ne les démêle sans les asperger copieusement d'un spray démêlant protecteur, histoire de ne pas avoir à tirer pendant des heures sur les nombreux noeuds qui s'y cachent parce que bon, je n'ai pas que ça à faire de mes matinées, non plus.

Alors, hein ?... Personne ne peut plus dire que c'est de ma faute si j'ai les cheveux secs, là. Je suggère même que ce soit plutôt la faute de mes coiffeurs. Parce que c'est vrai : s'ils jugent que ça leur fait trop de mal, il faut qu'ils refusent de me faire des balayages. C'est tout.


Ah ben c'est malin : on ne voit même pas si elle a les cheveux secs.

Perle pipolesque

le mardi 13 février 2007

La perle du jour nous vient de nos amis rédacteurs de la page d'information de 9 Telecom et, à travers eux, des organisateurs de l'élection des 99 plus belles femmes du monde de l'année 2006.

Voici en quels termes 9 Telecom nous présente la chose :

2,5 millions d'internautes américains ont voté sur le portail askmen.com pour élire les 99 femmes les plus désirables du monde.

Vous la voyez, la boulette ?...
Vous la voyez ?

Depuis quand demande-t-on aux ressortissants d'un pays - et d'un seul - d'élire les 99 plus belles femmes du monde ? Serait-ce que l'on imagine que les Etats-Unis, c'est le monde ? Ou alors - plus simple - que si l'on est vraiment belle, la seule issue possible, c'est d'être connue aux Etatx-Unis ?

Je passe sur le fait que 2,5 millions, par rapport au nombre d'Américains et même au nombre d'Américains qui ont Internet, c'est un peu ridicule, comme échantillon. Mais finalement, chez nous, les sondeurs ne rougissent pas non plus d'annoncer les résultats d'un sondage effectué sur "un panel représentatif de 1 342 personnes". Ben voyons. 1342 personnes pour représenter 65 millions de Français, mieux vaut croire au déterminisme, sinon, on ne croit plus aux sondages. (Je vous laisse deviner de quel côté je suis.)

Ce qui me choque le plus, c'est l'idée que les 99 plus belles femmes du monde soient forcément connues par le public américain. Ou même, d'ailleurs, qu'elles soient forcément connues. Ce genre de classement devrait s'intituler "les 99 plus belles femmes du monde connu", pas autre chose.

Enfin bref.

Je vous laisse consulter les résultats du vote ici, mais si vous avez la flemme, pas de souci, en voici quelques extraits :

N° 1 : Jessica Alba. (Mouais, bof. Belle, mais de là à tenir le premier rang...)
N° 2 : Sienna Miller. (Mais qui est-ce ?...) (Je déconne. Je sais qui est Sienna Miller. Mais vous voyez ce que je veux dire.)
N° 3 : Angelina Jolie. (Quand même !...)
N° 4 : Adriana Lima. (Inconnue au bataillon.)
N° 5 : Maria Menounos. (Idem.)
N° 6 : Charlize Theron. (Loin derrière Sienna Miller, donc. Mais qui sont ces internautes ?...)
N° 7 : Jessica Biel. (Dites-moi que je rêve.)
N° 8 : Amerie. (Y a pas à dire, nous, Français, qui ne connaissons pas Amerie, adhérons vraiment à ce classement mondial.)
N° 9 : Natalie Portman. (Aaaaah, tout de même !)
N° 10 : Eva Longoria. (Merci les séries télé.)

La première Européenne arrive en quinzième position et, comme de juste, c'est Monica Bellucci (dont je me permets tout de même de vous faire remarquer qu'elle se retrouve derrière des filles comme Jessica Biel ou Eva Longoria) qui a eu la bonne idée de tourner quelques films à Hollywood, sans quoi, aucune chance d'être connue par le public américain, c'est-à-dire d'être connue, soyons clairs. Scarlett Johansson est 28e, Penelope Cruz, 32e, Keira Knightley, 35e, et Nicole Kidman, 96e.

Je ne sais plus quoi penser, les enfants. Plus que jamais, mes critères de beauté féminine sont comme qui dirait balayés. Je ne sais pas à quelle place est Jennifer Lopez, et si ça se trouve, Kate Winslet ne figure même pas dans le classement.

Un peu de narcissisme

le dimanche 11 février 2007

L'idée, piquée à Junko, est vraiment très sympa : il s'agit de créer un quiz sur... soi-même, ce qui est toujours bon pour l'ego, et de le soumettre à ses amis ou à ses lecteurs, ce qui peut être fort piquant.

Mon quiz est disponible en allant ici puis en cliquant sur "Take This Quiz". Dix questions qui portent uniquement sur des choses que j'ai dites dans mon blog, puisque 99% des personnes qui passent ici ne m'ont jamais vue en vrai.

Et une fois que vous l'avez terminé, vous pouvez créer le vôtre en cliquant sur "Make A Quiz".

Trop lol, non ?...

Bully (Behind the scenes)

le mardi 6 février 2007

Je préviens : ce post est long. Très long. Je ne sais pas, j'avais commencé comme ça parce que ça m'avait inspiré une remarque même pas hyper-intelligente, et puis ça a coulé partout, j'ai tout raconté, des tas de détails, ça risque de vous ennuyer à mort, à vous de voir.

Enfin bon, il y a des photos de jolis mecs.

Et de belles nanas.

Moi, je dis ça... je dis rien, hein.

J'ai revu ce week-end le film Bully, de Larry Clark, que j'étais allée voir à sa sortie en 2002. Le souvenir que j'en avais gardé était assez fidèle, si ce n'est qe j'avais gommé une partie de sa violence, notamment dans la scène de meurtre, ce qui est tout de même un comble.
L'histoire, si vous l'ignorez, est celle de sept adolescents qui en tuent un huitième parce qu'il se comporte avec certains d'entre eux en petit caïd ("bully"), allant des pressions psychologiques aux sévices physiques - il frappe régulièrement son "meilleur ami" et viole une ou deux filles à l'occasion. L'intrigue du film est fondée, via un livre qui porte le même titre, sur un fait divers réel qui s'est produit en Floride en 1992. Les droits étaient entre les mains des producteurs dès 1998, mais le projet s'arrêta en 1999 à cause du massacre de Columbine High School, sorte d'écho tragique du premier, et ne reprit que plusieurs mois après.

Je ne vais pas parler ici du film lui-même - que je vous conseille, du reste - mais du documentaire d'une heure environ, intitulé Bully - Behind the scenes, qui l'accompagne sur DVD.
Ce documentaire aurait gagné, à mon goût, à développer davantage le thème de l'adaptation d'un fait divers et les problèmes posés par le point de vue hérité du livre - qui, sans minimiser l'horreur du meurtre ni l'inconscience de jeunes gens complètement déconnectés, choisit tout de même clairement de décrire comme insupportable la situation instaurée par le bully, et ce simple titre est lui-même tout à fait contestable et donc intéressant.
Tout cela est présent dans Bully - Behind the scenes, mais de trop longs moments sont consacrés, avec une certaine complaisance, à filmer les jeunes acteurs eux-mêmes faisant les malins sur le tournage, ce qui n'apporte pas grand chose, il faut bien l'avouer, à la compréhension du film.

S'il y a cependant une remarque à faire là-dessus, ce serait la suivante : les personnages sont des ados paumés, non parce que leurs parents sont pauvres ou absents - le fait divers a lieu dans une charmante banlieue résidentielle où vivent des gens de la classe moyenne qui travaillent, ont des projets et élèvent leurs enfants - mais parce qu'ils ne semblent pas avoir envie d'être autre chose que paumés. Leurs seuls centres d'intérêt sont le sexe, la drogue, la glande, les jeux vidéos, les clips musicaux et les cocas de Pizza Hut. Et étonnamment, ce que nous apprend ce documentaire, c'est qu'à certaines exceptions près, les acteurs sont tout aussi jetés que ceux qu'ils interprètent.

1. Brad Renfro joue le rôle de Marty Puccio, principal souffre-douleur de Bobby Kent, le bully. Pas le pire, et de loin. Marty a quitté le lycée sans diplôme et abandonné les compétitions de surf parce que Bobby l'a persuadé qu'il était nul et n'arriverait jamais à rien. A part ça, Marty fume un peu et écoute Eminem, mais c'est plutôt, dans l'ensemble, un brave garçon qui se laisse emporter par des années de colère et de souffrance, ce qui explique sa sauvagerie au moment du meurtre.
Or il se trouve que Renfro, âgé de dix-huit ans au moment du tournage, fut arrêté pour avoir tenté de voler un bateau dans un port de plaisance, ce qui contraignit les producteurs à sortir au plus vite dix mille dollars en liquide pour payer sa caution et récupérer leur acteur principal. Dans la mesure où le jeune homme était assez à l'aise financièrement pour participer à la production du film et donc, on imagine, pour se payer un bateau s'il en avait envie, on est en droit de se demander ce qui a bien pu lui passer par la tête ce jour-là. Le seul passage du documentaire à son sujet qui ne soit pas consacré à cette petite parenthèse judiciaire le montre vraiment sous son meilleur jour : complètement saoul, débitant des insultes à la caméra sur fond de musique poussée au maximum.
Ah, j'oubliais : Brad Renfro sait aussi cracher par terre en critiquant les méthodes de communication de la production. En comparaison, son personnage, c'est un peu Oui-Oui en Floride, quoi. (Sauf qu'il tue quelqu'un, je vous l'accorde.)


Brad Renfro, à gauche sur la photo (mais est-il vraiment nécessaire de le préciser ?)


2. Michael Pitt interprète Donny Semenec, un jeune drogué dont la particularité est qu'il n'avait aucun mobile puisqu'il ne connaissait même pas la victime avant le soir du meurtre. Il s'est simplement laissé entraîner dans l'histoire par sa petite amie, à peu près aussi naturellement que si elle lui avait proposé un ciné, et a donné à Bobby le premier coup de couteau. On doit pouvoir dire sans trop risquer de se tromper que sa lucidité était quelque peu altérée par les joints et l'acide qu'il s'envoyait à longueur de temps.
Rien de tel apparemment chez l'acteur qui tint aussi, dans Last Days de Gus Van Sant, le rôle de Kurt Cobain - ou du moins son équivalent - et joua dans Dreamers de Bertolucci. Mais Bully - Behind the scenes nous montre un Pitt encore poseur et terriblement cabotin - ce garçon vient entre autres de la série Dawson, je vous le rappelle -, jouant devant la caméra avec, au choix, sa mèche de cheveux gras qui pendouillent et/ou sa cigarette, manifestement beaucoup plus intéressé par la présence dans le secteur de Bijou Phillips que par les questions que lui posent les réalisateurs du documentaire.
Le spectateur, qui a largement l'occasion de voir les seins et les fesses de la belle Bijou dans le film, lui pardonnera aisément cette erreur de jeunesse, mais l'ensemble donne l'image d'un type creux, imbu de lui-même et hautement désagréable, avec lequel vous ne discuteriez pas cinq minutes dans un dîner. En comparaison, son personnage, c'est Groucho Marx sous amphés.


Ah oui, ça donne envie, hein ?...


3. Bijou Phillips est Ali Willis, la petite amie de Donny mais aussi la meilleure copine de Lisa Connelly, petite amie de Marty (j'espère que vous suivez) et instigatrice du meurtre. Outre qu'elle est au courant, grâce à Lisa, de tout ce que Bobby fait subir à Marty, Ali a des raisons personnelles de se plaindre du bully, qui l'a brutalisée et violée. A deux reprises, elle servira d'appât pour l'attirer dans le coin isolé où il finira par mourir. La vie personnelle d'Ali est du reste assez trouble : à dix-sept ans, elle est déjà divorcée et mère d'un bébé qu'elle voit assez peu puisqu'elle passe sa vie en virées avec ses copines, fumage de joints et expériences sexuelles diverses avec à peu près tout ce qui est à sa portée.
L'actrice est incontestablement une très jolie fille dotée d'un charisme évident et, ce n'est pas rien, d'un vrai talent - point commun de tous les acteurs du film. J'adorerais aimer Bijou Phillips s'il n'y avait pas, chez elle, quelque chose de très gênant : elle est d'un narcissisme exacerbé et s'en donne à coeur joie devant la caméra du documentaire, qui ne semble pas s'en plaindre outre mesure. Manifestement consciente de sa beauté (comment pourrait-elle l'ignorer, elle qui fut mannequin très jeune ?), elle entre dans le champ quand on interviewe quelqu'un d'autre, danse avec exubérance dans les vestiaires, chante à proximité du preneur de son si elle n'est pas à l'image, montre ses seins à la caméra, embrasse ses partenaires féminines et explique, en toute simplicité, qu'elle a été prénommée ainsi parce que, bébé, dans son petit couffin, elle ressemblait à un véritable petit bijou dans son écrin.
Pour le côté vraiment trash, Bijou est née dans une famille de hippies célèbres - son papa est l'un des chanteurs de The Mamas and The Papas - et très shootés qui lui ont appris assez tôt à être indépendante et à rouler ses propres joints. Ainsi, elle raconte que quand elle avait deux ans et demi, ses parents ont loué un bateau, passé la soirée à se droguer, sont allés nager vers une île et s'y sont endormis en la laissant seule à bord. Waow. Ah oui, elle précise aussi qu'elle était à l'hôpital quelques semaines à peine avant le tournage, qu'on a décelé chez elle des tendances psychotiques et qu'elle est désormais sous Vicadin, ce qu'elle préfère nettement au Lithium. Hin hin. En comparaison, son personnage, c'est un peu Marilyn-fume-de-l'herbe, quand même.


Je vous avais dit que maintenant, cette belle enfant traîne avec Paris Hilton ?... C'est pas humain, cette déchéance, je trouve.


4. Kelli Garner joue le rôle de Heather Swallers qui, comme Donny, n'a aucun mobile puisqu'elle ne connaît pas Bobby Kent, et qui d'ailleurs ne fait rien d'autre au moment du meurtre que donner un signal et se cacher ensuite dans l'une des voitures. C'est elle qui dénoncera tous les jeunes criminels en échange de la clémence du juge, ce qui lui vaudra une peine de onze ans de prison seulement. Son seul tort est d'avoir été complice - embarquée elle aussi par Ali comme si elles allaient à la plage - et de n'avoir pas tenté d'arrêter le processus. Au moment où elle monte dans la voiture d'Ali, elle vient de s'échapper de la clinique où elle suivait une cure de désintoxication. Heather est accro à l'héroïne et à à peu près tout ce qu'il y a de moins fort et, comme le dit Kelli Garner, son état normal, c'est d'être défoncée.
Je ne voudrais pas être trop sévère avec Garner qui est elle aussi vraiment très jeune (depuis, elle fut la partenaire de DiCaprio dans Aviator, de Scorsese) et qui n'a que deux particularités dans ce documentaire (je ne compte pas le fait d'avoir les cheveux bleus, je suppose que c'est voulu par le scénario) : 1. elle porte un t-shirt qui vante les mérites de l'herbe, mais c'est bénin au vu de l'ambiance dans laquelle ils baignent tous, 2. elle a les dents complètements déglinguées. Tordues, en avant, certaines manquent ou sont cassées - une bouche complètement irrégulière qui, paraît-il, fascinait Larry Clark au point qu'il lui demandait de bien la montrer à l'écran (et c'est vrai qu'elle n'hésite pas à l'ouvrir très grande). (J'ai vérifié, elle s'est fait arranger tout cela depuis.) Je crois seulement qu'en plus de n'avoir rien à dire, la jeune actrice a été contaminée par la crise narcissique de Bijou Phillips. Mais bon, après tout, on s'en fout.


Un poil de Terracotta en moins et elle serait vraiment bien.


Vous l'avez compris : Clark a bien fait de choisir ses acteurs sur leurs performances de comédiens et pas sur leurs capacités intellectuelles, antécédents psychiatriques ou casiers judiciaires, sans quoi, on serait pas sortis de l'auberge.
Restent, en vrac :

Leo Fitzpatrick, qui interprète Derek Kaufmann, dit the Hitman, c'est-à-dire, pour nos amis non polyglottes, "l'homme-qui-frappe". Ce garçon un peu plus âgé que les autres les impressionnait parce qu'il disait appartenir à un gang et donc avoir l'expérience des actions crapuleuses. Il accepte de les aider à s'organiser et portera à la victime les coups fatals à la tête, avec une batte de base-ball. Au moment de l'enquête, il s'avère que ce prétendu mafieux est en fait une sorte de poule mouillée qui n'a jamais réussi à entrer dans le gang qu'il convoitait, n'a commis que de petits délits et donne ses complices presque avant qu'on les lui demande.
Fitzpatrick est le seul, avec Rachel Miner, à tenir des propos un peu intéressants sur le métier d'acteur et le talent de Larry Clark. Son premier film est Kids, déjà de Larry Clark, à l'âge de seize ans. Rien d'autre à signaler (sinon qu'il parle un peu du nez, c'est pas super-agréable, mais bon, on ne peut pas trop lui en vouloir).

Rachel Miner, qui joue le rôle de Lisa Connelly, dont j'ai déjà parlé. Elle me paraît être la personnalité la plus intéressante du casting et la seule à parler de son personnage de manière vraiment éclairante, ainsi que de la façon dont elle l'a préparé, allant jusqu'à rencontrer l'un des officiers de police qui avaient travaillé sur l'affaire pour connaître son point de vue. D'ailleurs, elle ne fait pas le clown devant la caméra. (Elle est aussi beaucoup moins jolie que Bijou Phillips, mais elle ne joue pas moins bien.) (A droite sur la photo où apparaît Brad Renfro.)

Daniel Franzese, dans le rôle de Derek Dzvirko, le cousin de Lisa. Un brave garçon qui entre dans l'histoire à reculons et uniquement parce qu'il est un peu amoureux d'Ali, mais qui sent bien que tout cela ne présage rien de bon. Derek s'est contenté de porter le corps de la victime de l'endroit où il avait été tué jusqu'au canal où il était censé disparaître. Comme Heather, il a obtenu une peine légère en échange de la dénonciation de ses complices. Le fait qu'il ait été le seul à être déjà sorti de prison au moment du tournage explique peut-être que le documentaire ne consacre pas une seule minute à l'acteur Daniel Franzese.

Enfin, Nick Stahl, dans le rôle de Bobby Kent, le bully. Ce garçon, présenté dans le film comme un vrai salaud - au point que l'un des producteurs se lâche jusqu'à dire : A leur place, je l'aurais fait aussi, je l'aurais tué aussi - n'était peut-être pas, de l'avis du juge, aussi sadique que le rapportent les témoignages des accusés. L'idée du juge est que Marty Puccio était finalement assez jaloux de Bobby, qu'il attendait probablement une occasion d'assouvir cette vengeance et qu'il n'était pas un souffre-douleur aussi durement maltraité que Lisa et lui l'ont laissé entendre. C'est précisément ce genre de passage sur lequel j'aurais aimé que les réalisateurs du documentaire s'attardent, plutôt que de nous montrer Bijou Phillips répondant à la journaliste qui lui demande ce qu'elle pense de son personnage :

"Je pense qu'une fille de dix-sept ans ne devrait pas conduire une Mustang."

Merci Bijou.

Music ! makes the people ! (etc)

le dimanche 4 février 2007

Il n'est pas très fréquent que je parle de musique sur cette page mais il me semble que, pour une fois, cela s'impose. Et cela s'impose parce que j'ai deux petits liens extras à vous faire connaître.

Le premier, c'est cette radio en ligne qui diffuse toute la journée, ou presque, des airs bollywoodiens à vous faire tourner la tête. Ca s'appelle Radio Teentaal, en référence à un rythme de base de la musique indienne, et c'est charmant : sucré, mélodieux, romantique, joyeux, émouvant... En fond sonore, c'est épatant (tout dépend de ce que vous faites sur ordinateur mais personnellement, je n'ai jamais été déconcentrée par les airs de Radio Teentaal, je vous le jure). Je ne saurais pas dire exactement comment ça fonctionne ; pour ma part, elle s'est faufilée dans iTunes et je peux l'écouter rien qu'en ouvrant ce logiciel, pourvu que je sois connectée. La nouvelle technologie, c'est quand même magique, comme dirait ma belle-mère.

Le second lien, c'est le site de l'album Best of Bootie 2006, site sur lequel, tenez-vous bien, l'ensemble de l'album ainsi que quelques bonus sont téléchargeables GRATUITEMENT. Pas de raison de ne pas se faire un peu plaisir, n'est-ce pas ?... Les booties, ce sont ces morceaux élaborés par des DJ's à partir de deux - ou davantage - morceaux déjà existants. (Je crois que l'on appelle ça du bootleg, ou du mashup. Mais si ça se trouve, je me trompe complètement.) En général, c'est vraiment très très bien. Et je dois avouer que quand c'est habilement fait, c'est assez efficace pour vous permettre d'apprécier des chansons dont les composants, à la base, ne vous emballent pas. Un exemple ? un exemple. Je déteste Supertramp et le tube de Gnarls Barkley, "Crazy", m'ennuie au plus haut point. Mais l'alliage des deux au sein de "Crazy Logic", par Arty Fufkin, est une vraie bombe que je ne me lasse pas de réécouter. Alors, convaincus ?...

[EDIT] Les mp3 de l'album Best of Bootie 2006 ne sont plus hébergés sur leur site mais sur celui d'un certain Dave qui a eu l'amabilité de les stocker pour eux. En revanche, vous pouvez aussi pécho le Best of Bootie 2005, semble-t-il. Que du bon, je vous dis. [/EDIT]

[EDIT BIS] N'oubliez pas que la grande et magnifique opération FrenchTouch est encore et toujours d'actualité !... Vous pouvez en admirer les premières contributions ici. [/EDIT BIS]

Youhouhoooouuuuuu !...

le jeudi 1 février 2007

Oh les enfants, il n'est pas si fréquent que je poste deux fois le même jour, n'est-ce pas ?... Mais aujourd'hui, ça s'impose.

Vous avez vu la petite merveille qui orne désormais l'en-tête de ce blog, hummm ?... Vous avez vu ça ? "Splendide, magnifique, admirable, épatant" ?... Moui, je suis d'accord avec vous mais vous auriez pu vous fouler un peu sur les adjectifs, quand même. Allez allez, je ne vous en veux pas, quand je l'ai ouverte, j'étais comme vous : bouche bée.

L'auteur de ce chef d'oeuvre est le grand Crocodoc. Croco, sache-le : à partir d'aujourd'hui, tu peux me demander tout ce que tu veux. TOUT. Je te suis éternellement redevable et reconnaissante, je ne sais pas comment le manifester mieux. (Je vais aller voir s'il n'a pas une wishlist, tiens.)

Pour réaliser la bannière, Crocodoc s'est appuyé à ma demande, et en suivant mes instructions (ce garçon est parfait, je vous le dis), sur une carte postale créée par Ian Kalman et Sean Farrell, les géniaux créateurs du site Bald Guy Greetings que j'ai découvert grâce à Sskizo. Ces jeunes gens ont imaginé pour diverses occasions - mariage, anniversaire, Noël, j'en passe et des meilleures - toute une série de cartes de voeux d'un talent, d'un humour, d'un cynisme extraordinaire. Je les trouve incroyables, j'ai craqué pour elles dès que je les ai vues et immédiatement décidé qu'il me les fallait pour ma bannière.
Bien entendu, ces cartes sont sous copyright, vous pouvez l'imaginer. J'ai demandé l'autorisation d'utiliser certaines d'entre elles (oui, parce que la bannière actuelle ne va pas rester seule, elle a une petite soeur en préparation !...) et les auteurs me l'ont accordée (I love you guys !!), mais ils ne voudraient pas que leurs textes et images soient utilisés sans en être avertis. Je préfère vous le dire, on ne sait jamais, on voit tant de cas de plagiat sur la toile.

Voilà les jeunes, que tout cela ne vous dispense pas de lire le post du jour, juste en-dessous de celui-ci, mais je voulais vous faire partager ma joie !...

Cinq petites choses...

le jeudi 1 février 2007

Conformément à la demande de miss Deanna, voici, dans le désordre, cinq petites choses que vous ne saviez pas encore sur moi. Comme je refuse de faire passer nommément ce genre de posts à d'autres, je vous invite à reprendre l'idée si vous en avez envie, sans oublier de me le signaler pour que je ne rate pas le résultat.

1. J'ai une peur panique non pas de la mort en soi, mais de la maladie mortelle. Pour moi comme pour les autres. Je ne veux pas penser que peut-être, un jour, je pourrais être atteinte par un mal incurable qui me conduirait aussi sec à la tombe (en passant éventuellement par une série d'examens et de soins pénibles et inutiles). L'idée que cela peut arriver à quelqu'un de mon entourage plus ou moins proche m'angoisse tout autant. (En toute logique, cela devrait m'inciter à arrêter de fumer, mais bizarrement, il semblerait que ça ne suffise pas.)

2. Je ne sais pas me moucher. J'admire les gens qui, en cas de nez qui coule, sortent tranquillement un mouchoir, règlent la question en une minute et reprennent le cours de leurs activités comme si de rien n'était. Personnellement, j'en suis incapable, j'ai du mal à faire place nette du premier coup. Il faut que j'aie des toilettes ou au moins un miroir à proximité : j'ai besoin de me moucher devant une glace pour m'assurer que tout est propre et que je suis redevenue présentable. Sinon, je ne pense qu'à cela et je me sens très mal à l'aise. (Je vous laisse imaginer l'angoisse en cas de rhume carabiné.)

3. Pendant tout le temps où je vivais seule (c'est-à-dire jusqu'à il y a environ six mois), je n'ai pas songé une seule fois à devenir végétarienne ; mais depuis que Fiancé et moi faisons caddie commun au supermarché, mon goût pour le poisson et les produits laitiers ainsi que mon désintérêt pour la viande se sont nettement affirmés. Je ne dis pas que je ne me régale pas de temps à autre d'une bonne bavette à l'échalote (très saignante, la bavette) ou d'une belle tranche de jambon cru, mais enfin, en général, la viande ne m'excite guère. Je trouve cela difficile à cuisiner et peu varié au niveau des saveurs. Seulement, il est trop tard ; Fiancé ne peut se passer de viande, et préparer deux menus différents tous les soirs me soûle (déjà qu'un seul...).

4. En ce moment, j'essaie de fuir une amie. Une ancienne amie. Une fille que je me suis forcée à voir pendant des années, avant de m'avouer que je ne partageais plus rien avec elle et que nos rendez-vous m'étaient devenus de véritables corvées. Je n'ai jamais eu le courage de lui dire quoi que ce soit à ce sujet. Depuis des mois, je la bloque sur MSN et je ne réponds ni à ses lettres, ni à ses mails, ni à ses sms. A chaque fois, je me dis que c'est la seule chose à faire - la preuve : elle m'en envoie de moins en moins, son dernier signe de vie date du Nouvel An. Mais à chaque fois, je me sens cruelle, ingrate et sans coeur, et j'ai honte.

5. Je suis complètement découragée par la façon dont Pomme, Hélène et Caroline ont vu les portes majestueuses de l'édition française s'ouvrir à elles, comme ça, pouf, sans rien demander à personne.

Que je me fasse bien comprendre : je suis très heureuse pour elles, je leur souhaite tout le succès possible et bien sûr que si ça m'arrivait, je ne cracherais pas dans la soupe (il faudrait être folle. Ou vraiment très trop modeste). Mais toute cette histoire dégage une impression d'extrême facilité qui a) n'est pas représentative du sort de la plupart des écrivains en herbe, b) a quelque chose de rageant, voire d'injuste, et je pèse mes mots.
Je lis leurs blogs avec plaisir - ils ne sont pas dans mes favoris pour rien - et je suis la première à dire qu'elles ont du talent, de l'intelligence et de l'humour (et des choses à dire). Mais enfin, s'il suffisait de tenir un blog, même très bon, pour enquiller direct sur un bouquin, sans galérer à envoyer ses textes à divers éditeurs et à recevoir en retour un nombre conséquent de réponses négatives, ça se saurait, non ?... Alors, savoir qu'elles ont juste été repérées par une grande maison d'édition qui leur a écrit pour leur demander, vous m'entendez, leur DEMANDER de bien vouloir boucler quelque chose pour une nouvelle collection, ça me décourage, je dois dire.

Ca me décourage parce que cela fait des années que dorment dans mes tiroirs des nouvelles (en grand nombre), ainsi qu'une ébauche de roman et une autre de scénario, que je n'ai pas le temps de reprendre, de poursuivre et encore moins de proposer à qui que ce soit en ce moment. Ca me décourage parce que je me suis toujours dit que je ne serais peut-être jamais éditée, mais qu'au moins, j'aurais un jour (mais quand ?...) la satisfaction d'avoir essayé. Ca me décourage parce que je me suis faite à l'idée que jamais je ne vivrais de ma plume et que mieux valait un bon métier pour assurer le quotidien (raison pour laquelle je suis si prise aujourd'hui que mes projets d'écriture stagnent, et stagneront encore un bon bout de temps). Ca me décourage parce que l'image de l'écrivain qui sue sang et eau et attend la reconnaissance pendant des années, et peut-être en vain, n'est plus valable pour tout le monde, alors même que je sais, moi, que c'est ce qui m'attend.

Comment ça, jalouse ?...