Ménille Avénale

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Le Nouveau Coq et les Trois* Poules, 1/3

le dimanche 4 mai 2008

* Quatre ? Cinq ? Dix ?...

Comme annoncé précédemment, voici un petit quelque chose d'amusant en plusieurs parties qui tend à démontrer, si vous voulez vraiment un pitch, que les filles sont des greluches, et les garçons, des machos. (Je plaisante. Ce sont en fait les poules qui sont des greluches, et les coqs qui sont des machos. Evidemment.) Et ce quelque chose m'a été inspiré par des faits rigoureusement exacts, par moi observés, auxquels je ne modifie presque rien.

Episode 1 : Une Basse-Cour, son Coq et quelques Poules Crédules

Il était une fois une vaste basse-cour dans laquelle les animaux vivaient en toute liberté et dans une entente parfaite. Ils y menaient leur vie à leur manière et se rassemblaient de temps à autre pour partager des moments conviviaux. Le grand roi de ces animaux, le centre de leur attention, leur conseiller et leur modèle était un Coq aussi avenant et chaleureux que mystérieux. Il accueillait les nouveaux animaux avec un mot gentil, saluait les habitués de la basse-cour avec prévenance, souriait, riait, plaisantait, mais personne ne savait rien de sa vie privée. Des rumeurs couraient de temps à autre sur sa supposée relation avec l'une ou l'autre Poule mais aucune n'était jamais confirmée.

Il faut dire que le Coq maintenait soigneusement le secret qui régnait sur cette partie de son activité. Brillant comme il était, il avait tout intérêt, pour entretenir la fascination que lui vouaient les animaux, à taire toute information touchant à sa vie sentimentale. Si l'ensemble de la basse-cour - et surtout les Poules - continuait à penser qu'il était célibataire et qu'un coup de foudre restait toujours possible, son ascendant n'en serait que renforcé. Notre Coq, qui était tout sauf un idiot, avait compris cela depuis belle lurette et s'employait activement à paraître perpétuellement disponible, ouvert, voire séducteur quand il s'adressait aux Poules, ce qui lui permettait de les maintenir d'autant plus sûrement sous sa coupe.

Un petit groupe de Poules, notamment, lui était tout particulièrement dévoué. Il s'agissait de Poules célibataires dont certaines avaient connu des aventures désastreuses avec d'autres Coqs, dans d'autres basses-cours, et voyaient donc en lui un modèle de Coq attentionné, dévoué, intelligent, charismatique et droit, à l'opposé de tous ceux qu'elles avaient fréquentés jusqu'alors. Si le Coq manquait de beauté physique à strictement parler - certaines mauvaises langues disaient même que son plumage était particulièrement laid, ce qui est excessif -, son intelligence et sa personnalité palliaient sans peine ce léger manque et entretenaient aisément la fascination qu'il exerçait sur ces quelques Poules. Elles saisissaient toutes les occasions de chanter ses louanges, de vanter ses charmes et certaines d'entre elles nourrirent sans doute de sincères sentiments d'amour à son égard - du moins est-on en droit de le supposer, même si elles restaient discrètes sur ce point et ne se livraient pas à des confidences trop intimes auprès des autres animaux.

Alors que tout allait bien dans cette basse-cour depuis des années, la situation commença un jour à se dégrader avec l'arrivée d'une Poule sur laquelle le Coq jeta tout particulièrement son dévolu alors même qu'elle ne lui prêtait pas une grande attention. Elle fut nommée son Assistante en Chef et passa donc beaucoup de temps avec lui, pour des raisons strictement professionnelles. Très vite, elle jugea que non seulement il se montrait trop insistant dans ses tentatives de séduction, mais qu'il avait également mauvais caractère. Il se gardait bien pour sa part de laisser voir à d'autres l'intérêt qu'il lui portait, de manière à paraître toujours aussi disponible aux Poules célibataires. L'Assistante décida de se taire et de ne point ruiner sa réputation en révélant qu'il essayait de la séduire avec acharnement mais, pour son malheur, elle tomba un jour amoureuse d'un jeune Canard extrêmement séduisant qui répondit à son amour et la demanda vite en mariage. Jaloux de leur bonheur et surtout de la perte de cette Poule tant convoitée, le Coq devint hargneux envers elle et lui rendit bientôt insupportables les journées de travail qu'ils passaient ensemble, au point qu'elle voulut démissionner au plus vite. Pendant ce temps, sans doute pour lui prouver qu'il pouvait se passer d'elle, le Coq séduisit une très jeune Poulette, s'afficha avec elle aux yeux de l'Assistante - mais d'elle seulement - et lui confia un nombre grandissant de tâches comme pour mieux rendre vaine la présence de cette dernière, qui vécut ainsi un véritable enfer pendant les derniers jours de son contrat.

Après sa démission, l'Assistante et son Canard, auquel elle se confiait beaucoup et qui était donc au courant de la liaison entre le Coq et la Poulette, pensèrent d'abord que ces derniers révéleraient officiellement qu'ils avaient une relation et s'afficheraient en public sans plus attendre. Or, cela ne se produisit pas, bien au contraire. Le Coq continua de garder le silence sur la nature de ses liens avec la Poulette - qui, par amour et fascination pour lui, honorée d'avoir été choisie entre toutes, accepta d'en faire autant - et de charmer plus ou moins ouvertement les Poules qui étaient toujours à ses pieds. Révoltée par cette situation, l'Assistante raconta ce qu'elle savait à plusieurs animaux de la basse-cour et le bruit commença à courir que le Coq n'était pas célibataire. Quand il parvint aux oreilles des Poules, elles firent semblant de ne pas l'entendre et accusèrent même l'Assistante d'avoir menti.

Celle-ci en fut très blessée et crut que le Coq et la Poulette laveraient son honneur en confirmant la rumeur qu'elle avait contribué à répandre. Mais, une fois encore, il n'en fut rien. La Poulette et le Coq démentirent tous deux avoir une liaison - le Coq avait expliqué à sa jeune maîtresse que c'était indispensable pour sa réputation et elle l'avait naturellement accepté. L'Assistante et le Canard durent quitter la basse-cour, sous les huées des Poules persuadées que leur Coq adoré disait la vérité et qu'un jour, il finirait par s'éprendre de l'une d'elles. D'autres animaux, plus méfiants, commencèrent à poser un regard suspicieux sur le Coq et à remettre en question son rôle dominant au sein de la basse-cour. Lui se braqua, se drapa dans sa dignité et son autorité au lieu de chercher à se défendre honnêtement et se fit de plus en plus d'ennemis, notamment parmi ceux qui trouvaient qu'il avait un ascendant excessif sur les Poules.

Quelques semaines passèrent encore et, tout en continuant à voir sa Poulette en cachette, le Coq fit croire à plusieurs Poules qu'il tombait ou pourrait tomber amoureux d'elles, ce qui lui assura leur soutien définitif au milieu des troubles de la basse-cour. Cependant, cela ne suffit point à lui conserver son autorité sur les autres animaux ; la fronde se fit de plus en plus violente, le Coq abandonna sa Poulette à la hargne des autres animaux et finit par partir pour toujours sans avoir reconnu ses torts et en convainquant les Poules sur lesquelles il avait tant d'influence qu'il était une victime, un martyr innocent sacrifié à l'orgueil d'une poignée de révoltés.

A suivre.

Hush, little baby, don't say a thing

le vendredi 2 mai 2008

(J'essaie de ne pas parler trop fort parce que je ne veux pas effrayer l'antispam. Vu comme il se sent mal chez moi, je crois qu'il va lui falloir un chouchouï de temps pour s'acclimater et je ne dois pas le brusquer.)

Ok. Donc.

Antispam en place. Merci à Sapho et Eph'K pour leurs liens et conseils. On va voir ce que ça donne, hein. En attendant, tous spams effacés. Si si, check, tous mes posts ont retrouvé leur nombre moyen normal de commentaires. C'est beau, un blog propre. A quand une planète idem ? Par suite, bien sûr, commentaires rouverts. Profitez-en, si vous êtes encore là (ça aussi, ça va être un gros test), pour m'indiquer des blogs que vous aimez bien (et que je ne connais pas déjà) parce que bien que n'ayant plus DU TOUT le temps de les lire, pour ainsi dire, j'ai en quelque sorte décidé que je n'avais pas assez de favoris et je ne trouve rien d'excitant en ce moment, alors aidez-moi. Sinon, j'ai du post rédigé, du post tout chaud qui n'attend que d'être mis en ligne mais je n'avais pas envie de le balancer comme ça mesquinement sans savoir ce que donnerait l'antispam et de risquer qu'il se fasse polluer, le pauvre !... Alors j'annonce : il y a du post de malade qui débarque prochainement. Un conte philosophique. Oui madame. Du conte philosohique à clés avec des animaux symbolisant des hommes, je ne vous dis que ça. Je préfère prévenir : il n'y aura ni sexe, ni images tendancieuses, vous pourrez tout lire chez vous ou au bureau sans craindre de passer pour des pervers. Mais même sans sexe, ça fait drôlement envie, non ?

D'ailleurs, pour prouver ma bonne foi, vous allez voir le genre d'image sobre dont je sais, avec goût d'ailleurs, agrémenter discrètement mes écrits. Admirez donc ce chef-d'oeuvre d'Eph'K, par exemple :



C'est beau, hein ?

EDIT. Les commentaires qui ne s'affichent pas ne sont pas forcément perdus : il se peut que SpamClear les prenne encore pour des spams et que je doive d'abord lui signaler qu'ils n'en sont pas. Donc, pas de panique, commentez tout de même si vous en avez le coeur. Cela dit, si vous en avez perdu toute envie depuis longtemps, je comprends très bien aussi.

EDIT bis. Pour les commentaires laissés juste avant ou pendant l'invasion des spams tueurs, j'espère que vous me pardonnerez de les laisser ainsi sans réponse, ce qui n'est pourtant pas dans mes habitudes. Je les ai tous lus mais je ne vais pas y répondre aujourd'hui, un mois ou un mois et demi après, ce serait ridicule...

Bonjour les jeunes

le vendredi 25 avril 2008

Non, vous ne pouvez toujours pas commenter parce que je n'ai pas encore réglé la question de l'antispam (ce n'est pas faute d'avoir reçu moult bons conseils sur ce point, mais juste faute de temps), alors pour ce post, je vais délibérément parler dans le vide. Avec tout le trouble de ces dernières semaines et mon manque criant de disponibilité, j'en ai oublié de fêter le deuxième anniversaire de ce blog, dites donc !... Ca s'est passé le 29 mars dernier et en l'absence de commentaires, je vous invite juste à sourire devant votre PC et à prononcer à voix haute la phrase suivante : "Joyeux deuxième anniversaire, Ménille !" Je le sentirai et ça me fera très plaisir, je vous assure. Et quant au rythme de mise à jour, bon, j'ai quand même quelques posts sous le coude mais je ne sais pas bien quand je pourrai les mettre en ligne.

Deux choses toutefois :

1. Je n'ai pas trouvé très sympa de la part de Philippe Manoeuvre de révéler mercredi soir dernier, en direct, que le père de Benjamin Delanouvellestar était le rédacteur en chef du magazine Jazz (je n'ai pas vérifié, j'aurais probablement dû, je me fie exclusivement à ma mémoire). Ce garçon n'a peut-être pas envie que les téléspectateurs sachent qu'il appartient par son père au petit sérail médiatico-musical français et il préfère sans doute être élu pour son seul talent - qu'il a grand, d'ailleurs, ou est-ce moi qui ai de la merde dans les oreilles ? Involontairement, cette information me met mal à l'aise ; j'ai tendance à me dire ah voilà, encore un fils-de-quelqu'un-de-bien-placé alors que franchement, là n'est pas la question, et tout ça, C'EST LA FAUTE A PHILIPPE MANOEUVRE.

2. En bonne et fidèle madonnaphile depuis près de vingt ans, j'ai acheté aujourd'hui Hard Candy, le nouvel opus de la star, qui est bien meilleur que ce que peut laisser penser sa pochette désastreuse. Tout cela est efficace, frais, agréable au possible, mais je suis un peu embêtée parce que c'est le deuxième album de suite qui soit entièrement formaté dance floor et que cela fait maintenant dix ans - depuis Ray Of Light - qu'elle n'a pas sorti quelque chose de vraiment nouveau et surprenant de sa part. Mais bon, elle va avoir cinquante ans cette année, peut-être a-t-elle décidé de s'éclater une dernière fois avant de passer ensuite à des choses plus consistantes.

C'est tout pour aujourd'hui, vous pouvez retourner bosser.

Devine...

le mercredi 2 avril 2008

... en voulant effacer les spams qui assaillent mes vieux billets, j'ai fait une fausse manip...

Bien sûr...

Et alors donc, par la même occasion, j'ai effacé de VRAIS commentaires :
- un d'Anna
- un de Maud
- un d'Eph'K
- un de Krazy Kitty.

Bon, je les avais déjà lus, c'est pas la question, mais je voulais juste vous le signaler, que vous ne pensiez pas que je vous snobais.

Et je vais vous dire un truc :
- Anna : un mois ?... La vache, ça commence à faire... Tu pourrais peut-être leur envoyer un petit mail pour savoir où ça en est ?
- Maud : merci de te dévoiler et heureuse de te lire ici (même si maintenant ton commentaire est effacé mais on ne va pas épiloguer sur ce triste épisode, hein !).
- Eph'K : du coup j'ai perdu le lien de ce tuto, tu pourrais me le remettre ? Parce que ça pourrait m'intéresser de comprendre quelque chose à SpamClear, je ne te le cache pas.
- Krazy Kitty : c'est un sage conseil et je ne sais pas pourquoi je ne l'ai pas suivi plus tôt. J'ai mis une limite de temps, elle est encore assez large, mais ça me permettra de me débarrasser de pas mal de spams et si ça ne suffit pas, je pourrai toujours la resserrer après.

Voilà !

EDIT. Je ferme tous les commentaires le temps de régler cette affaire de spams (et comme je n'ai guère le temps de m'en occuper en ce moment, ça durera un peu. Mais bon. Ce n'est pas non plus comme si ce blog avait une vie intense en ce moment).

Hello, Mr Lincoln !

le lundi 31 mars 2008

Ca va être brièvissime : alors oui, je sais, je suis pour ainsi dire, euh, absente du Net mais tout va bien ! Seulement, mon blog est littéralement assailli par les spams, c'est une horreur. Quelqu'un aurait-il une solution, au fait ?... (Je veux dire, à part les antispams pourris de DotClear 1 qui ne servent à rien du tout.) En ce moment, je n'écris pas grand-chose pour ici et je n'ai pas non plus trop le temps de répondre aux commentaires, mais je les lis et puis les posts finiront bien par revenir aussi. Alors stay tuned et bisous, les loulous.

Je déteste la Nouvelle Star

le lundi 24 mars 2008

Mercredi dernier, j'ai regardé cette foutue émission alors que je n'ai de coup de coeur pour aucun candidat cette année* et pas du tout envie de me mettre à la colle avec ce programme jusqu'à fin juin comme l'an dernier. Mais laissons de côté ce mouvement masochiste et destructeur typique de ma personnalité et voyons plutôt les choses en face :

la Nouvelle Star est une émission hyper-stressante et très, très angoissante.

C'est horrible. Pendant les épreuves du Trianon, le téléspectateur subit de plein fouet les appréhensions des candidats, vit leur vie de chanteurs stressés presque deux heures durant, prend les tensions intra-jury droit dans la tronche (au fait, quelqu'un pourrait-il demander à Philippe Manoeuvre de cesser de s'énerver et de faire semblant de vouloir tout casser dès qu'une délibération dure un peu trop longtemps à son goût ? C'est pénible, à la fin, et on a envie de lui dire que s'il ne se sentait pas d'être juré, il n'avait qu'à décliner la proposition, le pépère), ressent les coups de blues, les coups de tête, les coups de gueule comme s'il y était, manque de craquer et de s'effondrer comme eux, et tout cela, sans même avoir la compensation du direct, du show, du grand (?) spectacle, du divertissement à l'ancienne comme ce sera le cas quand tout ce petit monde aura investi Baltard.

Ah non, je vous assure, ça vous fait des soirées à peine vivables.

La nuit qui a suivi, j'ai dormi cinq heures, incapable que j'étais de trouver le sommeil avec le coeur qui battait à tout rompre et les visages défaits de ces pauvres petits loups devant les yeux. Les termes "catastrophe", "hécatombe", "je me suis plantée", "j'ai craqué" me hantaient jusqu'à l'étourdissement. Et le teaser de la semaine prochaine m'a glacé le sang : après la fin de la dernière épreuve du Trianon, les jurés recevront les cinquante derniers candidats un par un, à Baltard, pour leur annoncer si oui ou non, ils vont monter sur la scène du direct. Le décor de ces petits entretiens privilégiés sera des plus dépouillés : au milieu des structures métalliques du pavillon, deux fauteuils blancs hyper carrés, pas du tout mous ni confortables, placés à peu près face à face, dans la lumière bleue qui, dans ce genre d'émission, signifie qu'attention, l'heure est grave et le verdict approche.

J'en frissonne d'avance. Hors de question que je regarde cela en semaine, je risque de m'évanouir. A la limite, je visionnerai la rediff du vendredi soir sur W9 après avoir consulté sur Internet la liste des candidats retenus, de manière à aborder le tout avec la sérénité de celle qui sait déjà et à ne pas avoir l'impression, cinquante fois de suite, d'être moi-même la candidate coincée sur le fauteuil et qui ne sent plus ses jambes. Oui, je vais faire ça. Ce sera bien.

* Ok, ok, ce n'est pas tout à fait vrai. J'aime bien le Julien aux yeux clairs qui a chanté Halleluiah au casting, et aussi Cédric le marin, avec ses polos classious et son air de venir tout droit de sa dernière partie de golf, et Ycare, même s'il est moins drôle qu'il ne semble lepenser. Du côté des filles, j'aime évidemment Amandine, la blonde à la voix rauque qui avait chanté Knocking on heaven's door, et Sian, qui a une voix et une allure magnifiques mais qui commence à me saouler à mettre des "ba ba dou wap wap dou wap" partout, et Martje, la belle Hollandaise qui déchire tout dès qu'elle ouvre la bouche, et bien sûr Violaine, qui porte des béquilles et paraît si fragile jusqu'à ce qu'elle commence à chanter. Et je ne PEUX PAS encadrer Jules, le mini-alien de dix-sept balais qui se prend pour un rockeur (mais quelle idée bizarre !... qui lui a mis cela dans la tête ?) et dont j'espère qu'il va dégager vite fait, bien fait. Mais à part cela, je n'ai de coup de coeur pour aucun candidat.

Well, I will give them more

le mercredi 19 mars 2008

Attention, tout le monde s'en fout.

Parce que 1. c'est tout de même très moyennement intéressant (ce sont uniquement des renseignements sur ma petite personne), et 2. comme ça fait environ trois cents ans que ce questionnaire tourne, personne n'en goûte plus la fraîcheur et quand on tombe sur un blog qui y a répondu, la réaction est plutôt "oh non, encore" que "waow ! qu'est-ce que c'est que ce truc génial".

Mais bon. Lisbeï m'a taguée et j'aime trop Lisbeï (et les bonnes manières) pour dire non. Et puis j'ai envie d'y répondre, à ce questionnaire, moi aussi. Merde.

(Et la raison pour laquelle j'ai mis autant de temps à rédiger ce post après avoir été taguée, la voici : j'ai eu du mal à trouver six réponses. A chaque fois que l'une d'elles me venait en tête, je me dépêchais de la noter, mais tout n'est pas venu en une fois.)

(On est d'une indulgence avec soi-même... Bref.)


Alors donc, il y a des règles :

1-Mettre le(s) lien(s) de la/les personnes qui vous taguent check !
2-Mettre le règlement sur votre blog check !
3-Mentionner six choses/habitudes/tics (non) importants sur vous même ok, on va faire ce qu'il faut
4-Taguer six personnes à la fin de votre billet en mettant leurs liens non, désolée, je ne ferai pas ça, je ne le fais jamais, les gens se servent directement sur l'étal
5-Avertir directement sur leurs blogs les personnes taguées mais t'es bouché ou quoi ? t'as pas compris que je ne le ferais pas ?

Et maintenant, LES REPONSES.

1. (Attention, c'est très très passionnant) Quand je vais sur le Net, je consulte toujours les pages dans le même ordre. Ce n'est pas un ordre préétabli ni réfléchi ; c'est juste une habitude qui m'est venue comme ça. Ma page d'accueil, c'est Netvibes. J'arrive, je me connecte, et là, ça commence : d'abord, ma messagerie perso, puis mon Facebook perso, mon blog (uniquement les pages d'administration pour lire les nouveaux commentaires), ma messagerie de blogueuse, le forum du CCS, LadiesRoom, mon Facebook de blogueuse, Twitter, les fils des commentaires que j'ai laissés sur les posts d'autres blogs, mes blogs favoris. Je ne consulte pas tout cela tous les jours, mais quand je vais tout voir, c'est dans cet ordre. Et une fois que j'ai fait le tour, je reviens éventuellement en arrière, je m'attarde à un endroit ou à un autre, etc. Je ne consulte pas très souvent les pages d'actualité, j'écoute la radio matin et soir et éprouve rarement le besoin de compléter l'information - sauf, bien sûr, si je cherche quelque chose de particulier.

2. J'ai besoin de boire du thé plusieurs fois dans la journée - au moins deux : une fois le matin et une fois après le repas de midi. Si je manque une de ces deux tasses, ça ne va pas. (Dans ma tête, du moins. Parce que si ça se trouve, ça va très bien en fait.) Parfois, je rajoute une tasse dans la matinée et/ou une dans l'après-midi. Au-delà de quatre tasses par jour, j'évite. Il paraît que c'est comme le café, il ne faut pas en abuser. Autre chose : après certains repas de midi riches en fer, il faut attendre une heure pour boire du thé, parce qu'il inhibe l'absorption du fer par l'organisme. Comme j'ai une légère tendance à l'anémie, je fais attention à cela. Après un steak, des épinards ou que sais-je encore, j'attends donc une heure. Et je peux vous assurer qu'elle me paraît longue. Surtout vers la fin.
(Ah oui : cette habitude n'est valable que pour les jours de boulot. Le samedi, en vacances ou autres, je ne fais pas forcément cela. Je n'y songe même pas et si je rate une de mes tasses traditionnelles, je m'en rends à peine compte. C'est vraiment très associé au travail.)

3. Pour moi, un brossage de dents doit durer trois minutes minimum, sinon, ce n'est pas un brossage de dents. Je sais, ce n'est pas moi qui ai inventé cette durée, c'est réglementaire et conseillé par les spécialistes de la santé (en tout cas en France). Du coup, je ne sais pas pourquoi, c'est devenu une mini-névrose et si je me brosse les dents moins de trois minutes, j'ai l'impression de ne l'avoir pas fait du tout. Alors j'emporte mon téléphone portable ou mon iPod à la salle de bain, histoire d'avoir un moyen de me chronométrer. L'iPod est un piège de ce point de vue : si je choisis une chanson d'environ trois minutes que j'aime particulièrement, j'ai tendance à interrompre le brossage pour chanter ou danser, et tout est à refaire.

4. Quand j'ai pris des photos avec mon appareil numérique et que je les transfère sur mon ordinateur, j'en profite toujours pour les stocker également en ligne sur un serveur gratuit (et surtout pas sur Facebook, malheureux !). Cette habitude vient du jour où, voulant restaurer le système de mon ordinateur, je me suis trompée dans mes sauvegardes et ai perdu plusieurs très beaux albums auxquels je tenais beaucoup. Je m'en suis tellement voulu et j'en ai été si triste que depuis, je ne me sens en sécurité, niveau photos, que si elles sont aussi en ligne, bien à l'abri. Et de temps en temps, trois ou quatre fois par an peut-être, je vérifie que mes albums en ligne sont à jour en recomptant le nombre de photos de chacun.

5. Je respecte scrupuleusement un roulement dans ma vaisselle et mes couverts pour ne pas toujours utiliser les mêmes. Par exemple, quand je range des assiettes propres, je les mets systématiquement en-dessous de la pile. Même chose avec les verres, les couteaux, les fourchettes, etc. Fiancé ne comprend pas l'intérêt du truc ; quand je le lui explique, il a l'air de dire que oui, bon, d'accord, c'est le bon sens, mais enfin, ce n'est pas la fin du monde si l'on utilise toujours les deux mêmes assiettes. Lui, il ne respecte pas le roulement et je m'en rends compte à chaque fois : je retrouve sur le dessus de la pile les assiettes utilisées au repas d'avant, ce genre de choses...

6. Quand j'entends, à la télé ou à la radio, quelque chose qui provoque une vive émotion - de la surprise, de la colère, de la joie, de l'agacement... - je ne peux m'empêcher d'intervenir à voix haute, soit en faisant un simple commentaire, soit en m'adressant directement à la personne qui parle. Et ce, que je sois seule ou pas. Je sais qu'essayer d'entrer en contact avec des personnes qui ne peuvent pas t'entendre est très courant, mais je ne peux m'empêcher de me sentir un peu idiote à chaque fois.

Le monde à l'envers

le dimanche 16 mars 2008

Depuis que j'ai arrêté de fumer :

1. mes cheveux se salissent de plus en plus vite ;

2. j'ai de petits boutons sur le front alors que, depuis que j'ai changé de crème de jour il y a presque un an et demi, cela ne s'était pas reproduit ;

3. et bien entendu, j'ai pris un kilo et demi, que je me bats pour ne pas voir augmenter, mais que tous mes efforts physiques et nutritifs ne parviennent pas à éradiquer.

Heureusement qu'en compensation, je sais que je suis en train de réduire de 20% mes risques de mourir d'un cancer avant l'âge de soixante ans. Parce que sans cela, j'avoue, j'aurais tendance à me demander si cette privation vaut réellement le coup.

Mon ex-plus belle chanson d'amour

le jeudi 13 mars 2008

(Après, je vous laisse tranquilles avec cette histoire.)

Je n'ai pas voulu ajouter ceci à la fin du post concerné parce qu'il fallait que sa dernière phrase soit bien la dernière et que, d'ailleurs, cette coïncidence entre dans la catégorie Petit carnet rouge plutôt que dans n'importe quelle autre, mais je vous jure que ce qui suit est absolument vrai (comme tout le reste, d'ailleurs) :

Au moment précis où, dans le post précité, j'écrivais les mots "à la faveur d'une sorte de contorsion de son bras" (rappelez-vous, le voyage à l'étranger, les longues heures en car, toussa), la radio a commencé à diffuser "Wonderwall", d'Oasis. Qui à l'époque, avec deux ou trois autres*, était pour moi, dans mon coeur, en secret, notre morceau parce qu'on l'adorait tous les deux et qu'on avait eu l'occasion de l'écouter ensemble en le chantant, vu qu'on le connaissait par coeur, et ce, pendant ce voyage en car, très précisément. Eeeeeh ouiiiiii. C'est pas de la vraie bonne coïncidence de compétition, ça ?...

* Dont "Zombie" des Cranberries et " '74-'75", des Connells. Je vous parle d'un temps...



Et Liam, si tu m'entends, j'adore tes lunettes.

Mon ex-plus belle histoire d'amour, 3/3

le dimanche 9 mars 2008

Suite et fin du 1/3 et du 2/3. Vous l'aimez ma bluette, hein ?

Alors que nous étions en première, un après-midi, une fois de plus, nous nous sommes arrangés pour rester ensemble après la séance hebdomadaire et pour aller nous balader un peu, puis il m'a raccompagnée chez moi. A ce moment-là, bien des semaines et bien des mois avaient passé depuis mes premiers émois et j'étais entrée dans une phase étrange ; je devais considérer, je crois, que je ne l'aimais plus. D'une certaine manière, cela me faisait du bien. Je n'étais plus à fleur de peau au moindre de ses gestes, j'étais, pour le coup, nettement plus sûre de moi qu'un ou deux ans plus tôt, et cela devait se sentir parce que ce jour-là, pour la première fois depuis longtemps - il devait commencer à se lasser, le pauvre - il se montra à nouveau très empressé envers moi. Il vint donc jusqu'à ma porte et resta là un certain temps pour discuter. Et comme c'était le printemps et que j'étais (à nouveau) en jupe courte (mais avec des talons, cette fois), je me sentis libre, attirante et audacieuse (ce devait être la première fois de ma vie que j'éprouvais cette impression) et je lui dis : "Il y a quelque chose que tu devrais savoir, quand même. Au début, quand on a commencé à être amis, j'étais vraiment folle de toi".
(Avouer cela me coûta beaucoup et me fit battre le coeur très fort, mais je voulais savoir ce qu'il en était et je me croyais protégée par ce que je pensais être de l'indifférence à son égard et qui n'était en fait qu'un apaisement momentané et trompeur de mes sentiments.)
Il me regarda avec de grands yeux ronds et je me sentis si gênée que je me réfugiai - comme d'habitude - dans la froideur. Il me dit : "Eh bien, tu veux que je te dise quelque chose ?" et je répondis : "Non", durement. Je le regrettai aussitôt et comme il faisait mine de s'en aller, je me radoucis et lui demandai de me le dire.

Et il dit : "Moi aussi, tu sais".

J'aurais pu mourir de cela. J'aurais vraiment pu mourir de cela.

Mais je survécus assez longtemps pour demander : "Pourquoi n'en as-tu pas parlé plus tôt ?
- Mais parce que je croyais que je n'avais aucune chance. Comment aurais-je pu penser que tu voudrais bien sortir avec moi ?"

C'est-à-dire que pendant plus de deux ans, nous avions passé notre temps à nous aimer et à penser que c'était voué à l'échec. Chacun dans son coin. Comme des cons.

Alors, je l'ai regardé dans les yeux. Bien droit. Bien fermement. Et je me sentais fondre, mais je l'ai regardé. Et il avait le regard le plus beau et le plus puissant qu'il m'ait été donné de soutenir jusqu'à ma rencontre avec Fiancé. Et il ne plaisantait plus du tout, je ne pouvais pas en douter, je ne pouvais plus me mentir. Il était très sérieux, il me regardait et fondait pareillement, à vingt centimètres de moi à peine. Et il avait parlé de ses sentiments au passé comme moi, mais je savais à cet instant que j'avais menti en employant le passé et son regard me disait qu'il avait fait de même et que je devais comprendre son aveu au présent. Le garçon que j'aimais le plus au monde. Le seul que j'eusse jamais aimé autant, bien plus encore que je ne pouvais le mesurer à l'époque, car depuis, avec le recul, je sais combien cet amour-là était absolument pur et profond. Vraiment.

J'aurais dû lui dire : "Et maintenant ?"
J'aurais dû lui dire : "Et si c'était encore possible ?"
J'aurais dû ne rien dire, juste m'approcher de lui, imperceptiblement, donner l'impulsion et lui laisser croire que c'était lui qui se lançait et m'embrassait alors que c'était moi qui l'aurais décidé.

Je n'ai rien fait. Tout était encore possible, et je n'ai rien fait.

J'ai dit quelque chose comme "Ah bon, ok", je crois. Et puis encore deux ou trois banalités. Et je l'ai laissé partir. (Vraiment, aux deux sens du mot.)

Après cela, étrangement, nous nous sommes un peu comportés comme un vieux couple. Il y a eu un voyage à l'étranger, genre voyage scolaire - sauf que ce n'était pas scolaire mais peu importe - pendant lequel nous avons vécu une sorte de rupture. J'étais si atteinte par les complexes de la fille moche que tous les signaux désespérés qu'il a recommencé à m'envoyer avant de laisser tomber, je ne les ai pas plus vus que les précédents. (Pourtant, je n'avais plus aucune excuse. Je devais juste être profondément déformée.) Pendant les longues heures de car, nous nous sommes successivement retrouvés : assis moi devant lui (et sa main à lui passant par-dessus le dossier du siège à la faveur d'une sorte de contorsion de son bras pour tenir et caresser la mienne pendant toute la durée du film que le chauffeur diffusait), assis moi sur ses genoux à lui (et lui, posant sa tête sur mon épaule, les yeux fermés, me caressant le dos, me laissant passer mes bras autour de son cou et m'appuyer contre lui aussi, et tout le car croyant, une fois de plus, que nous sortions ensemble), etc. Mais aussi moi debout dans une file d'attente devant lui, et lui me touchant les fesses pour faire son malin devant ses copains, et moi me fâchant, soutenue par mes copines, et faisant la tête le reste de la soirée. Et enfin moi à côté de lui à une table, pour une belote, m'adressant à lui méchamment parce que la veille au soir, bourré, il était venu rouler un gros patin à une fille juste devant moi, bien ostensiblement, et que cela m'avait rendue dingue. Et lui me répondant : "Mais arrête, t'es là, tu t'énerves, tu sais même pas pourquoi tu t'énerves", et moi, sur le même ton toujours : "Mais si, je sais", et quittant la table, et lui me suivant vers ma chambre, de plus en plus suppliant : "Mais vas-y, me tourne pas le dos comme ça, oh, je suis là, regarde-moi, je suis là, parle-moi maintenant qu'on est que tous les deux, parle-moi", et moi, au bord des larmes : "Non, s'il te plaît, attention, je ferme la porte", et fermant la porte à laquelle il a frappé une ou deux fois en m'appelant doucement puis en murmurant mon prénom avant de renoncer et de s'en aller (informations prises, il a bu à nouveau ce soir-là, c'était donc la deuxième cuite de sa vie, et il s'est mis à pleurer quand ses copains l'ont ramené dans son lit).

Et malgré tout cela, lui me téléphonant, le lendemain du retour - et souvenez-vous bien qu'à l'époque, il fallait appeler sur le téléphone fixe familial et affronter les parents en se présentant et en demandant poliment Untel ou Unetelle -, et me parlant joyeusement de ce voyage qu'il jugeait le meilleur de sa vie et m'apprenant que j'étais la première participante qu'il appelait et qu'il n'allait téléphoner à tous ses précieux copains que plus tard dans la journée.

Après cela, à ses yeux, j'ai définitivement basculé dans la friend zone.

Nous avons continué à nous voir un peu et il subsistait quelque chose de tout cela, une complicité ou une gêne, je ne sais pas. Deux fois, j'ai essayé de l'entraîner à sortir avec des amis à moi : une fois à une soirée, une autre au cinéma, et les deux fois, il a accepté avec un certain enthousiasme puis s'est rétracté. Je ne sais pas s'il était timide ou s'il s'en foutait juste. La dernière fois que nous nous sommes parlé, nous nous étions rencontrés dans la rue, j'avais commencé mes études, il refaisait sa terminale et comme j'étais en voiture, je l'ai déposé en ville où il avait rendez-vous avec sa copine du moment. Quand nous nous sommes croisés sur ce trottoir, nous avons d'abord discuté et plaisanté pendant près d'une demi-heure, debout, comme ça, en pleine rue. Il se rendait à un endroit où il devait apporter des papiers importants en vue de je ne sais quoi. Au bout d'une demi-heure, donc, je lui ai dit : "Je vais te laisser, ça va fermer et tu ne pourras plus y aller". Il a regardé sa montre et répondu : "Non, j'aurais le temps mais laisse tomber, j'irai demain ou une autre fois". Et ensuite, nous avons parlé encore un quart d'heure, et c'est alors seulement que je lui ai dit que je devais rentrer et que je lui ai proposé de l'amener quelque part. Nous discutions avec une aisance incroyable, comme si cette intimité bizarre et ambiguë que nous avions construite en deux ou trois ans était encore fraîche et récente. Puis il est sorti de la voiture en souriant et en me disant "salut", et ce fut tout.

(Et plus tard, à la fac, il y avait ce professeur qui s'appelait comme lui, et à chaque fois qu'un de mes camarades le désignait par son nom de famille, j'entendais, moi, un mot magique qui avait si longtemps désigné celui que j'aimais, et je ne pouvais m'empêcher de ressentir ce petit pincement et cette légère accélération du rythme cardiaque pour laquelle je me trouvais aussitôt ridicule.)

Pendant des années, j'ai pensé que s'il revenait, s'il se montrait, s'il faisait signe, même au beau milieu d'une relation, n'importe laquelle, je laisserais tomber n'importe qui pour lui. N'importe qui. Jusqu'à il y a trois ans, je l'aurais fait, je pense.

Aujourd'hui, de son côté, il est marié. Je l'ai appris par hasard, je vous le jure. Je n'ai jamais songé à le pister ni sur Facebook, ni sur Google, ni Dieu sait où, parce que lui, c'est autre chose. Autre chose, au-dessus de tout cela. C'est à la fois mon premier amour, mon premier chagrin d'amour et mon ex-plus belle vraie histoire d'amour, malgré les non-dits et les non-faits. "Ex", bien sûr, parce que j'en ai une bien plus belle encore aujourd'hui.

Mon ex-plus belle histoire d'amour, 2/3

le mercredi 5 mars 2008

Suite du précédent, avec toujours l'émotion intacte.

A partir de ce jour-là, jusqu'à la fin de l'année de seconde puis pendant toute notre année de première et même une partie de la terminale, nous avons passé notre temps à être copains en apparence, et en apparence seulement. Parce qu'au fond, en réalité, je bouillais. J'étais amoureuse et je ne supportais pas de le voir avec d'autres. (Pendant cette période, il y en eut d'autres, pourtant. Pour lui comme pour moi. Pour moi, j'étais toujours aussi persuadée que c'étaient des nuls, et je revenais toujours à lui avec des sentiments inchangés et la preuve constamment renouvelée que personne n'arriverait jamais à sa hauteur.) Et pendant presque deux ans, il ne cessa de m'envoyer des signaux que je refusais de voir parce que je pensais qu'il n'était pas sérieux, que cela ne voulait rien dire, qu'il plaisantait avec moi parce que j'étais une bonne copine et que je devais cesser de rêver parce qu'un garçon comme lui ne pouvait pas être attiré par une fille comme moi. Et ces signaux, pourtant, étaient clairs.

- Un jour d'été, je le croisai en ville vêtue d'une robe assez courte et moulante (dans laquelle je me sentais d'ailleurs très mal à l'aise : j'ai dû la porter une ou deux fois après l'avoir achetée et ensuite, très vite, ma poitrine et mes fesses ne sont de toute façon plus rentrées dedans) et j'attribuai le regard qu'il posait sur moi à la joie du beau temps, des vacances scolaires et à la douce perspective d'assister aux festivals musicaux de la saison. Plusieurs semaines plus tard, je discutais avec une amie et lui, et fus amenée à décrire cette robe. Alors, me tournant vers lui, je lui dis : "Tu sais bien, tu la connais, cette robe, c'est celle que je portais cet été quand on s'est croisés en ville". Aussitôt, j'eus honte de montrer que je me souvenais avec tant de précision de chacune de nos rencontres (je continuais à les noter avec application). Mais il arbora un grand sourire et dit avec délectation : "Ah ouiiiiiii, je m'en souviens, de cette rooooobe... Ouh lààààà, moi je l'aimais bien, cette rooooobe... Tu devrais la mettre plus souveeeeent"...
(Et je vis un peu rouge et le traitai d'obsédé et lui tournai le dos. Et je me dis qu'il s'était bien payé ma tête, sans me rendre compte que, de fait, il se souvenait comme moi de cette rencontre et qu'il m'avait trouvée belle habillée comme ça. Et je rentrai chez moi pleine d'amertume.)

- Un après-midi, il proposa de m'emmener chez lui comme je l'avais emmené chez moi quelques semaines plus tôt, puis il se ravisa. Et comme je ne comprenais pas pourquoi, il me dit que ses parents étaient là. Je lui dis que je ne voyais pas le problème puisqu'il avait bien rencontré les miens, lui. Et il me répondit, agacé : "Mais tu ne comprends donc rien, toi". Alors je lui dis de se calmer, que ce n'était pas grave, que peut-être ses parents étaient plus sévères que les miens et que j'étais désolée d'avoir insisté... Mais il ne s'arrêtait plus, et secouant gravement la tête : "Non, je veux dire en général. Tu ne comprends rien, tu ne comprends rien, tu ne vois rien, tu ne comprends pas, je ne sais pas quoi te dire ou quoi faire pour que tu comprennes"...
(Et je me suis vexée. Oui, vexée. J'ai refusé de voir de quoi il parlait, j'ai cru ou fait semblant de croire qu'il me traitait d'idiote, j'ai tourné les talons et je suis partie en lui disant : "Ah ben d'accord, si c'est comme ça". Et derrière moi, je l'ai entendu shooter dans une poubelle [et se faire mal au pied].)

- Jour après jour, semaine après semaine, de plus en plus de gens de son lycée croyaient que l'on sortait ensemble. Puis des gens de mon lycée ont commencé à le croire également. Et je jure que jamais je n'ai dit ni laissé entendre une chose pareille à quiconque. D'ailleurs, un jour où je l'ai croisé dans la rue avec un de ses copains et où je leur ai fait la bise à tous les deux, son copain lui a dit après mon départ : "J'ai eu l'impression qu'elle allait te faire un stop, j'ai vraiment pensé que tu sortais avec elle", et il me le rapporta plus tard. Visiblement tout fier que son ami ait cru que je sortais avec lui.
(Et quand il m'a raconté cela, je lui ai dit : "Mais il est vraiment trop débile ton pote". Et je l'ai remballé assez sèchement.)
(Par ailleurs, ami jeune, si tu ne sais pas ce qu'est un stop parce que tu n'utilises plus cette délicieuse expression aujourd'hui, sache que quand j'avais ton âge, ce terme désignait un simple baiser sur les lèvres, sans la langue. La dernière étape avant la pelle, en fait.)


- Un jour, après notre séance hebdomadaire de peu-importe-quoi, je partis seule en ville acheter quelque chose. (Oui, je profitais souvent de ce moment de la semaine pour aller acquérir des disques et des livres avec mon argent de poche. Le début de l'indépendance culturelle, en fait.) Je l'avais perdu de vue en sortant de la séance et je pensais faire mon tour dans les magasins puis rentrer chez moi sans heurts. Et là, au détour d'un rayon de la Fnac, je le vois. Qui vient droit vers moi. Sans hésiter, sans faire semblant de chercher un objet quelconque ni de tomber sur moi par hasard. Il venait parce qu'il m'avait entendue dire où j'allais et qu'il avait décidé de me rejoindre. Et il me raccompagna à nouveau chez moi, mais cette fois, il n'entra pas parce que...
... parce que je ne le lui proposai pas. (Et je ne le lui proposai pas parce que je pensais qu'il dirait non et qu'il me trouverait ridicule de le lui proposer à nouveau.)

- Un soir, dans la file d'un fast-food, avec d'autres amis, il s'accouda sur mon épaule - il avait continué à grandir et me dominait de plus d'une tête - et pencha son visage en direction du mien pour mieux discuter. Je voyais de très près ses grands yeux, ses lèvres, sa peau (ses boutons aussi, mais c'était l'âge et je jure que ça ne gâchait pas sa beauté délicate), j'entendais sa voix et je sentais même le parfum de son eau de toilette comme si je m'en étais aspergée moi-même. Il me souriait et me faisait rire, accoudé ainsi et faisant un peu le pitre, et se penchait un peu plus à chaque fois que nous avancions d'un pas dans la file. Quand ce fut à nous, il enleva son coude et mit son bras autour de mes épaules en riant, si bien que je pensai qu'il plaisantait.
(Et moi, je lui fis enlever ce bras de là où il était et le repoussai un peu brutalement. Et une fois à table avec mon plateau, je m'entendis dire par une copine : "Mais il veut sortir avec toi, ma parole !" et je répondis : "Sois pas idiote, il rigole, il fait pareil avec toutes les filles". Mais je ne l'avais jamais vu faire pareil avec une autre fille. Et je fis en sorte de ne pas m'asseoir à côté de lui alors qu'il s'était débrouillé pour se rapprocher de moi, et je le laissai s'asseoir à côté d'une autre, dépité, et me briser le coeur le reste de la soirée en lui parlant et en me regardant de loin comme pour me provoquer.)

- Un autre après-midi, toujours après la séance, nous allâmes nous poser quelque part, dans un parc, près d'un muret sur lequel je me suis assise alors qu'il restait debout devant moi. Et nous sommes restés là des heures, jusqu'à ce qu'il fasse nuit. J'étais en jupe. A mi-cuisse, la jupe. Et bottines. Et il a passé son temps alternativement à se rapprocher de moi, de plus en plus près, et à s'éloigner, de moins en moins loin. Nous discutions de choses et d'autres. Nous flirtions, mais je ne m'en rendais pas compte parce que quelque part, au fond de ma tête, loin, loin, une voix me disait : ne sois pas idiote, comment veux-tu qu'il ait envie de sortir avec toi, regarde-le, regarde-toi, tu es son amie et rien de plus... Et à un moment, il a posé sa main sur ma cuisse couverte de nylon noir et l'a fait monter le plus haut possible, comme pour jouer, sur le mode du : "Et là, tu me laisses faire ? Et là ? Et là ?... Et plus haut, tu me laisses encore faire ?"... Et moi, le visage brûlant, je me suis contentée de repousser cette main chérie en haussant les épaules. Et à un moment, toujours en feignant de plaisanter, il a pris mon visage entre mes mains, s'est penché vers moi, très près, très vite, et m'a dit : "Tu m'embrasses ?" Et je me suis dégagée vers l'arrière, violemment, en répondant : "Mais arrête tes bêtises !", alors que je rêvais de ce moment depuis des mois et que j'avais passé de longues, longues heures à imaginer comment ça pourrait être. Et quelques minutes plus tard, juste avant que je ne rentre chez moi, il parlait des enfants que nous pourrions avoir ensemble un jour. Et je lui ai dit : "Ok, là tu délires, il est temps que j'y aille". Et je suis partie dans la nuit en le laissant planté là, criant mon nom une ou deux fois en me demandant de revenir.
(Et j'étais si tremblante et bouleversée que ce soir-là, je me suis violemment cogné la tête à la fenêtre de ma chambre en baissant mes volets. Mais je persistais à penser qu'il s'était moqué de moi.)

Et tant d'autres, tant et tant d'autres que j'oublie... Des signaux, des signaux et des signaux que je me suis interdit de recevoir, et auquel je m'interdisais de répondre.

Et non, ce n'est toujours pas terminé...

Mon ex-plus belle histoire d'amour, 1/3

le dimanche 2 mars 2008

J'ai du mal à croire que je m'apprête à écrire ce que je vais écrire. C'est une histoire ancienne, vieille de dix ans - vieille de treize ans, à vrai dire, mais finie depuis dix ans seulement, et cicatrisée depuis moins longtemps que cela. Je ne sais pas d'où me vient ce besoin, ces derniers temps, de replonger ainsi dans mon passé amoureux, et surtout dans ses heures les plus noires. C'est peut-être le bonheur, le fait de pouvoir comparer tout cela avec ce que je vis maintenant - ou alors, au contraire, une sorte de résurgence d'inaptitude au bonheur, le besoin de remuer ce qui est sombre et douloureux quand on n'a plus rien de sombre ni de douloureux à vivre en direct.

Quoi qu'il en soit, mon ex-plus belle histoire d'amour n'est en réalité pas faite uniquement de chagrin et de malheur. Comme son nom l'indique, ce fut vraiment une belle histoire. En fait, ce fut davantage une belle chose qu'une histoire à proprement parler, si l'on considère que tout ce que je vais raconter repose essentiellement sur du vent et sur les seuls battements de mon petit coeur d'adolescente complexée. Mais c'était si beau - et, vu la manière dont ça se termine, ce sera toujours et éternellement si beau - que je ne peux pas y repenser sans émotion. (For the record : J'aime Fiancé. Je veux dire, vraiment, profondément. Je n'ai pas de regrets, pas de "et si ça s'était passé autrement"... Mais c'est une étape de ma vie sentimentale si importante, si fondatrice, qu'il serait hypocrite de ma part d'en parler avec détachement.)

J'étais en troisième. Lui aussi, d'ailleurs, mais pour la seconde année. Je le connaissais de vue, d'un peu loin, et au début de l'année, j'avais appris son nom par hasard. Bien sûr, je le trouvais beau - qui n'en aurait pas fait autant ? Il était assez grand, il avait un visage d'ange, sa voix avait mué harmonieusement (à l'époque, ça comptait) et il était ouvert, chaleureux, sociable. Un rien mal dégrossi, peut-être. Sensible aux blagues lourdes, ce genre de chose. (Comme 95% des garçons qui m'entouraient alors. Rien de rédhibitoire.)
C'est au collège que j'avais commencé à le croiser, mais c'est hors du collège, à l'occasion d'une activité extra-scolaire où nous nous sommes trouvés réunis par hasard, que j'ai vraiment fait sa connaissance. Pendant plusieurs mois, nous ne nous sommes pas parlé du tout. Je pensais qu'il ne me voyait même pas. Je me considérais comme atrocement laide, comme mal fagotée, mal mise en valeur, et j'étais si timide, si complexée que d'une certaine manière, j'en ai conscience, mon attitude même ne devait pas m'embellir. Cette année-là, pourtant, un changement s'opérait ; mon corps commençait à se développer, j'ai davantage pris soin de mon apparence, j'ai gagné en confiance en moi. Un petit peu. Trop peu, cependant, pour croire que malgré ce début de transformation, qui devait pourtant être visible (les photos de l'époque en témoignent), il puisse poser les yeux sur moi sans les détourner aussitôt.
Et pourtant, c'est ce qui se produisit. La première fois que nous nous sommes parlé (grâce à l'entremise d'une amie commune), je me suis rendu compte qu'il savait exactement qui j'étais et qu'il avait lui aussi attendu l'occasion de faire ma connaissance. J'étais flattée et heureuse - je suis rentrée chez moi sur un petit nuage - mais je ne pensais évidemment pas qu'il y avait là-derrière quoi que ce soit de plus que sa gentillesse naturelle. Je me disais que nous allions peut-être devenir copains, rien de plus. Et petit à petit, nous sommes devenus copains. Et rien de plus.
Mais vraiment copains.
Il semblait toujours heureux de me voir, de me croiser, où que ce soit, de me faire la bise même en plein collège, en plein couloir, devant toutes ces filles de sa classe qui étaient forcément folles de lui - puisque moi je l'étais, comment pouvaient-elles ne pas l'être ?... -, devant tous ces gens qui voyaient encore en moi la chrysalide, pas le papillon, et qui comprenaient mal comment l'un des plus beaux garçons de l'établissement pouvait accepter de se pencher vers moi, souriant, et d'entrer en contact physique avec ma modeste personne. (A cette époque, j'avais un carnet secret dans lequel je notais toutes mes rencontres avec lui. Je comptais le nombre de fois où l'on s'était fait la bise et je consignais aussi la date, le lieu, les circonstances et si un dialogue s'ensuivait ou si on s'était juste croisés. Je sais. J'étais mordue.)

L'année scolaire se termina et nous entrâmes dans des lycées différents, mais nous partagions toujours la même activité extra-scolaire hebdomadaire et comme nous y étions tous deux très assidus (pour ma part, c'était essentiellement dû au fait que je pensais ne plus le rencontrer que là désormais), nous nous voyions encore beaucoup. Dans les premières semaines de la seconde, je me rendis compte que nos emplois du temps respectifs nous permettaient finalement de nous croiser assez souvent à divers endroits de la ville. Ces brèves rencontres rythmaient littéralement ma vie ; je les attendais, les appréhendais et souffrais le martyre quand nous en rations une. Mais nous avions autant de contacts amicaux que possible dans de telles circonstances - et à l'époque, pas de téléphones portables pour s'envoyer des sms rigolos ou se téléphoner sans que cela paraisse aussitôt une affaire de la plus haute importance, hein.

Un jour, après la séance de peu-importe-quoi à laquelle nous avions assisté tous les deux comme chaque semaine depuis plus d'un an, il me suivit en ville, où j'avais des courses à faire. D'abord, il était accompagné d'un copain à lui. Ce n'était pas la première fois que ça arrivait. Puis - et c'est là que commence l'inédit, l'inouï - il laissa partir son copain et resta avec moi. Seul. Avec moi seule. (Et je n'avais que quinze ans alors et ne connaissais pas grand-chose à la psychologie masculine, mais je sais aujourd'hui combien j'ai été aveugle et stupide, car je persistais à croire qu'il était le beau garçon inaccessible mais gentil et moi, la petite mocheté qui avait déjà beaucoup de chance de lui être ne serait-ce que sympathique, et que jamais, jamais il ne pourrait rien se passer entre nous.) Et les heures s'écoulèrent, et nous n'arrivions pas à nous dire au revoir. Alors nous entrions dans un magasin, puis dans un autre, puis dans un autre, puis il fit plus sombre et je lui dis que je devais rentrer chez moi. Et il me dit : "Je te raccompagne".

Et il me raccompagna.

J'aurais voulu que tout le lycée voie cela.

Vous ne vous rendez pas compte de ce que ça représente, croyez-moi. Vous lisez ce post et vous vous dites mon Dieu, c'est d'un banal à crever, cette histoire... toutes les adolescentes connaissent cela au moins une fois dans leur vie... Mais je pensais qu'AUCUN garçon ne s'intéresserait jamais VRAIMENT à moi. Aucun. Je pensais qu'AUCUN ne s'afficherait jamais avec moi comme ils s'affichaient tous avec leurs greluches de petites copines (connasses), et que ceux avec lesquels j'étais(brièvement) sortie étaient en fait encore plus nuls que moi, seule solution envisageable pour expliquer qu'ils aient bien voulu de moi. J'y croyais dur comme fer. Et il était exactement tout ce que, dans mon esprit, je n'aurais jamais : la beauté, la bonté et la classe. Et j'étais folle de lui. Folle de lui.

Et devant chez moi, je lui ai proposé d'entrer cinq minutes. Et il a dit oui. Et je l'ai présenté à mon père, et nous sommes restés une heure et demie dans ma chambre à écouter des disques. Et quand il est reparti, il a croisé ma mère qui venait de rentrer et l'a saluée avec une politesse si exquise... Et ensuite, toute la soirée, mes parents m'ont regardée d'un air attendri, du genre "Notre petite fille est devenue grande et voilà qu'un charmant jeune garçon lui fait la cour maintenant"... (Et mon frère m'a regardée d'un air suspicieux, du genre " 'Tain s'il te touche, même seulement dans ses rêves, j'te préviens t'aouar sa gueule à la récré, lui"...)

Et rien que d'écrire tout cela, je me souviens des sentiments et du frisson sincère et douloureux que j'éprouvais alors. D'une pureté ! Pas de désir sexuel, je n'en étais pas là, je m'en foutais, je n'y songeais même pas. Et je me rends compte de tout ce que je n'ai pas voulu voir, ce garçon qui est venu chez moi, sans orgueil mal placé, sans méfiance excessive, sans lâcheté, qui est venu et qui a passé une heure et demie avec moi et a dit bonsoir à mes parents pour mes beaux yeux, uniquement. Et là, tout de suite, je me fous d'être ridicule à force d'émotion, ou de l'avoir été, ou de devoir l'être encore chaque fois que j'y repenserai. C'était juste beau.

Et alors bien sûr, ce n'est pas fini.

Le fond de teint (liquide) et moi : second divorce, 2/2

le mercredi 27 février 2008

Suite souvent promise, plusieurs fois réclamée, enfin rédigée du précédent.

Tout a commencé ici, sur le Net et sur les blogs. Chez Hélène d'abord, Deedee ensuite, j'ai lu des posts consacrés à un mystérieux nouveau venu - en tout cas pour moi - : le maquillage minéral. Quelques blogueuses ayant reçu en cadeau des kits de présentation de la marque Bare Escentuals, uniquement distribuée, en France, par Sephora (pour l'instant), elles en ont parlé sur leurs blogs à l'automne 2006. Les opinions divergeaient mais ces posts avaient au moins le mérite de familiariser leurs lectrices avec des produits et des techniques relativement méconnus. Intriguée, je suis allée fouiller un peu sur Beauté-test.com, un site qui recense les avis des consommatrices sur des centaines de produits cosmétiques, sur lequel j'étais inscrite depuis quelques semaines. Ensuite, j'ai cherché les sites des marques de maquillage minéral elles-mêmes et j'ai pris mes informations directement à la source.

Voici, en quelques mots, ce que j'ai pu recueillir au cours de ces diverses lectures :

1. Les deux marques de maquillage minéral les plus utilisées - et franchement plébiscitées dans l'ensemble - par les Françaises sont Bare Minerals, donc, de la marque Bare Escentuals, et Everyday Minerals. Toutes deux ont leurs partisanes absolues, leurs détractrices et aussi leurs traîtresses, un certain nombre de filles étant passées de l'une à l'autre et encensant en général celle qu'elles ont un jour adoptée aux dépens de celle qu'elles ont abandonnée.

2. Comme son nom l'indique, le maquillage minéral est exclusivement composé d'éléments d'origine minérale. (En fait, si j'ai bien tout compris, les autres marques de maquillage minéral - vous savez sans doute que L'Oréal et Gemey Maybelline, par exemple, se sont lancés dans l'aventure - proposent des produits qui ne sont pas à 100% minéraux, mais seulement à 90 ou 95%.) Cela signifie que non seulement on ne va pas embêter les animaux pour faire du rouge à lèvres ou tester leur tolérance à tel composant, par exemple, mais on se passe également de tous les colorants et conservateurs chimiques et, par conséquent, le produit est bien moins mauvais pour la peau qu'un fond de teint classique. Hypoallergénique et non comédogène, le maquillage minéral se veut un soin autant qu'un cosmétique. C'est la raison pour laquelle Bare Minerals a pour slogan : "Un maquillage si pur que vous pourriez dormir avec". Je vous le déconseille quand même, mais enfin, on comprend l'idée.

3. Les minéraux utilisés pour la composition des produits sont réduits en une poudre très fine indispensable au bon mélange des éléments (et donc à la création de teintes bien nuancées, la couleur des produits provenant non pas de colorants artificiels mais tout simplement de la teinte naturelle des minéraux entrant dans leur composition), ce qui explique que le maquillage minéral se présente sous cette forme. Cela suppose une application au pinceau, exclusivement ; les marques proposent donc, outre les produits de maquillage, d'impressionnantes collections de pinceaux de toutes formes et de toutes tailles adaptés à chaque usage.

4. Tous les produits du maquillage classique ont leur équivalent version minérale : fond de teint, bronzant, blush, anticerne, fard à paupières, poudre fixante, correcteur, illuminateur, eye-liner (une poudre d'une composition spéciale permettant un trait bien intense quand on l'utilise avec un pinceau humide)... On trouve même du rouge à lèvres et du mascara, ainsi que des produits de soin comme des crèmes, par exemple (mais là, j'avoue, ça ne se présente évidemment plus sous forme de poudre et j'ignore donc si c'est à 100% minéral).

5. Les adeptes s'entendent en général pour dire que le maquillage minéral a trois grandes qualités principales qui le rendent supérieur au maquillage classique : il donne meilleure mine, il n'agresse pas la peau (voire, chez certaines, il semble l'embellir), il offre une bonne couvrance et une bonne tenue sans pour autant figer les traits du visage ni donner l'impression de porter un masque.

Alléchée par tant de promesses, il ne me restait évidemment plus qu'à essayer.

Je suis allée chez Sephora un jour pour me faire maquiller en Bare Minerals par une vendeuse et j'en suis effectivement sortie très satisfaite, même si elle a un peu forcé sur le blush à mon goût. Mais rebutée par le prix vraiment élevé de la marque - 20 euros environ pour un pot de deux grammes... -, j'ai préféré, sur les conseils des Beauté-testeuses, commander chez Everyday Minerals un kit d'échantillons gratuit. Une merveille, puisqu'on ne paie que les frais de port (ça doit tourner autour de cinq euros) pour tester trois teintes de fond de teint, un blush et un correcteur et que l'on peut en commander autant que l'on veut jusqu'à ce que l'on ait trouvé les couleurs qui nous conviennent. Le kit en question a suffi à me maquiller pendant plusieurs semaines, et à me séduire définitivement. J'ai passé ensuite plusieurs commandes à la même marque et, petit à petit, ai complètement délaissé le fond de teint liquide de ma jeunesse pour ce maquillage nouvelle génération.

Je peux d'ailleurs vous résumer l'affaire à peu près comme suit, en établissant une petite liste des inconvénients et avantages respectifs du fond de teint liquide et du fond de teint minéral :

1. La facilité d'application : avantage incontestable au fond de teint minéral. L'usage du pinceau et la nature même du produit rendent les choses simples comme bonjour. On n'a pas à se soucier d'en mettre trop ici, pas assez là, de devoir l'étaler, etc : tout ça se dépose merveilleusement bien, très régulièrement, c'est un bonheur. (En plus, fini les doigts dégueu, pleins de fond de teint, que tu peux rien toucher avec sans les passer urgemment à l'eau auparavant.)

2. Le temps d'application : avantage au fond de teint liquide, je dois avouer. Car pour le fond de teint minéral, il faut ouvrir le petit pot puis mettre de la poudre dans le couvercle du petit pot puis bien tourner son pinceau dedans pour l'absorber puis tapoter sur le bord pour enlever l'excédent puis appliquer ça partout sur le visage, et ensuite, seconde couche si nécessaire, et rebelote avec anticerne, blush et poudre fixante si l'on utilise tout cela... Oui, ça prend un certain temps. (Mais enfin, une fois encore, on a les doigts propres à la fin et ça j'y insiste parce que c'est très important, je trouve.)

3. La tenue : léger avantage, selon moi, au fond de teint minéral. Je trouve qu'il ne bouge pas du tout, encore moins que les bons fonds de teint liquides qui, déjà, ne bougent pas des masses, il faut l'avouer. Mais avec le minéral, c'est vraiment visible ; à dix-sept heures, tu te regardes dans la glace, tu es aussi fraîche qu'à huit heures du mat', point. Idem pour tout ce qui est anticerne, blush et fard à paupières : même couleur et même fini tout au long de la journée. Si c'est pas agréable, quand même.

4. La fidélité à la couleur naturelle de la carnation : ça, c'est kif-kif. L'enjeu, c'est de bien choisir sa teinte au départ, et les marques minérales comme les classiques proposent une palette assez importante pour satisfaire tout le monde.

5. (et bien entendu, le plus important) Le résultat sur la peau : avantage au fond de teint minéral. La peau est lissée, veloutée, c'est très joli. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, il ne marque ni les ridules, ni les boutons, ni les rougeurs, etc ; au contraire, utilisé en correcteur sur des points précis, il permet de les masquer tout aussi efficacement que le fond de teint liquide. Le minéral associe en outre deux grandes qualités que le liquide a davantage de mal à garantir : la couvrance et le naturel. Avec le fond de teint liquide, il faut souvent choisir entre les deux ; pas avec le minéral. Le teint est unifié, les rougeurs atténuées, mais tout cela garde de la transparence : la peau ne disparaît pas complètement sous une épaisse couche de maquillage... Si l'on cherche dans le détail, oui, on s'apercevra sans doute que le minéral couvre un peu moins bien que le liquide. Mais la différence est infime, et je suis personnellement prête à sacrifier un chouïa de couvrance pour plus de naturel et de confort.

Un détail : si l'on utilise du fond de teint et de l'anticerne, je suggère de prendre tout liquide ou tout minéral, mais pas de mixer les deux : liquide sur minéral ou minéral sur liquide, c'est pas top-top, les textures se mélangent un peu, c'est plus difficile à appliquer, bref, ça ne s'entend pas très bien.

Cela doit faire presque un an maintenant, le temps de terminer progressivement mes tubes de fond de teint liquide, que je ne me maquille plus que comme ça (vous le savez bien puisque, en septembre, j'ai encore reçu un colis de chez Everyday Minerals). En janvier dernier, je me suis offert un kit Bare Minerals pour tester la marque sur le long terme et pouvoir comparer les deux en détail. Je dois vous dire que les différences sont infimes, mais je me fends tout de même - c'est l'intérêt de ce post - d'une petite confrontation :

1. (commençons par ce qui fâche) Le prix : avantage plus qu'incontestable à EM. Chez eux, vous avez plus de produit que chez BM pour nettement moins cher. Je n'invente rien : allez regarder les sites respectifs et comparez par vous-mêmes. Si vous êtes guidée par l'état de votre compte bancaire (et avec les temps qui courent, ma p'tite dame, c'est plus fréquent qu'on ne croit), le choix est déjà fait.

2. La facilité d'achat : avantage à BM puisque vous pouvez vous en procurer au Sephora du coin alors qu'EM, il faut les commander aux Amériques d'Outre-Mer et attendre qu'un puissant voilier vous les apporte. Ca prend plus de temps, c'est certain (mais je signale que même avec les frais de port, vous vous y retrouvez largement niveau budget par rapport à BM), et cela suppose d'anticiper pour éviter de se retrouver un matin avec un pot de fond de teint vide et rien en réserve dans le placard. Autre inconvénient de la chose : vous ne pouvez pas choisir votre teinte autrement que sur le site, en vous fiant aux descriptions du guide d'achat et aux photos. C'est pas l'idéal, j'en conviens ; au moins, chez Sephora, il y a toujours une gentille vendeuse très parfumée pour vous aider à choisir la nuance qui vous ira. (D'où l'intérêt, dans le cas d'EM, de commander des kits d'échantillons pour essayer calmement avant de passer aux grands pots.)

3. La palette des nuances : avantage à EM. Que ce soit en fond de teint, blush, correcteur, poudre de finition ou fard à paupières, ils ont un choix si impressionnant que ça en devient même compliqué, si l'on songe qu'on doit uniquement se fier, dans un premier temps, à une série de photos sur écran d'ordinateur. La palette de BM est bien fournie également, mais un peu moins tout de même. La différence entre les deux est sans doute plus flagrante dans le cas des carnations les moins répandues : une peau très claire, très noire, très rouge ou très grisounette a sans doute plus de chances de trouver la teinte qui la mettra en valeur chez EM que chez BM.

4. La présentation : avantage à BM. Les pots d'EM ne sont pas pratiques du tout : ils sont larges et plats alors qu'on les voudrait plus profonds et plus étroits. Ceux de BM sont impeccables, aisés à manipuler et à transporter, et ils permettent d'éviter de gaspiller de la poudre au moment d'en verser dans le couvercle pour aller l'attraper avec son pinceau. J'ai une astuce, je n'hésite pas, je vous la livre : quand mes pots de BM seront vides, je les conserverai précieusement pour mettre de l'EM dedans. Et hop, ni vu ni connu, j't'...

5. La qualité générale : selon moi, on est proche du kif-kif, avec un avantage non négligeable du côté d'EM dans le cas précis de l'anticerne (c'est bien simple, je n'utilise plus que le leur). Couvrance, naturel, tenue, teinte, aspect de la peau... Tout cela est vraiment très proche et j'ai l'impression que les deux marques ont mis la barre assez haut sur ce point, ce qui garantit au moins à la consommatrice un chouette résultat quel que soit son choix. Attention tout de même : les produits BM contiennent un minéral (dont j'ai oublié le nom) légèrement irritant pour les peaux très sensibles, qui sont donc invitées à choisir plutôt le maquillage EM, dépourvu de ce composant.

Personnellement, bien que j'utilise les deux avec un plaisir et une satisfaction comparables, je conserve une légère préférence pour Everyday Minerals, à cause de leurs tarifs et de l'aspect convivial et chaleureux de leur site, que je ne retrouve pas chez Bare Minerals (j'ai bien conscience que c'est un argument un tout petit peu annexe, mais ça compte, je vous jure). Leurs prix et leur choix me décident à continuer d'acheter chez eux, ce qui ne signifie pas que je sois exclusive pour autant : l'expérience prouve qu'en associant les deux marques, ça fonctionne très bien aussi (y compris pour les pinceaux, que j'utilise indifféremment avec les produits de la même marque, pour laquelle ils sont soi-disant faits, et avec les produits de l'autre, sans voir pour autant la moindre différence). En ce moment, je suis uniquement BM parce que mon dernier fond de teint acheté chez EM, non précédé de la commande d'échantillons - ERREUR !... -, s'est révélé trop clair et me fait une tronche de clown (blanc). Mais pas de panique, j'y retournerai un jour ou l'autre.

Voilà enfin terminée, chers lecteurs, l'histoire de mon second divorce avec le fond de teint liquide et l'exposé des raisons du susdit. J'espère qu'à défaut de vous avoir passionnés, ce post vous aura au moins quelque peu instruits. Et, en bonus, pour vous laisser apprécier la merveille, j'aimerais vous présenter une très, très jolie jeune femme entièrement maquillée avec les produits Everyday Minerals (l'image provient bien sûr de leur site) :

Nuit nippone, nuit friponne

le dimanche 24 février 2008

Fiancé et moi sommes au lit, un soir (hier soir, en fait, c'est donc de la perle toute fraîche, de la perle que vous pourriez faire à la coque sans problème), et nous lisons un peu avant de nous endormir. Il est allongé sur le dos, appuyé contre son oreiller, je suis allongée sur le ventre (c'est important pour la suite alors s'il vous plaît, prenez le temps de visualiser), mon livre tenu ouvert devant moi par mon coude. Au cours de sa lecture, Fiancé tombe sur une allusion à quelque chose qui touche de très près à mon domaine de compétences professionnelles et me demande de la lui expliquer. Ce qu'à quoi dont je m'exécute immediately, avec toutes les précisions nécessaires. Et comme je vois qu'il est absolument impressionné par l'étendue de mes connaissances, je lui dis, toute fiérote :

"Tu vois, elle touche sa bille, ta fiancée, hein."


Puis ça cogite encore deux-trois secondes tout seul dans ma p'tite tête, et j'ajoute d'une voix innocente, tout en dirigeant ostensiblement une main lascive vers ma culotte, seul élément de vestimentation que je porte alors :

"D'ailleurs, je pense que je vais me toucher la bille tout de suite, tiens."


Voilà.

Oui oui, c'est tout.

Je suis évidemment très suprise et très émue de recevoir cette récompense et je voudrais remercier Fabien et Sapho, qui m'ont décidée à montrer que moi aussi j'étais cap' de parler de sesque sur mon gueublo... Vous avez changé ma vie de blogueuse, vous avez changé ma vie tout court. Et bien entendu, Fiancé, sans qui rien de tout cela n'aurait été possible. Big up à vous, guys.

Au moins, ça mange pas de pain

le jeudi 21 février 2008

J'ai trouvé ce jeu chez Mnémo ici et chez Lise ici (et après, si on remonte un peu la piste, chez plein d'autres gens aussi) et avouez que quand c'est joliment bricolé, quand les noms et titres tombent bien, c'est tout de même très drôle, cette histoire-là. Alors, je me suis dit que j'allais faire pareil, et puis je me suis tellement amusée que j'en ai fait plusieurs, en me disant : de cette façon, différents styles de musique seront représentés, le challenge sera de trouver le style qui correspond le mieux à la fois à l'image et au nom du groupe (le titre ne veut en général pas dire grand-chose), et le tout, bien entendu, sans tricher. Au bout d'un moment, évidemment, je me suis lassée, alors j'ai arrêté et j'ai essayé de finir mon second post sur le fond de teint, mais en vain, si bien que je ne sais toujours pas quand vous le verrez débarquer, çui-là.

Les règles :

1. http://en.wikipedia.org/wiki/Special:Random
Le premier article de la page est le nom de votre groupe.

2. http://www.quotationspage.com/random.php3
Les 4 derniers mots de la dernière citation seront le titre de votre album.

3. http://www.flickr.com/explore/interesting/7days/
La 3ème photo, quelle qu'elle soit, sera votre pochette d'album !

Prenez la photo, ajoutez-y votre nom de groupe et le titre de l'album...
Vous avez maintenant votre pochette d'album.


Sauf que là, vous me direz, tout cela est bien beau mais c'est exclusivement anglophone. Si vous voulez faire idem en français, j'ai les liens qu'il vous faut : pour l'étape 1, http://fr.wikipedia.org/wiki/Accueil, puis cliquez sur le lien "Un article au hasard" dans la colonne de gauche, et pour l'étape 2, http://www.lescitations.net/citations/hasard.html.

Alors. (Chaque image fait lien vers la page Flickr de son auteur.) (Ah oui, autre chose : je n'ai pas Photoshop, je n'ai que Paint, alors j'ai décidé de ne pas culpabiliser de faire des trucs plus ou moins pourris avec tout plein de pixels brouillés autour des lettres, je n'ai pas visé l'esthétique pure non plus, j'avoue.)


Celle-là, je pense qu'elle irait bien avec de la pop japonaise ou quelque chose comme ça. Ou de la pop anglaise ou américaine légère, avec des voix féminines un tout petit peu agaçantes. Exemples : Lily Allen, Kate Nash, The Pipettes (et si vous avez des exemples précis pour la pop japonaise, n'hésitez pas à les indiquer en commentaires, moi je ne connais pas de noms, c'est dire).


Parfaite pour un groupe anglais sur le retour, un qui aurait roulé sa bosse et cassé du matériel dans les chambres d'hôtel pendant des années avant de disparaître de la surface de la terre et qui, ensuite, se serait assagi et reviendrait à l'essentiel : la musique, la vraie, un tout petit peu brute, un tout petit peu mal dégrossie et rude sur les bords, pour le grand album de la maturité. Exemples : Oasis (s'ils avaient arrêté de boire entre-temps et commencé à élever leurs mômes en pères tranquilles), Robbie Williams (s'il n'était pas déjà aussi mûr).


Idéale pour un peu de néo-folk mélodique et ouvragé, avec une très belle voix, beaucoup de piano et, éventuellement, plusieurs ambiances différentes par chanson. Le titre, un tout petit peu plus original que les deux autres, suppose également que les textes soient travaillés et racontent de vraies histoires, pas seulement "Je t'aime mais tu me fais souffrir" ou "On est tous des robots de toute façon". Exemples : Jude (mais alors avec un peu plus de gravité, davantage dans le style Sarah que King Of Yesterday), Antony and the Johnsons.


Bonne pour un héritier de Bob Dylan dans sa meilleure période (= les débuts), contestataire et révolté, dont on peut imaginer par exemple qu'il soit allé se promener sac au dos un peu partout sur le globe et ait précisément rapporté cette image de ses pérégrinations. Même le nom de l'artiste va bien avec ce genre de posture. La musique serait un folk assez dur et intransigeant aussi, avec une guitare sèche très sèche comme principal accompagnement, par exemple. Exemple : Jeff Buckley (s'il avait viré très engagé et, bien sûr, s'il n'était pas mort).


Le seul album de chanson française de ma collection !... Tout va très bien ensemble : le nom, le titre, la photo. Je ne songe pas forcément à un groupe parodique chantant pour déconner des chansons à boire, ni à un artiste absurde faisant de son absence totale de talent son fond de commerce (type Didier Super), mais plutôt à du rock un tout petit peu trash sur les bords qui, justement, se planquerait par dérision derrière le côté très franchouillard de la pochette. Exemple : les Béruriers Noirs.


Toutes autres suggestions naturellement bienvenues dans les commentaires.

Les loups sont entrés dans Paris

le dimanche 17 février 2008

Je savais que jeudi dernier, c'était la Saint-Valentin, mais j'ignorais que c'était aussi la Grande Journée Annuelle de Sortie des Fous en Tous Genres.

1. en rentrant du travail, dans le métro, je me trouve assise en face d'un homme d'âge mûr, bien habillé mais répandant une odeur épouvantable, qui répète inlassablement sur un petit ton chantant : "Tabac, tabac, tabac, tabac !..." et commente tous ses propres gestes : "Ah tiens, c'est mon arrêt, je vais me lever, ah, attention, je passe, je prends mon ticket, je vais le jeter en sortant..."

2. après le départ de ce monsieur, toujours dans la même rame de métro, un homme beaucoup plus jeune, qui s'est tenu bien tranquille jusqu'alors, commence à faire des bruits d'oiseau avec sa bouche. C'était joli, je ne conteste pas, mais enfin c'était étrange.

3. dans la rue qui conduit chez moi, juste après être sortie de ce métro, une jeune femme aux longs cheveux noirs très frisés, plutôt belle, marche toute seule, rapidement, en prononçant assez fort une série de syllabes incompréhensibles : "Ba... ba... no... lu... gru... gru..." à la faveur d'un effort manifeste.

(Et j'allais oublier cet homme, à la fenêtre d'un immeuble proche du mien, qui, le matin même, d'une voix de fausset, hurlait des insanités à une jeune femme dont la voiture était garée dans le parking de sa résidence : "Fous le camp, salope ! Va garer ta caisse ailleurs ! - [Elle] Mais calmez-vous, je suis aide-soignante, je viens voir une... - M'en fous ! Bouge ton cul sale ! Disparais ou je te démonte !")

J'espère juste que ce n'est pas contagieux.

PS. Et sinon, jeudi soir, grosse programmation spéciale Saint-Valentin à la télévision : Quand Harry rencontre Sally sur Téva et Autant en emporte le vent sur Paris Première, oui oui.


Image : PostSecret.

The Ice Storm

le lundi 11 février 2008

Jeudi soir dernier, sur France 4, j'ai vu ce film étrange et incroyable de Ang Lee, The Ice Storm, qui, pour des raisons inconnues de moi, est diffusé en France sous le titre Ice Storm, ce qui est complètement idiot - soit on garde le titre original, or ce n'est pas son titre original, soit on traduit, or ce n'est pas traduit, mais peu importe. Pendant presque deux heures, à cause d'un climat étonnant, à la fois calme, triste et angoissant, et aussi sans doute parce que grâce au titre, il s'attend à chaque instant à la tempête annoncée, le spectateur sent qu'un ou plusieurs personnages vont mourir et se demande lesquels. Chacun d'entre eux se retrouve à un instant donné dans une situation dangereuse, ou annonce qu'il va faire quelque chose qui pourrait le mettre en danger, de sorte que la question se pose constamment. L'un d'eux meurt effectivement, mais je ne dirai pas lequel. Simplement, après l'arrêt de l'image et le début du générique de fin, on reste scotché, envahi d'une espèce de mélancolie inexplicable, et la musique qui l'accompagne accentue encore ce sentiment.

Sans cette mort, ce serait tout de même un très beau film. L'histoire, au début des années 70, de deux familles aisées du Connecticut, qui vivent l'une près de l'autre et se fréquentent constamment. Et puis, il y a ce casting étonnant, presque visionnaire - le film date de 1997 -, composé exclusivement d'acteurs renommés ou qui allaient le devenir :
- pour les adultes, Sigourney Weaver (incroyablement sexy), Kevin Kline et Joan Allen,
- et pour les enfants, Christina Ricci, ronde et brune, Adam Hann-Byrd (c'était, quelques années plus tôt, le Petit Homme de Jodie Foster), Elijah Wood, complètement méconnaissable en adolescent androgyne (il devait avoir quinze ou seize ans à l'époque), et le magnifique Tobey Maguire dont je découvre qu'il a eu une vraie vie et un vrai talent avant Spiderman.
Plus, dans des rôles secondaires, Katie Holmes (elle n'apparaît que dans deux petites scènes, mais elle est assez bonne et jamais vous n'auriez cru, en voyant cette riche adolescente avaler des bières par désoeuvrement, qu'elle deviendrait Mrs. Cruise dix ans plus tard) et David Krumholtz, dont l'actualité la plus brûlante est la série télé Numb3rs mais dont le visage m'avait marquée dans Urgences puisqu'il y tient le rôle du terrible Paul Sobriki, cet étudiant schizophrène qui tue Lucy et blesse John Carter d'un coup de couteau et j'aime autant vous dire qu'en ce qui me concerne, on ne touche PAS à John Carter.


Elijah Wood et Christina Ricci.

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Sans rapport : le même soir, dans le Grand Journal de Canal +, j'ai appris avec étonnement que Stéphane Bern éprouvait une véritable fascination pour Carla Bruni, qu'il appelle une "héroïne moderne". Je n'ai jamais partagé ni même compris ce genre de sentiment pour la nouvelle première dame de France. C'est peut-être parce que j'ai lu le Rien de grave de Justine Lévy, qui est loin d'être un monument de la littérature française contemporaine, mais qui a au moins deux mérites : 1. c'est un témoignage touchant bien que maladroit et dépourvu de tout talent d'écriture, 2. ça balance grave sur la personne de l'ex-top model, raison pour laquelle les ventes du livre, paraît-il, connaissent un bond en ce moment alors qu'il a déjà plusieurs années d'âge. Tout de même : aussi loin que je me souvienne, quand j'étais encore toute jeune et qu'elle n'était "qu'"une belle fille défilant sur les podiums, elle m'importait à peu près autant que la longueur des dents de devant des castors des Rocheuses, si vous voyez ce que je veux dire. Du moderne, peut-être, mais de l'héroïque, non, décidément, je ne vois pas.

Dévergondée toi-même

le mercredi 6 février 2008

Euh, non, ce post n'est toujours pas la suite de Le fond de teint (liquide) et moi : second divorce, 1/2. La raison en est simple : je n'ai pas eu le temps de finir le 2/2. Bon, ce n'est pas non plus comme si c'était absolument indispensable à l'avancée intellectuelle du monde, je ne suis pas sur le point de publier mes dernières découvertes sur le vaccin anti-SIDA, mais c'est vrai que j'ai des renseignements intéressants à partager et que, donc, je le ferai, c'est dit, mais n'attendez pas à ce que ce soit pour tout de suite.

(Entretemps, j'ai rétabli tous les liens vers les photos sur ce blog et répondu à mes commentaires en retard. Vous voyez, je ne glande pas.)

Je voulais simplement signaler que Anne Archet a mis au point un petit quizz amusant (je ne retrouve pas le lien, j'en suis désolée, je suppose qu'il faut fouiller un peu sur son blog) que je me suis empressée de faire parce que j'adore les quizz. Voici mon résultat :

Nana


C'est amusant si l'on songe à mes angoisses récentes sur mon ignorance de la bonne façon de prendre un homme dans mes filets. Il semblerait qu'en fait, je sache faire, mais sans savoir que je le sais.

Je vous laisse digérer ça, et je reviens quand je peux.

Le trou noir

le mercredi 30 janvier 2008

Oh non.

Voilà, alors je voulais répondre aux commentaires du post précédent, rédiger et poster la suite de ceci, et puis je suis tombée malade. A ne pas pouvoir quitter le lit pendant une journée entière, et à ne pas avoir la force d'allumer l'ordinateur pendant les jours suivants. Alors vous imaginez bien, j'ai du retard en tout, c'est la panique et je ne sais pas DU TOUT quand j'aurai le temps de mettre tout ça à jour.

Je fais de mon mieux, je promets !...

Allez, compensation :


J'adore cette image de Chromosome, dont le blog, semble-t-il, n'existe plus.


EDIT. Il semblerait que mon hébergeur d'images ait tout changé son système d'URL, ce qui explique que les photos de ce blog aient brusquement disparu. Géniaaaaaal. Encore un chantier en cours, et allez, vlan.

Je parle mal

le mercredi 23 janvier 2008

Ces derniers temps, je parle mal.

Un soir, par exemple, pour demander à Fiancé de me laisser tranquille, je lui ai joliment dit : "Lâche-moi le cul".

C'est féminin, hein ?

Et je n'étais même pas en colère, on était plutôt en train de se charrier un peu.

Le lendemain, au lieu de lui dire tout simplement que j'allais prendre ma douche, je lui ai dit : "Je vais me laver le cul". (Qui n'était pas particulièrement sale, pourtant.) (Je veux dire par là que l'état de cette partie de mon corps ne justifiait pas que je me focalise tout spécialement sur elle.)

Vous noterez certes qu'il y a une constante, mais la question que je me pose est plutôt : quel message essayé-je inconsciemment de faire passer ?

(Autre chose : l'autre jour, à table, j'ai utilisé l'expression : "ça lui a pris comme une envie de chier". A table. Mais on retrouve bien la même constante.)

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Et pendant ce temps, à Vera Cruz, Heath Ledger est mort et les Palestiniens de Gaza se ruent en Egypte pour se nourrir (je vous laisse deviner laquelle de ces deux infos j'ai le plus lue dans les blogs et les forums ce matin). Mais où va le monde ?

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Tain elle chuis trop sûre qu'elle parle grave mal sa race. Photo : Avivi.

Le fond de teint (liquide) et moi : second divorce, 1/2

le dimanche 20 janvier 2008

Aujourd'hui, je vais vous raconter un peu ma vie de jeune fille à peine sortie du couvent, d'abord parce que c'est en soi passionnant et ensuite parce que j'adore parler de moi, mais surtout parce que cela faisait longtemps que je n'avais pas sacrifié sur l'autel féminin du Grand Make-Up une victime susceptible de rendre service à mes comparses.

J'ai commencé à porter du fond de teint vers l'âge de dix-neuf ans. Auparavant, à l'adolescence, j'utilisais une crème teintée achetée en pharmacie, genre Caudalie, Avène ou une marque du même tonneau, et c'est vrai qu'elle était extra, cette crème ; elle soignait les boutons tout en unifiant subtilement le teint, de manière à la fois efficace et invisible. Mais à dix-neuf ans, j'ai pensé que ce genre de gadget pour minettes à peine pubères n'était plus assez sérieux pour moi et qu'il me fallait entrer de plain-pied dans le monde de la Cosmétique, la Vraie.

Mon premier fond de teint me fut offert par ma mère (heureusement, contrairement à la crème de jour, j'étais allée le choisir avec elle et une vendeuse nous avait conseillées) et il était de la marque Clinique. Pendant des années, j'ai considéré que c'était le meilleur fond de teint du monde, et je pense aujourd'hui encore, malgré son prix, qu'il s'agit effectivement d'un des meilleurs fonds de teint liquides disponibles sur le marché - avec, bien entendu, certains produits du Body Shop. La couleur sélectionnée avec l'aide de la vendeuse correspondait parfaitement à celle de ma carnation délicate, il s'appliquait aisément, il couvrait la peau sans l'étouffer, il ne la desséchait pas ni ne la faisait luire, et quelques années plus tard, on m'a offert une poudre compacte coordonnée de la même marque, à laquelle je suis également restée fidèle un certain temps.

Mon fond de teint Clinique et moi avons tout de même traversé une période difficile un ou deux ans après que je l'eus acquis pour la première fois.

Il faut dire que c'est à cette époque que je contractai une obsession physique majeure qui ne me quittera, j'imagine, qu'à mon dernier souffle (d'ici là, elle ira même probablement en s'aggravant) : mes cernes. Mes cernes sont grands, légèrement creusés, très colorés et, ô miracle de la nature naturante, ils ne s'effacent jamais, même après une série de nuits de dix heures ou un séjour d'une semaine en montagne à l'air pur. Or, vous savez probablement - si vous l'ignorez, c'est que vous n'avez pas vraiment de cernes, et dans ce cas, je préfère que l'on reste simplement amies, ne m'en voulez point, Samantha, mais je me sens incapable d'aller plus loin - que le fond de teint ne suffit pas à masquer les cernes. Il permet de les atténuer, certes, mais pas de les couvrir aussi efficacement que cet autre produit merveilleux, jailli de cerveaux que nous aurions sans doute intérêt à honorer comme les plus brillants de ce monde : l'anticerne.

Or donc, peu de temps après m'être attachée à Clinique, j'achetai par correspondance, au Club des Créateurs de Beauté, un anticerne Agnès B., le premier d'une longue liste dont rien ne prouve, à l'heure actuelle, qu'elle soit bouclée, mais n'anticipons pas. Le jour où je le reçus et l'essayai enfin, je tombai sous le charme de cet outil divin et jugeai que maintenant que je savais masquer mes cernes, je n'avais plus besoin de fond de teint.

Pendant un an ou deux peut-être, je me maquillai donc exclusivement à l'anticerne. J'étais ravie : ça allait vite le matin, je ne m'en mettais pas plein les doigts, je ne tachais pas mes cols de chemise, et surtout, j'avais une impression d'indépendance assez délicieuse, sur le mode Oh, moi, une touche d'anticerne et pouf, ça y est, je suis maquillée. Inutile de dire que tout cela me convenait très bien. Ce fut donc mon premier divorce avec le fond de teint (liquide).

Il va de soi que c'était une erreur colossale, mais que voulez-vous : j'avais vingt ans, ma peau était fraîche et peu marquée même quand je dormais mal (à part bien sûr ces horribles cernes), les dégâts visuels n'étaient sans doute pas à la hauteur de ce que ça donnerait aujourd'hui si je m'y risquais, et puis enfin, quelques années sans fond de teint, ça ne peut pas faire de mal à l'épiderme. Non, l'erreur colossale tient plutôt à la violation de toutes les règles de la Cosmétique la Vraie dans laquelle j'avais cru faire une entrée fracassante quelque temps plus tôt. La vérité, c'est qu'à vingt ans, je n'étais encore qu'une novice du make up - et pourtant, j'emballais sacrément du côté de la gent masculine, comme quoi, il n'y a pas forcément de rapport.

Après ce premier divorce sont venus mes vingt-et-un puis mes vingt-deux ans, et c'est là que j'ai vraiment commencé à grandir maquillagement parlant (quand je songe que je me peignais quotidiennement la gueule depuis la classe de terminale, ça me laisse pantoise : je ne suis définitivement pas très rapide à la détente). J'ai pris l'habitude d'appliquer du fond de teint plus de l'anticerne plus de la poudre et constaté que, ce faisant, j'étais gagnante sur tous les fronts (sans jeu de mots) (du reste, comme tout le monde, je n'ai qu'un front) : moins de cernes, un teint plus éclatant et plus uni, un grain de peau soigné, j'avais tout bon. Le blush n'est venu que plus tard (à vingt-quatre ans environ) et il n'est sans doute pas inutile de préciser que l'accumulation de couches de produit sur mon visage allait de pair avec l'augmentation du nombre de cigarettes fumées chaque jour ; elles ne faisaient sans doute pas un grand bien à ma peau et j'essayais manifestement de compenser leurs (petits) dégâts par des artifices cosmétiques que je commençais enfin à bien maîtriser.

L'histoire de mon teint est donc à peu près celle-là. Après la rupture de mes dix-neuf ou vingt ans et le rabibochage de mes vingt-et-un, je suis restée jusqu'à l'an dernier, soit pendant cinq longues années, fidèle à mes produits et à mes rituels quotidiens de maquillage. Je n'ai jamais touché au fond de teint compact ; ce produit étrange, synonyme pour moi de rudesse et de manque de raffinement, qui doit en plus être appliqué avec une éponge, instrument que j'abhorre parce que je ne sais pas du tout m'en servir, n'a franchi le seuil de ma salle de bains qu'une fois, sous forme d'échantillon, et ce fut pour en ressortir peu après les pied devant, si vous voyez ce que je veux dire. J'étais donc indécrottablement attachée au fond de teint liquide.

Jusqu'au jour où...

A suivre dans le post suivant.

La bonne planque

le lundi 14 janvier 2008

Alors oui, d'accord, Nicolas Sarkozy et Carla Bruni se seraient mariés la semaine dernière, mais ce n'est pas de cela que je vais vous entretenir ce soir. Non : j'ai quelque chose de bien plus passionnant à raconter.

Il est 18h10 à l'horloge de mon ordinateur et il se trouve que d'ici vingt minutes, quelqu'un que je ne souhaite pas voir du tout, mais alors du tout, devrait débarquer chez moi. Et le truc dingue, les enfants, c'est que je ne compte pas lui ouvrir.

Je m'explique.

Jeudi dernier (tiens, c'est drôle : c'est le jour où l'union des deux zigotos aurait été célébrée, apparemment) (bon, j'ai dit que je n'en parlais pas), j'ai été harcelée, je répète : harcelée par une société d'information sur les risques et la protection contre les incendies, qui voulait à tout prix organiser un rendez-vous entre moi et l'un de leurs conseillers. Chez moi. Un entretien "d'une demi-heure maximum, qui ne vous engage à rien", m'a dit le bonhomme au nom incompréhensible que j'ai eu au téléphone. "Notre conseiller sera dans votre quartier demain après-midi entre midi et seize heures, et lundi prochain entre quatorze et vingt heures. Quand souhaitez-vous le rencontrer ?"

Evidemment, la question la plus judicieuse aurait été : Souhaitez-vous le rencontrer ?, mais il semble que mon interlocuteur n'y ait pas songé.

J'ai d'abord dit que vendredi, fallait pas rêver, je ne serais pas là. En revanche, pour aujourd'hui, j'ai été plus évasive ; jusqu'à vingt heures, il est vrai que ça laisse du temps... Ma vivacité d'esprit habituelle m'a empêchée de déclarer : "Pas de chance, je travaille jusqu'à vingt-deux heures trente, allez, au revoir" et de raccrocher. Ou même de déclarer : rien, et de raccrocher. A la place, j'ai dit : "Euh, ben c'est-à-dire que, en fait je, ben je sais pas, euh..." tout en pensant Mais au secours mon Dieu qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça il me fait chier et c'est la dernière fois de ma vie que je décroche le téléphone entre midi et deux, c'est toujours pour des trucs dans le genre que les gens appellent à ces heures-là. (Et c'est vrai. Méfiez-vous.)

Là-dessus, mon interlocuteur propose de me rappeler plus tard pour me laisser le temps de me décider.

Et moi, bonne conne, je dis ok.

Le soir même, vers dix-neuf heures, le téléphone sonne et bien entendu, je ne décroche pas. Cinq minutes plus tard, seconde série de sonneries : je ne décroche pas. Le lendemain, midi vingt, le téléphone sonne, je décroche et paf, je tombe dans le panneau : c'était lui, évidemment. Non seulement il n'avait pas lâché le morceau, mais en plus, il m'a surprise chez moi le vendredi à midi alors que je lui avais dit que je n'y serais pas.

Pour vous dire la ténacité du mec, en creusant un peu, je me suis aperçue qu'il souhaitait que son "conseiller" nous rencontre tous les deux, Fiancé et moi, pour que nous soyons "au même niveau d'information" puisque nous vivons en couple. Là, en principe, ça devrait être simple : Fifi n'est jamais à la maison avant vingt heures pendant la semaine. Jamais, jamais, jamais. Quand je lui ai dit cela, j'ai pensé qu'il abandonnerait, mais pas du tout : il a juste lâché un "Haha", du genre : "ben voyons, moi je suis les Beatles et mon copain c'est la Callas". (Le premier qui me dit de qui est cette phrase gagne un mini-cadeau virtuel.) (J'aurais bien dit "un cadeau", mais je me suis ravisée juste à temps.)

Bref. Toujours est-il qu'il a réussi à me coller un rendez-vous pour aujourd'hui, 18h30. Je me méfie comme la peste des gens qui viennent chez vous comme ça alors que vous ne leur avez rien demandé, surtout quand ils affirment que cela ne vous engage à rien - c'est comme ça que j'ai réussi à me faire refiler un abonnement à France Loisirs, je rappelle. Je ne sais pas contre qui je dois être le plus en colère : eux, parce que ce ne sont pas des manières de faire (ils ne peuvent pas spammer les boîtes mails comme tout le monde, non ?) ou moi, parce que je ne suis rien qu'une cruche trop gentille et incapable de dire NON (halte-là, Nicolas) ?

Mais finalement, tout cela n'est pas très grave, parce que j'ai un plan.

Je vais me planquer.

Chez moi, oui oui. Toutes lumières allumées. Je vais juste rester là et l'écouter sonner à la porte, sans répondre.

Et j'ai encore mieux : je vais vous raconter ça en direct. Pas maaaaaaaaal, hein ?... Je vous avais bien dit que je vous réservais quelque chose de passionnant. Vous allez pouvoir vivre toutes ces émotions avec moi, une par une. Mieux que 24, pas pire que Grey's Anatomy : je vous préviens, vous risquez d'être accro dès la deuxième ligne. (J'avais d'abord écrit "à la deuxième ligne", et puis "accro à la deuxième ligne", j'ai trouvé que ça faisait cocaïnomane et là encore, je me suis ravisée juste à temps.)

Prêts ?

...Parce que ça commence tout de suite.

18h34 : toujours personne. Il ne viendra peut-être pas, finalement ?... Ca me soulagerait. (Si tel est le cas, je mettrai quand même ce post en ligne parce qu'il ne faut jamais rater une bonne occasion d'alimenter son blog.)

18h36 : comme mon ordinateur ronfle très fort, je viens de me lever pour rabattre la porte du salon - ainsi, je minimise le risque qu'il l'entende de l'extérieur de l'appartement - tout en la laissant tout de même légèrement entrouverte - je ne voudrais pas rater ses efforts désespérés pour s'introduire chez moi.

18h39 : ça y est ! J'entends des bruits dans le couloir, j'ai peur.

18h40 : il semblerait que les bruits soient dans ma tête et pas dans le couloir, parce qu'il est complètement vide.

18h45 : il aurait dû venir à 18h30 pour un rendez-vous d'une demi-heure maximum : on est donc à la moitié du temps que j'étais censée lui consacrer. A partir de maintenant, je me sens dans mon bon droit, mais je me considère toujours comme planquée.

18h47 : d'ailleurs, ma mère doit m'appeler d'ici 19h15 et comme vous le savez, il est hors de question que j'interrompe ma mère quand je l'ai au téléphone. S'il se pointe après 19h, la question est donc réglée.

18h50 : merde, un coup de fil de Fiancé. Vu que je ne lui ai pas du tout parlé de cette histoire, mieux vaut que je ne réponde pas : si le type arrive entretemps, comment lui expliquer que je dois soudain me taire (ou chuchoter très très doucement pour ne pas me faire repérer) ?...

18h51 : en même temps, ça ne devait pas être important du tout : il n'a laissé sonner que trois fois.

18h52 : il abuse. Trois sonneries. Trois sonneries !... Qu'est-ce qu'il peut bien avoir de plus palpitant à faire, le lundi à 18h50, que de m'appeler, hein ?

18h54 : et l'autre qui n'est toujours pas là. J'avais pourtant un sacré besoin d'adrénaline, ce soir.

18h55 : je viens d'avoir l'impression que mon portable recommençait à vibrer, comme à 18h50. Peut-être que je devrais consulter, pour mes oreilles. Ou pour mon cerveau.

18h57 : une idée géniale m'est venue : si l'autre crétin me rappelle pour me proposer un autre rendez-vous, je prendrai un air offusqué et je lui dirai : "Ah, non, c'est hors de question ! J'ai attendu votre collègue en vain lundi soir et il n'est jamais venu ! Je ne suis pas celle que vous croyez à votre disposition, moi, monsieur !"

18h58 : dans deux minutes, heure prévue pour la fin de l'"entretien", je considérerai la planque comme terminée.

18h59 : jamais je n'avais remarqué que c'était aussi long, deux minutes.

19h00 : planque terminée. Je répète : planque terminée.

Quel malpoli.

Ca ne se fait pas d'obliger les jeunes femmes à se cloîtrer chez elles pour rien, tout de même.

(Il va falloir que je règle cette histoire avec Fiancé, aussi : ce n'est pas clair du tout. Trois sonneries. De qui se moque-t-il ?)

Bon. Finalement, elle ne s'est pas trop mal passée, cette planque. Je n'ai presque pas eu peur.

L'ignorance de la grenouille

le mercredi 9 janvier 2008

Ou : Comment bien rater l'unique occasion jamais rencontrée de prendre une vraie leçon de séduction de la part d'une source très sûre.

J'ai consulté un psychiatre à deux reprises dans ma vie. Deux fois six mois, à six mois d'intervalle. Régulière comme une horloge, au point que, six mois après la fin de la seconde série de rendez-vous, je me suis sérieusement demandé si je ne devrais pas y retourner pour un troisième cycle. Finalement, je ne l'ai pas fait et je ne m'en porte pas plus mal, mais il m'arrive souvent, dans certaines situations, de me demander comment je lui en parlerais, comment je formulerais mes angoisses et mes questions si je continuais à fréquenter son cabinet, et ce qu'il me répondrait. Je persiste à penser qu'un jour, je retournerai le voir uniquement pour faire le point sur deux ou trois petites choses non urgentes mais restées en suspens, comme on va chez son dentiste surveiller un risque de carie ou chez son généraliste pour se faire prescrire un bilan sanguin de routine.

Mais je m'égare.

Lors de la seconde série de consultations, j'ai vécu une période de grande instabilité sentimentale. Je sortais d'une relation malsaine dont la fin avait été un énorme soulagement mais n'avait pas suffi, à elle seule, à rattraper des années de mésestime de moi-même et de reniement de ma personnalité pour quelqu'un qui, tout compte fait, n'en valait pas la peine. Je n'avais pas trouvé de meilleur moyen pour m'en remettre que de me jeter dans les bras (et le lit) d'un type odieux qui m'avait abandonnée plus bas encore que là où il m'avait ramassée, puis dans ceux d'un autre garçon, nettement plus propre sur lui en apparence, qui s'était comporté envers moi plutôt comme un grand frère libidineux et indécis que comme un amant normal et fiable, ce qui était pourtant ce dont j'aurais eu le plus besoin alors. J'avais même fini par me persuader vaguement que j'étais amoureuse de ce dernier, que j'appellerai X - créativité ! - dans la suite de ce post. Au milieu de ce vaste chaos apparut Fiancé, qui commença à me faire la cour de manière complètement inattendue et pour qui mon attirance ne faisait d'ailleurs aucun doute.

Les semaines passant, la situation a commencé à se décanter. Avec l'aide de mon cher psychiatre, j'ai analysé, horrifiée, mon comportement avec les hommes et me suis aperçue que je ne pouvais pas continuer comme ça. Ses consignes étaient claires : vous avez de la valeur, ne vous bradez pas, ne rabattez pas vos exigences et montrez d'emblée aux garçons qui veulent vous séduire qu'il leur faudra batailler pour y parvenir (soit l'exact opposé de ce que j'avais fait jusqu'alors). Cette nouvelle façon de penser et d'agir m'ayant rendue plus sûre de moi et plus rayonnante, parce que je savais que je reprenais ainsi les rênes de ma vie amoureuse et c'était quand même un grand pas en avant, j'ai rarement été draguée aussi souvent qu'à cette période, mais passons. (Pour vous, Mademoiselle, qui vous complaisez un peu trop facilement dans un célibat de victime, je vous livre la recette, n'hésitez pas à la mettre en application et vous verrez : tout va changer.) J'ai même réussi à être plus clairvoyante sur mes pseudo-sentiments pour X et à retourner la situation en ma faveur, en devenant la dominante qui décidait de lui céder ou non tandis que lui, après se l'être joué grand seigneur languide pendant des semaines, n'hésitait plus à me montrer qu'il me désirait et que ce serait où je voulais, quand je voulais, pourvu seulement que je veuille.

Victoire, certes. Sur lui, et avant tout sur moi-même.

Mais il me fallait plus. Je cherchais quelque chose de sérieux et les approches respectueuses et progressives de Fiancé me laissaient penser que, s'il était vraiment aussi délicat et motivé qu'il le laissait paraître, il pourrait peut-être bien me donner ce que je voulais.

Un matin, assise dans le cabinet de mon psychiatre, je décris les progrès de ma nouvelle attitude auprès de ces deux hommes. Fiancé s'avance lentement mais sûrement depuis plusieurs semaines et je sais que l'aboutissement (entendre : le jour où je ferai semblant de consentir à lui fixer un rendez-vous, alors même que j'en meurs d'envie depuis le premier jour) est proche. X, de son côté, a abandonné son comportement condescendant envers moi et ne s'est même jamais montré aussi prévenant.

Le docteur me dit : "Vous voici arrivée à un point où l'un comme l'autre, dans les jours à venir, sont susceptibles de vous faire des propositions sérieuses. Lequel allez-vous choisir si cela se produit ?"

Je ne réfléchis qu'une seconde. "Je crois que X ne sera jamais capable de me donner davantage que cette indécision dont il a fait preuve depuis des mois. Un jour oui, le lendemain non, puis oui à nouveau quand il me voit m'éloigner de lui... Je ne pense pas pouvoir construire quelque chose sur le long terme dans ces conditions." (C'est sans doute l'une des phrases les plus sensées que j'aie jamais prononcées.)

Mon psy me répond alors : "C'est parler sagement. Cela dit, bien sûr, en ce qui concerne X, il reste toujours la possibilité... de le serrer définitivement dans vos filets."

Et moi, dans un sourire : "Je ne crois même pas que j'en aie réellement envie."

Alors, bien entendu, je n'en avais vraiment plus envie, X m'avait lassée sans jamais pouvoir se rattraper. (Quelques jours plus tard, nous devions d'ailleurs nous disputer pour une broutille et nous rendre compte que nous n'avions en fait aucun atome crochu.) Bien entendu, la suite des événements m'a donné raison et je me suis concentrée sur Fiancé pour ne jamais le regretter. Bien entendu, j'avais déjà beaucoup appris de ce psychiatre et sans son aide, je n'aurais peut-être pas su amorcer aussi sainement la relation épanouissante que je vis aujourd'hui. Mais tout de même, tout de même, au nom de mes années de galère et d'incompréhension totale de la gent masculine, au nom de toutes les souffrances de mes semblables livrées aux agissements pe