(Parce qu'il n'y a pas de mal à se faire du bien.)
Il y a un an jour pour jour, j'avais acquis un jean Levi's non soldé (vous allez voir, c'est encore plus drôle comme ça) pour la modique somme de 95 euros, en me disant que certes, c'était un vrai petit investissement, mais qu'au moins il y avait la qualité et que je le garderais des années et que ça valait le coup et que - bref, le genre de discours que l'on se tient dans ces cas-là pour se rassurer. Or, la semaine dernière, je m'aperçois que mon Levi's non soldé, sur lequel je fondais pourtant tant d'espoirs, a un trou.
Oui, un trou.
Un trou d'usure, aisément reconnaissable à ses bords élimés et au fait que seuls deux pauvres fils de la trame se battent en duel, tout blanchis, au travers.
Au bout d'un an, un jean de ce prix, alors que la durée de vie de mes jeans les moins coûteux varie entre cinq et huit ans (parce que tout de même, je ne porte pas que cela et je n'escalade pas non plus l'Everest en jean, que je sache) !...
Inutile de préciser que ce triste événement, en plus d'assombrir encore davantage une fin d'année 2006 déjà peu folichonne, a eu deux conséquences majeures :
1. ils ne verront plus ma tronche de sitôt, chez Levi's ;
2. j'ai besoin d'un jean. Oui, parce que tourner entre un jean en bon état (pourtant âgé de presque quatre ans,
lui) et un jean troué, même si l'on ne porte pas que cela, c'est un peu limite, ayez la bonté de le reconnaître.
Voyons le bon côté des choses : ce jean a tout de même bien choisi son moment pour me lâcher, et ce matin, aux aurores, Fiancé et moi étions chez Gap pour faire les soldes.
Pourquoi Gap ?... Parce que cette merveilleuse enseigne offre l'avantage inestimable d'habiller les femmes ET les hommes (ET les enfants, mais nous ne sommes pas encore concernés) et qu'elle propose à la consommatrice en détresse un impressionnant choix de jeans, dans toutes les coupes, les tailles et les teintes imaginables. J'avais lu cela chez
Hélène, je crois. (En tout cas, ça ne m'étonnerait pas.)
Le problème, c'est que Gap ne solde pas ses jeans. Comme ça, c'est dit. C'est d'ailleurs la toute première chose que vous comprenez en entrant dans le magasin et en constatant que le rayon des jeans pour femmes est vide, alors que le reste de la boutique grouille de monde. Mais au moins, on est tranquille - et puis enfin, soldes ou pas soldes, j'avais besoin d'un jean, point, surtout qu'un jean Gap coûte à la base le prix d'un jean Levi's soldé (48 euros pour un
boot cut, 64 pour les autres modèles. Vous voyez, y a pas photo).
En contrepartie, leurs coupes me vont quasiment toutes, et quand je dis quasiment, c'est un peu hyperbolique, parce que les deux seules qui ne me vont pas sont le
skinny - jambes et chevilles étroites - un slim, quoi - beurk - et le
demi boot cut - jambes étroites et chevilles à peine évasées, soit pas mieux qu'un slim, en tout cas sur ma silhouette -, autant dire que ça ne compte guère.
A part ça, si, comme moi, vous êtes plutôt petite, avec des fesses et des cuisses généreuses et des jambes pas immenses (bref, NORMALE), tapez sans hésiter dans :
- le
boot cut classique : taille basse, jambes normales, chevilles légèrement évasées, fait un cul de reine et une silhouette plutôt élancée, contre toute attente.
- le
western boot cut : taille basse, jambes normales, chevilles assez nettement évasées, aussi seyant que le
boot cut mais tirant (légèrement, hein) sur le pattes d'eph' ou je ne sais quoi - le tout sans tasser la silhouette -, un peu plus wild que le précédent.
- le
long and lean : alors lui, je n'ai pas bien retenu ses caractéristiques mais je me souviens qu'il était joli aussi.
- le
boy fit : comme son nom l'indique, c'est une "coupe garçonne", c'est-à-dire une taille basse avec des jambes larges et des chevilles droites. Sur moi, j'avoue, les jambes larges ne font pas vraiment "larges", juste moins serrées que le
boot cut, quoi.
Mon choix s'est porté sur un
boot cut en 38 C (le C est mis pour "jambes courtes") et sur un
boy fit en 36 N (c'est-à-dire "jambes normales", le 36 C était trop court) : parfaits, merveilleux, ils tombent pile poil sur mes chaussures. (Une riche idée, ça, les différentes dimensions de jambes : je ne marche plus sur des kilomètres de tissu inutiles qu'il faut couper et ourler, c'est une révolution.) Je n'en reviens pas que Gap taille si bas ; je ne me souviens pas du dernier pantalon en 36 dans lequel j'avais pu caser mes formes, ça doit dater de mon année de cinquième. Tout cela est fort flatteur.
Me voilà donc, grâce à Gap, habillée pour l'hiver, et même beaucoup plus.
Ma seule crainte est que ces merveilleux atours, que je lave une fois à l'envers avant de les porter, comme faisait ma maman, pour fixer la couleur et éviter qu'ils ne déteignent plus tard, ne perdent définitivement leurs teintes à force de tremper car les petits gars de la compagnie des eaux ont eu la bonne idée de couper l'eau au beau milieu de mon cycle de lavage. Mais ça, c'est une autre histoire.