Ménille Avénale

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La fin

le dimanche 25 janvier 2009

Mes petits loups,

Ce post n'a d'autre (triste et lamentable) but que de vous annoncer la fin officielle de ce blog. Je l'appelle "fin" faute de mot plus adéquat ; je veux dire par là que comme j'ignore ce que me réserve l'avenir, je ne peux jurer de rien et notamment pas de son caractère définitif. En d'autres termes, il se peut que je rouvre un jour. Je n'en sais rien. Mais pour l'instant, je ferme.

Certains d'entre vous, je suppose, voyaient venir cela depuis longtemps. Bien plus longtemps que moi, sans doute. Il se trouve que depuis ma sous-activité internautique forcée (mai-septembre 2008), j'ai en quelque sorte appris à fonctionner sans le blog. Et pour des raisons diverses, je ne peux le réintégrer dans mes activités quotidiennes. Ce n'est tout simplement plus qu'une source intarissable de culpabilité, et non plus cet espace de respiration, de plaisir et de partage que j'ai créé il y a bientôt trois ans.

Le plus amusant dans tout cela, c'est qu'il y a quelques jours, j'ai écrit un mail à Junko dans lequel je lui disais des choses comme : Je n'écris presque plus sur mon blog, mais j'y reste attachée, je m'y sens bien, je veux le garder... Oui, c'est vrai que je m'y sens bien, j'aime relire d'anciens posts et leurs commentaires, j'aime aussi fréquenter mes favoris, toujours listés sur la page qui leur est consacrée. Mais je n'ai juste plus envie d'y écrire. Je songe même à mettre les posts précédents hors ligne de manière à bien marquer son caractère, comment dire, abandonné.

Pour celles et ceux qui se demandent ce qui va se produire maintenant, voici :

- Je reste officiellement Ménille Avénale sur le net, ce qui signifie que mon adresse mail est toujours en activité et que si je commente vos blogs, ce sera toujours sous ce pseudonyme.

- Je ne suis plus aussi enthousiasmée par Twitter, Ladies Room et les divers forums sur lesquels je suis inscrite qu'il y a quelques mois, je pense donc à supprimer ces comptes. En attendant de prendre une décision, j'en supprime les liens de la colonne de droite.

- Dans la vie réelle, je vais plutôt bien, j'ai des projets en cours et envie de faire bouger deux ou trois choses, alors je vais tâcher de me consacrer à cela à temps plein.

Je pense que je ne serais pas la personne que je suis sans Ménille Avénale, et comme Ménille Avénale ne serait pas grand-chose sans vous tous, faites l'équation. Le monde d'Internet et des blogs me passionne toujours autant, là n'est pas la question. C'est juste la fin d'un cycle - de mon cycle.

Je vous embrasse tous bien fort et, pour la dernière fois, voici une merveille de petite d'illustration d'Eph'K :

Le premier post de l'année 2009

le vendredi 2 janvier 2009

Pour commencer cette nouvelle année, quelques questions refilées par Junko, dans un louable effort de soutien à l'entreprise de reconquête de mon blog par moi-même que je mène depuis quelques semaines : merci, mademoiselle ! Et bien entendu, tous mes voeux de bonheur, de santé, d'amour, de joie et de découverte à tous. Prenez soin de vous et des vôtres, et prenez le temps. TOUJOURS prendre le temps, merde.

Quelle est la première image qui se présente à vous quand on vous parle de votre enfance ?
Difficile de répondre, parce qu'une quantité d'images se présentent spontanément à moi : ma mère me brossant les cheveux le matin pour me faire des couettes / l'aspect de ma chambre d'enfant, papier peint rose et poupées sur le lit / le champ de bataille des après-midi Barbie, avec mini-vêtements et mini-meubles partout sur le tapis / le visage joufflu de mon petit frère sous ses cheveux bruns / le chien qui est mort quand j'avais onze ans, etc.

La mort frappe à la porte. Que choisissez-vous d’emporter dans l’autre monde ?
Rien du tout, quel serait l'intérêt ?... Je ne pense pas que dans l'autre monde, on ait des yeux pour lire ni des oreilles pour entendre (encore moins le Wifi ou des miroirs devant lesquels tester de nouveaux produits de maquillage). Non, je crois qu'au contraire, je me déshabillerais, et, nue comme au jour de ma naissance, je lui dirais : "Je suis prête, on y va".

Livres que vous avez toujours désiré lire, sans avoir jamais trouvé le temps de le faire ?
Aucun. J'ai vécu de longues années de frustration littéraire, que j'ai assouvie dès que j'en ai retrouvé le temps. Depuis, quand je veux lire un livre, je le trouve et je le lis. Mon désir de lecture se re-nourrit au jour le jour, je n'ai pas d'envies en souffrance de ce côté-là.

Vous croisez George Clooney dans l’ascenseur. “Quel genre de femme êtes-vous”, vous demande-t-il.
Je réponds : "Je ne savais pas que vous parliez français, George".

Si vous en aviez eu le choix, auriez-vous préféré être un roi ou une reine ?
Je ne comprends pas bien cette question. Si j'en avais eu le choix, j'aurais peut-être été une reine réellement puissante (je veux dire, pas seulement l'épouse décorative du roi).

Préférez-vous nager dans une rivière ou dans la mer ?
Dans la mer. Nager dans une rivière ne me dit pas des masses. En même temps, cela doit faire environ trois ans et demi que je n'ai pas foutu les pieds au bord de la mer.

Que devrions-nous faire en priorité pour la planète ?
En priorité ? Prendre moins la voiture, recycler les déchets et éteindre la lumière quand on sort de la pièce. C'est bateau, hein ?...

Et qu’aimeriez-vous que l’humanité fasse pour vous ?
Retenir mon nom quand je serai morte et que j'aurai laissé derrière moi une oeuvre immortelle. Ce n'est rien du tout, l'humanité peut bien faire cet effort, tout de même.

Votre petit-déjeuner habituel ?
Un bol de thé et quatre tartines de pain grillé, deux au beurre et deux à la confiture. (C'est un peu rigide, je sais, mais j'ai constaté que le nombre de quatre tartines était idéal pour être avalé en un temps pas trop long, sans sensation d'écoeurement et pour me permettre de tenir tout de même assez longtemps sans avoir à nouveau faim.)

Aimez-vous écrire la nuit ?
Pas trop, non, j'aime surtout dormir la nuit. Je ne suis pas du tout night, drugs and rock'n'roll, plutôt tisane à neuf heures et dodo à dix et demie, si vous voyez ce que je veux dire. (Spontanément, je suis une couche-tard-lève-tard, mais mon emploi du temps m'oblige à me lever si tôt que je me suis transformée en poule, ces derniers mois.)

La dernière fois que vous étiez ivre ?
Au réveillon du Nouvel An, mais c'était une ivresse light comme je les aime : gaie et maladroite, pas à rouler sous la table.

Pensez-vous que de grandes œuvres comme “Hamlet” ou “Don Quichotte” sont encore à venir ?
Oui, mais le plus déplaisant dans cette histoire, c'est que si elles sont écrites de notre vivant, nous ne saurons sans doute pas qu'elles sont destinées à devenir de grands classiques. C'est injuste, je sais.

Le plus gros mensonge de votre vie ?
Je continue à dire à mes parents que je ne fume pas. Ce n'est pas un énorme mensonge en soi, mais dans la mesure où il dure depuis dix ans, je pense qu'il peut obtenir la palme.

Que transportez-vous dans vos poches ?
Je n'aime pas avoir des choses dans mes poches, en fait, sauf un mouchoir de temps en temps et, en hiver, mes gants. Tout le reste, clés, briquet, cigarettes, que sais-je encore, je le mets dans mon sac.

Un désir en particulier ?
Oui, s'il vous plaît, avoir un poste dans le domaine que je convoite CETTE ANNEE. 2009, Ménille's year, please, please.

Que diriez-vous d’un barbecue sympa avec Gustave Flaubert un de ces jours ?
Oh, ben pourquoi pas ?... Je ne suis jamais contre un barbecue sympa et j'apprécie les oeuvres de Flaubert, alors les deux ensemble, ça ne devrait pas être trop mal.

Paysage préféré ?
Le bord de la mer, baie de Naples, sous un soleil de plomb ; l'eau est transparente et les rochers, d'un blanc immaculé. La lumière donne l'impression d'être né là.

Période de la journée que nous n’aimez pas ?
La minute où le réveil sonne, et les quelque trente à soixante autres qui suivent. La mise en route, c'est terriblement dur. Après, ça va mieux, en général.

Dernier mot que vous aimeriez prononcer avant de mourir (mieux vaut prévoir la chose pour le cas où rien de bon ne viendrait à l’esprit le moment venu) ?
Quelque chose de très romanesque et très cliché, comme "Je t'aime"/"Je vous aime" (ça dépendrait de qui est là), "Je serai toujours près de toi/de vous", ce genre-là.

Un boulot que vous n’auriez jamais pu faire ?
Un boulot très physique ou très manuel : dans le bâtiment, par exemple.

Citation préférée que vous pourriez vous faire tatouer sur le bras ?
J'aime beaucoup celle qu'Angelina Jolie a sur le bas-ventre (quelque chose comme Quod me non detruit me nutrit, je ne sais plus), mais quoi qu'il en soit, je ne pourrais jamais me faire tatouer une citation ni quoi que ce soit d'autre sur le bras.

Quand il se met à pleuvoir, vous continuez de marcher au risque d’être trempé, ou vous vous abritez au risque de manquer votre rendez-vous ?
Je continue, bien sûr. Et j'arrive trempée. C'est le summum du glamour.

Si vous aviez la possibilité de voyager dans le passé, quel siècle aimeriez-vous visiter ?
L'Antiquité, ou tout ce qui est XVIIIe/XIXe/début du XXe siècle.

Vous arrive-t-il de manger du pop-corn au cinéma ?
Oui, mais jamais pendant le film. Je ne supporte pas que d'autres gens le fassent, je suis capable de leur demander d'arrêter, alors j'essaie d'être un peu cohérente avec moi-même, pour une fois.

Décrivez l’endroit où vous écrivez.
Alors voici : c'est une grande pièce, les murs sont blancs, je suis à mon bureau, j'entends derrière moi la radio qu'écoute Fiancé et je tape sur mon tout nouveau MacBook, dont je suis bien entendu éperdument amoureuse.

(Comme d'hab', je ne tague personne, tout le monde peut se servir.)