Quand est-ce que le passé passe enfin ?
lundi 3 juillet 2006, par Ménille Avénale, dans la catégorie Dear diary -# 194 - Fil RSS
Je n'arrive pas à envisager sereinement que l'homme que j'aime ait été, autrefois, avant, amoureux d'une autre. Ou de plusieurs autres. Ou qu'il soit simplement sorti avec elles. Ou qu'il n'y ait eu "que" du sexe, parfois bien moins, entre eux. Ou même qu'il ait été juste attiré par telle ou telle. J'ai tendance à considérer que toutes ces filles du passé, en masse, sont de sales petites putes qui n'ont pas eu d'autre objectif dans la vie que de se trouver avant moi sur le chemin de Fiancé pour lui faire de l'oeil, lui plaire, profiter de ses yeux, de ses pensées, de sa voix et de sa peau si douce, et qui ricanent doucement aujourd'hui en se disant Gnek gnek gnek, je l'ai eu avant elle (oui, pourrais-je répondre, mais toi, ma conne, tu n'as pas su le garder, ni d'ailleurs lui donner envie de te garder, et toc).
Imaginez donc ma douleur quand hier, en aidant Fiancé à trier ses affaires et boucler ses cartons - car, si jamais vous l'ignoriez, nous déménageons -, je tombe sur un charmant petit cahier, enfoui sous une pile de trucs divers et probablement oublié là depuis des années, rempli de... brouillons de lettres. D'amour. Adressées à une personne qu'il n'a pas revue depuis belle lurette et dont, je dois être honnête, j'avais déjà entendu parler. Je savais qu'elle existait et qu'il lui avait envoyé des lettres, mais je ne m'attendais certes pas à me retrouver face à elles.
Bien entendu, malgré les avertissements de Fiancé qui se doutait de ma réaction et qui protestait du fait que tout cela était bien vieux, j'ai tout lu. Avec un plaisir masochiste qui me trouble. Tout lu, et tout relu. D'abord en corrigeant les fautes d'orthographe et en ajoutant de petits commentaires en marge, pour me donner une contenance et jouer la carte de l'humour. Ensuite, ce matin, seule, très sérieusement. En m'arrêtant sur certaines phrases, sur certaines tournures, et en me torturant les méninges pour essayer de me souvenir si quelqu'un, un jour, m'avait écrit quelque chose d'aussi beau.
Fiancé explique qu'il n'aimait pas vraiment cette fille (bien que le mot apparaisse dans les brouillons). Il dit que ce qu'il voulait à l'époque, c'était une histoire épistolaire romantique et respectueuse, et que tout cela est mort de sa belle mort parce que la demoiselle en question ne répondait guère ; elle appréciait sûrement ce qu'elle recevait, mais la relation est restée largement unilatérale.
Seulement, là où il n'a guère de chance, c'est que cela rencontre une obsession constante chez moi ; quand j'arrive à comprendre par hasard - par exemple en regardant des photos sur son ordinateur - qu'il y a eu quelque chose, un jour, entre certaine fille et lui, je cherche à tout reconstituer avec une précision démoniaque, en lui demandant des détails impossibles qu'il a oubliés depuis longtemps. Je sais que ça peut paraître stupide, et je dois avouer que je ne sais pas bien moi-même d'où ça vient. Il me semble que je rêve de le posséder entièrement, de tout savoir de lui. C'est probablement assez malsain, d'ailleurs. Et il hésite d'autant plus à me répondre qu'il sait très bien, puisqu'il lui arrive aussi de me poser des questions, combien on souffre de mettre le nez dans les amours passées de l'autre.

Photo : Citydwellerpoetry
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Sans transition et pour se la péter un peu, n'hésitez pas à consulter certaines pages de Google qui vous feront vous sentir brusquement polyglotte et brillant ; je ne peux garantir la qualité de l'anglais (Kitty, une opinion là-dessus ?...), mais c'est assez amusant.


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